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TITRE
La relativation présentative (673)

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Le syntagme proposition (445)
La subordination et les subordonnées (521)
Le système relatif (652)
Les types secondaires de relativation (662)

PAGES SŒURS
La relativation présentative (673)

SOMMAIRE
Relativation présentative - définition
Conditions syntaxiques
Indices syntaxiques
Verbes de perception
Introducteurs
Y avoir
Voici, voilà
C'est
J'ai
Être
Sans introducteur
Ton exclamatif
Remarques
L'ambigüité de l'introducteur c'est
Le participe présent présentatif

Relativation présentative - définition

Exemple liminaire

je l'ai vu qui courait à toute vitesse

Dans certains cadres syntaxiques, la subordonnée relative met de l'animation et du réalisme dans l'expression d'un événement bref ou d'un état transitoire.

La relativation présentative est un groupe de phénomènes étroitement liés à la relativation prédicative étendue. Voir la page connexe La relativation prédicative étendue.

La relativation présentative a aussi des traits de ressemblance avec la relativation du vécu subjectif. Voir la page connexe Verbes multistructurels - avoir - rubrique Avoir - le vécu subjectif.

Conditions syntaxiques

§ La superordonnée doit inclure un des éléments suivants :

un verbe de perception

une particule d'exclamation exprimant la surprise

un verbe à caractère existentiel ou présentatif (voici, voilà, c'est, il y a, y a, il est là, survint)

Voir l'emploi de à la page connexe Ici, , là-bas, ci, çà.

§ La subordonnée relative doit être descriptive (non restrictive).

§ Le temps, le mode, la voix et l'aspect du verbe de la subordonnée ne doivent pas mettre en péril la vivacité et le réalisme de l'image.

§ Le verbe de la subordonnée doit être un verbe agentif. Il ne peut pas être un verbe qui exprime un état, une qualité, une caractéristique permanente.

§ Le pivot doit être le sujet du verbe agentif : je l'ai vu qui frappait Pierre est correct, mais *je l'ai vu que frappait Pierre sonne bizarre.

§ Cette construction exprime un phénomène bref, donc elle est incompatible avec les constructions qui expriment une caractéristique permanente.

*Marie a les yeux qui sont bleus
Marie a ses yeux qui sont bouffis

*elle a ses pensionnaires qui sont ivrognes et colériques
elle a ses pensionnaires qui sont furieux et ivres

Indices syntaxiques

§ Verbes de perception

elle entendit son enfant qui poussait des éclats de rire (Flaubert)
j'ai entendu ta grand-mère qui chantait « Mimi »
j'ai rencontré Pierre qui sortait du cinéma
j'ai surpris Paul qui fumait
j'ai vu le facteur à votre porte qui tenait un colis
j'entends l'eau qui bout
j'entends la cloche qui sonne la sortie
j'entends les enfants qui chantent
j'entends un bébé qui pleure
j'imagine ta mère qui trouve un mégot
je l'entends qui rentre
je vois le soleil qui se couche
je vois les enfants qui jouent au ballon
je vois les enfants qui rentrent
le docteur la regardait qui tirait sur les lacets (France)
le tableau représente Vénus qui sort de l'eau
on a trouvé Paul qui dormait

Nous soulignons que les relatives dans ces exemples ne sont pas des épithètes, mais des compléments prédicatifs régis par les verbes de perception. Ils ne qualifient pas les objets directs, mais ils sont corrélés avec eux.

On peut tester le caractère prédicatif de la relative présentative au moyen du réactif suivant.

Pronominalisons l'objet direct de la principale. Si la proposition reste grammaticale malgré le fait qu'un pronom personnel conjoint ne saurait avoir une épithète, la relative ne peut pas être une épithète. Comparer

j'entends l'eau qui bout
je l'entends qui bout

et

j'écoute la sonate qui te bouleverse
*je l'écoute qui te bouleverse

Qui bout est présentatif, qui te bouleverse ne l'est pas.

§ Introducteurs


Dans ces exemples, la relative joue un rôle adverbial, à savoir celui d'un adjectif quasi-prédicatif ou d'un gérondif. Voir l'examen de la quasi-prédication à la page connexe Le complément prédicatif - la quasi-prédication.

elle était là qui attendait patiemment
il est là qui pleure comme une Madeleine
il est là-bas qui arrose la platebande
ils sont là nombreux, qui parlent et rient (Nimier)
même quand je me crois seule, il est là qui m'embête (Zola)
sa femme se trouvait là qui lui souriait (Zola)
regardez-moi ce type, il est là qui cause, alors qu'il ne connaît rien
son fils est là qui le veille (A. Daudet)
un homme, un pèlerin, un mendiant, n'importe, est là qui vous demande asile (Hugo)
votre ami est là qui attend la réponse

C'est qui signale le plus souvent la relative présentative, mais d'autres adverbes de lieu peuvent aussi remplir cette fonction.

il est au jardin, qui la suit, qui la guette
elle le laisse au dehors qui sanglote au jardin (objet direct)

Y avoir

il y a Paul qui s'en va
il y a Pierre qui a téléphoné
il y a Pierre qui vient d'arriver
il y a la vendange de notre village qui a été gâtée par la pluie
il y a le facteur qui veut vous parler
il y a le lait qui bout
il y a le téléphone qui sonne
il y a les agriculteurs qui manifestent
il y a leur fille qui part au Québec
il y a ma voiture qui ne démarre pas
il y a mes rhumatismes qui me font souffrir
il y a mon frère qui est malade
il y a mon portable qui a été volé
il y a quelqu'un qui vous demande
il y a son pare-choc avant qui a été cabossé
il y a son vase chinois qui a été fracassé par une balle
il y a un bébé qui pleure
il y a un verre qui est cassé
il y a une horloge qui ne sonne pas (Rimbaud)
y a Paul qui va épouser Madeleine
y a Pierre qui s'est cassé la jambe
y a ta voiture qui part toute seule
y a ton thé que t'as pas bu

Voici, voilà

le voilà qui sort de la voiture
me voilà qui viens de me luxer l'orteil
voici le train qui arrive
voici le train qui siffle
voici mon fils qui arrive
voilà Pierre qui gagne
voilà Pierre qui sort de la voiture
voilà encore un malheur qui lui arrive
voilà la lumière qui s'éteint
voilà la nuit qui tombe

C'est

L'emploi de c'est...qui dans la relativation présentative n'a rien à voir avec la mise en relief. La ressemblance entre relativation présentative et mise en relief est fortuite.

c'est Pierre qui s'en va
c'est ça qui en aurait produit un, d'effet
c'est ça qui m'est égal
c'est le curé qui va rire (Mérimée)
c'est le patron qui va être ravi
c'est les pigeons qui s'envolent
c'est ma mère qui est morte
c'est madame qui ne va pas aimer ça
c'est mon fils qui arrive
c'est papa qui a perdu sa place
c'est papa qui veut me supprimer mon mois (Brieux)
c'est ta broche qui se décroche
ce sont les lapins qui ont été étonnés (A. Daudet)
Madame, c'est monsieur votre père qui est tombé le nez dans ses écritures et qui ne bouge plus (Zola)
Maman, c'est Augustine qui met ses mains dans mon assiette (Zola)
Monsieur, c'est le maître d'étude qui m'envoie vous dire que j'ai le mains sales (Renard)
pourquoi criez-vous comme ça ? - c'est mon pauvre chien que j'ai perdu (Maupassant)
si le général voyait ça, c'est sa moustache qui lui monterait dans le nez (A. Daudet)

J'ai

j'ai les yeux qui me font mal
j'ai mon frère qui m'attend
j'ai mon mari qui vient d'arriver
j'ai un taxi qui m'attend devant la porte
j'ai ma voiture qui est en panne
j'ai ma mère qui est malade
j'ai encore un formulaire que j'ai pas (Gadet - il y a encore un formulaire qu'il faut que j'aille chercher à la mairie)

Être

nous sommes au grenier qui trions de vieilles lettres
nous sommes plusieurs qui faisons la cuisine

Sans introducteur

« Odette, Sagan qui vous dit bonjour », faisait remarquer Swann à sa femme (Proust)
le lavabo qui déborde
votre sac que vous oubliez

§ Ton exclamatif

ce monsieur qui mange tout le gâteau !
et ce pauvre Pierre qui va s'inquiéter
et la tante que nous avons oubliée
et leur charrette qui est restée sous la grande porte (Flaubert)
et moi qui croyait que
et Pierre qui n'est pas là
huit heures déjà et mon mari qui n'arrive pas !
jusqu'à ses amis qui l'abandonnent !
l'idiote qui croit que je ne pourrais pas me guérir d'elle (Mauriac)
le lait qui bout !
Paul qui s'en va !
une balle qui siffle dans l'air !

Remarques

§ L'ambigüité de l'introducteur c'est

C'est est un introducteur présentatif et un introducteur de mise en relief. La proposition c'est le soliste qui a fait une fausse note a une lecture présentative et une lecture de mise en relief.

§ Le participe présent présentatif

Le participe présent présentatif concurrence la subordonnée relative présentative. Voir la page connexe Le participe présent - introduction.

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