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TITRE
L'interrogation - phénomènes divers (491)

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L'interrogation - phénomènes divers (491)

SOMMAIRE
Introduction
Interrogation et coordination
Interrogation et structure informationnelle
L'extraction des compléments des mots portraits
Interrogation métadiscursive
Questionnement de la question

Introduction

C'est une page fourre-tout. Nous regroupons sur cette page quelques aspects inclassables de l'interrogation.

Interrogation et coordination

L'extraction d'un des termes du syntagme de coordination est agrammaticale.

*à quoi Pierre joue-t-il et aux échecs ?
*de quel auteur cet éditeur publie-t-il ses propres œuvres et les œuvres ?

Interrogation et structure informationnelle

On a vu dans l'étude de la méthode périphrastique que l'introducteur est-ce que de l'interrogation partielle est dérivable de l'introducteur c'est...que... de la mise en relief. Par exemple, on obtient où est-ce que tu vas ? en appliquant l'interrogation par inversion du sujet à c'est à endroit X que tu vas. Ce phénomène se généralise : c'est toujours la cible d'interrogation, donc le pronom interrogatif, qui est le rhème dans l'interrogation partielle, quelle que soit la méthode d'interrogation.

C'est ce rapport entre l'interrogation et la structure informationnelle. qui est la clé du conflit entre l'interrogation partielle et le sujet existentiel. Une interrogation partielle dont le sujet est existentiel est agrammaticale pour la simple raison qu'elle a deux rhèmes, à savoir le pronom interrogatif et le sujet existentiel.

*quel gâteau a mangé quelqu'un ?
*quel livre a lu un étudiant ?
*où dorment trois chats ?

Le pronom indéfini est compatible avec l'interrogation partielle lorsqu'il exprime une généralisation.

quels romans doit avoir lus un étudiant pour être accepté dans le programme ?
où va une femme battue ?

L'extraction des compléments des mots portraits

Portrait, statue et photo sont des mots portraits. Les mots portraits ont trois compléments à de : le modèle, l'auteur et le possesseur. Les trois compléments se succèdent dans un ordre obligatoire : portrait de modèle M d'artiste A de collectionneur C. Évidemment, les trois compléments ne sont pas nécessairement tous présents.

Seul le dernier complément présent peut être extrait. La transformation

tu as vu la photo de Pierre de photographe X
de quel photographe as-tu vu la photo de Pierre ?

est grammaticale, mais la transformation

tu as vu la photo de X du collectionneur C
*de qui as-tu vu la photo du collectionneur C

ne l'est pas.

Interrogation métadiscursive

Considérons la proposition

tu lui accordes la faveur qu'il te demande, bien qu'il t'ait tant de fois offensé

En principe, le questionnement des motifs de l'interlocuter pourrait se faire par une simple interrogation, laissant inchangé le caractère concessif de la proposition :

pourquoi lui accordes-tu la faveur qu'il te demande, bien qu'il t'ait tant de fois offensé ?

Il est cependant préférable de remplacer la conjonction concessive par une conjonction causale ou conditionnelle :

pourquoi lui accordes-tu la faveur qu'il te demande, puisqu'il t'a tant de fois offensé ?
pourquoi lui accordes-tu la faveur qu'il te demande, s'il t'a tant de fois offensé ?

Les conjonctions puisque et si jouent un rôle métadiscursif. Les interrogations modifiées peuvent être paraphrasées par pourquoi lui accordes-tu la faveur qu'il te demande ? je pose cette question puisqu'il t'a tant de fois offensé et par pourquoi lui accordes-tu la faveur qu'il te demande ? je pose cette question puisque ton geste est immérité s'il t'a tant de fois offensé. La subordonnée introduite par puisque ou par si exprime la raison de l'interrogation. Elle qualifie le fait de l'interrogation et non pas le fait sur lequel porte l'interrogation.

qui donc attendrons-nous, s'ils ne reviendront pas ? (Hugo)
pourquoi pleures-tu, puisqu'il sera de retour avant un mois ? (Maupassant)
puisqu'il n'y voit pas, comment s'arrange-t-il aux passages dangereux ? (A. Daudet)

La substitution de puisque ou si à bien que a une incidence sur la structure (sur le parenthésage) de la proposition interrogative.

Dans la première version, c'est-à-dire dans la version à bien que, l'interrogation signalée par pourquoi porte sur la totalité de la proposition énonciative originelle.

Dans la deuxième version, c'est-à-dire lorsqu'on remplace bien que par puisque ou par si, l'interrogation signalée par pourquoi ne porte que sur la principale de la proposition énonciative originelle. La subordonnée introduite par puisque ou par si qualifie maintenant l'interrogation, plutôt que la principale, de la proposition énonciative originelle.

En remplaçant bien que par puisque ou par si, on hausse le statut de la subordonnée : elle qualifiait une partie de l'interrogation avant le remplacement et elle qualifie la totalité de l'interrogation grâce au remplacement.

Questionnement de la question

A : à qui viens-tu de dire bonjour ?
B : qu'est-ce que je viens de dire à qui ?

Dans ce dialogue, la question de A se rapporte à une action de B, qui vient de dire bonjour à quelqu'un, et la question de B se rapporte à la question de A. La paraphrase de la question de B pourrait être Je viens de dire plusieurs choses à plusieurs personnes. Pour que je puisse te dire à qui je viens d'adresser la parole, je dois savoir quelles paroles tu m'imputes. La version compacte est plus élégante que la paraphrase, mais elle bouscule les limites de la grammaticalité.

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