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TITRE
La subordonnée sujet infinitive - caractéristiques générales (536)

ASCENDANCE

PAGES SŒURS
La subordonnée sujet infinitive - caractéristiques générales (536)

SOMMAIRE
La subordonnée sujet infinitive - les dimensions
La place du sujet
L'introducteur d'infinitif
Sujet antéposé
Sujet postposé - introducteur = de
Sujet postposé - introducteur = à
Sujet postposé - introducteur = que, que de
Sujet postposé - introducteur = pour
Sujet postposé - introducteur = nul
Sujet postposé - il fait bon
Introducteurs d'infinitif apparents
Vue d'ensemble tridimensionnelle
Corrélation du sujet de l'infinitif

La subordonnée sujet infinitive - les dimensions

Le choix de sujet postiche

Voir la page connexe La subordonnée sujet - les sujets postiches.

La place de la subordonnée sujet infinitive

Voir plus bas sur cette page.

Le choix d'introducteur d'infinitif

Voir plus bas sur cette page.

Corrélation du sujet de l'infinitif avec le sujet de la principale

Voir plus bas sur cette page.

La place du sujet

Sujet non détaché en tête

mentir est honteux

Voir plus loin l'examen de l'introducteur de sujet nul.

Sujet détaché avant le verbe

Trace = ce / ça - registre normal

mentir, c'est honteux
pleurer, ça ne sert à rien

Trace = il - agrammatical

*mentir, il est honteux
*pleurer, il ne sert à rien

Sujet détaché après le verbe

Trace = il - registre normal

il est honteux de mentir
il ne sert à rien de pleurer

Trace = ce / ça - registre familier

c'est honteux de mentir
ça ne sert à rien de pleurer

Sujet existentiel

Voir l'examen du sujet existentiel infinitif à la page connexe La subordonnée sujet existentiel.

L'introducteur d'infinitif

Sujet antéposé

Seul l'introducteur de est permis.

Règle de base de l'introducteur de dans la subordonnée sujet

Il y a une différence sémantique entre l'infinitif sans introducteur et l'infinitif avec introducteur.

La présence de de limite la portée du verbe à un fait spécifique. L'introducteur concrétise, actualise.

L'absence de de élargit la portée du verbe à un jugement générique. L'infinitif sans introducteur exprime une vérité générale, abstraite, théorique.

On verra que cette règle n'est qu'une première approximation.

Comparer les deux pôles de chaque paire :

changer de travail peut être extrêmement pénible
de changer de travail me permettra de m'épanouir

regarder la télé toute la journée est ennuyeux
de regarder la télé toute la journée pendant un mois chez ses grands-parents l'a complètement abruti

parler à un bon ami fait du bien
de t'avoir parlé m'a fait du bien

vivre a si peu d'importance
de vivre avec les derniers pandas géants le remplissait d'une joie mystique

venir embêter les gens comme ça, c'est quand même malheureux
de venir nous embêter comme ça, c'était quand même malheureux

mentir est honteux
de mentir était honteux dans ce cas

voir pareille tragédie est bouleversant
de voir ça m'a bouleversé

respirer de l'air frais est indispensable à la survie
de respirer un peu d'air frais lui a fait du bien

fumer provoque des maladies graves
d'avoir fumé trente cigarette par jour l'a rendu très malade

Autres exemples de l'introducteur nul

aimer sans espoir est encore un bonheur (Balzac)
aller à la fête est plus excitant que la fête ellè-même (Perret)
avoir vu la guillotine fut pour lui un choc (Hugo)
braconner n'est pas voler (Genevoix)
choisir, c'est exclure (Dutourd)
écrire est demeuré la grande affaire de ma vie (Beauvoir)
écrire pour moi se ramena à recréer ce monde enchanté (Mauriac)
en mesurer ici les conséquences m'entraînerait hors de mon sujet (Cambon)
gémir, pleurer et prier est également lâche (Vigny)
lire est fatigant
lutter n'est pas avancer (Vian)
mentir est honteux
ne pas répondre serait lâcheté
parler est dangereux, ne pas parler est lâche
penser à cela m'est plus pénible que tout (Vildrac)
perdre ma mère était devenir un homme (Cabanis)
pleurer ne sert à rien
prévoir, ce n'est pas savoir (Beauvoir)
réfléchir ne me servira de rien
réussir cette affaire est l'essentiel
retourner dans la maison de Gilberte n'eût pu que me faire souffrir (Proust)
rire me suffit (Beauvoir)
tout me fatigue, même lire (Gide)
trahir est une chose, bavarder en est une autre (Béraud)
vieillir est-il une maladie ?
vieillir m'angoissait (Beauvoir)
vivre à Paris le dégourdira

Exemples avec l'introducteur de

d'en parler me reporte à mon adolescence (Chevallier)
d'ordonner mes pensées me donnait un sentiment de possession calme (Gracq)

L'infinitif composé comme subordonnée sujet

avoir eu et ne plus avoir, c'est atroce (Montherlant)
d'avoir vécu dans l'incertitude et dans l'angoisse me rendait vantard (Chamson)

Si le sujet et le complément prédicatif sont l'un et l'autre des infinitifs, ils sont précédés du même introducteur, qui est pratiquement toujours l'introducteur nul.

Si l'infinitif sujet antéposé est entre guillemets métalinguistiques, il ne peut pas avoir d'introducteur : je suis trop vieille pour ne pas savoir ce qu'aimer veut dire (Farrère)

Comparer

il ne sait pas ce que c'est que prier =
il ne sait pas ce que le mot « prier » signifie

et

il ne sait pas ce que c'est que de prier =
il ne sait pas ce que la prière signifie psychologiquement

Rien que de

rien que d'y penser me donne le frisson

Rien que est un adverbe de perspective hautement polymorphe, analogue à ne...que.... Voir la page connexe La négation verbale - ne...que... - rubrique Rien que regrammaticalisé en adverbe insécable. Rien que s'applique à des expressions nominales et adverbiales d'une grande variété. Lorsqu'il qualifie un infinitif, l'introducteur de est obligatoire.

Sujet postposé - introducteur = de

L'introducteur d'infinitif normal est de.

Il y a deux mécanismes qui produisent la postposition du sujet : le détachement et l'inversion. Voir les pages connexes Détachement et thématisation, L'inversion du sujet. L'inversion du sujet a de nombreux sous-types. L'inversion propositionnelle est un de ces sous-types.

Détachement du sujet

Trace = ça / ce

à quoi ça sert de
c'était à mon tour d'être jaloux et de souffrir (Mauriac)
c'était plaisir de la voir
c'est à vous de jouer
c'est abominable de
c'est assez de
c'est bête de
c'est bon d'avoir tous ses week-ends libres
c'est déjà beaucoup de
c'est gênant de rater son train
c'est le propre de cet homme de
c'est le rôle d'un père que de
c'est leur affaire à eux de
c'est pas une vie que de
c'est pure malveillance que de
c'est tout autre chose de comprendre un mot et de l'employer
c'est trop de
c'est un grand bonheur que de
c'est une bonne idée de
c'est une chose que de...,c'en est une autre que de
c'est une honte de
c'est une honte que de
c'est une merveille que de
c'est une rare vertu que de
c'est vraiment dommage de
ça m'amuse de voir que
ça m'empoisonne de
ça me dégoûte de
ça me fout le cafard de
ça me tenterait de
ça ne me dit rien de
ça ne sert à rien de
ça ne vaut pas la peine de
ça te fera du bien de
ce n'est certes pas à moi de vous donner des conseils (Maurois)
ce n'est pas à l'État de vouloir tout faire
ce n'est pas naturel
ce serait folie de
ce serait risquer sa santé que de recommencer à fumer
ce serait une bêtise (que) de recommencer à fumer
cela l'amuse de
cela m'a pas frappé d'apprendre
cela m'étonne de
cela m'irrite de
cela me fait plaisir de
cela me gêne de
cela peut arriver de
cela te fait du bien de
de voir des choses pareilles, cela nous faisait mal au cœur (Dutourd)
le revoir dans cet état, cela lui faisait un choc sérieux
se faire du mauvais sang, cela ne sert à rien (Pagnol)

Trace = il

il convient de
il est agréable de
il est bon de
il est dans ses habitudes de
il est de mode de
il est facile de
il est grand temps de
il est impossible de
il est pénible de
il est permis de
il est préférable de
il est sans intérêt de
il est utile de
il importe de
il lui appartient de
il lui sied de
il lui tarde de
il m'a été donné de
il m'amuse de
il m'arrive de
il m'était donné de
il m'importe de
il me paraissait urgent de
il me plaît de
il me souvient de
il ne coûte rien de
il ne dépend que de lui de
il ne sert à rien de
il ne sied pas de
il nous incombe de
il nous paraît bon de
il suffit de
il vaut de

Trace = nulle (construction averbale)

au lecteur de tirer la leçon de cette histoire
impossible de
inutile de
libre à vous d'en rire
pas la peine de

Inversion du sujet

Inversion du sujet - identification prédicative

Pour la construction du type le plus important est de, voir la page connexe L'inversion d'identification prédicative.

Inversion du sujet - locutions

à quoi bon de
à quoi l'avancerait de
à quoi sert de
autant vaut
mieux vaut
passe encore de
qu'importe de
que lui coûterait de
que pouvait lui faire de
que sert de
rien ne coûte de
rien ne sert de

La subordonnée infinitive sujet dans la mise en relief

Voir l'examen détaillé de la mise en relief à la page connexe La mise en relief.

Mise en relief par introducteurs - exemples

c'est d'être seul qui me fait cet effet-là (Merle)
c'est boire du vin qui m'est pénible (Duhamel)

Mise en relief par inversion - exemples

ce que je veux, c'est en sortir (Duras)
ce que je voulais, c'était de la faire parler d'Odile (Maurois)
ce que vous pourrez faire, c'est reculer un peu (Aymé)
ce qui les intéresse, c'est faire de la propagande anti-américaine (Ionesco)
on ne fait qu'une chose, c'est conjuguer un unique verbe à tous les temps (Richepin)

La subordonnée infinitive sujet dans la subordonnée interrogative

je sais ce que c'est que d'être un damné sur la terre (Mauriac)
sa famille paysanne qui ne sait pas ce que c'est que se laver (Mauriac)
tu ne sais pas ce que c'est que se noyer, se salir, sa vautrer (Anouilh)

Sujet postposé - introducteur = à

L'introducteur à est vieilli et limité à certains verbes et locutions.

Jugements physiques et psychologiques

qu'il faisait bon à respirer, loin des baraques fétides et des sueurs recuites (Ambrière)
c'est un plaisir à le regarder
ce serait effrayant à penser
ce fut une béatitude à regarder bouillir la soupe (Zola)

facile à voir

Dans la contruction du type facile à voir, à voir n'est pas un sujet. Voir l'examen général de la montée objet-sujet à la page connexe La subordonnée sujet infinitive - la montée objet-sujet.

il reste à

Voir l'examen détaillé du verbe rester à la page connexe Verbes multistructurels - rester.

On est tenté d'émettre l'hypothèse que la proposition

il lui restait à corriger dix devoirs

(où à corriger est le sujet)

est dérivable de

il lui restait dix devoirs à corriger

(où à corriger est une épithète).

Cette hypothèse a l'avantage de privilégier une construction banale (à savoir, la subordonnée infinitive à couplage distendu) et de contourner une construction beaucoup moins courante (à savoir, l'introducteur d'infinitif à). Hélas, cette dérivation est inapplicable dans certains cas :

il lui reste à s'effacer
il me reste à te le dire
il ne me restait plus qu'à écrire le dernier chapitre
il reste à les organiser
il reste maintenant à Pierre à prendre position pour ou contre
reste à payer la casse (Bazin)

L'introducteur de est aussi possible avec il reste. L'introducteur à exprime une nécessité, un devoir ; l'introducteur de exprime une possibilité, une chance.

il ne me restait que de me mettre entre les mains de Dieu (Mauriac)
il reste de se coucher, d'attendre la fin (Mauriac)
si ce que j'ai fait est vain, qu'il me reste au moins de m'être dépassé en le faisant (Montherlant)

Force est donc de constater qu'avec certains verbes existentiels (il reste, il manque), l'introducteur d'infinitif à est une réalité qui ne se laisse pas escamoter par le biais d'une astuce transformationnelle.

Avec le datif possessif

Le datif possessif signifiant incomber à est normalement suivi de de : à vous de jouer, c'est à moi d'agir. L'emploi de à a plusieurs explications :

L'emploi de à est un archaïsme.

L'emploi de à pourrait être dû à la contamination par le datif possessif.

Selon certains grammairiens, l'emploi de à serait préférable lorsque c'est à N veut dire c'est le tour de N et l'emploi de de serait préférable lorsque c'est à N veut dire c'est le devoir de N.

c'est à celui qui avance un fait à le prouver
c'est à moi à parler
c'est à toi à l'y décider
ce n'était pas à lui à aller ainsi quémander en quelque sorte une récompense, c'était à eux de venir (Van der Meersch)

Sujet postposé - introducteur = que, que de

Exemples

c'était pitié que de la voir
c'est folie que de faire cela
c'est folie que de les vouloir contenter en les comblant (Colette)
c'est lui rendre un mauvais service que de lui faire penser que
c'est odieux que de brimer les plus faibles
c'est se tromper que de croire que
c'est un peu honteux pour un homme plein de vanité que d'avouer de telles choses (Duhamel)
c'est une belle chose que de garder le secret
c'est une grande erreur que de gober les fanfaronnades des informaticiens
c'est une surprise que de vous voir ici
c'est une tâche ingrate que de faire respecter le principe de la laïcité dans une école américaine
ce doit être une fonction de l'État que de protéger ses citoyens contre le chômage en masse
ce n'est guère vivre que d'user ses jours sur de vieux textes (France)
ce n'est pas assez que de le pendre une seule fois
ce n'est pas lire que de parcourir une page, de s'interrompre pour répondre au téléphone (Maurois)
il jugea qu'il serait agir mal à son égard que tarder davantage de régulariser leur situation (Montherlant)
je sais ce que c'est que d'être un damné sur la terre (Mauriac)
n'est-ce pas bonne philosophie que faire divertissement de tout ? (Duhamel)
quelle chose admirable que se parler à cœur ouvert (Barbusse)
c'est assez que de
c'est trop que de
c'est peu de chose que de

Caractéristiques

Seul ce peut servir de trace avec l'introducteur que / que de.

L'introducteur que / que de appartient au registre soutenu.

On emploie l'introducteur que de surtout pour exprimer des vérités intemporelles.

L'introducteur que est plus vieux que l'introducteur que de.

Analyse

En réalité, que n'est qu'un pseudo-introducteur d'infinitif. La forme sous-jacente de la proposition

c'est une surprise que de vous voir ici

est

c'est une surprise qu'est de vous voir ici

Les éléments c'est et que assurent la mise en relief de surprise. Que est aussi le complément prédicatif du second verbe est. La forme sans mise en relief serait de vous voir ici est une surprise. Le vrai introducteur d'infinitif est de. La chaîne que de ne constitue pas un syntagme : elle est le produit d'une juxtaposition fortuite. Pour l'analyse détaillée de que de voir la page connexe La mise en relief par introducteurs - rubrique Complément prédicatif - le thème averbal.

Sujet postposé - introducteur = pour

Il y a plusieurs types.

Dans la langue familière, on peut se servir de l'introducteur pour lorsque le prédicat exprime le coût, la durée, la difficulté, le désagrément ou le plaisir.

c'était le diable pour s'entendre
ça coûte cher pour restaurer l'église
ça coûterait trop d'argent pour les remplacer
ça va être le diable pour retrouver la bonne voie
cela demande une heure pour
cela durera très longtemps pour
il faisait bon là, pour prier dans la fraîchur des dalles (A. Daudet)
pour roupiller le jour dans un hôtel, c'était impossible, à cause des allées et venues (Romains)

Le complément prédicatif (geste, dernier mot dans les exemples qui suivent) a une nature finale, volitive.

son premier geste fut pour le chasser (Zola)
le dernier mot de cette notice doit être pour engager à lire le livre (Meillett)

Sujet postposé - introducteur = nul

L'introducteur nul est vieilli ou limité à certains verbes et locutions.

Avoir beau etc.

Voir l'examen de la construction du type avoir beau à la page connexe Le complément prédicatif - aspects syntaxiques divers - rubrique Avoir beau et compagnie.

Faire

auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir
il faisait si bon à marcher ce matin (Vandérem)
il fait beau chasser dans cette forêt
il fait beau croire aux prodiges (Cocteau)
il fait beau se promener
il fait beau voir un pareil dévouement
il fait bon vivre ici
il fait bon d'être près du soleil (R.Peyrefitte)
il fait bon dîner en plein air
il fait bon dormir ici
il fait bon étudier la syntaxe après faire l'amour
il fait bon labourer (Claudel)
il fait cher vivre dans cette ville
il fait dangereux vivre dans ce quartier
il fait dur marcher dans la boue
il ferait beau voir ça
il ferait beau voir qu'il m'attaque sur ce point
il ferait beau voir que tu désobéisses
il ne faisait pas bon contrarier ses projets (Ollivier)
Paris est une ville charmante, où il fait bon vivre (Anouilh)

Il ferait beau voir est ironique.

L'introducteur de est rare, mais pas agrammatical.

il ne fait pas bon d'avoir affaire à vous
il ne fait pas bon de lui répliquer
il fait cher de vivre à Paris

Le syntagme

[il fait bon * infinitif]

est le résultat du « reparenthésage » (de la « métanalyse ») de l'ancien syntagme

[il fait * (bon * infinitif)]

c'est-à-dire d'un syntagme où bon était l'épithète de l'infinitif.

Autres verbes et propositions averbales

il vaut mieux attendre un peu
il vaudrait mieux ne pas lui en parler
ça vaut mieux d'attendre un peu
à quoi bon
autant dire
autant vaut admettre que
autant vaut dire
cela coûte cher voyager
il vaut mieux refuser
il me semblait voir un éléphant blanc
mieux vaut attendre
mieux vaut refuser
plutôt partir après l'heure de pointe que de se morfondre sur la route
puisque je n'étais pas tué, aussi bien vivre (Drieu la Rochelle)

Il me souvient et il me plaît se construisaient sans introducteur d'infinitif dans la langue littéraire. Plaise au tribunal adopter mes conclusions (Courteline) est une formule juridique archaïque.

Coordination disjonctive de sujets

quel est le devoir du narrateur : décrire ou mentir ? (Dorgelès)
que vaut-il mieux faire : attendre dans ce carrefour ou entrer franchement dans le café ? (Romains)
on ne sait trop lequel est le plus bête, par conséquent le plus dangereux, de se figer dans la routine des choses ou d'en prendre systématiquement et aveuglément le contrepied (Courteline)

Dans le dernier exemple, les deux de ne sont pas des introducteurs d'infinitif, mais des prépositions signalant un choix.

Sujet postposé - il fait bon

Il fait bon peut être suivi des introducteurs de et à et de l'introducteur nul. L'introducteur nul est le plus courant ; l'intreoducteur à est rare. Voir les exemples plus haut.

Introducteurs d'infinitif apparents

Lorsque l'infinitif est mis en relief, ce qui le précède n'est pas un introducteur, mais la préposition régie par le verbe de la partie thématisée de la proposition.

il pensait peut-être que tout ce que je cherchais, c'était à lui soutirer une commission plus forte (Romains)
ce que je demande, c'est à jouer la comédie (France)
ce à quoi nous devons nous attacher avant toute chose, c'est à éviter de donner l'exemple de dissensions qui n'existent pas (Benoît)

Le dernier exemple présente la particularité que la préposition à devant l'infinitif rhématisé est à la fois redondante et indispensable. L'introducteur de serait impossible.

Si le verbe de la partie thématisée régit l'objet direct ou le sujet existentiel, l'infinitif rhématisé n'est précédé ni d'introducteur ni de préposition régie.

ce qu'il faut (faire), c'est répondre au plus vite
ce que je peux (faire), c'est te prêter mille euros
ce que je veux, c'est être seul

Ce que je veux, c'est d'être seul est relâché, mais pas impossible. Dans ce cas, de est un introducteur.

Le phénomène suivant est dû à la richesse et la complexité du verbe donner. Comparons il m'a été donné DE voir un miracle et il m'a été donné À voir un miracle. Les deux propositions sont quasi-synonymes. L'emploi de à n'est pas courant, mais il s'explique par la nature quasi-factitive de donner. Voir la page connexe La subordonnée quasi-factitive.

Vue d'ensemble tridimensionnelle

infinitif : avec introducteur / à gauche

sans détachement

?de manquer le train est gênant

avec détachement, trace = pronom démonstratif

?de manquer le train, c'est gênant

avec détachement, trace = pronom personnel

*de manquer le train, il est gênant

infinitif : avec introducteur / à droite

sans détachement

*est gênant de manquer le train

avec détachement, trace = pronom démonstratif

c'est gênant de manquer le train

avec détachement, trace = pronom personnel

il est gênant de manquer le train

infinitif : sans introducteur / à gauche

sans détachement

manquer le train est gênant

avec détachement, trace = pronom démonstratif

manquer le train, c'est gênant

avec détachement, trace = pronom personnel

*manquer le train, il est gênant

infinitif : sans introducteur / à droite

sans détachement

*est gênant manquer le train

avec détachement, trace = pronom démonstratif

c'est gênant, manquer le train

avec détachement, trace = pronom personnel

*il est gênant, manquer le train

Corrélation du sujet de l'infinitif

Voir la page connexe La subordination - l'emploi des modes - l'infinitif - rubrique Le sujet de l'infinitif.

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