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La subordination - la concordance des temps (523)

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La subordination - la concordance des temps (523)

SOMMAIRE
Remarque organisationnelle
La concordance des temps - définition
Concordance des temps et types de subordonnées
Concordance des temps et discours rapporté
Les conditions d'application de la concordance des temps
Non-concordance des temps et présupposition
La concordance des temps - phénomènes divers
La non-concordance poétique des temps
L'imparfait télescopé dans la subordonnée
L'hyperconcordance des temps
La concordance des temps indirecte
Les temps supplétifs du subjonctif
Deux temps identiques, une seule perspective
Exemples littéraires - 1
Exemples littéraires - 2

Remarque organisationnelle

L'étude des emplois des formes du verbe se décompose en trois volets :

les emplois non conditionnels dans la principale
les emplois non conditionnels dans la subordonnée
les emplois dans le système conditionnel (principale et subordonnée)

Voir la page connexe Compléments du verbe - les emplois des formes du verbe pour la discussion de cette importante question de méthodologie. Pour l'étude des emplois non conditionnels des formes du verbe (sauf pour l'étude de la concordance des temps), voir également la page connexe Compléments du verbe - les emplois des formes du verbe. Pour l'étude du système conditionnel, voir la page connexe Le système conditionnel. Enfin, nous étudions la concordance des temps dans cette section consacrée aux aspects généraux de la subordination.

La concordance des temps - définition

La concordance des temps

La concordance des temps est l'expression du temps de la subordonnée comme relatif à deux repères indépendants : le moment de la parole ou de l'écriture et le moment du verbe de la principale.

En ce qui concerne le temps de la principale, la question de la concordance des temps ne se pose que lorsque la principale est au passé. Si la principale est au présent, les deux repères coïncident et la concordance des temps perd son sens. Si la principale est au futur, la concordance des temps se réduit au futur antérieur. Il n'y a de méthode de concordance ni pour la simultanéité (*je dirai que je serai satisfait) ni pour la postériorité, qui exigerait un « futur postérieur ».

Le verbe de la subordonnée est à l'indicatif

Le moment de la principale et le moment de la subordonnée sont simultanés

Pierre savait que Paul était présent
il disait qu'il avait faim
je pensais que j'avais la fièvre
je pensais qu'elle m'aimait
il déclara qu'il la voyait

Le moment de la subordonnée est antérieur au moment de la principale

Pierre savait que Paul était parti depuis une heure
il a certifié qu'il avait fini avant son arrivée
il déclara qu'il l'avait vu

Le moment de la subordonnée est postérieur au moment de la principale

Pierre savait que Paul partirait dans une heure
il a promis qu'il viendrait
il déclara qu'il le verrait
je ne pouvais pas lui dire quand je reviendrais
je pensais que le train serait déjà parti quand nous arriverions à la gare
le plombier pensait qu'il aurait fini le travail avant minuit

Le verbe de la subordonnée est au subjonctif

La concordance des temps ne se pratique que dans la langue soutenue.

Le moment de la principale et le moment de la subordonnée sont simultanés

Pierre regrettait que Paul fût présent
elle souhaitait que sa fille lui écrivît
je voulais qu'il vînt immédiatement

Le moment de la subordonnée est antérieur au moment de la principale

Pierre regrettait que Paul fût parti depuis une heure
il voulait que tu eusses écrit avant son départ
je ne pensais pas qu'il fût venu la veille uniquement pour manger
je ne pensais pas qu'elle fût arrivée avant moi
elle souhaitait que sa fille lui eût écrit

Le moment de la subordonnée est postérieur au moment de la principale

Le subjonctif n'a ni futur ni conditionnel. L'imparfait du subjonctif supplée le conditionnel du subjonctif.

Conditionnel modal

en est-il un seul parmi nous qui consentît (consentirait) ?

Conditionnel temporel (futur dans le passé)

Pierre regrettait que Paul partît dans une heure
j'ordonnai qu'il partît sans tarder
nous voulions qu'il finît le lendemain

Notons que la proposition je pensais que tu viendras demain n'est pas une infraction à la concordance des temps si le jour désigné par demain est postérieur à la fois au moment de la parole ou de l'écriture et au moment du verbe de la principale. La forme viendras exprime correctement le temps de la subordonnée relativement aux deux repères.

La non-concordance des temps

La non-concordance des temps est l'expression du temps de la subordonnée comme relatif à un seul repère : le moment du verbe de la principale. Le moment de la parole ou de l'écriture ne joue pas dans le choix du temps de la subordonnée. L'emploi du subjonctif se réduit à deux temps : le présent pour la simultanéité et la postériorité, et le passé composé pour l'antériorité.

L'emploi du subjonctif dans la langue parlée

Le moment de la principale et le moment de la subordonnée sont simultenés.

Pierre regrettait que Paul soit présent

Le moment de la subordonnée est antérieur au moment de la principale.

Pierre regrettait que Paul soit parti depuis une heure

Le moment de la subordonnée est postérieur au moment de la principale. Le subjonctif n'a pas de futur. Le présent supplée le futur.

Pierre regrettait que Paul parte dans une heure

La subordonnée infinitive

La concordance des temps ne s'applique jamais à l'infinitif. Ce n'est pas une question de registre.

Le moment de la principale et le moment de la subordonnée sont simultenés.

il déclara être malade

Le moment de la subordonnée est antérieur au moment de la principale.

il déclara avoir été malade

Concordance des temps et types de subordonnées

La concordance des temps présente le temps de la subordonnée relativement au moment de la parole ou de l'écriture ; la non-concordance des temps présente le temps de la subordonnée relativement au fait de la principale. Nous dirons que la concordance des temps présente le temps objectif (le temps vu sous l'angle du locuteur-scripteur) et que la non-concordance des temps présente le temps subjectif (le temps vu sous l'angle du sujet de la subordonnée).

Longtemps, la concordance des temps était érigée en norme par les grammaires normatives traditionnelles. Aujourd'hui, les grammairiens sont d'accord pour considérer la concordance et la non-concordance des temps comme deux choix d'importance égale, dont l'un ou l'autre peut être plus approprié selon le contexte. Le temps objectif a l'avantage de souligner certains rapports temporels dans des situations complexes et il jouit d'un statut sociolinguistique plus élevé. Cela ne veut pas dire, pour autant, que le temps subjectif soit rare ou à éviter. En raison de son nom même, et pour des raisons historiques, la concordance des temps jouit d'une aura de respect que les faits ne justifient pas.

Pour que la non-concordance des temps soit possible, il faut qu'il y ait un lien psychologique entre la principale et la subordonnée. Comparons les deux propositions à l'époque, Pierre pensait que sa femme est malade et *ce matin, Pierre était en retard parce que sa femme doit être hospitalisée d'urgence. La non-concordance est grammaticale dans le premier cas, agrammatical dans le second. La subordonnée régie représente un état cognitif du sujet de la principale ; la non-concordance exprime la nature subjective de cette subordonnée. Rien ne justifie la non-concordance dans le cas de la subordonnée causale, qui exprime un lien objectif, physique ou logique.

La subordonnée causale est un cas extrême de l'objectivité. La plupart des subordonnées libres peuvent être objectives ou subjectives selon le contexte. La subordonnée relative peut avoir une nuance circonstancielle qui lui donne un caractère subjectif.

Dans une subordonnée relative ou comparative qui exprime un fait général indépendant de la principale, le verbe se met au présent.

elle redescendit l'ecalier comme on fuit un incendie (Martin du Gard)
il fit deux pas vers le nouveau venu, le regarda comme on provoque (A.Daudet)
il méprisait les bien qui s'acquièrent (Beauvoir)
j'étais comme quelqu'un qui voit la même place de sa chambre occupée par un canapé et par une grotte (Proust)
l'enfant regardait autour de lui comme un chat qui cherche à s'enfuir (Sabatier)
on entendit le bruit d'un corps qui s'écroule
pas plus qu'un dieu ne regarde sa servante, je ne prêtais d'attention à cette vieille fille (Mauriac)
sa tante le guettait sur le seuil et, comme font les sourdes, parlait sans arrêt (Mauriac)

Concordance des temps et discours rapporté

Voir l'étude du discours rapporté à la page connexe Les subordonnées régies - les perspectives du discours.

Le discours rapporté transforme certains éléments du discours de directs en indirects. Par exemple, la proposition Pierre a dit : « j'attends mon frère qui doit venir dîner avec nous ce soir » se transforme en Pierre a dit qu'il attendait son frère qui devait aller dîner chez eux ce soir-là. On voit que l'application de la concordance des temps n'est qu'une des nombreuses différences entre la version directe et la version indirecte.

L'application de la concordance des temps aux subordonnées cognitives constitue le territoire commun où la concordance des temps et le discours rapporté se recouvrent. La concordance des temps s'applique à d'autres types de subordonnée et le discours rapporté exige d'autres conversions.

Les conditions d'application de la concordance des temps

La concordance des temps assure une meilleure résolution temporelle que la non-concordance des temps. Donc le choix entre la concordance et la non-concordance des temps est souvent une question fonctionnelle. La concordance des temps est souvent indispensable dans les subordonnées temporelles.

La concordance des temps est la norme si le verbe de la subordonnée est à l'indicatif.

Si le verbe de la subordonnée est au subjonctif (subordonnée injonctive, subordonnée concessive, subordonnée de but, sans que, de peur que, etc.) la langue parlée et la langue écrite diffèrent.

Dans la langue parlée, on ne pratique pas la concordance des temps. Le subjonctif est limité au présent et au passé composé. Le présent exprime la simultanéité ou la postériorité par rapport à la principale ; le passé composé exprime l'antériorité par rapport à la principale.

Dans la langue écrite, la concordance des temps est facultative. Pour respecter la concordance des temps, on se sert de l'imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif.

L'infinitif est toujours exempt de la concordance des temps. Ce n'est pas une question de registre. L'infinitif présent s'emploie pour exprimer la simultanéité ou la postériorité par rapport à la principale. L'infinitif passé s'emploie pour exprimer l'antériorité par rapport à la principale.

Certains verbes (être, avoir, pouvoir, devoir) voient l'imparfait et le plus-que-parfait de leur subjonctif se maintenir avec une relative vitalité.

L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif sont plus vivaces dans le Midi.

Il suit de ce que nous venons de dire que la concordance des temps se porte bien. Ce n'est pas la concordance des temps qui a reculé, mais l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif. La cause de ce recul n'est pas évidente. Contrairement à ce que prétendent certaines grammaires, ni la « lourdeur » des deux temps en question ni « l'effet comique » de lavasse, de susse, de visse et de fascinassions ne sauraient être les vraies causes de l'évolution du système des temps français.

Non-concordance des temps et présupposition

Présupposition

Présupposition veut dire engagement du locuteur-scripteur, prise en charge par le locuteur-scripteur des paroles qu'il rapporte.

La présupposition exprimée par certains verbes cognitifs

Comparons les deux propositions Pierre sait que tu es un imbécile et Pierre dit que tu es un imbécile. Dans la première proposition, le locuteur-scripteur prend en charge l'assertion faite par Pierre ; dans la seconde, il ne l'assume pas, il s'en détache.

Certains verbes cognitifs, comme savoir et prouver, véhiculent la présupposition. D'autres, comme dire, penser, soutenir, assurer, comprendre et voir, ne la véhiculent pas.

La présupposition exprimée par la non-concordance des temps

Comparons les deux propositions Pierre a dit que tu es un imbécile et Pierre a dit que tu étais un imbécile. Dans la première proposition, le locuteur-scripteur prend en charge l'assertion faite par Pierre ; dans la seconde, il ne l'assume pas, il s'en détache. La non-concordance des temps véhicule la présupposition ; la concordance des temps ne la véhicule pas.

Deux sources de présupposition, quatre combinaisons

Nous venons de voir qu'il y a deux sources de présupposition dans le domaine des verbes cognitifs : le verbe lui-même et la non-concordance des temps. Donc il y a quatre combinaisons à envisager.

Le verbe exprime la présupposition, la concordance des temps n'est pas appliquée

Pierre savait que tu es un imbécile

Présupposition.

Le verbe exprime la présupposition, la concordance des temps est appliquée

*Pierre savait que tu étais un imbécile

Les deux sources de présupposition se contredisent. La proposition est difficile à interpréter.

Le verbe n'exprime pas la présupposition, la concordance des temps n'est pas appliquée

*Pierre pensait que tu es un imbécile

Les deux sources de présupposition se contredisent. La proposition est difficile à interpréter.

Le verbe n'exprime pas la présupposition, la concordance des temps est appliquée

Pierre pensait que tu étais un imbécile

Absence de présupposition.

Vérités absolues et concordance des temps

Il suit de ce que nous venons de dire que même les vérités absolues doivent être construites avec la concordance des temps si le verbe de la principale n'exprime pas la présupposition.

*Galilée savait bien que la terre tournait autour du soleil
*Euclide a prouvé qu'il y avait une infinité de nombres premiers
Galilée soutint que la terre tournait autour du soleil
Euclide a souvent dit à ses disciples qu'il y avait une infinité de nombres premiers
Euclide disait souvent à son épouse qu'il préférait travailler sans être dérangé
de Gaulle a compris que la France était ingouvernable sans un pouvoir présidentiel stable
de Gaulle a compris qu'il avait un ongle incarné
*de Gaulle savait que la France était ingouvernable sans un pouvoir présidentiel stable
on m'a assuré que vous étiez bon médecin
je voyais bien que tu n'étais pas un imbécile

La concordance des temps - phénomènes divers

La non-concordance poétique des temps

je voulais retenir l'âme qui s'évapore (Lamartine)
la Déroute apparut au soldat qui s'émeut (Hugo)
un grand feutre ombrait son œil qui s'allume et s'éteint (Verlaine)

L'imparfait télescopé dans la subordonnée

Pour comprendre la structure de la proposition qu'est-ce que maman a dit qu'on mangeait demain ?, on se reportera à la page connexe Les temps simples de l'indicatif - l'imparfait - rubrique L'imparfait télescopé.

L'hyperconcordance des temps

La règle que nous appelons l'hyperconcordance des temps est la concordance avec un passé qui ne l'est que morphologiquement et qui n'est pas perçu comme tel. Si le verbe de la principale est un conditionnel présent d'atténuation, on peut mettre le verbe de la subordonnée à l'imparfait.

on voudrait qu'il fût plus attentif
ce serait drôle qu'il lui vînt cette idée (Musset)
je voudrais bien qu'on ne me parlât plus constamment de cette affaire
je voudrais que les événements ne fussent jamais racontés directement par l'auteur (Gide)
je voudrais qu'il arrivât de bonne heure
il vaudrait mieux, réplique la citoyenne, qu'ils portassent la robe et la perruque (France)
il se pourrait donc que ces exemples vérifiassent l'hypothèse au lieu de la contredire (Lévi-Strauss)
j'ai le droit de dire « je voudrais que la grammaire soit à tous les diables » et non pas « fût » (Flaubert)
je voudrais qu'il [mon livre] t'eût donné le désir de sortir, sortir de n'importe où, de ta ville, de ta famille (Gide)

Cet emploi de l'imparfait dans la subordonnée est considéré aujourd'hui comme prétentieux.

La concordance des temps indirecte

Le principe de la concordance des temps s'applique à la subordonnée d'une forme non fléchie, pourvu que cette dernière soit, à son tour, la subordonnée d'une forme fléchie passée.

elle retira vite sa main, ne voulant pas permettre que je la prisse
il me regardait et, ne croyant pas que je disse la vérité, il partit

Les temps supplétifs du subjonctif

Le subjonctif n'a que deux temps simples. L'indicatif en a cinq. Le subjonctif a trois temps supplétifs qui font office de passé simple, de futur et de conditionnel. Voir la page connexe Subjonctif - temps supplétifs et simplifications.

Deux temps identiques, une seule perspective

Certains verbes copulatifs ou existentiels admettant des sujets propositionnels présentent la particularité que leur temps est le même que celui de leur subordonnée. Le temps partagé par la principale et la subordonnée peut être le présent, le passé ou le futur. Exemples : il advient, il arrive, il se fait, il se trouve, le résultat est. Ce n'est ni un phénomène de concordance ni un phénomène de non-concordance, puisqu'il ne s'agit pas de déphasage entre deux perspectives.

Exemples littéraires - 1

Concordance des temps - simultanéité

bien que je m'en exclusse par moi-même, je n'en éprouvais pas moins de la peine à m'en sentir exclu (J.-N. Schifano)
dès leur seconde rencontre, en mai, il lui avait dit sa surprise, qu'une jeune fille, jolie comme elle, ne fût pas mariée (Montherlant)
il annonça sa venue de peur que ses hôtes ne fussent absents
il était rare que les mendiants vinssent quémander à domicile (Decoin)
il fallait qu'Oscar Bloch me révélât plus tard l'intérêt [...] de chroniques réputées mineures [...] pour que je misse le nez dans maints textes passionnant [...] qui n'eussent jamais figuré aux programmes de la licence et de l'agrégation (R.-L. Wagner)
il fallait que ces gens désignassent un orateur (Le Roy Ladurie)
il fallait que les organisations communistes attachassent le plus grand prix à la coopération avec le grand romancier bourgeois par excellence (Lacouture)
il semblait que les femmes grasses et lascives, sur toile, valussent cher (C. Rihoit)
je n'ai pas voulu vous aborder, de crainte que l'on ne nous surprît ensemble (Gide)
ils étaient aussi bons qu'ils se désirassent, se supportassent et se quittassent au bout de deux ans (Sagan)
ils voulaient que les détachements nationaux fussent réduits le plus possible (R. Aron)
le crépuscule recouvrait Thérèse, empêchant que les hommes la reconnussent (Mauriac)
le hasard voulut que, ce dimanche-là, un petit poisson s'accrochât au bout de sa ligne (Simenon)
on hésitait à les provoquer de crainte que les colis ne s'égarassent (Martinet)
quand je vivais en France, je ne pouvais rencontrer un homme d'esprit sans qu'aussitôt j'en fisse ma société (Camus)
ses propres propositions [...] ont été prises en compte trop partiellement [...] pour qu'elles fussent entraînantes aux yeux de l'électorat chiraquien (A. Passeron)
si fatiguée que je fusse, je sortis (Rochefort)
si insupportables qu'il se trouvassent mutuellement, ces amis exigeaient toujours que chacun fût là (Duras)
tout procédait comme il trouvait naturel que les choses se passassent (Yourcenar)

Concordance des temps - antériorité

il trouvait injuste que d'anciens camarades de lycée eussent déjà réussi (Beauvoir)
j'aimais que mes vingt ans fussent au commencement d'un monde dont la délivrance m'exaltait sans que j'eusse approché ses douleurs (Mitterrand)

Non-concordance des temps - simultanéité

avant qu'elle ne se soit entièrement vidée, l'éclat en fut obscurci soudain (Robe-Grillet)
avant que j'aille à Zeist, je dus me rendre à Genève (M. Boegner)
il a dû se demander si leur mains tremblaient avant qu'elles ne commencent le chant (Montherlant)
il avait tellement souhaité que j'entre au Monde (Aron)
il craignaient que les langues ne se délient (Le Roy Ladurie)
il était juste qu'il leur fasse une place de choix dans sa vie (Tournier)
il fallait bien que Marie me lâchât la main et que Loulou s'arrêtât pour que je l'embrasse...le subjonctif serait si laid (Léautaud)
il fallait que l'enfant se débrouille avec ces textes mystérieux (Green)
j'allais dire qu'on apporte les sirops (Proust)
la Machine de 1900 exigeait qu'un ouvrier la serve (Fourastié)
la question est de savoir si j'écris des livres que Dieu voulait que j'écrive (impossible de mettre : écrivisse !) (Green)
peu s'en fallut que les insurgés ne s'emparent de la personne même du dauphin (R. Pernoud)

Non-concordance des temps - antériorité

il se plaignait que, sous l'Occupation, Mauriac lui ait marqué du dédain (Lacouture)

Exemples littéraires - 2

Nous tirons cette série d'exemples de Togeby(1985). Certains exemples montrent que la concordance des temps est facultative.

Subordonnées régies

Après l'imparfait

Bost ne pensait pas que maman ait eu une attaque (Beauvoir)
cependant il doutait qu'elle se rétablît en trois mois (Beauvoir)
il arraivait que je m'en allasse (Blondin)
il arrivait qu'on se perde de vue (Simenon)
il regrettait que la municipalité ne les ait pas fait sauter (Beauvoir)
j'enviais qu'on fût occupé à une querelle aussi futile (Aymé)
je redoutais qu'elle s'en aperçut (Arrabal)
le rêve s'arrêtait sans que je sache si j'avais écrasé Thomas (Rochefort)
Mon cher, si vous ne l'aviez pas compris tout de suit, vous méritiez qu'on vous le cache -Cachât ! - comment cachât ? - qu'on vous le cachât (Pagnol)

Après le passé composé

il a suffi que tu te taise (Anouilh)
il s'en est fallu de peu qu'ils n'y fussent pas (Mauriac)
je me suis souvent désolée qu'il ne fît pas l'effort d'y consentir (Beauvoir)
Je vous assure qu'il a tenu à presque rien que je n'entre pas, que je rebrousse chemin - Entrasse et rebroussasse, pensa Hector, qui observait Maxime avec une pitié un peu jalouse. Mais la passion excuse tout. (Prévost)

Après le passé simple

Cholokhov déplora que les coupables n'aient pas été plus sévèrement punis (Beauvoir)
dans mes lettres je racontais à Zaza ces débauches et elle parut un peu scandalisée que j'y prenne tant de plaisir et que maman les tolérât (Beauvoir)

Après le futur

j'attendrai que le docteur vous ait envoyé la garde (Maupassant)
j'attendrai que vous ayez fini

La concordance des temps est impossible, puisque le futur antérieur n'a pas de subjonctif.

Après le conditionnel

au fond vous aimeriez que j'erre distraitement dans la vie (Sagan)
ça les arrangerait que je disparaisse (Beauvoir)
il aurait fallu qu'il pleuve comme dans les films américains (Grenier)
il se pourrait qu'un crime s'accomplît (Genêt)
il semblerait qu'un représentation aussi abstraite nous éloignât de ce qu'on appelle la réalité (Benveniste)
je souhaiterais qu'on les abordât avec la même innocence (Beauvoir)
je voudrais qu'un jour ma fille imaginât la douceur des choses (Nourrissier)

Subordonnées libres

Subordonnées concessives

aussi loin qu'on regarde, à gauche ou à droite, il n'y avait rien d'autre que lui (Le Clézio)
de quelque côté que je me tournasse, je ne connaissais que des pauvres (Blondin)
il ne s'agissait pas de gagner quoi que ce fût
le secret professionnel m'interdisait de te confier quoi que ce soit sur la clientèle de mon patron (des Cars)

Quoi que ce soit peut être considéré comme un pronom invariable.

Subordonnées relatives

c'est la collaboration des guesdistes qui contribua à faire du Cri du peuple le plus grand organe de la classe ouvrière qui ait paru jusqu'alors en France (Cachin)
il choisit Poitiers qui lui semblait la ville la plus morte qu'on pût imaginer (Sagan)
pourtant les cours sur la Bible étaient parmi les plus ennuyeux qu'elles aient eu à prendre (Aubery)

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