La subordonnée complément prédicatif
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La subordonnée complément prédicatif (536)

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La subordonnée complément prédicatif (536)

La subordonnée complément prédicatif fléchie

La difficulté qu'on éprouve à trouver ou à construire un exemple de la subordonnée complément prédicatif fléchie n'est pas preuve de son inexistence.

On évitera de confondre la subordonnée complément prédicatif et la subordonnée sujet d'apposition prédicative (le fait qu'il pleut).

La subordonnée complément prédicatif infinitive

Prédication intransitive

Sans détachement du sujet

c'était compter sans la grève
c'était méconnaître son caractère
c'est asez veiller pour un première soirée (Mauriac)
c'est assez bavarder
c'est assez crâner
c'est assez dire que j'étais devenu un autre (Mauriac)
c'est assez dire
c'est assez parler de cet homme (Green)
c'est assez payer cher pour un coup de passion et de folie (A. Daudet)
c'est assez philosopher
c'est assez sermonner
c'est assez veiller pour un première soirée (Mauriac)
c'est beaucoup dire
c'est dire combien elle aimait son mari
c'est dire si j'ai raison
c'est oublier un peu rapidement que
c'est peu dire
c'est te dire à quel point
ce n'est pas là être fou
ce n'est pas médire
ce n'est pas trop dire
ce serait aller trop loin

Sujet détaché à gauche

boire un chocolat espagnol, c'est tenir dans sa bouche toute l'Espagne (Gide)
ce geste, c'était lui dire, avec tant de candeur : « revenez-moi » (Montherlant)
connaître, c'est mourir (Le Clézio)
déménager, c'est mourir un peu
la création artistique, c'est prononcer un jugement sur soi (Strindberg)
partir, c'est mourir un peu
penser par soi-même, c'est aussitôt devenir « contre-révolutionnaire » (Gide)
respirer, dormir, boir, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c'est mourir (A. Daudet)

Sujet détaché à droite - trace = ce

c'est déjà glisser vers la névrose que de penser ça (Beauvoir)
c'est faire preuve d'optimisme que de penser ça
c'est perdre une cause que de la défendre ainsi (Orieux)
c'eût été tout gâcher que de nous prendre au sérieux (Fougère)
ce n'est pas siffloter, ce que je fais, c'est ronronner (Colette)
ce n'est pas vivre, ça (Pagnol)
ce n'est pas vraiment aimer que de mettre tant de raison dans la tendresse

Sujet détaché à droite - trace = il

il serait déroger à la règle établie que de

Sujet rhématisé, complément prédicatif thématisé

c'était donc cela, connaître le monde (Le Clézio)
c'est cela être aimé : frapper, transpercer l'autre d'un flèche vibrante (Cau)
c'est cela être heureux (Camus)
c'est cela être le plus fort (Anouilh)

[infinitif * est * infinitif]

choisir est exlure
faire pleuvoir des exemples n'est pas expliquer
plaisanter n'est pas répondre
répéter la question n'est pas répondre
souffler n'est pas jouer
tout comprendre est tout pardonner
traduire est trahir
vouloir est pouvoir

Voilà qui

voilà ce qui s'appelle concevoir un système
voilà qui est gouverner

Prédication transitive

je n'appelle pas cela se décontracter

Remarques

L'infinitif servant de prédicat n'est jamais précédé d'introducteur.

Souvent le sujet lui-même est aussi un infinitif : vouloir, c'est pouvoir.

Le sujet peut être détaché et repris par la trace ce : vouloir, c'est pouvoir.

Dans la construction du type c'est assez philosopher on trouve parfois le participe passé à la place de l'infinitif.

Pour l'examen de l'emploi métalinguistique de la subordonnée complément prédicatif infinitive, voir la page connexe Les phénomènes métadiscursifs - vue d'ensemble - rubrique Les phénomènes métalinguistiques.

Nous tirons l'exemple suivant de Sandfeld(1978). Comparer

si j'avais un conseil à vous donner, ce serait vous humilier et

si j'avais un conseil à vous donner, ce serait de vous humilier

Dans la première proposition, ce est sujet et vous humilier est complément prédicatif.

Dans la deuxième proposition, de vous humilier est sujet, et l'antécédent de ce, à savoir conseil, est complément prédicatif.

La paraphrase de la première proposition est ce serait humiliant si je vous donnais un conseil ; celle de la deuxième est mon conseil est : humiliez-vous.

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