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TITRE
Avoir à, y avoir à (571)

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Avoir à, y avoir à (571)

SOMMAIRE
Exemples liminaires
Définition
Avoir à et l'infinitif à couplage distendu
La place de l'objet direct
Relation étroite et distendue entre le sujet et l'objet direct
Locutions verbales du type [verbe * objet-direct]
Ne...que... se rapportant à l'objet direct
Durée et distance
Objet direct flottant
Avoir à dans la subordonnée relative
La comparaison de avoir à et devoir
La pseudo-transitivité de l'infinitif
Il y a à
Donner à

Exemples liminaires

j'ai à trouver une solution
j'ai un conseil à te donner

Définition

Le verbe avoir peut régir une subordonnée objet direct infinitive marquée par l'introducteur d'infinitif à. Dans cette construction, avoir à exprime le devoir ou la nécessité. Le sujet de la subordonnée infinitive est corrélé avec le sujet du verbe avoir. D'autres verbes qui régissent une subordonnée objet direct infinitive marquée par l'introducteur d'infinitif à : apprendre à, commencer à, réussir à

Avoir à et l'infinitif à couplage distendu

La place de l'objet direct

Voir la page connexe Les subordonnées infinitives à couplage distendu pour l'examen détaillé des subordonnées infinitives à couplage distendu. Étant donné que l'idée du devoir et de la nécessité est l'une des interprétations de l'infinitif à couplage distendu, cette idée peut souvent être exprimée par deux constructions identiques à l'ordre des mots près :

[avoir * à * infinitif * objet-direct]

et

[avoir * objet-direct * à * infinitif]

L'objet direct est régi par l'infinitif dans la première version et par avoir dans la seconde.

Les propositions

j'ai à écrire trois lettres
j'ai à te dire quelque chose d'important
j'ai à résoudre un problème important

et les propositions

j'ai trois lettres à écrire
j'ai quelque chose d'important à te dire
j'ai un problème important à résoudre

sont synonymes à une légère différence de perspective près.

Cette synonymie n'est assurée que dans les cas les plus élémentaires. Elle peut être perturbée par certains phénomènes de structure informationnelle et par certains adverbes. Par exemples, les propositions je n'ai plus qu'à vous remercier et je n'ai plus que vous à remercier ne sont pas synonymes.

Relation étroite et distendue entre le sujet et l'objet direct

Relation étroite

L'infinitif à couplage distendu est préférable s'il y a une relation étroite entre le sujet du verbe avoir et l'objet direct. La relation entre le sujet et l'objet direct est étroite si l'objet direct est une possession concrète ou abstraite du sujet, un outil du sujet, un objet manipulé par le sujet, quelque chose que le sujet contemple ou tient à la main.

as-tu quelque chose à me reprocher ?
avez-vous d'autres informations à me demander ?
il a bien d'autres gens à haïr
il a d'autres chats à fouetter
il a toujours quelque chose à demander
il avait le train à prendre
il avait toutes ses études à compléter
il n'a pas loin à aller
il n'a pas longtemps à attendre
il n'a rien de mieux à faire
j'ai mon courrier à dépouiller
j'ai quelque chose à te dire
j'ai quelque chose à te montrer
j'ai quelque chose de plus important à faire
j'ai un bouton à recoudre
j'ai un compte à régler avec lui
j'ai un conseil à te donner
j'ai un document important à lire
j'ai une histoire à te raconter
j'ai une lettre urgente à écrire
j'ai une nouvelle à t'annoncer
je n'ai de compte à rendre à personne
je n'ai pas de leçons à recevoir de lui
je n'ai plus que ma robe à enfiler
je n'ai plus que mon chapeau à brosser
vous n'avez qu'un mot à dire

Relation distendue

En revanche, avoir à est préférable lorsque la relation entre le sujet et l'objet direct est distendu. C'est le cas

si l'objet direct est psychologiquement éloigné du sujet
si le devoir concerne la totalité de l'action (et non pas le seul objet direct)
si l'objet direct est nié, potentiel ou hypothétique.

ils avaient à subir des sévices
nous n'avons pas à mentionner ce problème
j'ai à trouver une solution

Locutions verbales du type [verbe * objet-direct]

Paradoxalement, les locutions verbales du type [verbe * objet-direct] se clivent : l'objet direct de la locution ne suit pas l'infinitif de la locution, mais le verbe avoir. Autrement dit, l'infinitif à couplage distendu est gagnant.

il n'a pas grand effort à faire
il avait une revanche à prendre
il a une colère à cuver
ne pas avoir de leçon à recevoir de
avoir maille à partir
il y a gros à parier

Ne...que... se rapportant à l'objet direct

L'infinitif à couplage distendu est préférable.

ele n'a plus que ses chaussures à mettre
il n'avait qu'un signe à faire
il n'avait que la cour à traverser
il n'eut plus que sa femme de chambre à aimer
je n'ai plus que ma robe à enfiler
je n'ai plus que mon chapeau à brosser
vous n'avez qu'un mot à dire

Durée et distance

L'infinitif à couplage distendu est préférable.

En plus de avoir et y avoir, on trouve aussi les verbes en voilà, en avoir pour, il reste dans cette construction.

avoir loin à aller
elle n'a pas longtemps à vivre
elle n'a que cinq minutes à rester
en voilà pour une heure à réparer la voiture
encore six jours à attendre la fin du mois
encore un quart d'heure à être seul
il avait encore deux ans à courir
ils avaient trois mois d'hiver à se voir, s'apprendre, se désirer (A. Daudet)
j'ai quatre jours à rester absent
j'en ai pour toute la journée à travailler
j'en ai pour trois nuits à en rêver
j'en ai pour une heure à réparer la voiture
on n'eut pas longtemps à attendre
quinze jours à marcher sur le dur (Duhamel)
vous n'aurez pas beaucoup à patienter

Objet direct flottant

Beaucoup, tout et rien sont des objets directs flottants. Ils préfèrent la position préverbale quel que soit le mode du verbe.

il a tout à démontrer
il n'a rien de mieux à faire qu'à
j'ai exactement tout à apprendre
j'avais encore tout à connaître
je ne veux rien avoir à démêler avec lui
vous n'aurez pas beaucoup à patienter

Avoir à dans la subordonnée relative

Le contraste entre relation étroite et relation distendue disparaît dans la subordonnée relative (à l'orthographe près) :

Comparer

les malades que j'ai eu à examiner et
les malades que j'ai eus à examiner.

La première version correspond à j'ai à examiner des malades ; la seconde, à j'ai des malades à examiner.

La comparaison de avoir à et devoir

Avoir à a une syntaxe plus simple que devoir.

Devoir a un sens de necessité et un sens de probabilité. La seule interprétation de avoir à est la nécessité.

La négation sous-jacente de la subordonnée du verbe devoir (pris dans le sens de la nécessité) monte au niveau du verbe devoir lui-même dans la forme de surface: Pierre ne doit pas blesser sa mère signifie Pierre est obligé de ne pas blesser sa mère et non pas Pierre n'est pas obligé de blesser sa mère. Avec avoir à, la négation de la subordonnée ne monte pas au niveau du verbe avoir. Autrement dit, on ne nie pas la subordonnée en niant avoir à.

La pseudo-transitivité de l'infinitif

Voir la page connexe Les subordonnées infinitives à couplage distendu - rubrique L'omission de la préposition régie par l'infinitif.

Il y a à

Il y a à - introduction

Il y a à a deux interprétations : la nécessité et la possibilité. Pour l'interprétation potentielle, se reporter à la page connexe La subordonnée quasi-factitive.

Il n'y a qu'à a les prononciations familières inyaka, nyaka, yaka.

Le comportement de reste à est analogue à celui de il y a à.

sujet existentiel = [nom * à * infinitif]

il n'y a pas de temps à perdre
il n'y a rien à craindre
il y a beaucoup à faire
il y a plusieurs cas à envisager
il y a un devoir à remplir
il y a une dernière remarque à faire
il y aurait beaucoup de choses à dire

sujet existentiel = [à * infinitif * nom]

il n'y a plus qu'à tirer l'échelle
il n'y a qu'à patienter
il n'y a à changer que les draps (Rolland)
il n'y a plus qu'à l'attacher au poteau et à approcher la torche

sujet existentiel = [à * infinitif], pas d'objet direct

il y a à prendre et à laisser dans ce que vous dites
il y a à manger et à boire dans la cuisine
il n'y a pas à dire
il n'y a pas à sortir de là
il n'y a pas à s'étonner que

Donner à

Pour mieux comprendre l'analogie entre avoir à et donner à, voir la page connexe La subordonnée quasi-factitive.

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