La concession partielle - les parcours périphrastiques
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La concession partielle - les parcours périphrastiques (577)

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SOMMAIRE

Introduction

Exemples liminaires

La subordonnée quelque livre que tu lises a la version synonyme périphrastique quelque livre que ce soit que tu lis(es).

La subordonnée ?qui qui t'offense a la version synonyme périphrastique qui que ce soit qui t'offense.

La subordonnée à qui que tu penses a la version synonyme périphrastique à qui que ce soit que tu penses.

La subordonnée où que se produise l'accident a la version synonyme périphrastique où que ce soit que se produit/produise l'accident.

La dérivation des parcours simples et périphrastiques

Le parcours simple du type quelque livre que tu lises est dérivable de la forme sous-jacente simple du type tu lis livre X.

Le parcours périphrastique du type quelque livre que ce soit que tu lis(es) n'est pas dérivable du parcours simple du type quelque livre que tu lises, dont il est la version synonyme. La forme sous-jacente du parcours périphrastique du type quelque livre que ce soit que tu lis(es) est c'est livre X que tu lis.

Il y a donc un rapport de dérivation entre la version périphrastique et la version simple correspondante, mais cette dérivation se situe au niveau sous-jacent. La forme sous-jacente de la version périphrastique n'est autre que la forme sous-jacente de la version simple avec la variable de parcours mise en relief.

Parcours périphrastique et interrogation périphrastique

Ce n'est pas au hasard que nous avons choisi le terme « parcours périphrastique », mais en raison de l'étroite analogie entre cette famille de parcours et l'interrogation périphrastique. C'est la mise en relief qui est à la base de l'un et l'autre mécanisme.

Résumons le rapport entre l'interrogation périphrastique et la mise en relief. En appliquant la méthode d'interrogation par inversion à il veut X, on obtient que veut-il ?. En appliquant la méthode d'interrogation par inversion à c'est X qu'il veut, on obtient qu'est-ce qu'il veut ?. La méthode d'interrogation périphrastique n'est donc rien autre que la méthode d'interrogation par inversion appliquée à la forme sous-jacente après la mise en relief de la cible d'interrogation.

On devine le reste. L'analogie entre l'interrogation périphrastique et le parcours périphrastique peut être exprimée en termes abstraits. Dans les deux cas, la version périphrastique n'est pas dérivable de la version non périphrastique. Dans les deux cas, la transformation qui produit la forme périphrastique doit être appliquée non pas après la transformation qui produit la forme non périphrastique, mais avant. Et, dans les deux cas, cette transformation qui s'applique directement à la forme sous-jacente commune est la mise en relief du type c'est...que....

Le statut des parcours périphrastiques

Le statut des parcours périphrastiques ressemble au statut de l'interrogation périphrastique. Les parcours périphrastiques ne sont pas considérés comme soignés. Dans l'idéal, ils sont à éviter. On verra cependant qu'en pratique ils sont plus souples et plus simples que les parcours non périphrastiques et que, dans certains cas, ils sont très utiles, voire indispensables.

Les trois parcours périphrastiques


La version périphrastique de [quelque * nom * que]

Extraction du sujet

quelque ambition qui le pousse
quelque ambition que ce soit qui le pousse

La forme quelque ambition qui le pousse est dérivée de ambition X le pousse. La forme quelque ambition que ce soit qui le pousse est dérivée de c'est ambition X qui le pousse.

Extraction de l'objet direct

quelque livre que tu lises
quelque livre que ce soit que tu lis(es)

La forme quelque livre que tu lises est dérivée de tu lis livre X. La forme quelque livre que ce soit que tu lis(es) est dérivée de c'est livre X que tu lis.

Extraction d'un complément prépositionnel

à quelque livre que tu penses
à quelque livre que ce soit que tu penses

La forme à quelque livre que tu penses est dérivée de tu penses à livre X. La forme à quelque livre que ce soit que tu penses est dérivée de c'est à livre X que tu penses.

La version périphrastique de [(qui + quoi) * que]

Nous nous contentons ici d'une série d'exemples sans gloses. Nous n'insisterons pas une nouvelle fois sur le fait que la version périphrastique de surface n'est pas dérivable de la version simple de surface correspondante. La flèche indique la mise en relief au niveau sous-jacent.

On notera le traitement du complément prépositionnel comme variable de parcours. Les trois solutions sont identiques à celles qu'on trouve dans les parcours simples [quelque * nom * que] et [(qui + quoi) * que]. On notera également l'emploi de dont.

?qui qui vienne
qui que ce soit qui vient/vienne

?qui qui te plaise
qui que ce soit qui te plaît/plaise

quoi qui te plaise
quoi que ce soit qui te plaît/plaise

quoi que tu préfères
quoi que ce soit que tu préfères

qui que tu préfères
qui que ce soit que tu préfères

?qui qui bouge
qui que ce soit qui bouge

quoi qui bouge
quoi que ce soit qui bouge

à quoi que tu penses
à quoi que ce soit que tu penses

à quoi que tu penses
quoi que ce soit à quoi tu penses (vieilli)

à quoi que tu penses
??à quoi que ce soit à quoi tu penses

de quoi que tu te souviennes
de quoi que ce soit que tu te souviens/souvienne

de quoi que tu te souviennes
quoi que ce soit dont tu te souviens/souvienne (vieilli)

de quoi que tu te souviennes
??de quoi que ce soit dont tu te souviens/souvienne

à qui que tu penses
à qui que ce soit que tu penses

à qui que tu penses
qui que ce soit à qui tu penses (vieilli)

à qui que tu penses
??à qui que ce soit à qui tu penses

de qui que tu te méfies
de qui que ce soit que tu te méfies

de qui que tu te méfies
qui que ce soit dont tu te méfies (vieilli)

de qui que tu te méfies
??de qui que ce soit dont tu te méfies

quoi que soit ce machin
quoi que ce soit que ce machin

La version périphrastique de [( + quand) * que]

Nous nous contentons ici de quelques exemples sans gloses. Nous n'insisterons pas une nouvelle fois sur le fait que la version périphrastique de surface n'est pas dérivable de la version simple de surface correspondante. La flèche indique la mise en relief au niveau sous-jacent.

où que l'accident se produise
où que ce soit que l'accident se produit/produise

où que tu ailles dimanche
où que ce soit que tu vas/ailles dimanche

?quand que tu partes en vacances
?quand que ce soit que tu pars/partes en vacances

Remarque sur la dérivation des parcours périphrastiques

Reprenons un exemple de chacun des trois parcours périphrastiques que nous venons d'examiner. La flèche représente la synonymie entre un parcours simple et un parcours périphrastique.

quelque livre que tu lises quelque livre que ce soit que tu lis(es)

quoi que tu préfères quoi que ce soit que tu préfères

où que tu ailles où que ce soit que tu vas/ailles

On pourrait être tenté d'émettre l'hypothèse suivante : quelque livre que ce soit que tu lis(es) est décomposable en quelque livre que ce soit, que nous appelons la base, et que tu lis(es), que nous appelons l'ajout. De même, quoi que ce soit et où que ce soit sont des bases, que tu préfères et que tu vas/ailles sont des ajouts.

Toujours selon cette hypothèse de décomposition, seule la base nécessite une dérivation et cette dérivation fait évidemment intervenir la mise en relief. Une fois la base dérivée, on n'a qu'à ajouter l'ajout au niveau de surface. L'agréable de cette hypothèse est qu'elle simplifie la dérivation : la dérivation ne s'occupe que de la première partie de la mise en relief (de celle introduite par c'est) et elle ne fait aucune référence à la deuxième partie (à celle introduite par que). Le désagréable de cette hypothèse est qu'elle est fausse.

La base est une expression adverbiale et l'ajout est une subordonnée relative, donc une épithète. Il est difficile de cerner la relation grammaticale entre la base et l'ajout. Force est donc de constater que la dérivation du parcours périphrastique s'étend sur la forme sous-jacente de la proposition entière, en bloc, sans décomposition, sans raccourci. La forme de surface quelque livre que ce soit que tu lis(es) est dérivable de c'est livre X que tu lis. Si on néglige que tu lis au niveau sous-jacent, il n'y a pas moyen de le réintroduire au niveau de surface.

Remarque sur l'emploi des temps et des modes

Dans l'idéal, le subjonctif devrait être limité à ce que nous venons d'appeler la base, et l'expression du temps, à ce que nous venons d'appeler l'ajout. La proposition

quels que soient les films que tu as vus quand tu étais jeune

est conforme à ce principe. Les écarts dans les deux sens par rapport à cette norme sont consacrés par l'usage.

Le verbe de l'ajout est souvent mis au subjonctif. Ce phénomène est appelé attraction ou contamination.

quels que soient les films que tu aies vus quand tu étais jeune

Le verbe de la base est souvent mis au passé si l'ajout est au passé :

quels que fussent les films que tu as vus quand tu étais jeune

Le rapport entre [quel * que] et [quelque * nom * que]

On vient de voir que le parcours simple [quelque * nom * que] a une version périphrastique synonyme. Outre cette version périphrastique, le parcours simple [quelque * nom * que] a aussi une version quasi-périphrastique : c'est le parcours simple [quel * que].

Il ne s'agit pas d'un quatrième parcours périphrastique. Toute subordonnée du type quelque livre que tu lises peut être transformée en une subordonnée du type quel que soit le livre que tu lis(es), La version à quel est une version simple, qui ressemble aux versions périphrastiques et qui présente l'avantage de séparer le contenu d'avec la forme : le contenu proprement dit peut être fourré dans une subordonnée relative qui est isolée de la complexité de la jonction concessive partielle. Le connecteur concessif partiel est remplacé par un pronom relatif. Tout cela est une propriété innée du parcours simple [quel * que].

On notera que le traitement du complément prépositionnel est plus simple dans la version quel que dans la version quelque. Il y a trois solutions dans la version quelque et une seule dans la version quel.

Nous nous contentons de quelques exemples sans gloses. La flèche indique la synonymie et la simplification, mais pas la dérivation.

quelque livre que tu lises
quel que soit le livre que tu lis

quelques livres qui aient été recommandés par le professeur
quels que soient les livres qui ont été recommandés par le professeur

quelque ambition qui le pousse
quelle que soit l'ambition qui le pousse

quelque livre qui soit le premier prix
quel que soit le livre qui est le premier prix

quelque pression psychologique qui soit leur méthode de chantage
quelle que soit la pression psychologique qui est leur méthode de chantage

à quelque élève que je parle
quel que soit l'élève à qui je parle

de quelque élève que je me souvienne
quel que soit l'élève dont je me souviens/souvienne

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