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TITRE
Les verbes impersonnels (449)

ASCENDANCE
Manuel de la grammaire française (0)
Le syntagme proposition (445)
La proposition simple (446)

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Les verbes impersonnels (449)

SOMMAIRE
Les vrais verbes impersonnels - introduction
Verbes météorologiques
La liste des verbes météorologiques
La syntaxe des verbes météorologiques
Subordonnée infinitive avec les verbes supports
Subordonnée infinitive factitive et de perception
Subordonnée infinitive apposition prédicative
La corrélation de deux sujets impersonnels
Le participe présent et le participe passé composé
Ça comme pronom impersonnel
Constructions personnelles ou transitives
Verbes météorologiques - remarques
Verbes impersonnels divers
Les verbes impersonnels - être
Les verbes impersonnels - faire
Les verbes impersonnels - aller
Les verbes impersonnels - verbes olfactifs
Les verbes impersonnels - brûler
Les verbes impersonnels - manquer
Les verbes impersonnels - sonner
Les verbes impersonnels - s'agir, retourner
Les verbes impersonnels - souvenir
Les verbes impersonnels - paraître
Il vaut la peine, il est la peine
Les verbes impersonnels de la langue familière
L'impersonnalité improvisée

Les vrais verbes impersonnels - introduction

Nous examinons ici les « vrais » verbes impersonnels, c'est-à-dire les verbes météorologiques, atmosphériques et affectifs qui ont pour seul sujet possible le pronom personnel il ou les pronoms démonstratifs ce ou ça.

Certaines grammaires et certains dictionnaires mettent tous les types de il non personnels dans le même sac étiqueté comme « impersonnel ». Par exemple, dans il convient de signaler que, le sujet postiche il est parfois considéré comme impersonnel, bien qu'il soit corrélé avec un sujet réel propositionnel postposé. Les sujets réels postposés sont existentiels ou propositionnels.

Le sujet des vrais verbes impersonnels (météorologiques, atmosphériques, affectifs) n'est pas postiche. Il n'est corrélé avec aucun sujet. Il est le seul sujet possible. Il ne représente rien.

Les analyses métaphysiques bidon du sujet impersonnel étaient à la mode dans la première moitié du siècle dernier, surtout en Allemagne. Il était considéré comme « le grand neutre de la nature », « une périphrase pour Dieu ».

Verbes météorologiques

§ La liste des verbes météorologiques

biser
brouillasser
bruiner
brumasser
brumer
cailler
chaliner
crachiner
dégeler
dracher
éclairer
frimasser
gelauder
geler
glacer
grésiller
grêler
luner
neigeoter
neiger
pleuviner
pleuvoir
pleuvoter
se brouiller
tonner
venter
verglacer

§ La syntaxe des verbes météorologiques

Subordonnée infinitive avec les verbes supports

L'infinitif des verbes météorologiques peut remplir la fonction de subordonnée complémentale par rapport à tous les verbes (verbes de support) qui transmettent normalement leur sujet à la subordonnée infinitive. Si la subordonnée est l'infinitif d'un verbe météorologique, c'est l'inverse qui se produit : la principale (le verbe support) reprend le sujet impersonnel de la subordonnée à son compte. L'impersonnalité monte au niveau du verbe support. Quelques exemples :

il va pleuvoir
il a beau pleuvoir
il a des chances de pleuvoir
il a l'air de pleuvoir
il a cessé de pleuvoir
il commence à pleuvoir
il doit pleuvoir demain
il est censé pleuvoir
il est en train de pleuvoir
il est susceptible de pleuvoir
il essaie de pleuvoir
il a failli pleuvoir
il finira par pleuvoir
il a manqué de pleuvoir
il menace de pleuvoir
il n'en finit pas de pleuvoir
il ne demande qu'à pleuvoir
il ne fait que pleuvoir
il paraît pleuvoir
il peut pleuvoir demain
il a réussi à pleuvoir
il risque de pleuvoir
il s'arrête de pleuvoir
il s'est mis à pleuvoir
il semble pleuvoir
il ne tardera pas à pleuvoir
il vient de pleuvoir

Les chaînes de subordonnées comme il semble vouloir se mettre à pleuvoir n'ont rien d'anormal.

Subordonnée infinitive factitive et de perception

Normalement, dans les constructions factitives et dans les constructions de perception, le sujet de la subordonnée sous-jacente est transformé en objet direct de la superordonnée de surface. Donc, en principe, le sujet impersonnel il devrait faire surface sous la forme le. En réalité, le est supprimé. Il n'y a pas d'objet direct impersonnel. On ne dit pas *les savants sont capables de le faire pleuvoir, mais les savants sont capables de faire pleuvoir. La montée sujet-objet normale (l'emploi de l'objet direct le) serait plus qu'une faute, ce serait un anglicisme.

Dieu fait pleuvoir
il faut laisser pleuvoir
j'écoute pleuvoir
j'entends pleuvoir
je regarde pleuvoir
les savants sont capables de faire pleuvoir
les savants sont capables de faire arrêter de neiger

Subordonnée infinitive apposition prédicative

Dans la proposition notre région a la réputation de pleuvoir l'infinitif pleuvoir est l'apposition prédicative de réputation. Les deux sujets (notre région et il) ne sont pas corrélés. L'originalité et la clarté du tour semblent cependant racheter la faute.

La corrélation de deux sujets impersonnels

Dans la proposition Pierre a travaillé quarante-huit heures sans arrêter, le sujet sous-entendu de la subordonnée arrêter est corrélé avec le sujet de la principale. De même, dans les propositions il peut très bien faire froid sans neiger et il fait trop froid pour pleuvoir, le sujet sous-entendu de la subordonnée (neiger, pleuvoir) est identique au sujet explicite de la principale (il fait).

En théorie, la proposition ici il tombe rarement beaucoup de neige sans pleuvoir a une structure illogique, puisque les deux sujets ne sont pas corrélés : la principale est existentielle, la subordonnée est impersonnelle au sens strict.

Le participe présent et le participe passé composé

Il est omis devant le participe présent et le participe passé composé : ayant plu toute la nuit.

Ça comme pronom impersonnel

Dans la langue familière, il peut être remplacé par ça devant la plupart des verbes météorologiques.

ça caille
ça douche
ça flotte
ça gèle
ça mouille
ça pleut
ça se brouille

Constructions personnelles ou transitives

La construction dominante des verbes météorologiques est la construction impersonnelle-intransitive. Il y a cependant trois constructions, plus rares, qui sont personnelles ou transitives.

$ Personnifié-intransitif

Dieu pleut sur la terre
foudre, tonne !
la nuit pleut
le canon tonne
le ciel pleut
de toutes les fenêtres les bénédictions, les fleurs pleuvaient (Michelet)

$ Personnifié-transitif

les arbres neigent leurs pétales
les étoiles neigent leur or
le plafond pleuvait les pellicules de ses plâtres (Huysmans)

$ Impersonnel-transitif

On a parfois l'impression qu'il s'agit d'une construction existentielle.

£ il pleut

de grosses gouttes
de grosses pierres
des cordes
des gouttes de sang
des hallebardes
des seaux
des vérités premières
du sang
l'argent
les accusations
les balles
les bénédictions
les bombes
les bonus
les boulets
les cadeaux
les coups
les critiques
les étoiles
les fleurs
les honneurs
les invitations
les louanges
les rapports
les tomates
un sable fin
une pluie fine
une pluie folle
une poussière d'eau

ce sont des étoiles qu'il pleut (Aragon)
il pleut de l'horreur, il pleut du vice, il pleut du crime (Hugo)
il pourrait bien pleuvoir toutes les larmes du ciel, pleuvoir tout un déluge, cela n'affecterait rien (Dorgelès)
je reviendrai quand il neigera des roses et il pleuvra du vin frais (C.Mendès)
ramasser de l'argent comme s'il en pleuvait

£ il neige

de gros flocons
des étoiles
des feuilles
des pétales

£ il grêle

il grêle des œufs de pigeon

$ Alternance de constructions

de grosses gouttes pleuvaient
il pleuvait de grosses gouttes

les coups pleuvaient sur lui
il pleuvait des coups sur lui

les honneurs pleuvaient sur lui
il pleuvait des honneurs sur lui

Seule la construction existentielle est valable avec les locutions il pleut des cordes et il pleut des hallebardes.

$ Le sujet exprimant la matière subit la montée sujet-objet factitive : faire pleuvoir les coups.

§ Verbes météorologiques - remarques

Les phénomènes météorologiques sont souvent exprimés par des verbes non météorologiques. Les propositions il souffle un vent terrible et il tomba beaucoup de neige ont une structure existentielle. Leur il n'est pas impersonnel.

Grêler peut être construit comme un verbe transitif banal : l'orage a grêlé les vignes. L'adjectif grêlé signifie criblé de cicatrices, de trous ou de taches.

La syntaxe créative au service de la poésie : Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville (Verlaine)

Verbes impersonnels divers

§ Les verbes impersonnels - être

Ainsi soit-il

Il ne peut être remplacé ni par ce ni par ça.

Avec question

Il ne peut pas être remplacé par ce. Question est le complément prédicatif de être. Il est omis devant le participe présent. La syntaxe de il est question de est pratiquement identique à celle de s'agir de. Voir plus loin.

Il est question se construit avec la préposition de, qui est obligatoirement omise devant que.

il est question de lui accorder cette faveur
il n'est pas question qu'on lui accorde cette faveur

Avec temps

L'emploi de ce est possible, mais peu naturel. Temps est le complément prédicatif d'être. Il est omis devant le participe présent.

c'est temps
faites cela pendant qu'il en est temps encore
il est grand temps
il est temps de partir
il est temps de rentrer
il est temps qu'on parte
il est temps que je vous parle
il est temps que nous rentrions
il est temps
il était temps que cet homme vaste tombât (Hugo)
il n'était que temps

De est omis devant le nominalisateur que. La forme sous-jacente de il est temps que je vous parle est il est temps de que je vous parle. Donc la subordonnée se pronominalise par en : il est temps que je vous parle il en est temps.

Avec heure

$ Indication de l'heure

c'est six heures
il est six heures
quelle heure est-ce ?
quelle heure est-il ?

Il et ce ne sont pas complètement interchangeables : c'est six heures est plus vague que il est six heures.

$ Heure au sens figuré, synonyme de temps

c'est l'heure
il est l'heure de se coucher
il est l'heure de partir
Swann s'apercevait qu'il était bientôt l'heure qu'Odette rentrât (Proust)

$ Il est omis devant le participe présent : étant déjà six heures.

$ Le groupe nominal dans l'indication de l'heure est le complément prédicatif du verbe être. Il peut être représenté par la ou les.

est-il une heure ? - il l'est
est-il trois heures ? - il les est

$ L'extraction de l'heure est permise. Dans à l'heure qu'il est, le pronom relatif que est au cas prédicatif et il continue à remplir la fonction de sujet.

Avec tôt et tard

il est tôt
il est tard
il est encore trop tôt pour
demain il sera trop tard

Avec moment

Quasi-synonyme de temps et heure : ce n'est pas le moment de rigoler.

Avec les parties du jour

Le tour normal est il est, mais on trouve parfois c'est.

c'est le soir
c'est minuit
il est crépuscule
il est grand matin
il est minuit
il est soir
il n'est pas nuit, mais il n'est plus jour

L'indication de la date et du jour de la semaine

c'est dimanche
c'est le 31
il est dimanche

La date et le jour de la semaine peuvent aussi être indiqués par un tour non impersonnel : nous sommes le 31 et nous sommes dimanche. Le 31 et dimanche sont des adverbes aprépositionnels servant de compléments prédicatifs.

Avec les saisons et les fêtes

c'était encore l'hiver
c'était l'Ascension
c'était septembre

L'emploi de l'imparfait

L'imparfait peut être employé avec toutes indications d'heure et de date.

c'était dans les derniers jours de février
c'était en 1945
c'était presque le soir
c'était septembre
c'était six heures
c'était vers la fin de l'après-midi
c'etait Noël

Avec un adverbe de manière comme complément prédicatif

c'est comme ça
c'est ainsi et pas autrement

Il en est de

Les deux familles de locutions il en est et il en va sont synonymes.

Il en est de a deux constructions.

$ Être suivi d'un complément prédicatif adverbial

en serait-il autrement ?
il en a été de même
il en est ainsi
il en est autrement
il en est de Pierre comme de Paul
il en est de même
il en est malheureusement toujours ainsi de
il en sera toujours ainsi
il n'en était pas de même pour moi
je vais vous dire ce qu'il en est

$ Être suivi d'un complément prédicatif nominal

il n'en fut rien
il n'en sera que ce que vous voudrez
je te dirai ce qu'il en est
pour ce qui est de
qu'en est-il de
qu'en sera-t-il de
quoi qu'il en fût
voilà ce qu'il en est

$ Une variante avec ce à la place de il

ce que c'est de nous

La passivation intransitive de la langue parlée

Pour l'examen de la construction du type c'est servi ou c'est assez bavardé, voir la page connexe La passivation intransitive - rubrique La passivation intransitive de la langue parlée.

Ambiance

$ Ambiance - adjectif et adverbe de lieu

à la maison, c'est plus intime qu'au restaurant
c'est bien simple chez eux
c'est dégoûtant dans les salons
c'est vraiment bien, ici
là-bas c'est encore mieux

$ Ambiance - nom

au milieu des soldats, c'est un vacarme assourdissant (Barbusse)
c'était une foule, une cohue d'humains et de bêtes mélangés (Maupassant)
c'était une frénésie de gambades, de cabrioles, de cris, de rires
c'était, en elle, un appétit grandissant de liberté et de plaisir (Zola)
c'est la fête au village
c'est le battage des tapis, le grand branle-bas
c'est le scientillement général, un brouhaha, le grand empressement vide du début des repas (Barbusse)
c'est plein d'hôtels par ici
ce n'était que courbettes, révérences, sourires
on passe l'Étoile, puis les fortif...maintenant c'est la banlieue
tout le jours c'était une procession dans les magazins (A. Daudet)

§ Les verbes impersonnels - faire

Avec un nom - expressions météorologiques et atmosphériques

$ Indication de la température :

il fait trente degrés

$ Avec l'article partitif

il fait de l'orage
il fait de la pluie
il fait du brouillard
il fait du soleil
il fait du vent
il fait du verglas
il ne faisait pas de lune ni d'étoiles

$ Avec l'article indéfini

il fait des éclairs
il fait un beau clair de lune
il fait un beau soleil
il fait un brouillard à couper au couteau
il fait un de ces froids
il fait un temps de chien
il fait un temps de chien
il fait un temps épouvantable
il fait une chaleur torride
il fait une nuit froide
il fait une nuit merveilleusement douce

$ Sans article

il fait beau temps
il fait clair de lune
il fait grand jour
il fait grand vent
il fait jour
il fait nuit noire
il fait nuit
il fait orage
il fait soleil
il fait tempête

Avec un nom - états physiologiques

il fait faim
il fait soif
il fait grand faim
il fait sommeil

Avec un adjectif - expressions météorologiques et atmosphériques

il fait affreux
il fait beau
il fait bleu
il fait bon
il fait calme
il fait chaud
il fait clair
il fait doux
il fait étouffant
il fait froid
il fait glacial
il fait glissant
il fait humide
il fait laid
il fait lourd
il fait mauvais
il fait noir comme dans un four
il fait orageux
il fait pesant
il fait plus frais
il fait rose
il fait sec
il fait sombre
il fait tiède
il fait torride
il fait venteux
il fait vilain

Avec un adjectif - état des lieux

il fait propre dans l'appartement
il fait sale dans les rues

Avec un adjectif - ambiance affective

il fait gai
il fait triste
il fait noir dans mon cœur

Le syntagme [faire * adjectif * infinitif] - type 1

il fait chaud marcher
il fait glissant marcher

L'infinitif ne peut pas être interprété comme sujet postposé de faire, donc il est impersonnel.

Le syntagme [faire * adjectif * infinitif] - type 2

Dans les exemples qui suivent, l'infinitif peut être interprété comme sujet de faire, donc le sujet il n'est pas impersonnel, mais postiche.

auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir
ça fait trop cher de prendre l'avion
il fait beau chasser dans cette forêt
il fait beau croire aux prodiges (Cocteau)
il fait beau se promener
il fait beau voir un pareil dévouement
il fait bon vivre ici
il fait bon dîner en plein air
il fait bon dormir ici
il fait bon labourer (Claudel)
il fait cher vivre dans cette ville
il fait dangereux vivre dans ce quartier
il fait dur marcher dans la boue
il ferait beau voir ça
il ferait beau voir que tu désobéisses

Se faire = commencer à être

il se fait tard
il se fait nuit
il s'en fait temps

Ça fait exprimant le temps écoulé

Voir la rubrique L'expression du temps écoulé de la page connexe Verbes multistructurels - faire.

C'en est fait de

c'en est fait de lui
c'en est fait de la vie de château

§ Les verbes impersonnels - aller

comment ça va ?,
il va bien,
ça va bien,
ça va mal,
il me va bien (populaire)

il y va de son honneur

il en va de même pour

Les deux familles de locutions il en va et il en est sont synonymes. Voir plus haut l'examen de être.

§ Les verbes impersonnels - verbes olfactifs

ça pue l'argent
ça pue
ça sent bon ici
ça sent comme chez le pharmacien
ça sent l'ail
ça sent le brûlé
ça sent le moisi
ça sent le renfermé

Sentir peut se construire avec il, puer non.

Les verbes puer et sentir ont des constructions non impersonnelles, qui ne font pas l'objet de cette page. Voir l'étude détaillée du verbe sentir à la page connexe Verbes multistructurels - sentir. Comparer il sent le brûlé et cette bouillie sent le brûlé.

§ Les verbes impersonnels - brûler

Il brûle et ça brûle sont des tours familiers ou populaires.

§ Les verbes impersonnels - manquer

La syntaxe de il manque d'air et de ça manque d'animation ici peut être considérée comme impersonnelle ou comme existentielle.

§ Les verbes impersonnels - sonner

il sonne minuit
il sonne pour annoncer la messe

§ Les verbes impersonnels - s'agir, retourner

L'infinitif s'agir s'emploie avec les verbes supports. Le sujet impersonnel il monte au niveau du verbe support.

il doit s'agir de
il ne pouvait s'agir que de
il semble s'agir de
il va s'agir de

Il est omis au participe présent : s'agissant de.

S'agir peut régir des noms, des infinitifs et des propositions.

il s'agit de ton avenir
il s'agit de travailler sérieusement
il ne s'agit pas que tu te ralentisses

Le verbe s'agir est « dépronominalisé » dans la langue parlée relâchée. Il est construit comme s'il s'agissait du verbe sagir :

il a s'agi de
il n'en s'agit pas moins de
il n'y s'agissait pas de
il y s'agit de

Le verbe retourner de est un quasi-synonyme de s'agir de : j'aimerais savoir de quoi il retourne.

§ Les verbes impersonnels - souvenir

Dans la langue écrite, souvenir peut se construire impersonnellement avec un complément du type [de * nom], [de * infinitif] ou [que * proposition].

autant qu'il m'en souvienne
il me souvient de mon premier baiser
il me souvient d'avoir entendu raconter cette histoire

Le complément nominal étant introduit par de, cette construction ne peut pas être cataloguée comme existentielle. Le sujet il ne peut être interprété que comme impersonnel.

§ Les verbes impersonnels - paraître

Pour l'examen de il y paraît, voir la page connexe Verbes multistructurels - paraître - rubrique Construction impersonnelle.

§ Il vaut la peine, il est la peine

c'était bien la peine qu'il eût pris tant de soin de ses pelouses (Montherlant)
ça vaut la peine qu'on s'y arrête
ce n'était pas la peine de changer de gouvernement
est-ce donc la peine de naître pour un sort aussi pitoyable ? (Sade)
il vaudrait la peine de dissiper ici un préjugé
je ne crois pas que ce soit la peine d'en parler (Malraux)
la Suisse a si peu de communistes qu'il ne vaut pas la peine de les mentionner (Siegfried)

La plupart des dictionnaires considèrent les locutions il vaut la peine, il est la peine comme impersonnelles. Il nous semble qu'il s'agit ici plutôt d'une ellipse, Le sujet il ou ça des verbes impersonnels essentiels n'est pas paraphrasable. Le sujet il ou ça des verbes atmosphériques (comme pleuvoir) ne représente ni l'atmosphère ni le temps qu'il fait ni Dieu : il ne représente rien. En revanche, comme on verra, le sujet il ou ça des verbes valoir et être dans les exemples ci-dessus est bien paraphrasable. Si cette paraphrase n'est pas mécanique, elle est toujours sémantiquement réelle.

Chacun de ces exemples a un côté « jeu » et un côté « chandelle ». Le jeu est un avantage ou un plaisir qui a un prix. Le jeu est toujours représenté par il ou ça ou ce. Par exemple,

ce n'était pas la peine de changer de gouvernement

est paraphrasable comme

l'avantage de changer de gouvernement ne valait pas la peine de changer de gouvernement

Le nom peine peut être omis : la nature vaut d'être protégée (ou plus logiquement : la nature vaut qu'on la protège.)

§ Les verbes impersonnels de la langue familière

ça barde chez les voisins
ça bouchonne sur l'autoroute du soleil
ça boume
ça bruisse de rumeurs
ça chahute
ça chante
ça gaze avec ta belle-mère ?
ça glisse dehors
ça me brûle dans la poitrine
ça ne gaze pas fort
ça remue dans le jardin
ça ronfle là-dedans
ça s'agite
ça va chier
çs gueule à côté
il y a quelque chose qui ne gaze pas
si je me lève, ça va barder

Avec certains verbes, le statut de ça est indécidable. Par exemple, dans ça chahute, ça peut aussi être interprété comme une troisième personne péjorative de la langue familière.

§ L'impersonnalité improvisée

Nous venons de parcourir un certain nombre de verbes et de syntagmes classés impersonnels dans le lexique. En réalité, la catégorie de verbes impersonnels est ouverte : le nombre de verbes qui peuvent être construits impersonnellement est pratiquement illimité. L'impersonnalité n'est pas un trait binaire, mais un degré. Le degré d'impersonnnalité de pleuvoir et de barder est très haut. Le degré d'impersonnalité des verbes dans les exemples qui suivent est relativement bas. Nous disons que l'impersonnalité d'un verbe est improvisée si son degré d'impersonnalité est bas. Le sujet postiche des verbes impersonnels improvisés est toujours ça.

ça gargouille toujours
ça me brûle dans la poitrine
ça remua de nouveau dans le jardin (Zola)
ça s'allume chez le voisin
partout ça éclatait
tout le long du chemin ça ressemble à ce que vous voyez ici

(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)(+)