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TITRE
Pronominalisation factitive - règles de base (554)

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Pronominalisation factitive - règles de base (554)

SOMMAIRE
Renvoi
Positions pronominalisables
Montée et répartition des pronoms personnels conjoints
Détails de morphologie dans l'environnement factitif

Renvoi

Voir le tableau des syntagmes factitifs de base à la page connexe La subordonnée factitive - vue d'ensemble des syntagmes de base.

Positions pronominalisables

Pour chacun des quinze syntagmes factitifs de base, le tableau indique les positions accessibles aux pronoms personnels conjoints. Le tableau inclut des exemples pour chaque position pronominalisable. Chaque élément qui occupe une position d'objet direct ou d'objet indirect dans la forme de surface d'un syntagme factitif peut être converti en pronom personnel conjoint.

Montée et répartition des pronoms personnels conjoints

Les pronoms personnels conjoints ont deux comportements possibles dans le contexte factitif : la montée et la répartition. On dit elle les lui fait manger (les épinards, à l'enfant), bien que *elle lui fait les manger ou *elle le fait les manger puissent paraître « plus logique ». Dans cet exemple, seule la montée des pronoms personnels conjoints est grammaticale. En revanche, dans la proposition ça me fait te haïr (Proust) les pronoms sont répartis entre la principale (le verbe factitif) et la subordonnée (l'infinitif). C'est la montée qui est le comportement par défault des pronoms personnels conjoints . Leur répartition est réglée par des exceptions.

La répartition des pronoms est inévitable si la non-répartition (le groupement dans la principale) produirait un groupe interdit. Les règles de la construction factitive sont plus élastiques que les règles de base des groupes conjoints : on préfère répartir les pronoms à les grouper de manière illégale. Pour éviter

ça me fait te haïr

qui n'est pas idéal, on serait forcé de dire

*ça te me fait haïr

qui est impossible. Autres exemples :

c'est ce qui le fait les surpasser
c'est ce qui me fait te demander d'avoir encore un peu de patience (Malot)
ça le fera nous oublier (*ça nous lui fera oublier)
cela le fera nous oublier
cela me fait te haïr
cette décision me fait vous respecter
cette souffrance le fera m'aimer davantage (*cette soufrance me lui fera aimer davantage)
il l'a fait attendre la fin de la pièce
il m'a fait la quitter
l'angoisse la fit plier les genoux
l'intention qui me fait vous l'offrir (*l'intention qui me vous le fait offrir)
la raison qui vous a fait m'écrire (*la raison qui vous m'a fait écrire)
le rêve la fit ébaucher un sourire
rien au monde ne me ferait t'épouser (*rien au monde ne me te ferait épouser)
son malheur me fait la plaindre
un signe de toi m'aurait fait te suivre (A. Daudet - *un signe de toi me t'aurait fait suivre)
une frénésie de l'avoir à lui le faisait la dévêtir avec des mains affolées (Bourdet)

La répartition est éxigée par les règles des constructions factitives réfléchies et réciproques non scindées, que nous examinons à la page connexe Pronominalisation factitive par se - non scindée.

le hasard qui nous fit nous rencontrer
des coups de feu les firent se jeter à gauche (Zola)

La répartition des pronoms est permise si la non-répartition est sémantiquement maladroite. (Dans l'exemple qui suit, le verbe de la principale est voir, mais les verbes de perception s'alignent sur laisser.) Le groupement des pronoms dans la joie de me le voir céder est maladroit en ce que le voir s'intercale entre me et céder, qui devraient être rapprochés. Donc la joie de le voir me céder est préférable.

La langue littéraire use sans complexe de la répartition des pronoms conjoints et de la non-passivation de la subordonnée.

Avec faire, en première approximation, la répartition des pronoms est à éviter : tous les pronoms doivent être groupés devant le verbe de la principale en conformité avec les règles de base des groupes conjoints. On vient de voir certaines exceptions. Avec laisser (et, par ailleurs, avec les verbes de perception, comme voir et entendre), la répartition des pronoms est permise et courante, et parfois même nécessaire.

ne me les laissez pas oublier
ne me laissez pas les oublier

laisse-moi les lire
laisse-les-moi lire

je le laisserai vous punir
tu les laisses m'insulter
laissez-la les jeter
laisse-les te flatter

Dans le tableau des quinze syntagmes factitifs de base, il n'y a qu'une seule case où l'infinitif de la subordonnée attire un pronom. C'est la case de laisser avec le sujet sous-jacent antéposé. L'exemple non pronominalisé qu'offre le tableau pour ce syntagme est il laissera son amie manger les bonbons. L'exemple pleinement pronominalisé du même syntagme est il la laissera les manger. (À comparer avec l'exemple il les lui fait manger.) Tous les autres pronoms de toutes autres cases se joignent au verbe factitif.

Les compléments sous-jacents autres que le sujet et l'objet direct ne figurent pas dans le tableau des quinze syntagmes factitifs de base. Le pronom correspondant à un objet indirect sous-jacent se joint à l'infinitif de la subordonnée si le verbe factitif est laisser. Voir l'examen détaillé de l'objet indirect sous-jacent à la page connexe Pronominalisation factitive - l'objet indirect sous-jacent. La proposition tu ne devrais pas laisser sourire ton enfant aux passants se pronominalise comme tu ne devrais pas la laisser leur sourire, et non pas comme *tu ne devrais pas la leur laisser sourire

La pronominalisation du complément prédicatif à l'intérieur du syntagme factitif n'est permise que si le verbe factitif est laisser. Voir la page connexe Pronominalisation factitive par se - non scindée. Le pronom exprimant le cas prédicatif se joint à l'infinitif de la subordonnée.

il devient fou
il le devient
son psy le laisse le devenir et non pas
*son psy le le laisse devenir

La pronominalisation du cas prédicatif n'est pas permise avec faire.

il devient fou
il le devient
*son psy le fera le devenir et
*son psy le le fera devenir

Si le verbe de la subordonnée fait partie d'une locution verbale à forte cohésion, les pronoms appartenant au verbe de la subordonnée ne montent pas au niveau du verbe factitif.

un malentendu a fait y avoir trop d'enfants à la soirée
voilà ce qui l'a fait en vouloir à Pierre

Détails de morphologie dans l'environnement factitif

Quel que soit le niveau du verbe auquel les pronoms conjoints s'attachent (c'est-à-dire que ce soit le verbe factitif ou l'infinitif de la subordonnée), les règles concernant la position relative et les groupes interdits des pronoms conjoints suivent les règles générales des pronoms conjoints. Voir la page connexe Les règles de base des formes conjointes - les groupes.

Par exemple, pour introduire l'impératif dans un syntagme factitif, il suffit de connaître les règles de l'impératif : tu le leur fais recommencer donne fais-le-leur recommencer, de même que tu le leur expliques donne explique-le-leur. Il n'y pas de morphologie factitive.

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