La relativation - la place de la subordonnée relative
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La relativation - la place de la subordonnée relative (623)

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La relativation - la place de la subordonnée relative (623)

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La relative suit son antécédent directement

En règle générale, la subordonnée relative suit l'antécédent directement. Il y a cependant quelques facteurs contrariant l'application de cette règle, qui est naturelle en ce que la relative est une épithète du pivot. Ces facteurs ne s'excluent pas mutuellement.

La relative suit son antécédent indirectement

Longueur de la relative

On postpose la relative si elle est nettement plus longue que le reste de la proposition.

ce bruit s'effaça qui n'avait peut-être jamais existé (Nothomb)
celui-là seul en a le mérite par les soins de qui l'entreprise a été menée
cette femme était le seul être qui lui restât, auquel s'accrocher (Henriot)
l'auteur est sage qui s'abstient d'explications préliminires (Farrère)
l'époque est révolue où
l'heure est proche où il faut faire la décision irreversible
la partie est gagnée que je ne pouvais gagner qu'avec elle (Gide)
la moto lui était essentielle qui lui permettait de sauver sa peau (Nothomb)
la plupart des ministres sont épuisés, qui jouent la comédie du pouvoir (C.Barbier)
la porte s'ouvrit et Ph. Touchard entra, qui vint faire ses dévotions à ses dames (Aragon)
le temps est loin où cette banlieue était un village
le petit homme le sait bien qui ne peut survivre ni se développer s'il ne s'attache à un adulte
les carrières se multiplient qui offrent un succès rapide aux jeunes n'ayant qu'une personnalité sympathique à leur actif
les morts ne sont pas morts, qu'on croit encor vivants (E. Rostand)
les visiteurs n'étaient pas très nombreux, qui grelottaient à qui mieux mieux (Apollinaire)
ma tristesse lui échappa, qui, en d'autres temps, eût éveillé sa sollicitude (Mauriac)
mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime (Lamartine)
Obama ne s'y est pas trompé, qui mobilise la panoplie intégrale des outils Internet
un patron est perdu, qui s'oublie à vivre avec ses ouvrières (Zola)
une langueur l'avait repris que lui versaient le ciel si clair, le jardin si calme (Estaunié)
des vaches passèrent au galop, affolées, qui avaient rompu leurs liens (Henriot)

Protection contre le déséquilibre

beaucoup de gens écrivent qui écrivent mal (Albalat)
elle me montra, qui jouait, dans son jardin, un de ces ânes charmants de Provence, aux longs yeux résignés (Barrès)


L'ordre physique reflète l'ordre logique

Dans certains cas, la postposition de la relative reflète une relation temporelle, causale, finale ou définitoire. L'ordre normal produirait un effet bizarre.

l'heure de vérité est proche, qui sonnera le redémarrage de l'économie mondiale
la cloche sonna, qui mit fin à la récréation (Gide)
la crise est pasée par là, qui a balayée les certitudes
les fenêtres étaient ouvertes où, comme un être familier, la nuit respirait (Mauriac)
les volets claquèrent que fermait Marie de Lados (Mauriac)
quatre enfants étaient nés, qu'elle avait nourris et élevés (Chardonne)
quelque chose pourtant l'avait heurté qu'il ne nous confiait pas (M.Prévost)
un camionneur survint, qui nous a tirés du fossé
un carnet relié en cuir de Russie se trouvait là ; que prit Julius et qu'il ouvrit (Gide)
un frisson passa qui annonçait la catastrophe prochaine (Zola)
un instituteur se leva qui fit une harangue fort hargneuse (Drieu la Rochelle)
un jeune homme parut qui se déclara correspondant du « Petit Provençal » (Duhamel)
un vieillard tomba qu'il fallut ramasser (Zola)
une servante entra qui apportait la lampe (Gide)
une servante entra qui vint chercher l'enfant (Musset)
voici donc le pays rasséréné, qui s'abandonne à la torpeur des vacances

La subordonnée développe la superordonnée

La relative pourrait être remplacée par un participe présent ou par une subordonnée causale métadiscursive (puisque) ou par une subordonnée du type en ce que.

certains destins sont éloquents, qui portent en eux des questions et parfois des leçons (C. Barbier)
déjà le vieil Ennius n'y allait pas par quatre chemins, qui transportait au latin des formations et des constructions grecques (Marouzeau)
Jésus aussi était un grand communicateur, qui recourait aux paraboles pour se faire entendre des masses analphabètes de l'Antiquité (Makarian)
les chasseurs de trésors ne s'y trompent pas, qui investissent des sommes colossales pour localiser les épaves
l'ennemi était rusé qui feignit de ne pas remarquer mon inconduite (Nothomb)
la gauche est dans le tempo, qui fait des mines de vierge effarouchée mais se trémousse quand même sur la piste de danse (C. Barbier)
la justice belge sera moins élogieuse, qui la condammnera à une amende de
le ministre se débat, qui proteste de son innocence, de sa bonne foi, de sa probité (C. Barbier)
le puissant Parti communiste ne s'y trompe pas, qui dénonce la menace d'un revanchisme allemand
le voleur était sur sont lit, qui faisait le mort
sa voix était musicale que rendait chantante un léger accent (Gide)

Relativation présentative


elle est là qui pleure
elle restait là qui regardait les affiches
il était là qui dormait
il est là qui arrange les papiers sur son bureau
il est toujours là qui m'embête
ils sont là qui l'attendent depuis deux heures
le voici qui attend l'arrivée du train
un mendiant est là qui vous demande asile

Relativation prédicative étendue

Voir la page connexe La relativation prédicative.

on l'a trouvé qui buvait dans un bar
on l'a abattu qui sortait de chez lui

L'antécédent est un pronom interrogatif

à qui ressemble-t-il que nous connaissions ?
je lui demandais ce qu'elle pouvait savoir de la jeune fille, qu'elle ne m'eût pas encore confié (Romains)
qu'a-t-il fait qui soit tellement scandaleux ?
que raconte-t-il qui est si intéressant ?
que venait-il d'apprendre qui lui torturait les traits à ce point ? (A. Daudet)

L'antécédent est tout

tout est bien qui finit bien (comparer avec tout ce qui finit bien est bien)

L'antécédent est rien déplacé vers la gauche

il ne m'a rien dit que je ne sache déjà
s'efforçant de ne rien laisser paraître sur les traits qui pût inspirer de la pitié à ses hôtes (Bedel)

L'antécédent est tel

tel chante le matin qui pleure le soir
tel est pris qui croyait prendre
tel se trouve prêtre qui aurait mieux été paysan (Alain)

La relative précède son antécédent

(Disons plutôt que la relative précède physiquement son antécédent grammatical.)

Avec les verbes de perception

Dans la langue littéraire, la subordonnée infinitive de perception peut être remplacée par une subordonnée relative.

on voyait, qui s'approchait rapidement par le ciel, une tempête violente (on voyait s'approcher)
on entendit, qui descendaient du troisième étage, les gammes hésitantes d'une flûte (on entendit descendre)

Relative adverbiale


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