L'interrogation - le verbe à l'infinitif et au gérondif
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L'interrogation - le verbe à l'infinitif et au gérondif (482)

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L'interrogation - le verbe à l'infinitif et au gérondif (482)

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Infinitif - l'infinitif dans la subordonnée

Pour l'examen du rôle de l'infinitif dans la subordonnée interrogative, voir la page connexe Les subordonnées régies interrogatives. Sur cette page, nous nous intéressons uniquement au rôle de l'infinitif dans la proposition indépendante ou principale.

L'interrogation infinitive peut être totale ou partielle.

Infinitif - portée totale

alors peut-être faire un piqûre ?
boire quelque chose ? dormir ?
habille-toi! - m'habiller ?
inventer autre chose ?
je ne vous ennuie pas ? - m'ennuyer ?
lui donner la clé ?
me taire ?
partir à cette heure ?
s'adresser aux grandes banques ? impossible ; elles ne prêtent qu'aux riches (Dorgelès)
sonner, frapper à la porte, éveiller la maison en pleine nuit ? (Mauriac)
te mesurer à moi ?
tu t'énerves - m'énerver, moi ?

Infinitif - portée partielle - la corrélation du sujet

Le sujet de la proposition est le sujet sous-entendu de l'infinitif. Le sujet sous-entendu de l'infinitif peut est corrélé avec un actant explicite de la proposition.

Dans comment nous débrouiller ?, le sujet sous-entendu de débrouiller est corrélé avec nous. Dans pourquoi te mettre en colère ?, le sujet sous-entendu de mettre est corrélé avec te. Dans à qui écrire dans un cas pareil ?, le sujet sous-entendu de écrire n'est corrélé avec aucun actant de la proposition.

Infinitif - portée partielle - les méthodes d'interrogation

Cible d'interrogation antéposée

comment croire à la paix ?
comment l'avertir ?
comment résoudre le problème ?
lequel choisir ?
où aller ?
pour quoi faire ?
pourquoi dépenser tant d'argent en armements ? (Beauvoir)
pourquoi n'avoir pas résisté ?
pourquoi pas rester ?
pourquoi se mettre en colère ?
qu'allais-je faire jusqu'au dîner ? lire ? fumer ?
quand partir ?
que faire ?
que répondre ?
quel livre choisir ?
qui prévenir ?

Cible d'interrogation in situ

aller où ?
répondre quoi ?
pour faire quoi ?
se débattre contre quoi ? (Gide)

Pourquoi ne s'emploie pas dans cette construction :

*se mettre en colère pourquoi ?

La méthode périphrastique

L'infinitif n'est pas compatible avec la méthode périphrastique.

où aller ? *où est-ce qu'aller ?
comment faire ? *comment est-ce que faire ?

Infinitif - portée partielle - les pronoms interrogatifs

Cibles d'interrogation non nominales

Les cibles d'interrogation non nominales ont un comportement simple.

comment l'en empêcher ?
comment répondre à cette question ?
comment résister à cette mousse au chocolat ?
comment résoudre ce problème ?
comment se frayer un chemin jusqu'à ce cœur si hérissé de défenses (Mauriac)
où aller ?
pourquoi étudier la syntaxe ?
pourquoi l'avoir provoqué ?
pourquoi nous éterniser sur ce sujet ?
pourquoi te mettre en colère ?

Cibles d'interrogation nominales humaines

Le comportement des cibles d'interrogation nominales humaines est simple. Elles sont représentées par qui dans tous les cas. (Sauf au cas sujet. L'infinitif ne peut pas avoir de sujet explicite.)

à qui demander secours ?
à qui écrire ?
à qui s'adresser ?
qui envoyer ?

Cibles d'interrogation nominales non humaines

Seul quoi et quel sont possibles au cas prépositionnel.

à quoi nous employer ?
de quel nom te nommer, heure trouble où nous sommes (Hugo)
de quoi attiser le feu ?
sur quoi écrire ?

L'objet direct et le complément prédicatif peuvent être représentés par que et par quoi. Le choix est subordonné à plusieurs règles.

Le choix par défaut est que.

qu'attendre de cette conférence de paix ?
qu'en conclure ?
que devenir ?
que dire ?
que faire ?
que lui dire ?
que répondre à cette question ?

Quoi - parcours d'un ensemble fini de réponses

À première vue, que et quoi sont synonymes. À examiner leur distribution de plus près, on se rend compte qu'il y a une légère différence sémantique entre les deux pronoms. Que faire ? trahit l'impuissance, l'absence de la moindre solution, tandis que quoi faire ? laisse penser que le locuteur cherche à choisir un membre d'un ensemble fini de réactions. Que est abstrait, vague ; quoi est plus concret, plus précis. Je ne sais que faire se dit dans une situation délicate ; je ne sais quoi faire exprime l'ennui. Dans la proposition je suis payé pour prendre des photos, mais QUE / QUOI photographier dans cette ville mortelle ?, que fait penser à une ville où il n'y a absolument rien a photographier, tandis que quoi convient plutôt à l'expression d'un certain état d'âme du photographe.

L'emploi de quoi dans la langue parlée

Certains locuteurs préfèrent quoi (quoi faire ?, quoi dire ?), que le champ de réponses soit abstrait ou concret. Je ne sais que faire et je ne sais quoi faire se valent, mais je ne sais pas quoi faire est préférable à ?je ne sais pas que faire.

Que est préférable si l'infinitif a un complément.

que répondre à cette question ?

Infinitif - portée partielle - le pronom nominal qualifié scindé


que faire d'autre ?
quoi lui dire de moins désagréable ?

Gérondif

Plus soigné

tu as abusé mon hospitalité ! - en quoi faisant ?

Moins soigné

tu as abusé mon hospitalité ! - en faisant quoi ?

Quoi est obligatoire comme objet direct.

Notons que en quoi faisant peut aussi être une relative à antécédent phrastique.

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