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TITRE
La relativation prédicative (634)

ASCENDANCE

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La relativation prédicative (634)

SOMMAIRE
Plan

La relativation prédicative étendue
Exemples liminaires
Définition
Éléments constitutifs
Les cinq circonstances essentielles
Le caractère prédicatif de la relative
Le choix de verbe
Le type d'objet direct
Objet direct pronominal conjoint
Objet direct nominal transformable en pronominal conjoint
La relative de prédication comme complément prédicatif
Registre, concision, neutralisation
Exemples
Verbes de perception, d'imagination, de monstration, de souhait
Prédication étendue - circonstances
Temps
État
Cause
But, conséquence (verbes de construction)
Concession

La relativation présentative
Relativation présentative - définition
Conditions syntaxiques
Indices syntaxiques
Verbes de perception
Introducteurs
Y avoir
Voici, voilà
C'est
J'ai
Être
Sans introducteur
Ton exclamatif
Remarques
L'ambigüité de l'introducteur c'est
Le participe présent présentatif

La relativation à pivot prédicatif
Sans nuance particulière
Injures, auto-injures, exclamations
Omission du verbe être après que
Dans la réduction, avec une nuance causale ou concessive
Dans la subordonnée concessive partielle du type tout...que
Ce que

La relativation prédicative - renvois
Caractéristiques et possessions
Constructions du vécu subjectif

Plan

Cette page comporte trois parties majeures

-la relativation prédicative étendue
-la relativation présentative
-la relativation à pivot prédicatif

suivies de deux renvois.

Il y a une différence importante entre la relativation à pivot prédicatif et les deux autres types de relativation. Le pivot prédicatif occupe la position de complément prédicatif à lui seul. Dans les deux autres cas la position de complément prédicatif est occupée par la relative entière.

La relativation prédicative étendue

Exemples liminaires

il l'a trouvé qui buvait dans un bar
je les commande qui soient le plus frais possible
on l'a abattu qui sortait de chez lui
je l'ai connu qui vendait des cravates sur les boulevards
on les livre qui sont encore chaudes les pizzas
on l'a congédié qui prenait de l'argent dans la caisse
on l'a construite qui puisse résister aux tremblements de terre
on l'a souffert qui arrivait tous les jours en retard

Définition

Éléments constitutifs

La construction que nous appelons relativation prédicative étendue comporte trois éléments constitutifs :

un verbe transitif quelconque

un objet direct obligatoirement pronominal conjoint

une relative introduite par qui et corrélée avec l'objet direct

Les cinq circonstances essentielles

La relative exprime une de ces circonstances : le temps (moment, durée ou comportement répétitif), l'état, la cause, le but, la conséquence, la concession. Le temps, l'état et la cause sont souvent indifférenciables.

Le caractère prédicatif de la relative

La circonstance exprimée par la relative est un élément essentiel à la fois de l'action et de l'objet direct. Certes, la circonstance pourrait être exprimée par un adverbe. En l'exprimant par une épithète (à savoir par la relative), on l'associe clairement et étroitement à l'objet direct. La circonstance est aussi étroitement liée à l'objet direct qu'un prédicat dans une construction prédicative transitive, telle que je l'ai connu jeune, je le trouve brillant, je le préfère saignant.

Le choix de verbe

Ce sont les verbes de perception, d'imagination, de monstration et de souhait qu'on rencontre le plus souvent dans la relativation prédicative étendue, mais le seul critère auquel le verbe est subordonné est qu'il admette une circonstance essentielle. Un verbe de prédication ne peut pas être construit avec une relative de prédication étendue si la relative n'exprime pas une circonstance essentielle.

Le type d'objet direct

L'objet direct est soit pronominal conjoint, soit nominal transformable en pronominal conjoint (potentiellement pronominal conjoint). Le caractère pronominal conjoint de l'objet direct n'est pas sans rapport avec la corrélation étroite entre l'objet direct et la relative de prédication étendue.

Objet direct pronominal conjoint

Comparons les deux propositions on l'a choisi qui sortait de Polytechnique et on a choisi Pierre, qui sortait de Polytechnique. Dans la première proposition, le lien temporel-causal entre l'obtention du diplôme et l'obtention de la situation est hors de doute. Dans la deuxième, l'origine d'école est un renseignement qui n'est pas en rapport avec la carrière, un renseignement en prime. C'est le caractère pronominal conjoint de l'objet direct qui assure la force de corrélation prédicative.

De façon similaire, dans il les mange qui baignent dans l'huile, les frites, la relative exprime un état et se comporte en prédicat corrélé avec l'objet direct. Dans il mange les frites qui baignent dans l'huile, la relative est une épithète banale.

Notons que c'est le seul emploi obligatoire de l'objet direct conjoint. En revanche, l'objet indirect conjoint a de nombreux emplois obligatoires.

Objet direct nominal transformable en pronominal conjoint

Comparons les deux propositions

j'ai entendu un oiseau qui appelait sa compagne

et

j'ai entendu un oiseau qui était dans le jardin

Dans la première, l'objet direct un oiseau est pronominalisable; dans la seconde, il ne l'est pas.

je l'ai entendu qui appelait sa compagne
*je l'ai entendu qui était dans le jardin

De même, la transformation

voici le train qui arrive
le voici qui arrive

est possible, mais la transformation

voici le train qui a quitté Rennes à midi
*le voici qui a quitté Rennes à midi

ne l'est pas.

Si le test de pronominalisation échoue, la relative n'est pas prédicative étendue. La relative prédicative étendue n'est pas une épithète, mais un complément prédicatif au sens large.

Un bel exemple chez Hugo

j'entends un matelot qui fredonne, des enfants qui rient, les bateliers qui s'appellent, les laveuses qui frappent le linge sur les pierres selon la mode du pays, les chariots à bœufs qui peinent dans les ravins, les chèvres qui bêlent dans la montagne, les marteaux qui résonnent dans les chantiers, les câbles qui se déroulent sur les cabestans, le vent qui souffle, la mer qui monte

La relative de prédication comme complément prédicatif

La relative de prédication étendue est un complément prédicatif propositionnel. Souvent le sens approximatif du complément prédicatif propositionnel peut être rendu par un simple adjectif ou adverbe :

je l'ai connu qui vendait des cravates sur les boulevards
je l'ai connu marchand à la sauvette

on l'a découvert qui dormait dans un coin de la pièce
on l'a découvert dans un coin de la pièce

le voilà qui arrive
le voilà arrivé

on l'a abandonné qui gisait sur un grabat
on l'a abandonné sur un grabat

on les emballait qui étaient encore chauds
on les emballait chauds

Voir l'étude détaillée des compléments prédicatifs aux pages connexes Le complément prédicatif - les types sémantiques de la prédication, Le complément prédicatif - la quasi-prédication.

Registre, concision, neutralisation

C'est surtout dans la langue écrite qu'on rencontre la relativation prédicative étendue. Son élégance s'explique par la concision et l'opacité.

Le prix de cette concision est la neutralisation des circonstances. Le seul pronom relatif qui assume les responsabilités d'un nombre important de conjonctions temporelles, causales, finales, consécutives et concessives.

La neutralisation des circonstances se manifeste également dans d'autres domaines : le gérondif, le participe absolu sans préposition, les subordonnées réduites.

Exemples

Nous empruntons les exemples à Claude Muller.

Verbes de perception, d'imagination, de monstration, de souhait

elle sent la chaleur âcre du phosphore qui pique ses narines
il l'a photographié qui faisait du ski
il l'a révélée qui se déshabillait
il l'a trouvé qui buvait dans un bar
il l'imite qui fait son cours, c'est très amusant
il le considérait qui feuilletait un mémoire
je l'ai admiré qui soulevait une barrique de vin
je l'ai décelé dans le tas qui différait du reste
je l'ai observé qui se glissait entre les tables
je l'ai remarqué qui se glissait derrière vous
je l'ai rencontré qui allait au cinéma
je l'ai repéré qui cherchait à s'introduire chez vous
je l'ai retrouvé qui jouait du saxo dans un bar
je l'ai senti qui bougeait
je l'ai vu qui montait dans le train
je l'aperçois qui travaille dans son jardin
je l'aperçus effondré dans un fauteuil qui pleurait comme un enfant
je le veux faible...et qui ait peur des mouches (Giraudoux)
je le visualise qui s'assoit sur son lit pour pleurer
je le vois qui revient du marché
je les commande qui soient le plus frais possible
je les entendais qui aboyaient toute la nuit
je les revois encore qui faisaient leurs devoirs sur la table de la cuisine
je me le représente qui arbore une cravate neuve
je te vois belle et désirée, mais fuyante et qui glisses (France)
le voilà qui arrive
nous l'avons vu qui était en prière à l'église à neuf heures du matin (Sainte-Beuve)
on l'a découvert qui dormait dans un coin de la pièce
on les veut qui soient à même de répondre aux besoins
on me l'a signalé qui circulait à cette heure-là sur les quais
on nous l'a signalée qui faisait du jogging

Notons que certains verbes qui se construisent avec la montée sujet-objet (par exemple, voir, sentir, apercevoir) se construisent aussi avec la relativation prédicative étendue : je l'ai senti qui bougeait = je l'ai senti bouger, je l'ai vu qui montait dans le train = je l'ai vu monter dans le train. Souvent le participe présent offre une troisième solution.

Prédication étendue - circonstances

Temps

Moment

il l'a affronté qui voulait entrer de force
il l'a insulté qui passait simplement devant sa porte
il les a apostrophés qui passaient sous ses fenêtres
il les trouva attablés qui achevaient leur soupe
je l'aperçois qui entre
je la croisai au coin de la rue et qui se dirigeait vers ma porte
le coup de sonnette l'avait surpris au tableau noir et qui travaillait
on l'a abattu qui sortait de chez lui
on l'a appréhendé qui tentait de voler une voiture
on l'a arrêté qui tentait de voler une voiture
on l'a attaqué qui rentrait chez lui
on l'a blessé qui rentrait chez lui
on l'a bloqué qui cherchait à s'enfuir
on l'a bousculé qui sortait de l'argent à un distributeur
on l'a capturé qui se cachait dans une église
on l'a chassé qui cherchait à s'introduire dans la maison
on l'a choisi qui sortait de Polytechnique
on l'a coulé qui approchait dangereusement de la base
on l'a croisé qui rentrait chez lui
on l'a interrogé qui sortait de chez lui
on l'a joint qui sortait de son domicile
on l'a relevé qui venait de se casser la jambe
on l'a surpris qui volait des pommes

Durée

je l'ai accompagné qui allait à son travail
on l'a accostée qui attendait son bus
on l'a aidé qui cherchait à s'installer à son compte
je l'ai caché qui avait des poursuivants à ses trousses
on l'a capturé qui se cachait dans une église
on l'a cherché qui errait dans le noir
on l'a chronométré qui courait un cent mètres
je l'ai connu qui vendait des cravates sur les boulevards
il l'implorait qui s'avançait vers lui
je l'ai laissé qui faisait la vaisselle
je l'ai rejoint qui marchait vers la station de métro
je l'ai soutenu qui escaladait la grille
on l'a stoppé qui se dirigeait vers l'aéroport
on l'a suivi qui se dirigeait vers l'aéroport

Action répétitive, habituelle

je les conduis à la gare qui ont un train à prendre

État

il l'a béni qui pouvait à peine ouvrir les yeux
il l'étudiait plus attentivement qui rinçait des verres (Robe-Grillet)
il les mange qui baignent dans l'huile, les frites
il les saisit qui brûlent encore
il les voyait à travers la vitre qui discutaient tous les trois avec animation (Robe-Grillet)
je l'ai consolé qui pleurait la perte de son joujou
je l'ai pincé une fois qui me dessinait des choses pas convenantes sur les murs du terrain vague (Saint Pierre)
je l'entendais qui se levait tôt
je l'entendis qui dégringolait le long de la pente (Merle)
je les achète qui pèsent déjà 50 kilogrammes
je les ai accueillis qui manquaient de tout
l'autre jour je l'ai admiré qui soulevait une barrique de vin (Mirbeau)
nous étions là cinq ou six qui allions de long en large (Duhamel)
on l'a abandonné qui gisait sur un grabat
on l'a arrosé qui commençait tout juste à sécher
on l'a attrapé qui se cachait dans la cave
on l'a couronné qui était encore un petit enfant
on l'a jugé qui pouvait à peine tenir debout
on l'a maîtrisé qui se débattait
on l'a moulu qui n'était pas tout à fait sec, ce café
on l'a trouvé qui dormait sous un arbre
on le trouva qui se refroidissait déjà
on les a cueillies qui commençaient à se faner
on les a réveillés qui dormaient profondément
on les a secourus qui se croyaient déjà perdus
on les emballait qui étaient encore chauds
on les livre qui sont encore chaudes, les pizzas
on les surveillait qui faisaient leurs devoirs
on les vend qui pèsent au moins 10 kilogrammes
on nous l'a rendu qui n'était plus intact
son fils est là qui le veille

Cause

je l'ai admiré qui soulevait une barrique de vin
on l'a chahuté qui arrivait en retard
on l'a complimenté qui avait rempli sa tâche à la perfection
on l'a congédié qui prenait de l'argent dans la caisse
on l'a débarqué qui puait l'alcool
on l'a interpellé qui avait brûlé un feu rouge
on les a réunis qui travaillent sur la même question

But, conséquence (verbes de construction)

je les compose qui s'accordent avec les paroles
il l'a bâtie qui donne sur la rivière
on les conçoit qui s'adaptent aux besoins à venir
on l'a construite qui puisse résister aux tremblements de terre
on l'a créé qui soit agréable par tous les temps, ce modèle

Concession

on l'a accepté qui marchait encore à peine
on l'a admise qui savait à peine lire
on les a naturalisés qui ne parlent même pas le français
on l'a souffert qui arrivait tous les jours en retard
je les ai supportés qui pleuraient des heures entières
on les utilise qui ont déjà servi
on l'a bouclé qui clamait son innocence

La relativation présentative

Relativation présentative - définition

Exemple liminaire

je l'ai vu qui courait à toute vitesse

Dans certains cadres syntaxiques, la subordonnée relative met de l'animation et du réalisme dans l'expression d'un événement bref ou d'un état transitoire.

La relativation présentative est un groupe de phénomènes étroitement liés à la relativation prédicative étendue. Voir plus haut sur cette page.

La relativation présentative a aussi des traits de ressemblance avec la relativation du vécu subjectif. Voir la page connexe Verbes multistructurels - avoir - rubrique Avoir - le vécu subjectif.

Conditions syntaxiques

La superordonnée doit inclure un des éléments suivants :

un verbe de perception

une particule d'exclamation exprimant la surprise

un verbe à caractère existentiel ou présentatif (voici, voilà, c'est, il y a, y a, il est là, survint)

La subordonnée relative doit être descriptive (non restrictive).

Le temps, le mode, la voix et l'aspect du verbe de la subordonnée ne doivent pas mettre en péril la vivacité et le réalisme de l'image.

Le verbe de la subordonnée doit être un verbe agentif. Il ne peut pas être un verbe qui exprime un état, une qualité, une caractéristique permanente.

Le pivot doit être le sujet du verbe agentif : je l'ai vu qui frappait Pierre est correct, mais *je l'ai vu que frappait Pierre sonne bizarre.

Cette construction exprime un phénomène bref, donc elle est incompatible avec les constructions qui expriment une caractéristique permanente.

*Marie a les yeux qui sont bleus
Marie a ses yeux qui sont bouffis

*elle a ses pensionnaires qui sont ivrognes et colériques
elle a ses pensionnaires qui sont furieux et ivres

Indices syntaxiques

Verbes de perception

elle entendit son enfant qui poussait des éclats de rire (Flaubert)
j'ai entendu ta grand-mère qui chantait « Mimi »
j'ai rencontré Pierre qui sortait du cinéma
j'ai surpris Paul qui fumait
j'ai vu le facteur à votre porte qui tenait un colis
j'entends l'eau qui bout
j'entends la cloche qui sonne la sortie
j'entends les enfants qui chantent
j'entends un bébé qui pleure
j'imagine ta mère qui trouve un mégot
je l'entends qui rentre
je vois le soleil qui se couche
je vois les enfants qui jouent au ballon
je vois les enfants qui rentrent
le docteur la regardait qui tirait sur les lacets (France)
le tableau représente Vénus qui sort de l'eau
on a trouvé Paul qui dormait

Nous soulignons que les relatives dans ces exemples ne sont pas des épithètes, mais des compléments prédicatifs régis par les verbes de perception. Ils ne qualifient pas les objets directs, mais ils sont corrélés avec eux.

On peut tester le caractère prédicatif de la relative présentative au moyen du réactif suivant.

Pronominalisons l'objet direct de la principale. Si la proposition reste grammaticale malgré le fait qu'un pronom personnel conjoint ne saurait avoir une épithète, la relative ne peut pas être une épithète. Comparer

j'entends l'eau qui bout
je l'entends qui bout

et

j'écoute la sonate qui te bouleverse
*je l'écoute qui te bouleverse

Qui bout est présentatif, qui te bouleverse ne l'est pas.

Introducteurs


Dans ces exemples, la relative joue un rôle adverbial, à savoir celui d'un adjectif quasi-prédicatif ou d'un gérondif. Voir l'examen de la quasi-prédication à la page connexe Le complément prédicatif - la quasi-prédication.

elle était là qui attendait patiemment
il est là qui pleure comme une Madeleine
il est là-bas qui arrose la platebande
ils sont là nombreux, qui parlent et rient (Nimier)
même quand je me crois seule, il est là qui m'embête (Zola)
sa femme se trouvait là qui lui souriait (Zola)
regardez-moi ce type, il est là qui cause, alors qu'il ne connaît rien
son fils est là qui le veille (A. Daudet)
un homme, un pèlerin, un mendiant, n'importe, est là qui vous demande asile (Hugo)
votre ami est là qui attend la réponse

C'est qui signale le plus souvent la relative présentative, mais d'autres adverbes de lieu peuvent aussi remplir cette fonction.

il est au jardin, qui la suit, qui la guette
elle le laisse au dehors qui sanglote au jardin

Y avoir

il y a Paul qui s'en va
il y a Pierre qui a téléphoné
il y a Pierre qui vient d'arriver
il y a la vendange de notre village qui a été gâtée par la pluie
il y a le facteur qui veut vous parler
il y a le lait qui bout
il y a le téléphone qui sonne
il y a les agriculteurs qui manifestent
il y a leur fille qui part au Québec
il y a ma voiture qui ne démarre pas
il y a mes rhumatismes qui me font souffrir
il y a mon frère qui est malade
il y a mon portable qui a été volé
il y a quelqu'un qui vous demande
il y a son pare-choc avant qui a été cabossé
il y a son vase chinois qui a été fracassé par une balle
il y a un bébé qui pleure
il y a un verre qui est cassé
il y a une horloge qui ne sonne pas (Rimbaud)
y a Paul qui va épouser Madeleine
y a Pierre qui s'est cassé la jambe
y a ta voiture qui part toute seule
y a ton thé que t'as pas bu

Voici, voilà

le voilà qui sort de la voiture
me voilà qui viens de me luxer l'orteil
voici le train qui arrive
voici le train qui siffle
voici mon fils qui arrive
voilà Pierre qui gagne
voilà Pierre qui sort de la voiture
voilà encore un malheur qui lui arrive
voilà la lumière qui s'éteint
voilà la nuit qui tombe

C'est

L'emploi de c'est...qui dans la relativation présentative n'a rien à voir avec la mise en relief. La ressemblance entre relativation présentative et mise en relief est fortuite. Les contours tonals des deux constructions diffèrent.

c'est Pierre qui s'en va
c'est ça qui en aurait produit un, d'effet
c'est ça qui m'est égal
c'est le curé qui va rire (Mérimée)
c'est le patron qui va être ravi
c'est les pigeons qui s'envolent
c'est ma mère qui est morte
c'est madame qui ne va pas aimer ça
c'est mon fils qui arrive
c'est papa qui a perdu sa place
c'est papa qui veut me supprimer mon mois (Brieux)
c'est ta broche qui se décroche
ce sont les lapins qui ont été étonnés (A. Daudet)
Madame, c'est monsieur votre père qui est tombé le nez dans ses écritures et qui ne bouge plus (Zola)
Maman, c'est Augustine qui met ses mains dans mon assiette (Zola)
Monsieur, c'est le maître d'étude qui m'envoie vous dire que j'ai le mains sales (Renard)
pourquoi criez-vous comme ça ? - c'est mon pauvre chien que j'ai perdu (Maupassant)
si le général voyait ça, c'est sa moustache qui lui monterait dans le nez (A. Daudet)

J'ai

j'ai les yeux qui me font mal
j'ai mon frère qui m'attend
j'ai mon mari qui vient d'arriver
j'ai un taxi qui m'attend devant la porte
j'ai ma voiture qui est en panne
j'ai ma mère qui est malade
j'ai encore un formulaire que j'ai pas (Gadet - il y a encore un formulaire qu'il faut que j'aille chercher à la mairie)

Être

nous sommes au grenier qui trions de vieilles lettres
nous sommes plusieurs qui faisons la cuisine

Sans introducteur

« Odette, Sagan qui vous dit bonjour », faisait remarquer Swann à sa femme (Proust)
le lavabo qui déborde
votre sac que vous oubliez

Ton exclamatif

ce monsieur qui mange tout le gâteau !
et ce pauvre Pierre qui va s'inquiéter
et la tante que nous avons oubliée
et leur charrette qui est restée sous la grande porte (Flaubert)
et moi qui croyais que
et Pierre qui n'est pas là
huit heures déjà et mon mari qui n'arrive pas !
jusqu'à ses amis qui l'abandonnent !
l'idiote qui croit que je ne pourrais pas me guérir d'elle (Mauriac)
le lait qui bout !
Paul qui s'en va !
une balle qui siffle dans l'air !

Remarques

L'ambigüité de l'introducteur c'est

C'est est un introducteur présentatif et un introducteur de mise en relief. La proposition c'est le soliste qui a fait une fausse note a une lecture présentative et une lecture de mise en relief.

Le participe présent présentatif

Le participe présent présentatif concurrence la subordonnée relative présentative. Voir plus haut sur cette page.

La relativation prédicative - renvois

La subordonnée relative occupe la position de complément prédicatif dans plusieurs constructions. Nous venons d'examiner la relativation prédicative étendue, la relativation présentative et la relativation à pivot prédicatif. Reste à ajouter deux renvois.

Caractéristiques et possessions

Voir la page connexe Article défini - avoir des caractéristiques ou des possessions - rubrique Les subordonnées relatives - caractéristiques et possessions.

il a les mains qui tremblent

Constructions du vécu subjectif

Voir la page connexe Verbes multistructurels - avoir - rubrique Avoir - le vécu subjectif.

elle a son mari qui est malade

La relativation à pivot prédicatif

Sans nuance particulière

On verra que la relativation à pivot prédicatif peut exprimer certaines circonstances et certains affects. Nous commençons par ses emplois neutres.

Prédicat corrélé avec le sujet

à l'heure qu'il est
ce métier difficile qu'est la confection d'un grand journal (L. Daudet)
ce petit garçon chétif que j'étais (Mauriac)
comme un pauvre bébé qu'il est
comment je devins qui je suis
de blême qu'il était, le visage de Palmyre s'empourpra (Zola)
en jurant comme un vrai Provençal qu'il était (A. Daudet)
est-il le charmeur qu'on dit ?
il n'était pas l'homme heureux qu'on croyait
il se mit à pleurer tout haut comme un gros enfant qu'il était (A. Daudet)
je ne serai donc jamais qui je suis (Genêt)
l'ordre des mots qui tend à devenir fixe, de libre qu'il était (Meillet)
la fierté qu'était la mienne
le biologiste qu'il faut dire que je suis avant tout (Duhamel)
le pauvre idiot que tu es
le peu de chose qu'est l'homme
le trotskiste qu'il était et qu'il reste
le vieillard que je suis devenu
le vieillard que je suis devenu a peine à se représenter le furieux malade que j'étais naguère (Mauriac)
les minuscules personnages de tableaux, que devenaient à distance les valets de pied de l'hôtel (Proust)
pauvres femmes que nous sommes

Prédicat corrélé avec l'objet direct

Gamelin voyait ces hommes différents de ce qu'il les avait vus jusque-là (France)
je ne suis point tout à fait pareil à celui qu'ils me croyaient d'abord (Gide)
elles ne l'aiment point passionnément, incapables qu'elles le sentent de leur rendre la pareille (Billy)

Nuance causale

il gagna le concours, rompu qu'il était à ce genre d'exercice
en bon socialiste qu'il était

Injures, auto-injures, exclamations

bande de fainéants que vous êtes !
ce Zola, le sacré assimilateur que c'est (Goncourt)
cette chose atroce qu'est la jalousie
fripon que tu es !
idiot que je suis, j'ai tout perdu !
incapable que je suis !
insensé que je suis !
la cruelle qu'elle est se bouche les oreilles
lâche que je suis !
malheureux que tu es !
nationalistes que vous êtes !
pauvre idiot que tu es !

Omission du verbe être après que

c'est un grave défaut que l'orgueil

Voir l'examen de cette construction à la page connexe La mise en relief par introducteurs - rubrique Complément prédicatif - le thème averbal.

Dans la réduction, avec une nuance causale ou concessive

Voir la page connexe Les subordonnées réduites - la réduction prédicative.

pas moyen d'écrire une lettre, surveillé que j'étais par un affreux moine (A. Daudet)

Dans la subordonnée concessive partielle du type tout...que

Voir la page connexe La concession partielle - les parcours simples.

tout jeune qu'il était, il était armé jusqu'aux dents.

Ce que

un paresseux, c'est ce qu'il est devenu
je suis prisonnier de ce que j'ai été (Montherlant)
la vie m'a fait ce que je suis
vous êtes ce que j'étais autrefois, ce que je voudrais être
il est resté ce qu'il a toujours été

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