La subordonnée factitive - phénomènes divers
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La subordonnée factitive - phénomènes divers (533)

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La subordonnée factitive - phénomènes divers (533)

SOMMAIRE

La disparition de il

La disparition de il - introduction

Nous allons examiner ici le comportement de trois il fonctionnels dans l'environnement factitif. Par il fonctionnel nous entendons un il qui est un dispositif syntaxique spécialisé, plutôt qu'un pronom au sens strict. Les il fonctionnels remplissent des fonctions, mais n'ont pas de vrais antécédents.


Ces trois il fonctionnels ont une caractéristique intéressante en commun, à savoir la disparition dans l'environnement factitif. La montée sujet-objet ne les transforme pas en le, mais en un objet direct virtuel, inaudible.

L'impersonnalité météorologique et atmosphérique

les savants sont capables de faire pleuvoir
les savants sont capables de faire arrêter de neiger

La passivation intransitive

Une proposition qui est le produit de la passivation intransitive peut être enchâssée dans un syntagme factitif. La seule transformation appliquée à la subordonnée sous-jacente est la montée sujet-objet. La subordonnée sous-jacente, qui est déjà passive, n'a évidemment pas besoin d'être passivée.

il est parlé de toi par tout le monde
cet article fera parler de toi par tout le monde

il a été voté pour elle par les syndicalistes
cet événement a fait voter pour elle par les syndicalistes

il a été tiré sur les manifestants par les hommes du capitaine
le capitaine a laissé tirer sur les manifestants par ses hommes

il a été répondu à cette question par une voix autorisée
le parti a fait répondre à cette question par une voix autorisée

il a été remédié à cet état de choses par le gouvernement
le président a fait remédier à cet état de choses par le gouvernement

L'inversion existentielle

il y a des guerres
pourquoi Dieu a-t-Il laissé y avoir des guerres ?

il y a eu beaucoup de monde
ça a fait y avoir beaucoup de monde

il s'est présenté une centaine d'intermittents
cela a fait se présenter une centaine d'intermittents

Le dernier exemple illustre le fait que la construction factitive neutralise la différence entre la forme inversée et la forme non inversée d'une proposition existentielle. La forme non inversée de il s'est présenté une centaine d'intermittents est une centaine d'intermittents se sont présentés. Mais cela a fait se présenter une centaine d'intermittents peut être dérivé de l'une et de l'autre version.

Ambigüité structurelle

Si le verbe de la subordonnée a un seul complément (soit un objet direct soit un objet indirect) mais deux interprétations dont l'une est transitive et l'autre intransitive, la proposition est en danger d'ambigüité structurelle.

je fais étudier ma fille
la sorcière a fait manger les enfants
le directeur de prison a fait sortir les prisonniers
on a fait choisir Pierre

Conflits de compléments

Conflits provoqués par à

Les verbes régissant l'objet indirect ou la préposition à peuvent provoquer un conflit lorsque l'agent de la subordonnée factitive est également marqué par à. Le conflit prend la forme d'une cacophonie ambigüe et complètement agrammaticale si les deux expressions à à sont contigües. Pour obtenir une proposition acceptable, on met l'agent à gauche de l'objet direct et l'autre expression à sa droite. Les puristes maintiennent que même cette solution est à éviter.

*cela fait préférer la syntaxe à la phonologie à Pierre
cela fait préférer à Pierre la syntaxe à la phonologie

*Paul fera porter ces livres à son fils à sa femme
Paul fera porter à son fils ces livres à sa femme

*je ferai écrire une lettre à Pierre à Paul
je ferai écrire à Pierre une lettre à Paul

Si la subordonnée n'est pas passivée, le complément à à ne provoque ni ambigüité ni cacophonie. La construction n'a rien d'agrammatical, mais quelques puristes pensent qu'elle est à éviter, au motif que le complément à à pourrait être pris pour un agent passif.

cela fera penser Pierre à Paul
cet éclairage fait ressembler cette statue à mon ami
je ferai écrire mon ami à sa sœur malade
la police a enfin laissé téléphoner mon ami à son avocat
les menaces on fait répondre le criminel à la police
tu ne devrais pas laisser sourire ton enfant aux passants

Conflits provoqués par les compléments en général

La règle gouvernant l'ordre des constituants du syntagme factitif est stricte à une seule exception près : l'ordre de l'objet direct et de l'agent marqué par à est libre. L'ordre objet direct - agent est préférable, mais pas obligatoire. Cette règle ne prévoit pas les compléments de l'infinitif. Si l'on fait suivre directement l'infinitif de son complément, on bouscule la syntaxe de la construction factitive. Si l'on déplace le complément vers la fin du syntagme factitif, on met à l'épreuve l'élasticité du lien entre l'infinitif et son complément. Normalement, on préfère la deuxième solution. Cependant, les compléments très légers et les compléments essentiels peuvent suivre directement l'infinitif.

Sans objet direct

ils feront parler cette jeune fille de sa famille
elles voulaient faire tirer le soldat sur le chien
ils ont fait discuter le directeur général avec le syndicat

Avec objet direct

il a fait jeter des poubelles aux étudiants sur les passants =
il a fait jeter aux étudiants des poubelles sur les passants

cela fera prendre position aux spectateurs contre les agents =
cela fera prendre aux spectateurs position contre les agents

elle fera boire le vin qui se trouvait sur la table à Pierre =
elle fera boire à Pierre le vin qui se trouvait sur la table

Le lien entre faire et l'infinitif

Le lien qui unit le verbe factitif et l'infinitif de sa subordonnée est plus fort que celui entre le verbe de la subordonnée et son agent. Dans je ferai lire la lettre à Pierre, faire lire se comporte presque comme un verbe transitif insécable. Le lien qui unit faire et lire est plus fort que le lien entre lire et à Pierre dans je la ferai lire à Pierre. C'est ce qui explique l'agrammaticalité de *Marie la fera lire à Pierre et déchirer par Paul et de *Marie fera danser Pierre et chanter Paul. En revanche, le lien à l'intérieur de faire lire et de faire boire n'est pas plus fort que celui qui unit un verbe et son objet direct. Donc Marie fera lire des livres et boire du vin à sa sœur est grammatical.

Les propositions je le fais non pas entrer mais sortir et je lui fais manger les épinard et non pas les cracher sont grammaticales, car la conjonction non pas se cache entre deux infinitifs et ne comprometten pas leur lien étroit avec faire. En revanche, les propositions *ce n'est pas entrer que je le fais, mais sortir et *c'est manger les épinards que je lui fais et non pas les cracher sont agrammaticales, car faire et un des infinitifs sont séparés par une frontière de propositions.

Il est intéressant d'observer que la proposition c'est manger les épinards que je lui fais faire est parfaitement grammaticale. Ici, les verbes de la principale et de la subordonnée factitive (fais et faire) sont contigus, donc leur lien étroit n'est pas perturbé. Le fait que le verbe faire de la subordonnée factitive est un pro-verbe représentant manger les épinards n'a rien à voir avec la construction factitive.

Le sujet de la locution verbale cohésive

L'objet direct qui fait partie d'une locution verbale cohésive n'entraîne pas la passivation. On dit faire faire son devoir à l'enfant mais faire faire pipi l'enfant. (Autre preuve de la cohésion de faire pipi : faire pipi du sang)

Verbes exclus

La plupart des verbes appartenant aux catégories suivantes sont rebelles à la syntaxe factitive :

verbes copulatifs
verbes prédicatifs
verbes existentiels
verbes semi-auxiliaires
verbes aspectuels
verbes d'apparence


*cela fera être son fils malade
*cela laissera être son fils malheureux
*ne pas laisser le débat être confisqué (passable)
*ce rapport fait sembler que la situation est très mauvaise
*le journal fait paraître qu'on va augmenter le métro
*cette nouvelle fait se trouver que tu as tort
*ça me fait falloir 1000 euros

Exception surprenante, le verbe copulatif devenir n'est pas rebelle à la syntaxe factitive.

Formes exclues

L'infinitif ne peut pas être nié si le verbe factitif est faire.

*Paul a fait ne pas sortir Marie.


Le passé de l'infinitif ne s'emploie pas dans le système factitif.

L'emploi de l'infinitif passif composé dans la subordonnée factitive est généralement considéré comme agrammatical. En effet. l'infinitif passif composé est inutile et trop compliqué, donc à éviter, s'il peut être remplacé par l'infinitif passif simple ;

??cela le fait être détesté de ses collègues
??le soldat qui fuit et qui laisse un autre être tué à sa place
??je n'ai jamais vu une décision prise être respectée
??il fait le lapin être mangé

Passivation factitive

Passivation factitive - sujet normal

On vient de voir plus haut qu'il y a une cohésion considérable entre faire et l'infinitif de la subordonnée. Toutefois le quasi-verbe transitif qu'ils forment n'est pas passivable. Donc les transformations qui suivent sont agrammaticales :

la faim fait sortir le loup du bois
*le loup est fait sortir du bois par la faim

le peintre a fait voir des tableaux aux visiteurs
*des tableaux ont été fait voir aux visiteurs par le peintre

le gardien a fait entrer des voleurs dans l'immeuble
*des voleurs ont été fait entrer dans l'immeuble par le gardien

*Marie est fait rougir par Pierre
*l'enfant a été fait étudier longtemps
*l'architecte a eté fait intervenir
*ce livre a été fait lire par Jean / à Jean
*le pain est fait cuire par Pierre
*du pain est fait donner par Pierre à Paul

Cette restriction peut aussi être formulée en termes transformationnels : le mécansime de base des constructions factitives est toujours la montée sujet-objet (« accusativus cum infinitivo »), jamais la montée susjet-sujet (« nominativus cum infinitivo »).

Passivation factitive - sujet propositionnel

Dans la langue écrite, le syntagme [faire * verbe-cognitif] se comporte en verbe transitif insécable et passivable. Autrement dit, la passivation factitive est acceptable dans la langue écrite lorsque le verbe est cognitif et que le sujet est un sujet propositionnel.

il est fait savoir à la population que
il a été fait observer à Pierre que
il nous a été fait entendre à demi-mot que

Faire assavoir est synonyme de faire savoir.

Passivation factitive - sujet existentiel

À partir de

on a fait construire d'horribles maisons

on obtient

il a été fait construire d'horribles maisons

par le biais de la passivation existentielle, à condition de faire l'hypothèse que faire-construire se comporte en verbe insécable transitif et passivable,

Passivation factitive - faire chier

Le français populaire permet la passivation de faire chier : elle a été tellement fait chier par son adjudante qu'elle a déserté. Faire chier est pensé comme un verbe transitif insécable, dépouillé de factitivité, synonyme de malmener ou brimer.

Passivation factitive - par la voix pronomino-passive

La pronominalisation réfléchie scindée peut se combiner avec la voix pronomino-passive. Le verbe qui est à la voix pronomino-passive dans les exemples qui suivent n'est ni le verbe factitif (faire, laisser) ni l'infinitif de la subordonnée, mais le quasi-verbe insécable composé des deux. Ce tour n'est pas accepté par tous les locuteurs.

?ça se fait manger aux vaches pour les faire grossir
?un rôti ça se fait cuire avant de se coucher
?un médecin ça peut se faire venir chez soi
?le plat de viande se fera suivre au choix d'un fromage ou d'un fruit
?d'horribles maisons se sont fait construire
?un labrador, ça se fait courir tous les jours
?une maison ça se fait construire par un bon architecte

Passivation factitive - par factitivisation

On vient de voir qu'on ne peut pas passiver la proposition la faim fait sortir le loup du bois en passivant le quasi-verbe transitif faire-sortir. Mais cette proposition est passivable par enchâssement dans une autre proposition factitive : on a fait faire sortir le loup du bois par la faim. Dans cette version, faire sortir est l'infinitif passif simple de faire-sortir. Pour comprendre la structure de cette solution un peu complexe, on n'a qu'à remplacer faire sortir par chasser : on a fait chasser le loup du bois par la faim. Autres exemples :

*M. Dupont a été fait entrer par son fils
on a fait faire entrer M. Dupont par son fils

*l'ordre a été fait régner par la police secrète
le président a fait faire régner l'ordre par la police secrète

Passivation factitive - une analogie

Il y a une analogie entre la passivation factitive et le phénomène du type achevé d'imprimer, que nous examinons à la page connexe Le passif dans la subordonnée - rubrique La montée de la passivation. Dans l'une et l'autre construction, pour dissiper l'illogisme apparent, nous faisons l'hypothèse d'un quasi-verbe transitif insécable : faire-sortir et achever-d'imprimer.

Paires symétriques


avancer
baisser
bouillir
casser
cuire
maigrir
monter
plier
sortir

Le membre transitif et la forme factitive du membre intransitif ne sont pas synonymes. Le membre transitif exprime un procédé naturel, direct, lexicalisé ; la construction factitive exprime un procédé artificiel. indirect, improvisé.

On sort le mouchoir de sa poche d'un geste plus ou moins stéréotypé, mais on fait sortir les invités du salon par une formule ou par une ruse improvisée. Sortir les invités ferait penser à une bousculade.

Les marchands baissent les prix du même coup de craie depuis des siècles ; une avancée technique les fait baisser d'une manière indirecte.

les voyous brisent la vitrine
le tremblement de terre fait briser la vitrine

on descend les bagages du grenier
le guide fait descendre les touristes dans les catacombes

elle lui mijote des petits plats
elle fait mijoter la soupe pendant une heure

La fausse passivation

Il y a des subordonnées factitives qui ont l'air d'être passivées, mais dont l'antécédent passif n'est pas restituable. Nous disons que ces subordonnées factitives résultent d'une fausse passivation.

La subordonnée de la proposition la mère fait manger les épinards aux enfants peut être dérivée de la forme passive sous-jacente les épinards sont mangés par les enfants. La proposition le père fait casser la croûte aux enfants a une structure de surface identique à celle de l'exemple précédent, mais la forme sous-jacente *la croûte est cassée par les enfants est non recevable. Donc le père fait casser la croûte aux enfants résulte d'une fausse passivation.

La fausse passivation a plusieurs types.

Locutions verbales non passivables

*la croûte est cassée par les enfants
le père fait casser la croûte aux enfants

*l'air est pris par ses vêtements
elle fait prendre l'air à ses vêtements

*un tour est fait par le carton
par un coup de pied, il a fait faire un tour au carton

*un rôle important est joué par le symbolisme
l'article fait jouer un rôle important au symbolisme

*raison est entendue par Pierre
elle a fait entendre raison à Pierre

*prise est lâchée par son chien
il a fait lâcher prise à son chien

Verbe avec complément cognitif

elle a fait admettre à Pierre qu'il avait tort
elle a fait dire à Pierre « j'ai tort »
elle a fait comprendre à Pierre en quoi il avait tort

Verbe avec complément régi aprépositionnel autre que l'objet direct

il fera faire le malade à son fils
son régime fera peser dix kilos de moins à Pierre d'ici un mois

Verbe non passivable avec un objet direct

*ma maison est quittée par Pierre
je ferai quitter ma maison à Pierre

*jusqu'à dix personnes peuvent être contenues par la cabine téléphonique
en poussant un peu, on peut lui faire contenir jusqu'à dix personnes

*un jeune officier a été épousé par Marie
Paul a fait épouser un jeune officier à Marie

Constructions diverses non passivables avec un objet direct

*la main est levée par Pierre
je ferai lever la main à Pierre,

*des chaussures sont achetées à soi-même par Pierre
je ferai s'acheter des chaussures à Pierre

*le pont est fait sauter par son fils
elle fait faire sauter le pont à son fils

*les bouquins sont laissé tomber par Pierre
elle a fait laisser tomber ses bouquins à Pierre

Sur-passivation et sous-passivation

Par sur-passivation factitive nous entendons la construction avec agent passif là où la construction sans agent passif conviendrait. Par sous-passivation factitive nous entendons la construction sans agent passif là où la construction avec agent passif s'impose normalement.

Sur-passivation factitive

La sur-passivation est courante avec faire, mais littéraire avec laisser.

cela fera voir juste à ton ami
cela fera voter pour elle à ton ami
cela lui fait penser à sa mère
cela lui fera renoncer au théâtre
cela lui fera téléphoner à sa mère
cela, peu à peu, lui laissait espérer dans la clémence du sort (Carco)
cette idée lui a fait se diriger vers la Bastille
cette plainte qui lui avait fait croire un instant à la douleur de son fils (Simenon)
cette puanteur qu'elle retrouvait lui faisait penser aux quinze jours passés là avec Lantier (Maupassant)
cette remarque de Pierre a fait grincer des dents à Paul
elle fléchissait le cou comme on leur voit faire à toutes, dans les scènes païennes comme dans les tableaux religieux (Proust)
faites-lui jouer de la mandoline (Guth)
il décidaient de faire parler sur ce sujet à Panulphe par Elmire (Scherer)
il pensait leur faire changer d'avis (Rivoyre)
je lui fis goûter de l'un et de l'autre alternativement (Maupassant)
l'expérience personnelle lui fait penser à toutes les femmes dans sa situation (Poirion)
l'on n'essaie plus ici de leur faire croire à rien (Miesch)
la jalousie lui a fait voir clair d'un seul coup (Chevallier)
la jalousie lui fait voir clair d'un seul coup (Chevallier)
le capitaine a laissé tirer sur les manifestants à ses hommes
le scandale lié à la parution du livre lui a fait renoncer à cette idée
Pierre a fait changer d'avis à Marie
Pierre a fait parler de ses problèmes à Paul
Pierre a fait renoncer à son projet à Marie
puisque l'argent filait quand même, autant valait-il faire gagner au boucher qu'au marchand de vin (Zola)
si vous croyez que c'est commode de lui faire changer d'idée (Benoît)
une mise en scène réaliste commanderait plutôt de lui faire se servir de ses mains pour se protéger (Robe-Grillet)

Dans ces exemples, le recours à l'agent passif permet de se tirer du dilemme suivant : d'une part, il y a une forte cohésion entre le verbe et son complément régi ou entre les deux éléments d'une locution verbale, donc on hésite à scinder ces syntagmes ; d'autre part, on hésite à faire précéder l'objet direct (le sujet sous-jacent) d'un autre complément. Les deux solutions

??Pierre a fait changer Marie d'avis et
??Pierre a fait changer d'avis Marie

sont d'une acceptabilité aussi douteuse l'une que l'autre. C'est l'agent passif qui offre l'échappatoire :

Pierre a fait changer d'avis à Marie

laissons faire aux poètes (Gide)
laissons faire au temps (Brunetière)
cele, peu à peu, lui laissait espérer dans la clémence du sort (Carco)

Sous-passivation factitive

à l'intérieur de cette nébuleuse, on fait chaque auteur contredire l'autre (Barthes)
cette souffrance la fera m'aimer davantage (Bourget)
des nouvelles un peu moins bonnes les firent précipiter leur départ (Gide)
il m'est impossible de le faire aborder ce sujet (Duhamel)
j'hésite depuis deux jours si je ne ferai pas Lafcadio raconter mon roman (Gide)
je l'ai fait manger des épinards
je l'ai fait préparer la mayonnaise
je l'avais fait jurer qu'il viendrait (Billy)
je ne puis comprendre quelle aberration a fait Blanc donner ces pages en tête de volume (Gide)
l'établissement des formes ne fait pas Littré oublier les signifiés (A. Rey)
l'inquiétude naturelle aux malades qui les fait essayer sans cesse de nouveaux régimes (Bourget)
le courage de gorille [...] qui fait l'homme dominer sa peur (Ikor)
le manque de vivres les ferait tôt ou tard devaster les campagnes environnantes (Flaubert)
les profondes raisons qui ont fait Racine rejeter tout ce qui fut tant recherché après lui (Valéry)
sa fureur le fit la reprendre
un signe de toi m'aurait fait te suivre (Daudet)
une de ces réactions outrancières qui fait Thierry Maulnier oublier Chénier, Moréas et Verlaine (Gide)

Dans ces exemples, la non-passivation s'écarte de la norme. Certains auteurs s'en servent pour exprimer une force extrême. On la rencontre aussi dans le registre relâché.

Locutions factitives

De nombreux emplois de la construction factitive sont enregistrés dans le lexique.

faire bouillir
faire chanter
faire chier
faire connaître
faire disparaître
faire faire
faire marcher
faire mentir
faire parler de soi
faire perdre la face à
faire régner la terreur
faire revenir
faire sauter
faire venir
il ne s'en laisse pas conter
laisser croire
laisser entendre
laisser faire
laisser passer
se faire acheter par
se faire avoir
se faire connaître
se faire désirer
se faire passer pour
se faire piéger
se faire prier
se faire repérer
se faire sentir
se faire virer
se faire voir
se laisser convaincre
se laisser influencer
se laisser prendre à

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