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La subordonnée interrogative partielle fléchie (576)

ASCENDANCE

PAGES SŒURS
La subordonnée interrogative partielle fléchie (576)

SOMMAIRE
Introduction
Exemples liminaires
Fonctions grammaticales interne et externe
Compléments extraits nominaux et non nominaux
Les fonctions grammaticales internes
Compléments extraits - introduction
Compléments extraits nominaux
Statut biologique = humain
Statut biologique = non humain
Compléments extraits non nominaux
Les fonctions grammaticales externes
Les fonctions grammaticales externes - introduction
Subordonnée = sujet
Subordonnée = objet direct
Subordonnée = argument de complément prépositionnel
Subordonnée = sujet existentiel
Subordonnée = complément prédicatif
Subordonnée = apposition prédicative
Les méthodes d'interrogation
La subordonnée interrogative partielle - la méthode de base
La subordonnée interrogative partielle - les autres méthodes
Phénomènes divers
Anticipation dans la subordination interrogative
Mise en relief
La subordonnée exclamative partielle - ce que
La montée sujet-objet dans la subordonnée interrogative
L'extraction multiple dans l'interrogation
La subordonnée interrogative transformée en relative
De cognitif dans la subordonnée interrogative
Interrogation et détachement
Ambigüités
Le syntagme du concours
Les titres interrogatifs
La question en écho partielle
La rétrogradation de la principale
Le subjonctif dans la subordonnée interrogative
L'interrogation indirecte présentée sous forme directe
La subordonnée interrogative averbale
Ça dépend desquels
Subordonnée interrogative et subordonnée relative autonome

Introduction

Exemples liminaires

choisis quels sont les meubles que tu préfères
j'admire de quelle façon tu l'as rassuré
j'imagine fort bien à qui tu as parlé
je comprends quelle a pu être ta surprise
je me demande comment nous le contacterons
je voudrais savoir ce que tu fabriques là
je voyais de quelle façon il s'y prenait

Fonctions grammaticales interne et externe

La fonction du complément extrait de la subordonnée n'a rien à voir avec la fonction que remplit la subordonnée dans la superordonnée. Par exemple, dans la proposition il n'est pas clair à quoi rêvent les jeunes filles, à quoi est un complément prépositionnel à l'intérieur de la subordonnée qui, à son tour, est le sujet de la superordonnée.

Compléments extraits nominaux et non nominaux

Par complément extrait de la subordonnée interrogative partielle nous entendons l'élément de la subordonnée qui est extrait de sa position sous-jacente et placé en tête de la subordonnée. Cet élément peut être nominal (dis-moi qui viendra ce soir) ou non nominal (dis-moi comment tu vas résoudre ce problème). Cette distinction doit son importance au fait que les compléments extraits non nominaux ont un comportement assez simple, tandis que les compléments extraits nominaux font l'objet d'un tableau complexe.

Groupe nominal

qui
quoi
que
ce qui
ce que

Groupe non nominal

quel
lequel
comment
combien
où
quand
pourquoi

Le groupe non nominal comprend des pronoms adjectivaux et des pronoms adverbiaux. Le comportement des pronoms quel et lequel est plus proche du comportement adverbial que du comportement nominal.

La ressemblance entre la classification des compléments extraits de la subordonnée interrogative partielle et de la subordonnée relative saute aux yeux.

Les fonctions grammaticales internes

Compléments extraits - introduction

Les deux dimensions

Dans l'examen des compléments extraits nominaux, il y a deux dimensions à considéer :

le statut biologique (humain / non humain) et

le cas du complément extrait

cas sujet
cas objet direct
cas complément prédicatif
cas sujet existentiel
cas complément aprépositionnel
cas complément prépositionnel

La question du cas ne se pose que si le statut biologique est non humain.

Compléments extraits nominaux

Statut biologique = humain

Tous les cas sont exprimés par qui.

L'emploi de qui au pluriel est peu acceptable si le verbe n'est pas être.

Cas sujet

de nous deux Dieu seul sait quel est le juste (Anouilh)
je me demande qui sera élu président
j'ignore qui a frappé

Cas objet direct

je me demande qui je préfère comme président
j'ignore qui on désignera

Cas prépositionnel

je me demande pour qui les gens vont voter
j'ignore chez qui tu loges
j'ignore de qui tu as demandé l'avis

Cas complément prédicatif

je me demande qui est ce nouveau membre de l'équipe
Cyrille prit par le bras Brancion et lui expliqua qui était Alain (Drieu la Rochelle)
rappelons qui il est et qui il n'est pas

Cas sujet existentiel

j'ignore qui il faut en plus

Adverbe

il savait mieux que quiconque combien dérisoires étaient ces excuses
notre capacité à comprendre comment marche le monde

L'ellipse n'influe pas sur le choix de pronom : j'ai rendez-vous, mais je ne sais plus avec qui. On verra tout à l'heure l'effet de l'ellipse dans le cas du complément extrait non humain.

L'emploi de celui qui (sujet) et de celui que (objet direct) au lieu de qui est régional. (On verra que l'emploi de ce qui et ce que est oblligatoire avec les compléments extraits nominaux non humains.)

dis-moi celui qui t'a fait cela
dis-moi celui que tu préfères
ils voulaient savoir ceux qui mouraient, ceux qui guérissaient (Zola)

Selon Sandfeld(1936), Zola n'avait pas le choix. *Ils voulaient savoir qui mouraient est agrammatical et ils voulaient savoir qui étaient ceux qui mouraient n'a pas le même sens.

Statut biologique = non humain

La forme du complément extrait dépend du cas.

Formes et fonctions

Il y a trois formes canoniques : ce qui, ce que et ce...quoi.

L'interrogation nominale non humaine se cache derrière une façade relative. Comparer

je ne sais pas ce qu'il a fait (subordonnée interrogative)
et
je n'approuve pas ce qu'il a fait (subordonnée relative)

On verra que les pronoms quasi-interrogatifs ce que, ce qui et [ce * préposition * quoi] permettent de résoudre certains conflits entre les fonctions internes et les fonction externes dont nous venons de parler.

La forme ce qui représente toujours le cas sujet.

La forme ce que a plusieurs fonctions : elle représente l'objet direct, le complément prédicatif, le sujet existentiel et le complément aprépositionnel (par exemple le complément métrologique).

Il s'agit ici des compléments extraits nominaux. Notons cependant que ce que a aussi une fonction non nominale. Voir plus bas la rubrique réservée aux compléments extraits non nominaux.

La forme quoi représente toujours l'argument de syntagme prépositionnel.

On verra plus loin que, dans certains cas, [préposition * quoi] peut être précédé de ce.

Outre les trois formes canoniques, il y a des formes spécialisées, à usage limité :

Dans la langue littéraire, le sujet non humain peut être exprimé par qui : je me demande qui t'intéresse (au lieu de je me demande ce qui t'intéresse).

Voir la page connexe Le pronom nominal qualifié pour l'examen du syntagme pronom nominal qualifié. Si le sujet non humain ou l'objet direct non humain est qualifié, les formes longues ce qui et ce que cèdent le pas à la forme brève quoi. Notons que la distinction entre sujet et objet direct disparaît.

je me demande quoi d'autre il a bien pu faire
je me demande quoi d'intéressant l'enthousiasmerait

L'ellipse a le même effet que le syntagme pronom nominal qualifié, à savoir qu'elle autorise l'emploi de quoi.

je savais qu'il y avait quelque chose de louche, mais je n'arrivais pas à deviner quoi (je n'arrivais pas à deviner ce qui était louche)
j'ai acheté quelque chose - devine quoi (devine ce que j'ai acheté)

Tout ce que

Comparons regarde, papa, ce que Pierre m'a donné et regarde, papa, tout ce que Pierre m'a donné. Il y a, évidemment, une légère différence sémantique entre les deux propositions, mais, en ce qui concerne l'étude des jonctions de la subordonnée interrogation partielle fléchie, tout ce que n'est qu'une variante sans intérêt particulier de ce que.

Cas sujet

Dieu seul sait ce qui leur est passé par la tête
dis-mois ce qui te gêne
je me demande ce qui se passe
je me demande ce qui t'intéresse
je ne sais pas ce qui les a fait fuir
je ne sais pas ce qui plairait aux autres
je ne savais pas ce qui le frappait le plus

Cas objet direct

dis-moi ce que tu veux
il m'a dit ce qu'il en pensait
je me demande ce que tu fabriques là
je me doute de ce que tu penses
je ne me souviens plus de ce qu'il a répondu
je ne sais pas ce que préféreraient les autres
je sais ce qui m'attend
tu te rends compte de ce que je suis en train de faire ?

Cas complément prédicatif

ce jour-là je compris ce que c'était que d'avoir peur (Maupassant)
ce qu'étaient ces hommes, on le saura tout à l'heure (Mérimée)
je me demande ce qu'est cet homme
je me demande ce que c'est que le libre arbitre
je me demande ce que c'est
je me demande ce que ça peut bien être
je me demande ce que nous deviendrons
je sais ce qu'est ce bidule
l'ignorance de ce que nous sommes
nous savons, vous et moi, ce que devrait être la justice et ce qu'elle est (Gide)
nous tenterons plus loin de déterminer ce que peut être le but de la littérature (Sartre)

Cas sujet existentiel

je ne sais pas ce qu'il va sortir de tout cela
je ne sais pas ce qu'il est advenu de
je me doute de ce qu'il se passe là-bas
je ne sais pas ce qu'il se passe là-bas
je me demande ce qu'il lui prend
je me demande ce qu'il en résultera

Cas complément aprépositionnel

je me demande ce que ça vaut
je me demande ce que cela coûtera
les jeunes gens qui abandonnent si facilement la foi ne savent pas ce qu'il en coûte pour la recouvrer (Claudel)

Cas prépositionnel

En théorie, on peut faire précéder certaines prépositions extraites de ce, mais en pratique cette liberté ne s'exerce guère.

désormais il va comprendre (ce) pour quoi il était fait
il savait (ce) à quoi elle pensait
je sais (ce) à quoi tu t'intéresses
je sais (ce) à quoi ressemble une montre
montrez-moi (ce) à quoi vous travaillez
on ne sait pas (ce) à quoi on a affaire
on verra (ce) à quoi ça peut servir
voilà (ce) à quoi il passe son temps

Les prépositions de et en ne peuvent pas être précédées de ce :

Tous les exemples ci-dessous sont grammaticaux sans ce.

*il est difficile de dire ce de quoi s'occupe ce grouillot la plupart du temps
*j'ignore ce de quoi il était question
*je ne vois pas ce en quoi c'est un tour de force
*on ne sait pas ce de quoi ils sont capables
*voilà ce de quoi elle avait l'air
*voyons d'abord ce en quoi consiste votre travail

En revanche, l'emploi de ce est obligatoire avec dont :

il me demande ce dont nous avons bien pu parlé
j'ignore ce dont il était question
on ne sait pas ce dont ils sont capables

La forme populaire de ce dont est ce que : dis-moi ce dont tu as besoin = dis-moi ce que tu as besoin. C'est un exemple de la neutralisation des prépositions, que nous étudions à la page connexe Le syntagme prépositionnel - la neutralisation de la préposition.

Compléments extraits non nominaux

Tous les pronoms interrogatifs non nominaux (adjectivaux et adverbiaux) peuvent servir de compléments extraits à la tête des subordonnées interrogatives partielles.

Quel

Pour l'examen des interprétations de quel (qualité, identité, choix, etc.), voir la page connexe Le pronom interrogatif - quel.

Quel épithète

j'imagine quelle joie tu as dû ressentir en retrouvant ta famille
je me rappelle quel magnifique spectacle c'était
je sais quel homme il était
je sais quels chats sont malades
je sais quels élèves ont réussi du premier coup

Quel complément prédicatif

dis-moi quel est ton nom
je ne sais pas encore quel sera le sujet de ma thèse
je sais quelles sont les personnes invitées
je vais expliquer quel est mon plan

Lequel

choisissez lequel d'entre nous vous voulez pour compagnon
devine lequel des deux jumeaux est le scientifique et lequel le littéraire
dis-moi lequel de ces bijoux tu veux
je me demande lequel es préférable
je voudrais savoir laquelle de ces deux étoffes vous plaît le mieux

Quand

dis-moi quand tu pars
je me demande quand est parti le train
je me demande quand tes amis téléphoneront
sais-tu quand il partira ?

Comment

dis-moi comment tu te débrouilleras
j'aimerais savoir comment tu fais pour joindre les deux bouts

Comment que est une variante populaire : t'as vu comment que c'était petit (Céline).


dis-moi où tu vas
il chercha ensuite où il pouvait passer la nuit
j'ignore où mes élèves passent le temps, mais je suis bien sûr que ce n'est pas où il disent
je ne savais plus ni qui ni où j'étais (Gide)
peu importe où ni quand ça ce produira
quant à où il avait appris, j'aurais pu en dire long (Rochefort)
regarde où tu marches
voici où est la difficulté

Dans certains registres, la relative peut s'infiltrer : tu n'aurais pas une petite idée de là où j'ai dû foutre mes lunettes ?.

Combien

alors je sentis, en même temps que le prix d'un être comme Mlle Swann, combien je lui paraîtrais grossier et ignorant (Proust)
cela prouve combien j'ai raison
cela montre combien dérisoires étaient les efforts des sauveteurs
dis-moi combien tu en veux
elle confessait combien peu elle avait trouvé de bonheur dans son ménage (Zola)
il est difficile d'expliquer combien je les apprécie
il est triste de voir combien la situation s'est dégradée
il ne saura jamais combien cette femme l'a aimé
il souligne combien cette approche peut être efficace
il souligne combien précieuse est l'aide de ses collègues
je lui ai dit combien il était courageux
je sais combien il fait beau à Nice
je sais combien vous êtes susceptible
tu comprends combien j'ai souffert
tu ne sais pas combien je t'aime
tu vois combien il a changé
tu vois combien il est paresseux
tu vois combien les choses ont changé

L'inversion du sujet de la subordonnée entraîne l'inversion du complément prédicatif :

cela montre combien l'approche de Pierre est futile
cela montre combien est futile l'approche de Pierre
cela montre combien futile est l'approche de Pierre

je devinais combien grave était la situation

Comme

Adverbe de manière, de degré et de quantité

Ces emplois de comme sont vieillis. Ils peuvent être remplacés par comment (manière) ou par combien (degré) dans la langue commune. Nous mélangeons les adverbes de manière et les adverbes de degré, car il est souvent impossible de faire le départ entre les deux.

Exclamation indirecte

Si la subordonnée a un caractère exclamatif, comme est acceptable dans la langue commune. On trouve cet emploi de comme avec certains verbes cognitifs (regarde comme) et avec les adjectifs de jugement (c'est drôle comme).

écoute comme elle chante bien
vous savez mieux que personne comme elle me blesse (Lanoux)
vous voyez comme il est inutile de rendre service aux gens (Vailland)
c'est drôle comme il a besoin dete voir (Bastide)
c'est étonnant comme tout cela me concerne (Sarraute)

Subordonnée normale - degré

dis-lui comme elle est belle
écoute comme elle chante bien
je sais comme il est gentil
puis il connut comme il est facile d'avoir dans une banque un compte ouvert (Mauriac)
regarde comme il fait beau
si tu savais comme je t'aimais sans te le dire
tu ne sauras jamais comme j'ai été malheureux
va voir comme c'est beau
voyez comme il est triste

Subordonnée normale - quantité

je te raconterai comme j'ai eu des tristesses
vois comme il y en a ce soir
vous savez comme il sait tout et comme il a de souvenirs (Hugo)

Subordonnée normale - manière

ça m'épate comme tu me reçois
dieu sait comme
j'admire comme sont les femmes
je ne sais plus comme il faut faire
je ne sais plus comme j'y suis arrivé
je vais te montrer comme on s'en sert
n'importe comme
on ne sait comme
sans savoir comme ça s'est passé
si tu voyais comme je le traite
tu sais comme je suis
tu verras comme je monte
voilà comme c'est arrivé
voilà comme je m'y prendrais
voilà comme parlaient tous ces fiers batailleurs (Hugo)
voir comme il dansent
vous verrez comme il faut leur parler
vous voyez, dit l'instituteur, comme le gouvernement nous traite (Flaubert)

Subordonnée elliptique

Dieu sait comme
faut voir comme
il s'est débrouillé et on sait comme
je le hais, si vous saviez comme
je ne sais plus comme
sans savoir comme

Complément prédicatif

tu sais comme elle est
voilà comme je suis

Pourquoi

dis-moi pourquoi tu pars

À quel point

Adverbe de degré, quasi-synonyme de combien.

Ce que

Dans son rôle majeur, ce que représente l'objet direct extrait. Dans son rôle mineur, ce que concerne le degré : c'est effarant ce qu'il est riche. L'adverbe de degré interrogatif ce que ne s'emploie que dans les contextes exclamatifs. Pour plus de détails, voir la rubrique La subordonnée exclamative partielle - ce que.

Les fonctions grammaticales externes

Les fonctions grammaticales externes - introduction

On a vu à la page précédente que la conjonction si de la subordonnée interrogative totale fléchie est un nominalisateur au même titre que la conjonction que l'est dans le domaine des subordonnées énonciatives. Les subordonnées interrogatives partielles fléchies sont des expressions nominales (elles remplissent les fonctions de sujet, d'objet direct, etc.), mais ce n'est pas une conjonction discrète qui leur confère ce statut. C'est le mécanisme d'extraction qui les nominalise. À cet égard, la subordonnée interrogative partielle fléchie ressemble à la subordonnée relative : dans l'un et l'autre cas, on a affaire à une jonction sans conjonction.

Les phénomènes qui se manifestent à la jonction de la principale et de la subordonnée interrogative partielle fléchie lorsque le verbe de la principale régit une préposition (notamment la suppression de la préposition ou l'emploi d'un ce tampon), s'observent dans plusieurs domaines voisins. Voir aussi l'examen de la subordonnée complément prépositionnel énonciative et de la subordonnée complément prépositionnel interrogative totale aux pages connexes La subordonnée complément prépositionnel fléchie, La subordonnée interrogative totale fléchie.

La préposition située à la frontière de la principale et de la subordonnée fait partie tantôt de la principale, tantôt de la subordonnée. Dans il est ignorant de ce qu'il faut faire dans pareil cas, la préposition de est régie par ignorant et elle a pour argument la subordonnée nominalisée ce qu'il faut faire dans pareil cas. En revanche, dans il ignore d'où je viens, d'où est le complément extrait de la subordonnée nominalisée d'où je viens, qui est l'objet direct du verbe ignorer. Dans le premier cas, de fait partie de la principale et dans le second cas, de la subordonnée.

Subordonnée = sujet

Le complément prédicatif de la principale est verbe, adjectif ou nom.

La subordonnée est une interrogation totale, partielle ou disjonctive.

Verbes

ce qu'on n'a pas assez remarqué , c'est à quel point les mots dialectaux sont entrés dans la formation des diverses langues techniques (Dauzat)
comment j'ai fait importe peu
ça m'épate comme vous dirigez
il n'apparaît pas clairement dans quelle mesure le ministre est responsable
peu importe comment j'ai fait
peu importe qui était le premier à le dire
qui a commis ce crime n'a jamais été établi
qui m'apporte mon café m'indiffère totalement
qui sera élu dépend de qui sera candidat

qui tu fréquentes m'importe peu
il m'importe peu qui tu fréquentes
peu m'importe qui tu fréquentes

Adjectifs et noms

à quel moment la guerre condamnable se transforme-t-elle en guerre justifiée, c'est l'un des grands débats de notre époque
c'est bizarre comme il a changé
c'est drôle comme il s'est mis à plat ventre devant le directeur
c'est effarant comme elle est inconsciente du danger
c'est extraordinaire à quel point il a changé
c'est incroyable à quel point Pierre est susceptible
c'est incroyable où j'ai dû foutre mes clés
c'est merveilleux comme Pierre comprend vite
comment il a su s'en sortir reste un mystère
comment il y parviendra m'est indifférent
il est curieux combien rarement on profite de cette latitude
où il est allé reste un mystère
où il est allé, ça m'est égal
qu'est-ce que ça peut faire qu'il soit riche ou pauvre
que tu partes ou non, ce n'est pas la question
qui a fait ça, ça m'est égal

Les prédicats adjectivaux sont normalement suivis de comme, mais dans la langue populaire comment est également possible : c'est honteux comment tu m'as traité (Aymé).

Dans tous ces exemples, le verbe prédicatif est intransitif. En remplaçant le verbe prédicatif intransitif par un verbe prédicatif transitif, on change la subordonnée sujet en subordonnée objet direct : je trouve bizarre comme il a changé.

Subordonnée = objet direct

choisis quels sont les bijoux que tu préfères dans ce lot
désignez quels sont les meneurs
elle a dessiné sur le coin d'une nappe quelle forme aura son futur living
il a évoqué comment il comptait résoudre le problème
il a remarqué comment tu faisais
il nous a dépeint quels seraient les avantage de la solution proposée
il nous a notifié quelles étaient les décisions prises à notre encontre
j'admire de quelle façon tu lui as rivé le clou
j'apprécie avec quelle délicatesse tu lui as annoncé la nouvelle
j'ignore à qui vous pensez
j'imagine fort bien à quelle personne vous avez parlé
je comprends quelle a pu être ta surprise
je me demande au nom de qui vous parlez
je voyais de quelle façon il s'y prenait
montre un peu de quoi tu es capable
nommez quels sont les enfants qui ont été vaccinés
on ne savait pas laquelle des républiques était revenue (Maupassant)
voilà quelles ont été les propositions de la direction

Subordonnée = argument de complément prépositionnel

Les phénomènes qui se produisent à la jonction de la principale et de la subordonnée lorsque le noyau régit une préposition dépendent du cas du complément extrait et de son statut biologique. Nous examinerons les cas suivants :

-complément extrait sujet ou objet direct nominal (qui, que) humain
-complément extrait sujet ou objet direct nominal (qui, que) non humain
-complément extrait sujet ou objet direct adjectival (quel)
-complément extrait prépositionnel
-complément extrait adverbial proprement dit

Complément extrait sujet ou objet direct nominal humain (qui, que)

Avec certains verbes (par exemple, avec se souvenir), on omet la préposition régie dans la langue soignée et on la garde dans la langue familière. Avec la plupart des verbes, la préposition reste en place.

Qui n'est précédé ni de ce ni de celui.

ça dépend de qui il aura contre lui
ça dépend de qui l'écoute
ça dépend de qui vous voulez voir
ce sont les Français qui décident de qui est capable de représenter le pays (Gallo)
il faut faire attention à qui vous rencontrez
il n'a aucune idée de qui sera son successeur
ils se moquent bien de qui sortira vainqueur de ce combat inutile (Remy)
je me moque de qui a cassé le vase
je n'ai aucune idée de qui est ce type
je ne me souviens pas de qui m'a raconté cette histoire
je ne me souviens plus de qui j'ai vu hier
on a joué à qui rira le dernier
on discute encore de qui participera à la rencontre
qui sera élu dépend de qui sera candidat
réfléchissez à qui va faire le travail
tout dépend de qui écrit le rapport
vous êtes sûr de qui est maître de l'île ? (Drieu la Rochelle)

Nous réservons plus bas une rubrique mineure au syntagme du concours (c'est à qui, parier à qui, jouer à qui).

Complément extrait sujet ou objet direct nominal non humain (qui, que)

Les compléments extraits prennent les formes ce qui et ce que quelle que soit la fonction externe. La préposition n'est jamais supprimée.

Noyau = verbe

Complément extrait = sujet

se souvenir de ce qui est arrivé à ce moment précis
s'inquiéter de ce qui risquerait d'arriver
s'interroger sur ce qui se dit dans une situation pareille
s'interroger sur ce qui plairait à maman

Complément extrait = objet direct

se souvenir de ce qu'il faut faire
s'inquiéter de ce que le patron va dire
s'interroger sur ce que le Petit Livre Rouge conseillerait
tout dépend de ce que vous entendez par là

Complément extrait = complément prédicatif

j'ai du mal à me souvenir de ce que c'était

Complément extrait = sujet existentiel

j'ai du mal à me souvenir de ce qu'il restait

Noyau = adjectif

Complément extrait = sujet

incertain de ce qui était imprimé dans les petites annonces
incertain de ce qui plairait à maman

Complément extrait = objet direct

incertain de ce que dit le règlement
pas sûr de ce que décidera papa

Complément extrait sujet ou objet direct adjectival (quel)

c'est lié à quel sujet il choisit
ça dépend de quel régime vous suivez
je me mets à réfléchir (à) quel cadeau je veux acheter
nous devons prendre conscience de quelle sorte d'équipe nous sommes
tout dépend de quelles opinions on veut prendre en considération

Complément extrait prépositionnel

C'est la case la plus complexe du tableau, y ayant conflit entre la préposition régie par le verbe ou par l'adjectif de la principale et la préposition extraite de la subordonnée. En principe, il y a deux solutions : suppression de la préposition régie de la principale et introduction du tampon ce.

Le choix est un fait lexical contingent

Ce tampon entre les deux prépositions

je m'inquiète de ce à quoi ce comportement aboutira
je m'interroge sur ce de quoi je suis le plus fier
je me doute de ce à quoi tu penses
je n'ai pas la moindre idée de ce à quoi ils peuvent bien se préparer

Suppression de la préposition régie

as-tu des indications à quelle heure passera le ministre ?
discuter de qui il faut se méfier
fais attention sur quoi tu sautes
j'ai une vague idée de quel film il veut parler
je fais attention à qui je dis tu
je me doute à quoi tu penses
le débat sur qui on peut compter
prends garde où tu mets le pied
réfléchir sur qui on peut compter dans cette situation
réfléchis dans quelle aventure tu t'embarques
réfléchis par quel moyen tu le convaincras
souviens-toi à quoi tu travailles
tout dépend à quel bout on se place
tout dépend sur qui tu tombes

Le choix n'est pas un fait lexical contingent

Il y a un cas où le choix de solution n'est pas un fait lexical contingent. La suppression de la préposition régie est permise lorsque les deux prépositions sont identiques :

pense à à quoi tu travailles
pense à quoi tu travailles

réfléchis à à quoi pourrait ressembler cette réunion
réfléchis à quoi pourrait ressembler cette réunion ou
réfléchis à ce à quoi pourrait ressembler cette réunion

je m'informe de de quelle personne il s'agit
je m'informe de quelle personne il s'agit

ça dépend de de quelle langue il s'agit
ça dépend de quelle langue il s'agit

C'est une haplologie. Pour l'examen détaillé de l'haplologie, voir la page connexe L'haplologie - renvois.

Complément extrait adverbial proprement dit

Devant les compléments extraits adverbiaux proprement dits (comment, combien, , quand), la préposition régie par le verbe, par l'adjectif ou par le nom de la principale est obligatoire, facultative ou interdite. Le sort de la préposition régie est un fait lexical contingent : il dépend à la fois du verbe et du pronom interrogatif. Lorsque la suppression de la préposition est facultative, la langue soignée tend à la supprimer et la langue familière tend à la garder. La préposition est gardée ou supprimée, mais il n'est jamais question de se servir du tampon ce.

Noyau = verbe

ça dépend (?de) combien d'argent il vous reste
ça dépend (?de) comment vous faites
ça dépend (?de) comment vous vous sentez par rapport à cette idée
cela dépend (?de) quand vous désirez partir
je m'interroge (?sur) combien je peux dépenser
je me moque (?de) pourquoi il a fait ça
on ne se souvient pas pourquoi jadis on avait telle préférence
on se souvint brutalement où l'on était
réfléchis (?à) comment tu y parviendras
vous souvenez-vous (?de) comment je m'appelle ?

Noyau = adjectif

ignorant d'où je viens, incertain où je vais (Lamartine)
je ne suis pas sûr (?de) comment cette machine fonctionne
je ne suis pas sûr (?de) quand le patron rentrera
je ne suis pas sûr (?d') où Pierre a mis le dossier
je suis frappé (de?) combien les gens sont amnésiques

De peut être élidé ou maintenu intact devant .

Noyau = nom

avez-vous des souvenirs de comment ça a été vécu ?
il faut faire attention (?à) où l'on met les pieds
je ne me rendais pas compte (?de) combien il était populaire
merci du renseignement (?sur) où il faut s'adresser
nous devons faire attention (?à) comment nous agissons
nous n'avions aucune idée (?d') où nous allions
pas la moindre idée (?de) comment
pour avoir une idée (?d') où je pourrais trouver des informations

De peut être élidé ou maintenu intact devant .

peut jouer le même rôle devant que joue ce devant qui et que dans le cas des compléments extraits nominaux non humains : il ne se souvenait plus de là où il avait garé la voiture. Cette construction ne s'emploie pas dans la langue parlée, bien que l'analogie entre là où et ce que soit claire. Dans les deux cas, un pronom démonstratif placé devant le pronom interrogatif change la forme de la subordonnée d'interrogative en relative. La façade relative s'adapte mieux à la principale.

Subordonnée = sujet existentiel

Ne se produit pas.

Subordonnée = complément prédicatif

Ne se produit pas.

Subordonnée = apposition prédicative

Les constructions telles que la question de qui le fera. la question de ce qu'on fera, la question de quand / comment / où on le fera sont marginales, mais acceptables. Les constructions *la question de par quels moyens on le fera et *la question de de quoi on va vivre sont nettement incorrectes. Dans tous les cas le « tampon » savoir doit être intercalé entre question de et l'interrogation. On a vu le problème de *la question de si et sa solution (la question de savoir si) à la page précédente dans l'étude de la subordonnée interrogative totale fléchie.

Les méthodes d'interrogation

La subordonnée interrogative partielle - la méthode de base

Il y a quatre cas à envisager dans l'emploi de l'inversion simple :

Le sujet de la subordonnée est un pronom conjoint

Le sujet est toujours placé devant le verbe. L'inversion est exclue.

auriez-vous la gentillese de me dire quelle heure il est ?
je me demande comment c'est possible
je ne sais pas quand on part
je vous demande quand vous partez

Le sujet de la subordonnée n'est pas un pronom conjoint et l'élément extrait est le complément prédicatif

Dans ce cas, l'inversion du sujet de la subordonnée dépend de la légèreté de la combinaison du verbe prédicatif et du complément prédicatif. Pour pouvoir énoncer la règle qui préside à l'inversion, il faut commencer par définir la légèreté du verbe prédicatif et du complément prédicatif. Les locuteurs et les grammairiens sont divisés sur les questions de légèreté, mais certaines tendances peuvent néanmoins être dégagées.

Les règles (approximatives) de la légèreté

Les formes monosyllabiques du verbe être (est, sont, fut) sont légères.

Les formes polysyllabiques (était, aurait été) sont moins légères.

L'infinitif être appuyé par un verbe support (pouvait être, devait être) n'est pas léger.

Les autres verbes prédicatifs (devenir, sembler) ne sont pas légers.

Quel est plus léger que qui et ce que.

Plus le verbe et le complément extrait sont légers, plus la combinaison verbe/complément est légère.

Si la combinaison verbe/complément est légère, l'inversion simple est obligatoire.

Qui

j'ignore qui est cet homme
je me demande qui est Dieudonné dans la nouvelle mise en scène de « Phèdre »

Quel

ils savaient quelles étaient mes fréquentations
j'aurais voulu deviner quel était ton secret
j'ignore quel est son plan
je me rappelle quelle fut son attitude

Ce que

j'ignore ce qu'est cet objet bizarre

Si la combinaison verbe/complément n'est pas légère, l'inversion du sujet n'est pas obligatoire.

La plupart des locuteurs acceptent la non-inversion dans cette phrase : je me demandais qui cet homme pouvait être.

La plupart des locuteurs rejettent la non-inversion dans cette phrase : *je me demandais quel son état pouvait être.

La phrase suivante est jugée grammaticale par Grevisse et agrammaticale par Le Bidois(1952) : ?je me demande qui ce personnage était.

Le pronom interrogatif est pourquoi

Le sujet est obligatoirement placé devant le verbe : je ne sais pas pourquoi tous les élèves sont déjà partis, mais *je ne sais pas pourquoi sont déjà partis tous les élèves. L'inversion est agrammaticale.

je vous demande pourquoi Pierre n'est pas venu
je vais vous dire pourquoi Pierre n'est pas venu
voilà pourquoi Pierre n'est pas venu
allez savoir pourquoi Pierre n'est pas venu

Le cas qui comprend tous les autres cas (cas défaut)

Dans ce dernier cas, l'inversion du sujet n'est gouvernée par aucune règle spécifique de la subordonnée interrogative. Nous nous trouvons donc dans le domaine de l'inversion subordinative générique. Pour les causes de l'inversion subordinative générique, voir la page connexe L'inversion subordinative générique.

Dans les exemples qui suivent, l'inversion subordinative générique n'est pas obligatoire.

j'ai demandé quand commence le spectacle
dites-moi où conduit ce chemin
il comprit à quel point était ridicule sa jalousie
je ne sais pas à qui appartient cette valise
on comprit combien étaient erronées et insuffisantes ces idées

Extraction normale

Complément extrait = objet direct

il demande comment va Pierre
il demande quel est ton nom
il demande qui est cet homme
ils s'épuisaient à chercher quel pouvait être le misérable qui s'attachait à les poursuivre (Rolland)
je sais quel cours choisira Pierre
voici le livre que donnera Pierre à Paul

Complément extrait = ni sujet ni objet direct

Conflit entre le sujet et l'objet direct de la subordonnée

Ni *je me demande quand écrira Marie son livre ni *je me demande quand écrira son livre Marie n'est possible.

Pas de conflit entre le sujet et l'objet direct de la subordonnée

La dérhématisation du verbe de la subordonnée est souhaitable : je sais de quel sujet a discuté Pierre avec Marie, je me demande quand sera dégusté ce vin par les invités

La dérhématisation du verbe de la subordonnée n'est pas souhaitable : ??je sais à quel point se méfie Pierre de Paul, ??je me demande quand ira Pierre à Londres.

Extraction profonde

La seconde subordonnée est fléchie

Le conflit entre sujet et objet direct entrave l'inversion du sujet dans je sais quel film Pierre voudrait que tu voies : *je sais quel film voudrait Pierre que tu voies, *je sais quel film voudrait que tu voies Pierre.

La seconde subordonnée est infinitive

L'inversion du sujet est possible dans je sais quel film Pierre veut voir. La proposition je sais quel film veut voir Pierre est grammaticale, du fait de la forte cohésion entre le verbe vouloir et l'infinitif. L'infinitif est un objet direct, mais il est protégé par le verbe vouloir. Son conflit avec le sujet est évité.

La subordonnée interrogative partielle - les autres méthodes

L'inversion complexe dans la subordonnée interrogative

Le locuteur laisse la structure de l'interrogation directe empiéter sur celle de l'interrogation indirecte. L'inversion complexe est interdite dans la subordonnée interrogative.

*auriez-vous la bonté de me dire quelle heure est-il ? (Lautréamont)
*dis-nous que faut-il que nous fassions
*dites-moi où ce chemin conduit-il
*elle cherche à comprendre comment tombe-t-on dans la drogue
*il a tout de suite compris pourquoi a-t-elle réagi de cette façon
*je demande quand ce spectacle commence-t-il
*je me demande comment peut-on faire une telle erreur
*je ne sais à quoi ceci aboutira-t-il
*je voudrais savoir où Pierre va-t-il
*le gros homme demanda par qui le but avait-il été marqué
*monsieur le Président, pouriez vous nous dire comment concevez-vous les relations entre la France et l'Irak
*votre honneur, je voudrais savoir pour quelle somme d'argent l'accusée a-t-elle couchée
*vous savez pas dans quel service travaille-t-elle ?

La méthode périphrastique dans la subordonnée interrogative

La méthode périphrastique, que nous étudions à la page connexe Les méthodes d'interrogation - interrogation périphrastique, est moins grossièrement agrammaticale que l'inversion complexe. Fortement critiquée par la plupart des grammaires, elle est vivace dans la langue familière relâchée et se rencontre même chez Hugo.

??dis-moi qu'est-ce que tu veux
??dis-moi qu'est-ce qui te gêne
??dis-moi quand est-ce que tu pars
??je cherche où est-ce qu'il a pris cela
??je me demande qu'est-ce qu'il fabrique
??je me demande où est-ce qu'il est allé

il se demandait qu'est-ce qui remplacerait cela (Hugo)
as-tu réfléchi où est-ce que nous déjeunerons ? (Lavedan)

La proposition ??as-tu réfléchi où est-ce que nous déjeunerons ? n'est pas idéale, mais les propositions ??as-tu réfléchi où nous déjeunerons ? et ??as-tu réfléchi à la question de savoir où nous déjeunerons ? ne sont pas fameuses non plus.

Les méthodes de la langue populaire dans la subordonnée interrogative

Les méthodes d'interrogation de la langue populaire s'appliquent aussi à la subordonnée interrogative. Voir la page connexe Les méthodes d'interrogation - méthodes mineures.

il a tout de même bien le droit de savoir avec qui que c'est que sort sa fille (Céline)
il savent bien où qu'il faut arrêter les trains
je me demande à qui c'est que Pierre vient de parler
je ne sais pas d'où ce que ça vient (Proust faisant parler Françoise)
je ne sais plus qui qui m'a dit qu'un de ceux-là avait marié une cousine au duc (Proust faisant parler Françoise)
pas moyen de savoir où c'est qu'il faut que j'aille
quand tu auras un passé [...] tu t'apercevras quelle drôle de chose que c'est (Queneau)
tu raconteras une autre fois comment c'est que je m'échine du matin au soir (Aymé)

Phénomènes divers

Anticipation dans la subordination interrogative

je le sais comment il se tirera d'affaire
demande-le à ton père ce qu'il en pense
je ne le sais pas où elle habite

Dans la langue familière, les verbes interrogatifs transitifs peuvent avoir deux objets directs : la subordonnée interogative et le pronom personnel conjoint d'anticipation le. Chacun des deux objets directs occupe sa place normale. Le pronom d'anticipation ne s'emploie pas dans la langue soignée.

Normalement, il n'y a pas de pause entre la principale et la subordonnée interrogative. Cette pause changerait la structure de la proposition du tout au tout. La subordonnée interrogative se détacherait et le pronom d'anticipation deviendrait une trace de détachement.

Voir d'autres types d'anticipation

à la page connexe La subordonnée objet direct fléchie - rubrique Pronoms d'anticipation et de reprise (le, ça) et

à la page connexe La subordonnée complément prépositionnel fléchie - rubrique Le pronom d'anticipation en.

Mise en relief

Voir la page connexe La subordonnée interrogative totale fléchie - rubrique La mise en relief.

La subordonnée exclamative partielle - ce que

Voir l'examen de la subordonnée exclamative totale à la page connexe La subordonnée interrogative totale fléchie.

c'est effarant ce qu'il est riche
ce que j'ai souffert vous ne le comprendrez jamais
on n'a pas idée de ce qu'ils sont en retard en province (Mirbeau)
on ne s'imagine pas ce que je suis fatiguée
tu vas voir ce qu'il est méchant
vous vous rappelez ce qu'il s'est donné comme mal

Dans ces exemples, ce que ne concerne pas l'objet direct, mais le degré.

Si nous omettons les principales (c'est effarant et on n'a pas idée de), les subordonnées (ce qu'il est riche et ce qu'ils sont en retard en province) deviennent des propositions exclamatives indépendantes. Pour l'examen de l'exclamation marquée par ce que, voir la page connexe La proposition exclamative - rubrique Ce que - pronom exclamatif.

Si la subordonnée est introduite par un pronom interrogatif non spécialisé (c'est-à-dire par un pronom interrogatif autre que ce que), son statut exclamatif est discutable.

tu sais que de cravates, un jour de rendez-vous, chiffonne un amoureux (Musset)
il observa combien cette réputation était commode et que de liberté elle lui procurait (Hermant)
observez bien comme il travaille
tu ne sais pas combien je t'admire
on sait combien il a toujours été charitable
voyez combien profondément il analyse le problème

Observez bien la différence entre observez bien comment il travaille et observez bien comme il travaille. Le pronom comment est psychologiquement neutre ; le pronom comme a une nuance exclamative.

La montée sujet-objet dans la subordonnée interrogative

Ce tour de la langue familière est partagé par la subordination interrogative totale et la subordination interrogative partielle, Pour plus de commodité, nous réunissons l'interrogation partielle et l'interrogation totale sur cette page.

Interrogation partielle - transformation comme si

regarde comme Marie est belle
regarde Marie si elle est belle

regarde comme les nuages sont menaçants
regarde les nuages s'ils sont menaçants

écoute comme cette fille chante bien
écoute cette fille si elle chante bien

t'as vu comme le lit est grand ?
t'as vu le lit s'il est grand ?

regarde comme le soleil est rouge
regarde le soleil s'il est rouge (Maupassant)

regarde comme je saute
regarde-moi si je saute (Colette)

Interrogation partielle - conjonction inchangée

je vais vous montrer comment marche la photocopieuse
je vais vous montrer la photocopieuse, comment elle marche

je ne me figure pas comment était ma grand-mère
je ne me figure pas ma grand-mère comment elle était

regarde bien comment fait papa
regarde bien papa comment il fait

tu as entendu ce que maman a dit ?
tu as entendu maman, ce qu'elle a dit ?

tu as vu quelle tête fait Pierre
tu as vu Pierre quelle tête il fait

montrez-moi où saigne votre fesse
montrez-moi votre fesse où elle saigne (Céline)

tu sais quelle importance j'y attache
tu sais l'importance que j'y attache

je ne sais pas à quel endroit il habite
je ne sais pas l'endroit où il habite

Interrogation totale

va voir si le rôti est bien cuit
va voir le rôti s'il est bien cuit

Pierre regarde si l'hirondelle sait contruire son nid
Pierre regarde l'hirondelle si elle sait contruire son nid

Définition

Dans la langue littéraire et dans la langue populaire on rencontre une transformation de montée sujet-objet portant

sur une subordonnée interrogative partielle ou totale fléchie et

sur une principale contenant un des verbes qui sont à la fois interrogatifs et transitifs au sens strict.

Il s'agit des verbes voir, regarder, entendre, écouter, montrer et quelques autres.

Le sujet de la subordonnée devient l'objet direct de la principale.

Le sujet de la subordonnée est aussi remplacé dans la subordonnée par le pronom personnel conjoint correspondant.

Le pronom interrogatif comme est le plus souvent remplacé par la conjonction interrogative totale si.

La principale a deux objets directs.

Une autre analyse

Une analyse faisant appel au détachement profond a également été proposée. Voir l'étude du détachement profond à la page connexe Détachement et thématisation - rubrique Le détachement profond - remarques.

L'extraction multiple dans l'interrogation

L'extraction simultanée de plusieurs compléments dans la subordination interrogative partielle fléchie est un sujet encore mal exploré. Nous nous bornons à quelques exemples.

dis-moi qui est venu et quand
il est difficile de savoir qui achète quoi sur les marchés russes
il faut rappeler à qui et à quoi s'adressent ces répliques
il m'a demandé où et quand et avec qui j'irais
je me demande pourquoi tu pars et pourquoi je reste
je me demande qui a parlé à qui
je ne vois pas qui ou quoi en est la cause
on n'a pas encore décidé qui va où
on n'a pas pu déterminer qui a fait quoi
sans préciser combien et dans quelles conditions
sans préciser comment ni avec qui

La coordination est aussi possible entre une subordonnée totale et une subordonnée partielle.

la question n'est pas de savoir si, mais de quand et comment
il s'agit ici de voir si et dans quelle mesure

La subordonnée interrogative transformée en relative

On a vue que certaines subordonnées interrogatives ont une forme relative: *dis-moi quoi tu fabriques là dis-moi ce que tu fabriques là. La façade relative permet de résoudre certains conflits. La tendance à éliminer la forme interrogative au profit de la forme relative se manifeste également dans la construction illustrée ci-dessous. Cette construction est facultative.

dis-moi quelle heure il est
dis-moi l'heure qu'il est

tu ne sais pas quel monstre il est
tu ne sais pas le monstre qu'il est

sais-tu quel genre de littérature il préfère ?
sais-tu le genre de littérature qu'il préfère ?

on sait quelle importance ce thème a pour lui
on sait l'importance que ce thème a pour lui

tu as vu quelle tête il faisait ?
tu as vu la tête qu'il faisait ?

il a été regarder ma bibliothèque pour savoir quels livres j'aime
il a été regarder ma bibliothèque pour savoir les livres que j'aime

j'ai compris quelle femme vous êtes
j'ai compris la femme que vous êtes

parmi ces livres, dis-moi lequel tu veux
parmi ces livres, dis-moi celui que tu veux

dis-moi qui t'a fait cela
dis-moi celui qui t'a fait cela

difficile de dire lequel des deux l'est davantage
difficile de dire celui des deux qui l'est davantage

choisissez lequel d'entre nous vous voulez pour compagnon
choisissez celui d'entre nous que vous voulez pour compagnon

je voudrais savoir laquelle de ces deux étoffes vous plaît le mieux
je voudrais savoir celle de ces deux étoffes qui vous plaît le mieux

vous vous rappelez que de mal il s'est donné
vous vous rappelez ce qu'il s'est donné comme mal

n'importe à quel pays tu iras
n'importe le pays où tu iras

Autres exemples de la subordonnée relative dérivable d'une subordonnée interrogative :

ça dépend des gens qu'on invitera
il hésita longtemps sur la catégorie d'anormaux où il se rangeait (Romains)
il réfléchissait à la somme qu'il pouvait demander
il voyait la sottise qu'il avait commise (Zola)
je ne sais plus le Dieu ténébreux que je sers (Gide)
je voudrais bien savoir la tête que tu fais quand tu jouis (Malraux)
nous n'étions pas fixé sur celui qu'on allait envoyer à New York
on sait l'importance méthodologique qu'ont prise ces espace (Foucault)
on sait le succès qu'elle obtint
sans se douter du prix que coûtaient ses toilettes
tu ne sais pas le service que tu me rends (Brieux)
vous n'avez aucune idée de l'endroit où il a pu aller ? (Simenon)
vous ne savez pas la femme que je suis

La subordonnée adjectivale dérivée de la subordonnée interrogative n'est pas nécessairement relative. Elle peut aussi être une subordonnée infinitive à couplage distendu : il hésita un instant sur le mode de transport à emprunter (Romains).

De cognitif dans la subordonnée interrogative

C'est à la page connexe La relativation par dont cognitif que nous introduisons le de cognitif, car c'est dans la relativation qu'il assume son rôle le plus important. Il joue un rôle mineur dans la subordonnée interrogative :

on ne sait ni où ni comment joindre Pierre
on ne sait de Pierre ni où ni comment le joindre

les autorités se demandent comment éviter cet accident à l'avenir
les autorités se demandent de cet accident comment l'éviter à l'avenir

Interrogation et détachement

La subordonnée interrogative fléchie peut être détachée. Elle est représentée dans la principale par une trace conjointe. Voir l'étude du détachement à la page connexe Détachement et thématisation.

comment il a fait, je vous le demande
qui a fait ça, je n'en sais rien

En principe, la subordonnée interrogative peut aussi être thématisée, c'est-à-dire antéposée sans trace dans la principale : quand il sera enterré, je ne sais pas. Les limites de la thématisation sont puremet sémantiques.

Ambigüités

Ambigüité due à l'emploi de ce qui / ce que comme pronom interrogatif

Dans les exemples, la subordonnée peut être prise comme relative ou comme interrogative.

Pierre a compris ce qui s'est passé
Pierre n'a pas compris ce que je lui demandais
je ne vois pas qui pourrait me rendre service
il étudie ce dont vous lui avez parlé
il demande ce dont vous lui avez parlé
j'ai trouvé à qui j'allais m'adresser

Ambigüité due à la complexité de quel

Dans l'exemple, quel a une lecture de caractérisation et une lecture d'identification.

devine quel beau film j'ai vu

Le syntagme du concours

c'était à qui cacherait son cœur (Radiguet)
c'était à qui de ces deux jeunes juives caresserait le mieux son esprit (Drieu la Rochelle)
c'était à qui irait se plaindre au chef du convoi (Dorgelès)
c'était à qui, d'eux ou de nous, arriverait le plus vite au clocher (R.Peyrefitte)
c'est à qui arrivera premier
c'est à qui courra le plus loin
c'est à qui gagnera de vitesse
c'est à qui les prendra pour danseuses (A. Daudet)
c'est à qui sera le plus pauvre, le plus modeste, le plus obscur (Duhamel)
c'est à qui vendra son âme au plus fort pour légitimer l'injustice et diviser la tyrannie (Robespierre)
ce sourd combat pour les mille francs cachés, à qui les aurait après la mort de l'autre (Zola)
chacun s'ennuyait, c'était pourtant à qui ne partira pas (Flaubert)
il se disputaient à qui aurait le plus gros morceau
il semblait s'être institué une rivalité entre Delamb et lui à qui trahirait le dernier (Guth)
jouer à qui aura raison
jouer à qui rira le dernier
le jeu était à qui courberait l'arbre le plus bas (Rochefort)
ne jouons pas à qui aura raison (Malraux)
parier à qui mangera plus de profiteroles
parier à qui se tapera plus de gars
tirons à qui jouera le premier
tous deux s'essoufflaient à qui renverserait l'autre

Les titres interrogatifs

à quoi rêvent les jeunes filles ? (Musset)
ce que la nouvelle législation va changer
comment j'ai fait mon dictionnaire de la langue française (Littré)
comment j'ai surmonté la boulimie
comment je sais que je n'ai pas d'amis (Camus)
comment l'infirmière tomba amoureuse du médecin
pourquoi l'Union Soviétique s'est effondrée

La question en écho partielle

Voir la page connexe L'interrogation - pragmatique - rubrique L'interrogation en écho.

La rétrogradation de la principale

afin d'y acheter, n'importe à quel prix, des mercenaires (Flaubert)
celle-là avait germé un jour, d'une graine apportée d'on ne sait où (Saint-Exupéry)
cet homme qui faisait elle ne savait quel commerce
comme un nuage dont la foudre va tomber on ne sait quand ni sur qui (Romains)
de longues flèches lumineuses jetées, elle ne savait comment, à travers les fenêtres fermées (Maurois)
de nouveaux truands surgissent d'on ne sait trop où
des vestiges d'idées étrangères venues Dieu sait d'où (Romains)
elle a je ne sais combien de tableaux
elle allait chercher je ne sais quoi
elle est la veuve d'on ne sait qui
il nous a emmenés je ne sais où
il nous manquait nous ne savions quoi
il s'enfermait des jours durant, pour on ne savait quels plaisirs (Ghéhenno)
il s'est débrouillé je ne sais comment
il voulait partir il ne savait où
il y a je ne sais combien de temps qu'il ne l'a vue
je ne sais quel journaliste vient de révéler le fait que
je ne sais qui de ses amis m'a dit que
le trésor a été découvert par je ne sais quel archéologue
les dames ont disparu dans je ne sais quel escalier sombre (Nerval)
on l'a averti qui sait combien de fois
pour me convaincre de je n'avais pas encore compris quoi
une anecdote lue je ne sais où (Sartre)
une pipe cassée, ramassée Dieu sait où (Simenon)

Règles de base

Dans une pipe cassée, ramassée Dieu sait où, Dieu sait est rétrogradé de principale en élément lexical. Cet élément lexical s'ajoute à pour former un pronom indéterminé exprimant l'incertitude. C'est un tour souple et utile. L'entrelacement de la principale et de la subordonnée permet d'éviter l'enchâssement d'une subordonnée interrogative dans une subordonnée relative : une pipe cassée, dont Dieu sait où elle a été ramassée.

Le verbe de la principale rétrogradée est presque toujours savoir ou n'importe. Les improvisations telles que il nous a téléphoné je ne me souviens pas combien de fois sont rares.

Avec les sujets Dieu, le diable et qui, la principale rétrogradée est affirmative

Dieu sait comment
le diable sait comment
qui sait comment

Avec les sujets conjoints, la principale rétrogradée est négative

je ne sais comment
il ne sait comment
nous ne savons comment
ils ne savent comment
on ne sait comment

L'emploi du conégateur pas est interdit.

Les pronoms interrogatifs qui s'emploient dans cette construction sont

combien
comment
lequel
où
pourquoi
quand
quel
qui
quoi

Affinements

Les personnes

Les pronoms je, il, nous, ils et on se combinent avec la négation de savoir pour former une série de pronoms indéterminés exprimant l'incertitude. On verra plus loin que la deuxième personne ne fait pas partie de cette série. Les pronoms tu et vous se combinent avec savoir sans négation pour exprimer des euphémismes. Nous allons reprendre l'examen de ce phénomène.

Le temps

Le verbe savoir est le plus souvent au présent, mais l'imparfait n'est pas rare avec les sujets conjoints : on ne savait comment. Seul le présent est possible avec Dieu, le diable et qui.

La place de la préposition

L'antéposition de la préposition est majoritaire, mais l'encadrement de la préposition n'est pas agrammatical. L'encadrement est même préférable avec . L'encadrement est possible avec tous les sujets.

venu je ne sais d'où = venu de je ne sais où,
une motte de terre partie on ne sait d'où (Bernanos),
la lettre venait le diable sait d'où (Duhamel)

Trop

Trop s'intercale entre le verbe et le pronom interrogatif : je ne sais trop comment. Ce n'est possible que lorsque le sujet est pronominal et le verbe est nié.

Phénomène lexical ou phénomène syntaxique

Les préfixes Dieu sait, le diable sait et qui sait sont invariables en temps.

En revanche, lorsque le sujet est pronominal, il y a variabilité en personne et en temps. Donc la rétrogradation de la principale, prise dans sa généralité, doit être considérée comme un phénomène syntaxique, et non pas lexical.

Généralisations

On rencontre parfois des verbes autres que savoir et des sujets autres que ceux que nous venons d'énumérer.

il a déchiffré le code on ne peut pas imaginer comment
le voilà qui se laisse engluer par une femme qu'il a pêchée où ? je me le demande (Huysmans)

Pronom nominal qualifié

Les pronoms indéterminés résultant de la rétrogradation de la principale entrent sans difficulté dans le syntagme du pronom nominal qualifié. Pour l'examen détaillé du pronom nominal qualifié, voir la page connexe Le pronom nominal qualifié.

cette pièce avait je ne sais quoi de sinistre
je ne sais quoi d'hostile et de rancunier
je ne sais quoi d'infâme
je ne sais quoi de plus encore
je ne sais quoi qui excite le mépris
un beau cadre ajoute à la peinture je ne sais quoi d'étrange et d'enchanté (Baudelaire)

Dans un je ne sais quoi d'arrogant, le pronom indéterminé je ne sais quoi devient nom.

Sujet pronominal à la deuxième personne

un coup de pied vous savez où
elle s'affiche avec vous savez quel genre d'hommes
il s'entretenait avec vous savez qui
il s'entretenait avec vous pouvez imaginer qui

La rétrogradation de la principale avec un sujet pronominal à la deuxième personne est un phénomène indépendant.

Cette construction n'exprime pas l'incertitude, mais la réserve.

Cette construction est toujours affirmative.

Cette construction n'admet que le présent.

Comparaison avec la série n'importe

Voir l'examen de la série n'importe de pronoms indéterminés à la page connexe Syntaxe et sémantique des pronoms indéterminés.

Certes, l'élément n'importe doit son existence au mécanisme que nous appelons la rétrogradation de la principale. Cependant, dans le cas de n'importe, ce mécanisme est poussé jusqu'à son stade ultime, la pleine lexicalisation.

Les pronoms indéterminés de la série n'importe n'expriment pas l'incertitude, mais le libre choix et la concession.

Autres exemples de l'entrelacement de la principale et de la subordonnée :

l'incise : voir la page connexe Les subordonnées régies - les incises.

l'adverbe de degré on ne peut plus

les prépositions temporelles il y a et voilà

Le subjonctif dans la subordonnée interrogative

En règle générale, le mode de la subordonnée interrogatife partielle fléchie est l'indicatif. Dans la langue écrite, on trouve parfois le subjonctif lorsque la principale a une nuance volitive, affective ou dubitative. De toute façon, l'indicatif est toujours préférable.

Dans indiquez-moi où je puisse m'adresser, le subjonctif exprime l'importance et l'urgence de la demande. On pourrait aussi dire indiquez-moi un guichet où m'adresser ou indiquez-moi un guichet pour que je puisse m'y adresser, ce qui montre qu'il y a un certain lien de parenté entre la subordonnée interrogative et la subordonnée relative infinitive exprimant le besoin et la recherche. Voir la page connexe La subordonnée relative infinitive de besoin et recherche.

Autres exemples

je ne vois pas en quoi la censure puisse s'opposer à la réalisation d'un tel film (Cayatte)
on comprend pourquoi les Marocains soient contraints de consommer une huile puante (Humanité)
car il est extraordinaire à quel point le seul effet d'un contact avec le mystère soit d'accroître s'il est possible l'insignifiance du propos (Proust)

L'interrogation indirecte présentée sous forme directe

Dans certains environnements langagiers, par exemple dans les soliloques et dans les discours, la position d'objet direct du verbe interrogatif se trouve parfois occupée par une interrogation directe entre guillemets imaginaires, plutôt que par une subordonnée interrogative. La subordonnée interrogative est, pour ainsi dire, dégrammaticalisée. Le locuteur-scripteur retourne à un état primitif du langage pour produire un effet stylistique.

combien de temps cela dura-t-il, je n'en sais rien (Maupassant)
de qui tenait-elle cette cabane, le père Joseph ne se rappelait plus (Maupassant)
je me demande : comment est-ce qu'il en est arrivé là ?
je te demande un peu : en quoi cela m'avancera-t-il ?
qu'allait-il se passer tout à l'heure, je ne le savais pas trop (Proust)
que se passa-t-il ensuite, c'est ce qu'on ignore
raconte-moi, que deviens-tu ?

La subordonnée interrogative averbale

il aurait fallu préciser en quoi
il cherche quelqu'un, je me demande qui
il ne se souvenait pas d'où et par quelle route
il tira avant de voir sur qui
je lui ai demandé pourquoi tout cela
je lui demandai pour qui ces livres
je peux te dire qui : c'est Pierre
nous ignorions où, quand et comment
nous marchions sur la route en chantant, sans savoir quoi ni pourquoi (Alain-Fournier)
quelqu'un t'aime, devine qui
sans qu'on puisse dire à quelle date

Ça dépend desquels

Dans viendront-ils ? - ça dépend desquels, l'analyse de desquels dépend du choix de paraphrase. Si nous posons la paraphrase ça dépend desquels il s'agit, nous avons affaire à une simple ellipse et rien de plus, donc la contraction desquels est correcte. Si nous privilégions la paraphrase ça dépend de lesquels t'intéressent, la contraction de de lesquels en desquels (qui se pratique dans certaines régions) est fautive, puisqu'elle enjambe la fontière de deux syntagmes. Une autre manière de dégager la différence structurelle entre les deux paraphrases est de dire que dans ça dépend desquels il s'agit, la préposition de est régie par le verbe s'agir de la subordonnée, tandis que dans ça dépend de lesquels t'intéressent, la préposition de est régie par le verbe dépendre de la principale.

Subordonnée interrogative et subordonnée relative autonome

Il y a une relation génétique entre la subordonnée interrogative partielle fléchie et la subordonnée relative autonome. La ressemblance entre montre-moi qui te plaît et choisis qui te plaît n'est pas accidentelle.

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