HAUT DE PAGE

PAGE D'ACCUEIL      TABLE DES MATIÈRES      INDEX


TITRE
La subordonnée finale fléchie (567)

ASCENDANCE

PAGES SŒURS
La subordonnée finale fléchie (567)

SOMMAIRE
Mode
Afin que
Pour que
Que
Inférence, nécessité et finalité
Conséquence

Mode

Toutes les subordonnées finales fléchies se construisent obligatoirement avec le subjonctif.

Afin que

L'étymologie de la conjonction afin que est évidente. Au début de sa carrière, la conjonction afin que marquait une subordonnée régie apposition prédicative. Elle s'est regrammaticalisée en une conjonction adverbiale.

La conjonction afin que a les variantes à seule fin que (qui provient de à celle fin que) et à cette fin que. La subordonnée introduite par ces variantes est à mi-chemin de l'apposition prédicative et de l'adverbe. Leur regrammaticalisation n'est pas aussi complète que celle de afin que.

Pour que

Pour que est une conjonction adverbiale du type le plus simple : une préposition suivie du nominalisateur que.

Dans la langue familière, la négation de la subordonnée peut être marquée par pour ne pas que et par pour pas que. Voir la page connexe La négation verbale - conégateurs - la place des conégateurs.

Que

Que s'emploie lorsque le verbe de la principale est à l'impératif.

La négation dans la subordonnée est souvent construite sans conégatteur.

asseyez-vous là, que nous causions - me dit-elle (Fromentin)
couvrez-le qu'il ne prenne pas froid
donne-moi ta main, que je la serre (Hugo)
donnez-moi votre chapeau, que je vous en débarrasse
ferme la porte qu'on ne nous entende pas
fuis, qu'il ne t'attrape
lève la tête, que je vois tes yeux
mettez-vous là près de ce cierge que je vous regarde bien (Claudel)
ne reste pas dans l'ombre, Mélisande, penche-toi un peu, que je voie tes cheveux dénoués (Maeterlinck)
ôte-toi de là, que je m'y mette
passe-moi donc l'Écho de Paris, que je voie un peu les nouvelles (Courteline)
prenez ce foulard que vous n'ayez pas froid
relentissez donc, Philippe, que nous ayons le temps de voir (Cabanis)
sauve-toi, que je ne te voie plus
sors donc que je te démolisse
sors vite que je ne t'assomme (Molière)
sors vite, que je ne te flanque une claque
tuez-moi, que je n'aie plus à oser (Montherlant)
viens ici, que je t'embrasse
viens ici, que je te tire les oreilles
viens me voir que nous réglions ça
viens, que nous discutions ensemble

Constructions injonctives diverses dans la principale

après tu me l'enverras, que je l'embrasse aussi (Brieux)
où est la chaise, que je m'asseye un peu (Butor)
peux-tu me prendre avec toi, que nous causions (Bourget)
si seulement il y a vait de l'eau ici, qu'on puisse plonger quand cela va trop mal (Anouilh)

Inférence, nécessité et finalité

L'inférence est le constat d'une nécessité logique. La subordonnée exprime ce de quoi on infère (pour dire pareille bêtise) et la principale exprime ce qu'on infère (il faut que tu sois fou). La principale contient souvent le verbe falloir ou un adverbe tel que sans doute. Pour l'examen de la nécessité, voir la page connexe Emplois spécialisés de pour - nécessité, suffisance, excès. Dans plusieurs grammaires, la nécessité, la suffisance (assez) et l'excès (trop) sont rangés sous l'étiquette de finalité. Certes, l'inférence, la nécessité et la finalité sont logiquement et grammaticalement inséparables.

Pour mieux illustrer la triade inférence - nécessité - finalité, nous confondons subordonnées fléchies et infinitives sur cette page.

L'inférence est exprimée au moyen de falloir

il fallait être désespéré pour faire ça
il faut être fou pour parler comme ça
il faut être prétentieux pour penser que
il faut qu'il ait été retardé pour dire pareilles bêtises
il faut que ton mari soit fou pour te charger d'une commission pareille (A. Daudet)
pour avoir fait ça, il faut qu'il ait perdu la tête
pour être revenu de tout, mon ami, il faut être allé dans bien des endroits (Musset)
pour faire une chose pareille, il faut être fou
pour qu'il n'ait pas vu que ce passage à niveau était fermé, on suppose qu'il était en état d'ivresse (Mauriac)
pour qu'il sache tant de choses, il faut qu'il ait beaucoup étudié
pour que le préfet se soit dérangé, il faut que vous soyez un fameux scélérat (A. Daudet)
sans doute le jeune homme savait tout, pour tomber ainsi chez eux, à onze heures sonnées (Zola)

Inférence sans falloir

c'était sûrement une étrangère, pour se baigner si tard en saison (Morand)
comme elle est habile pour lire dans ma pensée
dis-moi, bouffon, que t'ont donc fait ces pauvres filles, pour que tu en fasses si gaiment la satire ? (Musset)
elle disait qu'elle n'était pas en sucre pour fondre comme ça, aux premières gouttes d'eau
je ne suis tout de même pas une petite fille pour être consolée comme cela
mais qu'a-t-elle donc pour que lui aussi la trouve belle ?
mais qu'est-ce qui se passe en elle pour qu'elle soit dans un pareil état ?
pour qu'elle fût si différente, que lui était-il arrivé ? (Boylesve)
qu'est-ce qu'il avait donc fait, le pauvre homme, pour qu'on le renvoyât ? (Zola)
qu'est-ce que j'ai fait à Dieu pour avoir mis au jour un fils si coupable ?
que les Français doivent être puissants et sûrs d'eux-mêmes pour dépenser leur force et leur argent à ces travaux magnifiques (Duhamel)
que vous ai-je donné pour que vous pleuriez ? (Musset)
quel mensonge déprimant était-elle en train de faire pour qu'elle eût ce regard douloureux ? (Proust)
quelles choses put donc bien t'écrire ce Moreau, pour que tu n'oses pas les montrer ? (Lavedan)

Conséquence

Pour l'examen de la subordonnée consécutive à nuance finale, voir la page connexe Le système consécutif.

RETOUR EN HAUT DE PAGE