HAUT DE PAGE

PAGE D'ACCUEIL      TABLE DES MATIÈRES      

RECHERCHE PAR MOTS-CLÉS      RECHERCHE PAR MOTS DISPERSÉS      RECHERCHE PAR MOTS CONSÉCUTIFS


TITRE
Les subordonnées réduites - la réduction prédicative (651)

ASCENDANCE

PAGES SŒURS
Les subordonnées réduites - la réduction prédicative (651)

SOMMAIRE
Définition
Mécanisme
Types de prédicat
Article nul dans la réduction prédicative
Circonstances
Le caractère adverbial de la réduction prédicative
Subordonnée réduite prédicative et comparaison
Corrélation du sujet de la subordonnée sous-jacente
Une fois, à peine, aussitôt, sitôt
Même
Souplesse de la subordonnée réduite prédicative
Exemples
Noms
Adjectifs
Participes passés
Participes présents
Adverbes
Avec un sujet pronom personnel disjoint détaché et rhématisé
Corrélation avec un argument de la principale autre que le sujet
Réduction prédicative avec une relative
Réduction avec une relative prédicative
Réduction avec une relative comparative
La place de la subordonnée réduite
Réduction prédicative et quasi-prédication - comparaison
La réduction descriptive
Domaines apparentés

Définition

§ Mécanisme

comme il est un observateur attentif, il ne laisse rien échapper
observateur attentif, il ne laisse rien échapper

Dans cette transformation, la conjonction, le sujet et la forme fléchie du verbe être sont omis. Seul le complément prédicatif du verbe être sous-jacent est retenu.

Le verbe copulatif être fléchi peut être omis quel que soit sa fonction (copule, auxiliaire actif, auxiliaire passif, auxiliaire pronominal). En revanche, ce mécanisme ne s'applique ni au verbe être synonyme de aller ni au verbe être existentiel. On verra des exemples où le verbe restitué de la subordonnée est devenir, plutôt que être.

§ Types de prédicat

Le complément prédicatif retenu peut être un nom, un adjectif, un participe passé, une expression adverbiale. Le participe présent adverbial n'est pas le produit d'une réduction : voir la page connexe Le participe présent - introduction.

§ Article nul dans la réduction prédicative

Le nom n'est pas accompagné d'article : observateur attentif, il ne laisse rien échapper. Cette règle s'étend au groupe nominal qui comprend une épithète au superlatif : meilleure élève de sa classe, elle traduisait de volapük en espéranto aux grands congrès internationaux.

§ Circonstances

Le nom ou l'adjectif représente une subordonnée libre causale, temporelle, conditionnelle, concessive ou comparative.

malade, il n'a pas pu venir (cause)
malade, il serait resté chez lui (hypothèse)
malade, il est allé se promener (concession)

La coloration circonstancielle est un critère définitoire de la réduction prédicative. Pour qu'un nom ou un adjectif soit considéré comme produit par une réduction prédicative, il faut qu'il recèle une de ces circonstances. Par exemple, taciturne, Pierre contemple ses enfants n'est pas un cas de la réduction prédicative.

§ Le caractère adverbial de la réduction prédicative

Pour faire ressortir le caractère adverbial d'une subordonnée qui se réduit à un nom, on peut introduire une préposition sous-jacente telle que en ou comme ou un participe présent copulatif tel que étant ou ayant été.

Pour restituer mentalement le caractère adverbial d'une subordonnée qui se réduit à un adjectif, on peut introduire un participe présent copulatif tel que étant ou ayant été.

Dans les deux cas on peut introduire comme il est ou quand il était et des formes assimilées :

comme il était un observateur attentif, il ne laissait rien échapper
observateur attentif, il ne laissait rien échapper

Dans tous les cas, on peut coordonner la subordonnée réduite prédicative avec une expression adverbiale :

furieux, et sans rien vouloir entendre, il claqua la porte

On observera également la quasi-synonymie ou l'équivalence structurelle que présentent ces groupes d'exemples :

ironique, il dit
ironiquement, il dit
avec ironie, il dit

magnanime, il leur pardonna
magnanimement, il leur pardonna
avec magnanimité, il leur pardonna

débarrassé de son manteau, il aurait été plus à l'aise
libre des ses mouvement, il aurait été plus à l'aise
sans manteau, il aurait été plus à l'aise
en s'asseyant ici, il aurait été plus à l'aise

§ Subordonnée réduite prédicative et comparaison

Deux subordonnées réduites prédicatives se comparent aussi aisément que deux adverbes :

il est encore plus petit élevé qu'assis

Paraphrase : il est encore plus petit quand il est élevé que quand il est assis.

§ Corrélation du sujet de la subordonnée sous-jacente

Le sujet de la subordonnée sous-jacente est le plus souvent corrélé avec le sujet de la principale. La corrélation avec un autre élément de la principale est critiquée, mais consacrée par l'usage. On verra des exemples tout à l'heure.

§ Une fois, à peine, aussitôt, sitôt

Ces quatre adverbes temporels multifonctionnels sont utilisés à plein dans la réduction prédicative. (Ils sont aussi utilisés dans le participe passé absolu. En revanche, ils ne jouent aucun rôle dans la réduction nomino-prédicative.)

Une fois

et que feras-tu une fois sans argent, toi qui ne sais pas te conduire (Stendhal)
une fois bien secs et remis sur pied
une fois consul, Napoléon élabora le code civil
une fois en mouvement, il ne s'arrête plus
une fois pris dans l'événement, les hommes ne s'en effraient plus (Saint-Exupéry)
une fois pris, ce tour de main ne se désapprend pas
une fois veuve

À peine

à peine assise dans un coin, elle ferma les yeux (Flaubert)
à peine dans un endroit, il se transporta dans un autre (Flaubert)
à peine arrivé, il découvrit que
à peine dans la voiture, il s'est endormi
à peine de retour à Paris, il est tombé malade
à peine étendu sur la paille
à peine enrôlé, il désertait
à peine promu ministre, il procéda à
ces mot, à peine dits, causèrent un haro (Musset)

Aussitôt

aussitôt dans sa chambre, il se coucha
aussitôt descendu de l'avion, il brancha son mobile sur le réseau
aussitôt dit, aussitôt fait
aussitôt enceinte, elle l'abandonna
aussitôt enceinte, il l'abandonna
aussitôt parti
un livre, aussitôt acheté, n'a plus d'intérêt pour lui

Sitôt

sitôt bacheliers, ils s'étonneront qu'il faille cirer ses bottes soi-même (Barrès)
sitôt dit, sitôt fait
sitôt établi dans sa maison, elle prit place dans un fauteuil (Yourcenar)
sitôt rentré de l'école, je me mets au piano

§ Même

La subordonnée réduite prédicative peut être précédée de même :

même crus, ces coquillages sont excellents

Voir l'étude de ce phénomène à la page connexe Même - rubrique Adverbe de perspective - la valeur extrême comme référence.

§ Souplesse de la subordonnée réduite prédicative

Dans la position de complément prédicatif on trouve des adjectifs, des noms et des adverbes.

La subordonnée réduite prédicative peut être corrélée avec un pronom personnel conjoint ou avec un pronom démonstratif (il, cela).

La subordonnée réduite prédicative a une nature nettement adverbiale. Elle a le pouvoir d'exprimer les circonstances cause, condition, temps, manière et concession. La forme sous-jacente adverbiale est aisément restituable à l'aide de certains dispositifs réalistes (étant, comme il est).

La subordonnée réduite prédicative flotte librement. Elle est le plus souvent thématisée par antéposition, mais elle peut aussi suivre le sujet (sa femme, de santé délicate, craint les efforts violents) et elle peut être complètement détachée de sa cible (le paysage n'est pas le même vu du côté de la colline).

La cible préférable de la subordonnée réduite prédicative est le sujet, mais on la voit souvent qualifier l'objet direct et même d'autres éléments de la proposition.

Exemples

§ Noms

auteur de Madame Bovary, Zola aurait connu plus rapidement le succès
démon familier de l'Artois, le vent bondit dans les vieux arbres (Duhamel)
enfant, il eut de grandes difficultés familiales
grand amateur de cuisine japonaise, il inventa la profiterole fourrée au wasabi
grand-père, vous devriez écoutez votre petite-fille
homme d'expérience, il sait traiter une telle affaire
homme reconnaissant, mon père veut récompenser la fillette qui a retrouvé notre chat
les femmes, longtemps victimes des hommes, croyaient que
il pensait que poule elle avait connu et goûté des amants d'un genre assez rude (Drieu la Rochelle)
lecteur, je sautais ces passages didactiques ; auteur j'en bourrais mes romans (Sartre)
Marie, orpheline de guerre, habite chez ses grands-parents
maire de mon village, j'y passe trois jours par semaine
meilleure élève de sa promotion, elle traduisait de volapük en espéranto aux grands congrès internationaux
meilleur élève de sa classe, il a confondu Béla Károlyi et Béla Bartók
menteur, je me suis vanté de mes calomnies (Jacob)
ministre, il préconisait l'utilisation des produits Kärcher
observateur attentif, il ne laisse rien échapper
parente éloignée de la mère de Victorine, Mme Couture prenait soin de l'orpheline comme de son enfant (Balzac)
simple comparse, Dupont ne fut pas inquiété par la police
traductrice passionnée, Juliette a une centaine de dictionnaires
vieux peuple façonné par les leçons d'une dure histoire, [les Français] n'ignoraient pas combien il est pénible de remonter la pente de l'abîme (de Gaulle)
un empire vraiment un tend à se donner une langue commune qui lui serve d'organe (Meillet)

§ Adjectifs

aimable, le directeur répondait aux questions
angoissé, l'enfant se mit à pleurer
attentifs, les élèves ont compris
autre, elle aurait été moins séduisante
calme et concentrée, elle seblait retenir sa respiration
certaine de l'affection de son amant, elle le présenta à ses parents
cet élève, paresseux, à été renvoyé du lycée
d'origine paysanne, ce maître-artisan a une excellente réputation
d'un naturel placide, elle s'entendait bien avec ses voisines
déçu, il sortit de la salle sans rien dire
épuisé de fatigue, il rentra
espiègle et curieuse, la souris se faufile partout
fort de son expérience, il s'est présenté au concours culinaire de sa région
fou de joie, il s'est précipité vers la sortie
fragile, son foie ne supporte que trois litres de vin par jour
furieux, et sans rien vouloir entendre, il s'en alla
gêné, il a fait semblant de ne pas me voir
heureuse, elle eût été ravissante (Balzac)
heureux d'avoir gagné, il sautait dans tous les sens
heureux ou malheureux, on a vécu ensemble (Rolland)
honteux de son échec, il se tut
il rêvait petit de devenir astronaute
impatient d'hériter, il poussait un peu les événements
incapable d'amitié, il est fort capable d'amour, ou plutôt de désir
incapable de donner la réponse correcte, il fut éliminé
ivre, il déclamait les pages les plus extatiques de Chomsky
jamais contents de rien, ces enfants sont lassants
jamais malades, les enfants étaient joyeux
je me suis toujours demandé pourquoi les Français, si spirituels chez eux, sont si bêtes en voyage (Labiche)
jeune, il a tenté une carrière universitaire, mais
jeune, il avait une très bonne mémoire
le pont reliant la rive gauche, rurale et touristique, à la rive droite, industrielle, est attendu depuis dix ans
le président, alors gravement malade
libre des ses mouvement, il aurait été plus à l'aise
lucrative ou non, cette entreprise a pour effet que
lui, habituellement si brave
lui, jadis si ouvert et si simple
lui, si aimable et rieur naguère
merveilleusement indifférent à mon chagrin, il me montrait tout de même une espèce de sympathie
moins ambitieuse qu'on l'espérait, cette politique se concentre sur un seul objectif
nocif, ce jouet est interdit
on vous mettait dans un plateau...trop lourd, vous étiez pendu, trop léger, vous étiez brûlé (Hugo)
outré, le docteur Sartre resta pendant quarante ans sans adresser la parole à sa femme
pas mal bavard, il ne fit toutefois pas allusion à l'incident de la nuit
petit pour son âge, Pierre a été éliminé
plus grave encore que l'espionnage, le sabotage...
plus jeune, il aurait pu tenter l'aventure
prudent comme toujours, il enfila une capote pour se branler
riche, certes, il était miséricordieux
riche, elle aurait dormi dans une chambre éclairée par cent lustres (Jouhandeau)
satisfait, le chat ronronne
seul, j'ai peur
son père, de nationalité italienne, n'avait pu obtenir un permis de travail
souffrante, elle n'est pas venue
surprenante, cette décision était pourtant légitime
toujours si discret, il n'a pas pu se retenir de lui faire remarquer que
tour à tour consolante et consolée, elle donnait et recevait la parole de vie sur la couche de la mort (Chateaubriand)
vivant, il a manqué le monde ; mort il le possède (Chateaubriand)

Triomphe de l'adjectif comme subordonnée réduite prédicative chez Houellebecq : « Homosexuel, il aurait pu prendre part au Sidathon ou à la Gay Pride. Libertin, il se serait enthousiasmé pour le Salon de l'érotisme. Plus sportif, il vivrait à cette même minute une étape pyrénéenne du tour de France. Consommateur sans caractéristiques, il accueillait cependant avec joie le retour des quinzaines italiennes dans son Monoprix de quartier. ». Le caractère conditionnel de ces subordonnées réduites est évident.

§ Participes passés

amusées par le spectacle, les filles ne voulaient plus partir
arrivée à la gare, elle a mis ses bagages à la consigne
assis, vous étendez vos jambes
choyés par leurs grands-parents, ces enfants étaient heureux
débarrassé de son escorte indisciplinée, Orso continuait sa route (Mérimée)
débarrassé de son manteau, il aurait été plus à l'aise
déjà comprises au compte précédent, ces sommes n'ont pas dû figurer ici
entré dans sa cinquantième année, Mathieu Michel se mit aussitôt à l'œuvre (France)
ils ne travaillent que contraints
inconnu du Littré et du dictionnaire de l'Académie, le verbe « grafigner » signifie égratigner
influencée par son grand frère, elle s'est mise à lire Chomsky et le Marquis de Sade
jaillie d'on ne sait où, l'eau coulait claire et limpide
l'histoire serait beaucoup plus savoureuse racontée par le mari lui-même
la statuette, mal sculptée, détonnait dans ce milieu luxueux
le paysage n'est pas le même vu du côté de la colline
le tableau, mis en vente, atteindrait un prix fabuleux
longtemps méconnue des médecins, cette plante présente pourtant de nombreuses vertus curatives
lui, obligé par la vie à se passer de confident
maltraité par son maître, ce chien fait pitié à voir
méprisée, la bourgeoisie possède néanmoins un des meilleurs facteurs de réussite
mieux aidé, il aurait accompli des merveilles
moqué à l'envi par ses maîtres et ses camarades, Chazal gardait sa tranquillité (France)
mort prématurément, son père n'avait pas laissé de testament
mue par un funeste pressentiment
nous n'avons accepté que contraints et forcés
parti avant l'aube, Pierre est arrivé le jour même à destination
peu lus du grand public, ses articles fournissaient des thèmes à la propagande (Barrès)
plus solide, ce serait mieux
réveillé tard, il a raté son train (pronominal)
reçu à l'examen, il s'offrit un portable performant
refoulée par le vent qui rase la côte, la sève s'est accumulée pendant des siècles en rameaux courts, énormes, entrelacés et tordus (Taine)
restée seule à la maison, Marie se mit à pleurer
sorti de bonne heure, j'ai profité du beau temps
surgi de derrière un buisson, l'animal se jeta sur sa proie
surprise, elle poussa un cri
tapies au fond des manches frissonnantes, tremblaient ses longues mains chargées d'énormes bagues (Gide)
tombé de sa chaise, le bébé se mit à hurler

§ Participes présents

Voir la page connexe Le participe présent - introduction.

§ Adverbes

à peine de retour à Paris, il est tombé malade
en forme ou non, il réussira
là ou pas là, il est responsable de ce qui se passe dans son établissement

Avec un sujet pronom personnel disjoint détaché et rhématisé

je suis parti moi premier
nous avons chanté ensemble dans tous les opéras du monde, lui Péléas, moi Mélisande

Corrélation avec un argument de la principale autre que le sujet

Le sujet sous-jacent de la subordonnée réduite n'est pas toujours corrélé avec celui de la principale. La non-corrélation avec le sujet de la principale est critiquée par les puristes, main on la rencontre dans tous les registres.

La subordonnée réduite peut être corrélée avec l'objet direct, avec l'objet indirect ou avec un complément prépositionnel de la principale. La corrélation avec un pronom personnel conjoint objet indirect est rare : cette idée m'est venue gamin

Pierre a rencontré Juliette jeune (ambigu)
à peine arrivé, des mains de fer s'emparèrent de moi (Hugo)
arrivé au premier étage, un maître d'hôtel me demanda d'entrer un instant dans un petit salon-bibliothèque (Proust)
atteinte depuis douze ans d'une perte de sang, les médecins l'avaient ruinée (Mauriac)
c'était un sentiment submergé que j'entrevoyais, cathédrale engloutie, sous les masses sombres de ma froide stratégie (Maurois)
ce qui risque de compliquer vos échanges, intellectuels ou amoureux
cette alternative les indigna, persuadés qu'on voulait détruire la république (Flaubert)
cette idée m'est venue gamin
chrétien entêté, les plus beaux génies du monde de la terre n'ébranleront pas ma foi (Chateaubriand)
deux fois esclave, elle redevint deux fois impératrice (France)
elle a rassuré son ami, inquiet de son retard
elle n'était plus là, mais n'en retenait pas moins dans sa couche celui qui, vivante, l'avait fuie (Mauriac)
enceinte, il l'abandonna
exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher (Baudelaire)
habité par des chevaliers, des pages, des dames et des demoiselles, la vie y était plus grande (France)
il a observé, immobile et muette, la jeune fille
il semble qu'au cinéma tout est vrai pendant le film et que tout est faux sitôt sorti de la salle
ils m'ont adopté enfant
j'ai dû l'entendre pour la première fois prononcé par mon père, moi ayant huit ans (Dutourd)
j'aurais voulu le lui dire présent
je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle ? (Racine)
jeune professeur encore célibataire, une jolie vieille dame me louerait une chambre confortable, qui sentirait la lavande et le linge frais (Sartre)
les moindres détails de moi enfant
m'aimerais-tu légère et insouciante ? (Camus)
marié deux fois, aucune des deux reines qui se sont succédé dans mon lit n'a été capable de donner un dauphin au royaume (Tournier)
mort avant la drôle de guerre, Giraudoux eût échappé aux tartinades des Goebbels en pantoufle du Continental; vivant, quelle belle vieillesse nous lui ferions ! (Nourrissier)
nous nous sommes connus adolescents
parvenus sur la terrasse, leur regard se perdit d'un coup au-delà de la palmeraie (Camus)
passive on l'eût accusée d'être une charge; active on la soupçonnait de vouloir régenter la maison (Sartre)
plongé dans une demi-somnolence, toute ma jeunesse repassait dans mes souvenirs (Nerval)
plus jeune, une telle perspective l'aurait jeté dans l'enthousiasme (Houellebecq)
présente, je vous fuis, absente je vous cherche (Racine)
recherché depuis plusieurs semaines, on a arrêté hier un ancien de la Légion étrangère
ses petites peurs enfouies enfant lui remontaient comme un tsunami (intéressant)
seul, je peux penser à elle, présente, je peux lui parler (Proust)
soldat, il aurait fait un excellent soldat (France)
sortie de mon lit, il n'y avait pas un coin qui fût mien (Beauvoir)
toute petite, il m'avait subjuguée par sa gaieté et son bagou (Beauvoir)
très distrait, le sens des réalités lui manque
très fatigué ces jours-ci, le beau temps d'aujourd'hui m'a remis (Gide)
trop occupés d'une nature de convention, la vraie nature nous échappe (Chateaubriand)
une fois au pouvoir, il nous faudra
vainqueurs ou vaincus, la civilisation des machines n'a pas besoin de notre langue (Bernanos)
venant de lui, il faut s'attendre à tout

Réduction prédicative avec une relative

La réduction prédicative avec une relative a deux types : le type que (relative prédicative) et le type comme (relative comparative).

§ Réduction avec une relative prédicative

Exemples - relative prédicative

$ Sans tout

à trois que nous étions, nous avons eu la force de le faire se résigner à son vrai devoir (Hervieu)
abrité qu'on était, on n'entendait pas le vacarme
chtimi qu'il était
et le soleil ne brillait pas, étouffé qu'il était par l'épaisse brume qui enserrait le ciel dans un carcan de fer (Gide)
fier qu'il était de sa quéquette grand format
grand connaisseur que tu es des formes et des caprices naturels, dis-moi donc (Valéry)
il n'a pas réagi, surpris qu'il était par cette charge
il ne la reconnut pas, accoutumé qu'il était à la voir toujours miroitante et empanachée (Gyp)
il ne m'écoutait pas, occupé qu'il était à jouer avec son portable
il ne nous regardait plus, fier qu'il était de son nouveau titre
il ne vous accordera qu'un instant, occupé qu'il est par son travail
il se méfiait des pauvres, en paysan qu'il restait (Romains)
incapable qu'il est de proférer la moindre phrase claire, il n'a pas obtenu le poste
j'ai accepté, convaincu que j'étais par ses arguments
j'essayais de ranimer la conversation, mais il ne répondit pas, absorbé qu'il était dans ses tristes pensées (Mérimée)
l'obscurité devint complète, augmentée qu'elle était par l'ombre portée des arbres (Gautier)
malade qu'elle était
occupé qu'il était à faire campagne pour les dégrèvements fiscaux, il ignorait le danger terroriste
pas moyen d'écrire une lettre, surveillé que j'étais par un affreux moine (A. Daudet)
pauvre idiot que je suis
protégé qu'il était jusqu'à la mort de ses parents

$ Avec tout

il ne m'écoutait pas, tout occupé qu'il était à jouer avec son portable
je ne pouvais guère imaginer le contenu de ce paquet, tout enveloppé qu'il était de chiffons
tout occupé qu'il était à engueuler la bonne
elle ne m'écoute pas, tout attentive qu'elle est au manège d'un homme qui passe à plusieurs reprises devant nous (Breton)

Voir la page connexe La relativation à pivot prédicatif pour les autres cas de la relative à antécédent prédicatif.

Si le nom ou l'adjectif qui constitue la subordonnée réduite a un complément, ce dernier se déplace vers la droite de la relative qu'il est.

incapable de proférer la moindre phrase claire, il n'a pas obtenu le poste
incapable qu'il est de proférer la moindre phrase claire, il n'a pas obtenu le poste

Cette construction exprime le plus souvent la cause.

Souvent ce tour produit un effet humoristique ou ironique, surtout si le complément prédicatif de la subordonnée réduite est précédé de tout :

tout occupé qu'il était à
tout enveloppé qu'il était de

§ Réduction avec une relative comparative

Exemples - relative comparative

avare comme il (l') est
bête comme il (l') est
déréglé comme tu (l') es
fine comme vous (l') êtes
fou comme il (l') est
impie comme je (le) suis
jolie comme elle (l') est, Marie a tous les suffrages
intelligente comme elle (l') est
maigre comme elle (l') était
malade comme il (l') était
sensible comme vous (l') êtes

Cette subordonnée relative a une nuance causale ou de degré : avare comme il est, il ne te donnera rien est paraphrasable par étant donné le degré de son avarice, il ne te donnera rien.

Le type comme permet l'emploi du pronom conjoint résomptif, comme le montrent les exemples. L'emploi du pronom résomptif est plus courant dans la langue familière ou populaire que dans la langue commune. Le pronom résomptif n'est pas permis avec le type que : malade comme elle l'était, mais *malade qu'elle l'était.

Voir l'examen détaillé du pronom relatif comme à la page connexe Les pronoms relatifs - comme.
Voir l'examen détaillé de la résomption à la page connexe Le système comparatif.

La place de la subordonnée réduite

On place la subordonnée réduite à proximité de l'élément de la principale avec lequel son sujet sous-jacent est corrélé. Si le sujet sous-jacent de la subordonnée réduite est corrélé avec le sujet de la principale, la subordonnée réduite se trouve immédiatement avant ou après le sujet. La subordonnée réduite est précédée et suivie d'une pause.

Réduction prédicative et quasi-prédication - comparaison

Pour l'examen de la quasi-prédication, voir les pages connexes Le complément prédicatif - la quasi-prédication, L'adjectif comme complément - l'adjectif employé adverbialement.

Comparons les deux membres de chaque paire d'exemples qui suit :

fou de joie, il s'est précipité vers la sortie
il s'est précipité vers la sortie fou de joie

rassurée, elle est partie
elle est partie rassurée

pleinement satisfait, il est sorti
il est sorti pleinement satisfait

exaspérée par ces remarques, elle est sortie
elle est sortie exaspérée par ces remarques

Les premiers pôles illustrent la réduction prédicative et expriment le temps, la cause ou la condition ; les seconds pôles illustrent la quasi-prédication et expriment la manière ou l'état.

La réduction descriptive

On se rappelle la comparaison entre réduction prédicative et quasi-prédication. Voir la rubrique Réduction prédicative et quasi-prédication - comparaison. Le phénomène que nous appelons réduction descriptive n'est ni réduction prédicative ni quasi-prédication, mais il a des traits en commun avec l'un et l'autre pôle de cette comparaison.

§ Dans les exemples donnés ci-dessous, l'adjectif ne véhicule pas les principales circonstances adverbiales de la réduction prédicative (cause, temps, condition, concession, comparaison). Dans le dernier exemple, de bonne humeur n'est paraphrasable ni comme parce que de bonne humeur, ni comme à condition d'être de bonne humeur, ni comme bien que de bonne humeur, ni comme ayant atteint l'état de bonne humeur, ni comme comme quelqu'un qui est de bonne humeur.

§ L'adjectif des exemples n'est pas quasi-prédicatif non plus. La force qui le rattache aux nom qu'il précède ou suit est beaucoup plus marquée que celle qui le rattache au verbe. Dans le cas de la quasi-prédication les deux forces sont égales. D'ailleurs, l'adjectif ne suit le verbe dans aucun des exemples.

attentifs, les élèves buvaient les paroles du maître
à ses pieds était couché, couvert d'une longue robe asiatique, un esclave (A. Dumas)
admiré de tous, il était champion d'ingurgitation de hotdogs
ces rochers, si nets et cependant si vaporeux, sont d'opale (Siegfried)
d'autres papillons, sombres et veloutés, semblaient arriver tout droit de la nuit (Bosco)
dans l'autre angle, à moitié cachée par un lierre, se trouvait une petite porte (Zola)
éblouie de lumière, elle fait quelques pas, indécise dans la cour (Renard)
émerveillés, les enfants regardaient la vitrine
épars, quelques beaux bouquets d'arbres donnaient à la vallée entière l'aspect aimable et tempéré d'un parc (Gide)
Fabrice, ivre de colère, arriva aussi à cette ligne de saules (Stendhal)
Frédéric, plein de l'idée de Madame Arnoux, parlait de son mari souvent (Flaubert)
embusqué là comme une araignée, il guettait (Maupassant)
il existe, presque intactes encore, huit ou dix de ces chapelles (Lamartine)
immobile et la tête haute, elle regardait les soldats (Flaubert)
j'allais rejoindre Pierre, immobile près de la cheminée
l'usine, alors en pleine activité, employait mille ouvriers
la foule, attentive, se taisait
la solitude, vaste, épouvantable à voir, partout apparaissait (Hugo)
le petit garçon, muet de frayeur, était blotti dans les bras de son père
les sapins, noirs, en étaient les gardiens funèbres (Kessel)
Marie, en robe d'été, avait été trempée par l'averse
nous nous assîmes auprès d'elle, attendris et presque graves (Nerval)
pâle et muet, il se tenait à la porte
près de lui, grande et souple, se tenait une jeune femme brune, aux yeux cernés, minaudière à souhait, élégante et couverte de bijoux (Apollinaire)
simple et joyeuse, Marie habitait chez ses grands-parents
Pierre, de bonne humeur, accueillit Paul avec un large sourire

Dans les exemples qui suivent, le sujet de la subordonné réduite est corrélé avec un actant de la principale autre que le sujet :

allongée sur le lit, la lampe la laissait tout entière dans l'ombre
elle entendait, venue de la forêt, une clameur lointaine et profonde (Genevoix)
elle vit s'avancer, majestueuse et lente, une femme tout de noir vêtue
j'allais rejoindre Pierre, immobile près de la cheminée
j'entendis, étouffée par la muraille, une grande confusion de voix rauques
je connais, plantés sur une place très solitaire, trois petits arbres

Domaines apparentés

§ Voir l'examen de la quasi-prédication aux pages connexes Le complément prédicatif - la quasi-prédication, L'adjectif comme complément - l'adjectif employé adverbialement et sous la rubrique Réduction prédicative et quasi-prédication - comparaison.

§ Voir d'autres emplois adverbiaux du participe passé à la page connexe Le participe passé - rubrique Le participe passé en dehors des formes composées et du passif.

§ Pour une remarque sur la relation entre le participe passé absolu et la réduction prédicative, voir la page connexe La subordonnée participiale absolue - rubrique Participe absolu et réduction prédicative.

§ Voir l'examen du participe actif adverbial à la page connexe Le participe présent - introduction.

§ Voir l'examen de l'apposition à la page connexe Le groupe nominal - compléments - le complément nominal direct.

RETOUR EN HAUT DE PAGE