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TITRE
La subordonnée causale fléchie - les dimensions (596)

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PAGES SŒURS
La subordonnée causale fléchie - les dimensions (596)

SOMMAIRE
Introduction
Cause factuelle et cause métadiscursive
Exemples liminaires
Niveaux du discours - terminologie
Conjonctions causales factuelles et métadiscursives
La conjonction, seul indice du niveau du discours
Classification des causes métadiscursives
Déjà que - la réaction émotive comme cause métadiscursive
Adverbes métadiscursifs
L'ambigüité de pourquoi
La cause métadiscursive - interrogation et exclamation
En ce que
Causalité forte et causalité faible
Définition de la causalité faible
Définition de la causalité forte
Causalité forte et causalité faible - conjonctions
Exemple expliqué - 1
Exemple expliqué - 2
Exemples de la causalité faible - comme
Exemples de la causalité faible - puisque
Causalité - limitations syntaxiques
La chaîne de subordonnées
Qualification par un autre adverbe
Coordination avec répétition
Mise en relief
Mise en relief avec contraste
Mise en relief sous-entendue
Non pas...mais
Portée ambigüe de la négation
Interrogation
Ne...que parce que
Reprise par que
Parce que évasif
Causalité - présupposition
Le subjonctif dans la subordonnée causale
La place de la subordonnée causale

Introduction

Dimensions de la subordonnée causale :

-causalité factuelle et causalité métadiscursive (niveaux du discours)
-causalité factuelle forte et causalité factuelle faible
-les limitations syntaxiques touchant certaines conjonctions causales
-la présupposition accompagnant certaines conjonctions causales
-l'emploi du subjonctif dans la subordonnée causale
-la place de la subordonnée causale

Cause factuelle et cause métadiscursive

On trouvera une vue d'ensemble des phénomènes métadiscursifs à la page connexe Les phénomènes métadiscursifs - vue d'ensemble.

Exemples liminaires

Comparons les propositions

le trottoir est mouillé, parce qu'il a plu et

il a plu, puisque le trottoir est mouillé

le trottoir est mouillé, parce qu'il a plu

La subordonnée causale dans cette proposition est « factuelle ». La proposition constate une simple relation de cause à effet entre la pluie et l'état du trottoir. La causalité factuelle est marquée par parce que.

il a plu, puisque le trottoir est mouillé

La subordonnée causale dans cette proposition est « métadiscursive ». Le locuteur constate qu'il a plu et il précise l'indice qui lui a permis de tirer cette conclusion. La subordonnée causale justifie la constatation. La causalité métadiscursive est marquée par puisque. La cause factuelle de la pluie, qui est d'ordre météorologique, est exclue de la proposition.

La proposition pourrait avoir pour paraphrase comme le trottoir est mouillé, nous pouvons constater avec certitude qu'il a plu. Dans cette paraphrase, la constatation et la certitude sont des phénomènes psychologiques qui ont une cause factuelle.

Un autre exemple

Cause factuelle

Pierre doit avoir raté son examen parce qu'il a trop surfé la veille

Cause métadiscursive

Pierre doit avoir raté son examen puisqu'il a l'air si triste

Niveaux du discours - terminologie

Un acte de parole ou de pensée est un événement au même titre que n'importe quel événement de l'environnement, qu'il soit physique, biologique, psychologique ou social. Un acte de parole ou de pensée peut donc avoir une cause comme n'importe quel acte. La cause d'un acte de parole ou de pensée est appelée une « cause métadiscursive » ou une « justification ». Toute autre cause est appelée une « cause factuelle » ou une « explication ». La subordonnée causale peut se rapporter à deux niveaux du discours : au fait, qui fait l'objet de l'énoncé, et à l'énoncé, qui vise le fait.

Conjonctions causales factuelles et métadiscursives

La cause factuelle est le plus souvent signalée par parce que. La cause métadiscursive est le plus souvent signalée par puisque. Voir aussi la page sœur consacrée aux conjonctions causales.

La conjonction, seul indice du niveau du discours

Si la subordonnée représente une cause métadiscursive, le verbe de parole ou de pensée (déclarer, constater) est sous-entendu dans la principale et le seul indice du caractère métadiscursif de la principale est la conjonction de la subordonnée.

Classification des causes métadiscursives

Signe, indice, symptôme, preuve

puisqu'elle m'a donné rendez-vous pour demain, c'est que tout n'est pas perdu (Miomandre)
ça doit brûler dans la cuisine, puisqu'il y a de la fumée partout
il a plu, puisque le trottoir est mouillé
il est sorti, puisque son manteau n'est plus là
l'exposition a été un succès, puisque la région a séduit beaucoup d'investisseurs
Pierre n'a pas faim, puisqu'il ne finit pas son steak
probablement Pierre a raté son examen, puisqu'il a l'air si triste
puisque sa voiture est au garage, il n'a probablement pas quitté la ville
il y a de cela vingt ans, puisque j'avais trente ans et que j'en ai cinquante (Maupassant)

Condition suffisante, occasion, prétexte

La principale est souvent une injonction.

alors Pierre, puisque vous devinez qu'il s'agit de lui
croyez-moi, puisque j'avoue ma faute
il a l'habitude de la parole, puisqu'il professe depuis plus de trente ans
Je t'ai défendu d'épouser jamais un acteur. Tu ne me désobéis pas, car tu épouses un homme dont le Diable lui-même ne ferait pas un acteur (Maurois)
n'en parlons pas, puisque je suis incapable de comprendre (Cocteau)
puisqu'il pleut, prend donc ton parapluie
puisqu'on est des frères, je peux te dire
puisque je vous dis que
puisque je vous vois, je tiens à vous dire
puisque le hasard le veut, je vous ferai volontiers cette lecture (France)
puisque votre soirée est libre, montez donc dîner chez moi (A. Daudet)
puisque vous êtes là, venez m'aider
puisque vous le voyez souvent, assurez-le que je l'aime beaucoup (Flaubert)
puisque vous savez tout, vous allez nous dire quelle est la capitale de l'État de New York
sors, puisque je l'ordonne
tiens, puisque t'es là, voilà une pile d'enveloppes, t'as qu'à les distribuer toi-même
tu n'es pas seul puisque je suis derrière toi

Contrainte, obligation

et puisqu'il faut tout te raconter par le menu, nous étions allés ensemble au cinéma
cela a de l'importance, puisque tout a de l'importance dans une crise pareille
il viendra, puisque tu veux tout savoir
puisque vous insistez, ma décision sera rendue publique le moment venu
puisque vous y tenez

Définition, caractéristique, exemple

ces animaux sont des mammifères, puisqu'ils allaitent leurs petits
ces escrocs, puisqu'il faut les appeler ainsi
cette monnaie n'en est pas une, puisque sa valeur varie selon les pays et selon les matières échangées
il s'agit d'une responsabilité collective, puisqu'aucun des participants n'a élevé la voix pour protester
la figure ABCD est bien un carré, puisque'elle a deux côtés égaux et un angle droit
la peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom (La Fontaine)
son échec, puisque échec il y a

Déjà que - la réaction émotive comme cause métadiscursive

La paraphrase de

déjà que P1, P2

est

ma réaction émotive provoquée par P1 me fait dire P2

déjà qu'il est assommant, s'il faut en plus l'écouter
déjà qu'on nous fait travailler dix heures par jour, on ne va pas augmenter les cadences
déjà que j'ai la migraine, tu veux que je supporte ce bruit ?
déjà que je ne suis pas riche, s'il faut encore payer une amende
j'imagine Jacques Duclos et Maurice Thorez cachés sous une robe longue et coiffés d'un turban ! Quel spectacle ! Déjà qu'ils sont laids ! (J. Champion)

La principale peut être construite très librement : elle peut être énonciative, interrogative, injonctive explicite, injonctive implicite, conditionnelle elliptique, etc.

Adverbes métadiscursifs

La causalité métadiscursive n'est pas limitée aux subordonnées. Les adverbes causaux de fait, effectivement et en effet sont métadiscursifs. Les adverbes causaux ne font pas l'objet de cette section.

L'ambigüité de pourquoi

Pourquoi est neutre par rapport au niveau du discours, pouvant anticiper une cause métadiscursive (une justification) aussi aisément qu'une cause factuelle (une explication). L'ambigüité de pourquoi peut être mise en lumière à l'aide du dialogue bébête entre gosses A et B.

Gosse A tend un piège linguistique à gosse B : T'es con.
Gosse B s'offense : Pourquoi ?
Gosse A, ricaneur : Parce que t'es né con.

L'intérêt de cette histoire modérément drôle réside dans l'ambigüité de pourquoi et dans la façon dont Gosse A en profite. Gosse B s'attend à une cause métadiscursive. Gosse A fait celui qui ne devine pas l'attente de Gosse B et lui répond par une cause factuelle.

La cause métadiscursive - interrogation et exclamation

Pour l'examen de la cause métadiscursive dans l'interrogation, voir la page connexe Emplois spécialisés de pour - subordination fléchie - rubrique Subordonnée libre causale métadiscursive - 1.

Pour l'examen de la cause métadiscursive dans l'exclamation, voir la page connexe La subordonnée causale fléchie - les conjonctions - rubrique Les conjonctions causales - puisque.

Pour l'emploi de puisque dans l'interrogation métadiscursive, voir la page connexe Les emplois de si - les sens non hypothétiques - rubrique Les emplois de si - emplois métadiscursifs.

En ce que

c'est fâcheux en ce que nous ne connaîtrons jamais ses motifs
les sciences sont donc très utiles, en ce qu'elles guérissent les peuples des préjugés destructifs

En ce que est la conjonction causale métadiscursive la plus vague et la plus souple.

Causalité forte et causalité faible

Définition de la causalité faible

Nous disons qu'une cause est faible si elle est ni suffisante ni nécessaire. En termes plus intuitifs, plus proches de la sphère humaine, la causalité faible est une causalité complexe, partielle, floue, approximative, indirecte, subtile, imprécise, amortie.

Définition de la causalité forte

Une cause forte est une cause précise, technique, nette, dure.

Causalité forte et causalité faible - conjonctions

La conjonction par excellence de la causalité forte est parce que. Parce que signale pratiquement toujours une cause forte.

La conjonction par excellence de la causalité faible est comme. Comme signale pratiquement toujours une cause faible.

Les conjonctions puisque et car ont plusieurs valeurs causales. Elles sont des marqueurs de cause faible à temps partiel.

Exemple expliqué - 1

comme il pleuvait, Pierre a pris la voiture

Dans cet exemple, la pluie est une cause faible. La proposition ne veut dire ni que Pierre ne prend jamais la voiture par le beau temps ni que Pierre prend la voiture chaque fois qu'il pleut. Il y a un rapport complexe entre les phénomènes météorologiques et le moyen de locomotion de Pierre.

Exemple expliqué - 2

Comparons les deux propositions qui constituent cet exemple.

j'ouvre la fenêtre parce que tu me le demandes

La transaction psychologique est verticale. Le locuteur obéit à un ordre qui est une cause nécessaire et suffisante de son action. Parce que signale une cause forte.

j'ouvre la fenêtre puisque tu me le demandes

La transaction psychologique est horizontale. Le locuteur exprime le plaisir qu'il prend à rendre service en l'absence de toute pression. D'ailleurs, la pression ne le pousserait pas nécessairement à se déplacer. Puisque signale une cause faible dans cet exemple.

Exemples de la causalité faible - comme

comme elle l'aime, elle lui pardonnera
comme il était seul, il regardait la télé toute la soirée
comme il est lâche, il a caché son visage et n'a pas pipé mot
comme il pleuvait, j'ai pris la voiture
comme je vous sais discret, je vais vous faire une confidence
comme ma voiture était en panne, j'ai pris le bus
comme ses raisons paraissent bonnes, nous allons nous y abonner
comme tu connais déjà les faits, nous allons procéder au débat

Exemples de la causalité faible - puisque

ce doit être vrai, puisqu'il le dit
chaque fois qu'il était vexé, il se mettait à feuilleter un recueil des problèmes, puisqu'il aimait les maths
il a l'habitude de la parole, puisqu'il professe depuis plus de trente ans (mais toutes les universités se l'arrachent parce qu'il est impossible de trouver un conférencier plus habile dans son domaine avec ses trente ans de métier)
on entend souvent cette vieille histoire, puisque les mythes sont tenaces (mais il est impossible de convaincre le public de la fausseté de ces accusations parce que les mythes sont tenaces et ne cèdent même pas aux enquêtes les plus rigoureuses)
puisqu'il pleut, je reste (mais j'ai décidé de rester parce qu'il est dangereux de conduire par cette pluie torrentielle)
puisque c'est comme ça, je m'en vais (mais je m'en vais parce que j'ai compris vos machinations)
puisque je suis de sortie et qu'il fait beau, j'irai au bois
puisque son travail est fini, il peut partir (mais il a le droit de partir, parce qu'il a fini son travail)
puisque vous savez tout, vous allez nous dire quelle est la capitale de l'État de New York
s'ils avaient été maltraités, cela se saurait, puisque certains sont là depuis vingt ans

Causalité - limitations syntaxiques

Parce que est la conjonction causale la plus robuste : il peut entrer dans tous les syntagmes qui font l'objet de cette rubrique majeure. Puisque, car et comme sont des conjonctions causales précaires : l'accès aux syntagmes que nous allons examiner ici leur est interdit. Les autres conjonctions causales ont un comportement mixte.

La chaîne de subordonnées

Soit la chaîne P1 * P2 * P3, où P2 est la subordonnée de P1 et P3 est une subordonnée causale. Si la subordonnée P3 est introduite par parce que, elle est libre de se rattacher soit à P1 soit à P2 selon le sens. En revanche, si la subordonnée P3 est introduite par puisque, elle ne peut se rattacher qu'à P1. Puisque ne peut pas amener une subordonnée d'une subordonnée.

Exemple 1

on oublie trop que la Grande-Bretagne s'est résignée à signer la déclaration, parce qu'elle avait pris conscience de la volonté de ses partenaires

Le sens commun veut que la subordonnée causale se rapporte à la Grande-Bretagne s'est résignée à signer la déclaration. Cette interprétation est grammaticale. En remplaçant parce que par puisque, on forcerait la subordonnée causale à se rapporter à on oublie trop.

Exemple 2

La proposition peu de clients viendront parce qu'il fait beau a deux lectures.

Lecture A

peu de clients viendront, et ceci parce qu'il fait beau

La subordonnée causale se rapporte à peu de clients viendront.

Lecture B

les clients qui viendront pour la belle terrasse (et pas pour la bonne table) sont peu nombreux

La subordonnée causale est enchâssée dans une subordonnée sous-jacente.

La proposition peu de clients viendront puisqu'il fait beau n'admet que la lecture A. La lecture B n'est pas possible parce que la conjonction puisque ne peut pas amener une subordonnée d'une subordonnée.

Qualification par un autre adverbe

évidemment parce que
justement parce que
peut-être parce que
plutôt parce que
précisément parce que
probablement parce que
sans doute parce que
seulement parce que
simplement parce que
uniquement parce que

*justement car
*peut-être car
*probablement car
*sans doute car
*seulement car
*simplement car
*uniquement car

Coordination avec répétition

d'abord parce que...ensuite parce que...
en partie parce que...en partie parce que...
tantôt parce que...tantôt parce que...

*il était absent car il était malade et car il n'avait pas été autorisé à sortir

Mise en relief

c'est justement parce que
c'est parce que
ce n'est pas parce que
ne serait-ce que parce que

*c'est car il n'a pas l'âge requis que

Mise en relief avec contraste

La paraphrase de la proposition *ce n'est pas puisque le trottoir est humide, mais puisque l'air embaume la fraîcheur des feuilles humides, qu'il a plu est si je constate qu'il a plu, ce n'est pas parce que le trottoir est humide, mais parce que l'air embaume la fraîcheur des feuilles humides. La structure de la proposition est impeccable et son sens facile à dégager. Elle devrait être grammaticale, mais elle ne l'est pas.

Mise en relief sous-entendue

*elle n'a pas demandé le divorce car il ronflait mais car il la battait

Non pas...mais

non pas parce que, mais parce que

Portée ambigüe de la négation

La proposition

Pierre n'a pas été renvoyé parce qu'il est un ami de Paul

a deux lectures :

ce n'est pas parce qu'il est un ami de Paul que Pierre a été renvoyé

et

Pierre a échappé au licenciement parce que l'amitié de Paul pesait en sa faveur

Dans la première lecture, la subordonnée causale joue le rôle de rhème et, par conséquent, le rôle de cible naturelle de la négation. Dans la deuxième lecture, la subordonnée causale a une valeur informationnelle neutre (elle n'est ni thème ni rhème), donc la négation se dirige sur le verbe.

Autres exemples d'ambigüité

j'avais cru qu'Albertine ne partirait pas parce que je le désirais (Proust)
je ne t'aime pas parce que tu es mon père
je ne me perds pas parce que je fume, mais je fume parce que je me perds (Drieu la Rochelle)
tu ne le fais pas parce que je te demande de le faire ?
on ne trompe pas sa femme parce qu'elle est mauvaise épouse ; on la trompe parce que'on a rencontré un femme qui vous tente

Par ailleurs, la subordonnée final présente le même phénomène : il ne m'a pas écrit pour que j'ailles le voir.

La proposition

Pierre n'a pas été renvoyé, car il est un ami de Paul

n'a qu'une seule lecture, qui correspond à la deuxième lecture de la proposition dont la subordonnée est introduite par la conjonction parce que. La conjonction car n'est pas capable de porter l'accent et de remplir la fonction de rhème, donc elle reste en dehors de la portée de la négation.

Interrogation

est-ce parce que
est-ce que c'est parce que

Ne...que parce que

elle ne le fait que parce qu'il l'en supplie à genoux

Reprise par que

??nous avons fait une promenade car il faisait beau et que nous avions le temps

Parce que évasif

pourquoi ? - parce que
pourquoi ? - *car

Causalité - présupposition

Pour une introduction à la présupposition et à son rôle dans la subordination, voir la page connexe La subordination - la présupposition.

La comparaison des deux propositions qui suivent permettra de dégager la différence entre non que et non parce que.

Non parce que n'implique pas la présupposition

Pierre est absent non parce qu'il est malade, mais parce que les transports sont en grève

Cette proposition est ambigüe. Elle a deux lectures. Elle laisse planer le doute sur l'état de santé de Pierre.

Lecture A

Pierre n'est pas malade. C'est à cause de la grève des transports qu'il est absent.

Lecture B

Pierre est malade, mais il est un cadre tellement dévoué qu'aucune maladie ne l'empêcherait de se pointer au bureau. C'est à cause de la grève des transports qu'il est absent.

Non que implique la présupposition

Pierre est absent non qu'il soit malade, mais parce que les transports sont en grève

Cette proposition n'est pas ambigüe. Elle ne permet pas le moindre doute quant au bon état de santé de Pierre. Seule la lecture A est possible.

Les conjonctions non que et non parce que véhiculent deux types d'information : une information de premier plan et une information d'arrière-plan. L'information d'arrière-plan est aussi appelée présupposition.

L'information de premier-plan, qui est l'objectif proprement dit de l'énoncé, est le rejet d'une explication en tant qu'explication, sans égard pour la question de savoir si le fait contenu dans l'explication est une vérité.

L'information d'arrière-plan concerne la vérité non pas de l'explication en tant qu'explication, mais du fait qui sert d'explication.

Par exemple, dans la proposition Pierre est absent, non qu'il soit malade, non que signale deux choses. L'information de premier-plan est que la maladie n'est pas la cause de l'absence de Pierre. L'information d'arrière-plan est que Pierre n'est pas malade.

Non que, non pas que - conjonctions causales et régies

Nous venons d'examiner sur cette page les conjonctions non que et non pas que causales. Il ne faut pas perdre de vue, cependant. le fait que la négation de la simple conjonction régie que donne également non que ou non pas que : dites non pas que...mais que,,,

Le subjonctif dans la subordonnée causale

On vient de voir que non que se construit avec le subjonctif.

Pour l'examen de soit...soit..., voir la page connexe La coordination.

Toutes autres conjonctions causales se construisent avec l'indicatif.

La place de la subordonnée causale

On a vu que la subordonnée causale introduite par car suit obligatoirement la principale.

On a vu que la subordonnée causale introduite par comme précède obligatoirement la principale.

Les autres subordonnées causales suivent la règle générique de la subordination libre : elles suivent la principale sauf quand elles sont thématisées.

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