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La subordonnée complément prépositionnel fléchie (565)

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PAGES SŒURS
La subordonnée complément prépositionnel fléchie (565)

SOMMAIRE
Le syntagme [préposition * que * proposition]
Les noyaux de la subordonnée complément prépositionnel
Le syntagme [préposition * que * proposition] régi
Les deux solutions du problème [préposition * que]
Le syntagme [préposition * que * proposition] libre
La subordination régie interrogative
Une anomalie intéressante
La neutralisation de la préposition
La distribution des conjonctions ce que et que - les tendances
Registres
Motivation sémantique de la préposition
Double rection
Ne...que...
Locutions verbales
Symétrie
La subordonnée complément prépositionnel interrogative
Préposition omise non restituable
Les noms
[nom * que * proposition] - ambigüité structurelle
Syntagmes divers
La distribution des conjonctions ce que et que - exemples
Verbes
Adjectifs, participes passés, adverbes
Noms
La pronominalisation, indicateur de la préposition cachée
Le pronom d'anticipation en

Le syntagme [préposition * que * proposition]

Les noyaux de la subordonnée complément prépositionnel

La subordonnée complément prépositionnel peut être régie par des verbes, par des adjectifs, par des adverbes et par des noms. On verra des exemples de tous les types de noyau.

Le syntagme [préposition * que * proposition] régi

Que est une conjonction nominalisatrice. En faisant précéder la proposition Pierre aime Marie du nominalisateur que on obtient une subordonnée nominale. Donc la proposition je pense que Pierre aime Marie est grammaticale. Le verbe informer régit la préposition de. Il est donc tout à fait logique de s'attendre à ce que la proposition *je vous informe de que Pierre aime Marie soit grammaticale. Or les subordonnées nominalisées introduites par que ne peuvent pas être enchâssées dans les syntagmes prépositionnels régis.

Les deux solutions du problème [préposition * que]

Il y a deux solutions pour combler le vide que laisse l'impossibilité d'enchâsser le syntagme [que * proposition] dans un complément prépositionnel régi. Le choix de solution n'est pas libre. On peut dégager quelques vagues tendances, mais, tout compte fait, le choix de solution est un trait lexical du noyau de la préposition. Nous allons examiner les tendances plus loin.

Remplacement de que par ce que

Dans certains cas, on introduit le tampon ce, c'est-à-dire on remplace que par ce que. L'emploi de ce que comme conjonction de la subordonnée complément prépositionnel n'est pas un simple caprice de la grammaire. Pour l'analyse de ce que, voir la page connexe La subordonnée sujet d'apposition prédicative.

je m'oppose formellement à ce que vous y alliez
on l'a reconnu à ce qu'il portait son habituelle écharpe rouge
Pierre s'attend à ce que Paul lui écrive

Neutralisation des cas prépositionnels

Dans certains cas, on recourt à l'élimination sommaire de la préposition. La préposition de est obligatoirement omise dans les exemples qui suivent.

ces ennuis sont cause que je n'ai pas pu assister à la fête
j'en ai assez qu'on me traite d'islamophile
je n'en reviens pas qu'on puisse me traiter d'islamophobe
loin qu'il ait réussi, il n'a même pas essayé
Pierre se doute que Paul ne lui écrira pas

Le remplacement de que par ce que est toujours possible, mais l'omission de la préposition, si permise, y est préférable.

Le syntagme [préposition * que * proposition] libre

Le syntagme [préposition * que * proposition] n'a rien d'anormal lorsque la préposition n'est pas régie par le noyau. Les prépositions hors, hormis, sauf, outre, sans, pour, pendant, avant, après, selon, etc. peuvent être suivies de [que * proposition]. Dans ce cas, on dit que la préposition et que forment un conjonction adverbiale.

La subordination régie interrogative

Un phénomène analogue est observé dans la subordination régie interrogative. Voir la page connexe La subordonnée interrogative totale fléchie.

Une anomalie intéressante

Voir la page connexe Emplois spécialisés de pour - subordination fléchie pour l'examen du verbe être régissant une subordonnée complément prépositionnel à pour. Dans je suis pour la réduction des dépenses, le syntagme pour la réduction des dépenses est régi par le verbe être. Or on ne dit ni ??je suis pour ce que les dépenses soient réduites, ni *je suis que les dépenses soient réduites, mais je suis pour que les dépenses soient réduites. Donc la préposition pour régie est compatible avec le nominalisateur que.

De même, la séquence [pour * que * proposition] est tolérée avec insister : j'ai insisté pour qu'elle vienne. La paraphrase de cette proposition n'est pas j'ai insisté afin qu'elle vienne, mais je l'ai priée instamment de venir. La préposition pour est régie par insister.

Cette anomalie pourrait s'expliquer par la confusion entre pour que de la subordonnée régie et pour que de la subordonnée finale libre.

La neutralisation de la préposition

La suppression de la préposition régie devant le nominalisateur que est un cas particulier de la neutralisation de la préposition. Voir l'examen général de ce phénomène à la page connexe Le syntagme prépositionnel - la neutralisation de la préposition.

La distribution des conjonctions ce que et que - les tendances

Registres

Avec les verbes qui admettent les deux solutions, la langue soignée préfère l'omission de la préposition régie et la langue parlée préfère le nominalisateur ce que.

Motivation sémantique de la préposition

Si la préposition est sémantiquement motivée (par exemple, si de a une valeur causale), le recours au nominalisateur ce que est plus courant. En revanche, si la préposition manque de motivation sémantique (comme dans se souvenir de), elle est plus volatile.

Double rection

Si un verbe à double rection régit à la fois l'objet direct et une préposition, l'omission de la préposition entraînerait le conflit entre un vrai et un faux objet direct. Dans ce cas le nominalisateur ce que s'impose.

Ne...que...

Si la subordonnée est la cible de ne...que..., on recourt obligatoirement au nominalisateur ce que pour éviter le conflit entre deux que consécutifs :

*il ne s'oppose que qu'on démolisse la maison
il ne s'oppose qu'à ce qu'on démolisse la maison

Locutions verbales

On omet souvent la préposition régie par des locutions verbales du type [verbe-léger * objet-direct]. Le constituant qui régit la préposition est l'objet direct. La clarté de la relation entre la locution verbale et la subordonnée n'est pas entamée par l'omission de la préposition.

avoir idée que
avoir hâte que
faire signe que
prendre garde que
avoir conscience que
avoir peur que
prendre note que
se rendre compte que

Non-suppression de à

mettre tant de soins à ce que
mettre le veto à ce que

Symétrie

On garde parfois la préposition pour assurer la symétrie de deux compléments coordonnés d'un verbe qui, en principe, permettrait la suppression de la préposition.

je me souviens non seulement de la générosité spontanée de ma mère, mais aussi de ce qu'elle répugnait à accepter quoi que ce soit en retour

La subordonnée complément prépositionnel interrogative

Voir la page connexe Les subordonnées régies interrogatives.

Préposition omise non restituable

Dans certains cas, la préposition omise est hypothétique, non restituable.

je te parie cent euros (sur ce) que Juliette épousera Pierre
je te joue ce que tu veux (sur ce) que Juliette plaquera Pierre
il y a cinq ans (depuis) que nous ne nous sommes pas vus
ça fait longtemps (depuis) que nous ne sous sommes pas vus

Les noms

Suppression de la préposition

avoir besoin que
avoir soin que
il est temps que je vous parle
il y a peu de chances que
la peur que
le moment est venu que
nul doute que
une bonne indication qu'il s'agit de

Voir aussi la rubrique consacrée plus haut aux locutions verbales.

Non-suppression de la préposition

À ce que est obligatoire avec attention.

il y a intérêt à ce que P = P présente un intérêt

avantage
désavantage
équité
impossibilité
inconvénient
intérêt
obstacle

De ce que s'emploie toujours avec les noms psychologiques, tels que amertume, grief, mauvaise humeur, rancune, reconnaissance.

[nom * que * proposition] - ambigüité structurelle

Il est parfois difficile de faire le départ entre la subordonnée complément prépositionnel et la subordonnée sujet d'apposition prédicative. Les deux se matérialisent comme [nom * que * proposition]. Cette séquence présente une ambigüité structurelle. Par exemple, par crainte que P peut être dérivé soit de ma crainte est que P (apposition prédicative), soit de par crainte de ce que P (subordonnée complément prépositionnel).

Syntagmes divers

Pour l'examen des tours du genre il n'y a rien d'étonnant à ce que, voir la page connexe Les emplois de à - emplois spécialisés.

La distribution des conjonctions ce que et que - exemples

Verbes

À

aboutir (+)
accoutumer (+)
aider (+/-)
arriver (+)
attacher de l'importance (+)
avoir intérêt (+)
consentir (+/-)
correspondre (+)
décider (+/-)
faire attention (+/-)
parvenir (+)
prendre garde (+/-)
réfléchir (+)
résoudre (+)
réussir (+)
renoncer (+)
s'attendre (+)
s'efforcer (+)
s'employer (+)
s'habituer (+)
s'intéresser (+)
s'opposer (+)
se résoudre (+)
se soumettre (+)
tâcher (-)
tarder (+)
tendre (+)
tenir (+)
travailler (+)
veiller (+/-)

De

abuser (+)
avertir (-)
aviser (-)
avoir assez (+)
avoir besoin (-)
avoir conscience (+/-)
avoir peur (-)
blâmer (-)
désespérer (+)
douter (-)
en vouloir (+)
faire part (+/-)
informer (-)
instruire (-)
louer (+)
persuader (-)
prévenir (-)
prendre conscience (-)
prendre note (-)
profiter (+)
provenir (+)
punir (+)
résulter (+)
remercier (+)
s'apercevoir (-)
s'aviser (-)
s'émerveiller (+)
s'étonner (+/-)
s'enorgueillir (+)
s'ensuivre (+)
s'excuser (+)
s'indigner (-)
s'inquiéter (+/-)
s'irriter (+/-)
se contenter (+/-)
se courroucer (+/-)
se désoler (+/-)
se douter (-)
se féliciter (+/-)
se ficher (-)
se flatter (+/-)
se foutre (-)
se lamenter (+/-)
se piquer (-)
se plaindre (-)
se réjouir (+/-)
se rendre compte (-)
se souvenir (-)
se targuer (-)
souffrir (+/-)
témoigner (+/-)
tenir compte (+)
vanter (+)

En

consister (+)
différer (+)

Pour

être d'accord (+)
insister (+)
lutter (+)
parier (+)

Sur

s'excuser (+)
s'appuyer (+)
se fonder (+)

Adjectifs, participes passés, adverbes

À

accoutumé (+)
attentif (+)
décidé (+)
déterminé (+)
favorable (+/-)
habitué (+)
intéressé (+)
prêt (+)
quitte (+/-)
résolu (+)
sauf (+/-)

De

certain (-)
conscient (-)
content (-)
dégoûté (+)
désireux (-)
digne (-)
enragé (+/-)
fier (-)
fort (+)
froissé (-)
furieux (-)
heureux (-)
inquiet (-)
jaloux (+)
las (+)
loin (-)
piqué (+/-)
reconnaissant (+/-)
soucieux (-)
stupéfait (+/-)
sûr (-)

Noms

Voir la rubrique Les noms sur cette page.

La pronominalisation, indicateur de la préposition cachée

La pronominalisation est un indicateur de la préposition omise devant que. La pronominalisation de la subordonnée dans je l'ai informé que ma décision est prise donne je l'en ai informé. De même, la pronominalisation de la subordonnée dans il n'est pas question que je change la date de mes vacances donne il n'en est pas question. Dans les deux cas, en révèle la présence d'un de sous-jacent.

Notons que la pronominalisation est également un bon réactif dans d'autres domaines. Par exemple, si on s'interrogeait sur le cas de la subordonnée dans il faut que tu partes immédiatement, la forme pronominalisée il le faut fournirait la réponse. Si nous éliminons l'objet direct et le complément prédicatif comme peu probables avec falloir, reste une seule solution : le est un sujet existentiel.

Le pronom d'anticipation en

Le phénomène d'anticipation de la subordonnée complément prépositionnel est analogue à celle de la subordonnée objet direct. Voir la page connexe La subordonnée objet direct fléchie - rubrique Pronoms d'anticipation et de reprise (le, ça) Dans les exemples qui suivent, le pronom d'anticipation en correspond à la préposition de régie par se douter, sûr, mécontent, revenir. Le pronom d'anticipation est presque toujours facultatif, mais il peut être obligatoire dans certaines locutions figées, telle que je n'en reviens pas. L'anticipation ressemble au détachement, mais elle ne comporte pas le même contour prosodique.

je m'en doutais que
j'en étais sûr que
il n'en était pas mécontent que
je n'en reviens pas qu'on puisse me traiter d'hétéro

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