La subordination - la présupposition
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La subordination - la présupposition (502)

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La présupposition - définition

Certaines subordonnées véhiculent deux sortes d'information : l'information de premier plan, c'est-à-dire l'information à découvert dont la communication est la tâche proprement dite de la subordonnée, et l'information d'arrière-plan, c'est-à-dire une information sous-entendue, épiphénoménale, accessoire, concernant l'opinion du sujet de la principale ou du locuteur. Ce phénomène est généralement connu sous le nom de présupposition.

L'étude de la présupposition dépasse les limites de notre travail. Nous nous bornons ici à quelques remarques.

La subordination causale


La conjonction non que véhicule deux types d'information : une information de premier plan et une information d'arrière-plan.

L'information de premier-plan est le rejet d'une explication en tant qu'explication, sans égard pour la véridicité du fait contenu dans l'explication.

L'information d'arrière-plan ne concerne pas l'explication en tant qu'explication, mais la véridicité du fait qui sert d'explication.

Par exemple, dans la proposition Pierre est absent, non qu'il soit malade, la conjonction non que signale deux choses. L'information de premier-plan est que la maladie n'est pas la cause de l'absence de Pierre. L'information d'arrière-plan est que Pierre n'est pas malade. L'information d'arrière-plan (la présupposition) serait absente si on substituait non parce que à non que.

Le subjonctif dans la subordonnée régie


L'exemple souvent invoqué est la comparaison des deux questions

croyez-vous que le Christ soit ressuscité des morts ? et
croyez-vous que le Christ est ressuscité des morts ?

La première question ne peut sortir que de la bouche d'un non-croyant, la seconde ne peut être prononcée que par un croyant. Le mode de la subordonnée (subjonctif ou indicatif) révèle la croyance du locuteur.

Autres exemples

Pierre ne croit pas que Paul a menti (mais le locuteur le croit)
Pierre ne croit pas que Paul ait menti (le locuteur s'en remet à Pierre)

il semble qu'elle a compris (le locuteur pense qu'elle a compris)t
il semble qu'elle ait compris (le locuteur n'est pas sûr)

d'où tenez-vous qu'il a fait cela ?
d'où tenez-vous qu'il ait fait cela ?

on ne saurait dire qu'il a changé
on ne saurait dire qu'il ait changé

La subordonnée interrogative totale


Comparons les deux propositions les membres de l'équipe se demandent si Pierre donnera sa démission et les membres de l'équipe se demandent si Pierre ne donnera pas sa démission. Dans la première version, les membres de l'équipe penchent pour l'hypothèse négative ; dans la seconde version, les membres de l'équipe penchent pour l'hypothèse positive. La polarité de la subordonnée trahit l'hypothèse du sujet de la principale.

La concordance des temps


Condition et concession

Comparons les deux phrases Pierre viendra ce soir même s'il est souffrant et Pierre viendra ce soir bien qu'il soit souffrant. La véridicité des deux phrases est la même en tout état de cause. L'une et l'autre expriment le fait que l'intention de Pierre de venir ce soir ne peut pas être ébranlée par un malaise. Elles diffèrent par l'information qu'elles fournissent accessoirement sur l'état de santé de Pierre. La conjonction et le mode de la subordonnée révèlent une connaissance que possède le locuteur.

Si et la subordonnée régie potentielle


Comparer la proposition signaler à la concierge si l'ascenseur est en panne et sa paraphrase signaler à la concierge que l'ascenseur est en panne quand c'est le cas. La conjonction si ne présuppose pas une panne présente, mais elle n'exclut pas la possibilité d'une panne future. La conjonction que présuppose une panne présente. Sans la clause quand c'est le cas, la paraphrase serait fausse.

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