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TITRE
Le sujet (448)

ASCENDANCE
Manuel de la grammaire française (0)
Le syntagme proposition (445)
La proposition simple (446)

PAGES SŒURS
Le sujet (448)

SOMMAIRE
Le sujet, constituant de la proposition canonique
Ne pas confondre le sujet et...
La complexité du sujet
La place du sujet
Le sujet existentiel
L'impersonnalité au sens large
Types grammaticaux du sujet
La proposition sans sujet
L'infinitif
L'impératif
Non-répétition dans la coordination
Omission du sujet réel
Omission du sujet postiche
Omniprésence du sujet - règles secondaires
Discontinuités dans le groupe nominal du sujet

Le sujet, constituant de la proposition canonique

La proposition canonique a la forme

[proposition :: sujet * prédicat]

Pierre travaille

Le syntagme proposition est exocentrique. Son quasi-noyau est le prédicat, son quasi-complément est le sujet.

Nous étudions les propositions sans sujet plus loin sur cette page,

Ne pas confondre le sujet et...

§ On se gardera de confondre l'objet formel sujet et l'objet informationnel thème. Les deux coïncident souvent. Dans la proposition canonique (Pierre travaille), le sujet et le thème sont identiques, mais dans la proposition c'est Pierre qui travaille ce soir, le sujet-rhème est Pierre et le prédicat-thème est qui travaille ce soir.

§ On se gardera également de confondre le sujet-constituant, codifié dans la grammaire syntagmatique, et le sujet-actant, codifié dans le lexique.

Nous étudions ces distinctions à la page connexe La proposition - fondements.

La complexité du sujet

§ À première vue, le sujet est un objet grammatical très simple, puisqu'il ne figure dans les règles de composition que d'un seul syntagme, à savoir dans celles du syntagme proposition. Il n'est fait référence au sujet, ni comme noyau ni comme complément, dans aucun autre syntagme.

§ En revanche, il fait l'objet d'une règle d'inclusion très complexe. En clair, le sujet a beaucoup de types grammaticaux. Nous étudions les types grammaticaux du sujet plus loin sur cette page.

§ Si le sujet n'entre que dans un seul syntagme comme constituant, il est mentionné dans un nombre important de règles secondaires, d'exceptions, de limitations et de phénomènes mineurs non formalisables. Voir plus loin la liste des références secondaires au sujet.

La place du sujet

§ La proposition canonique commence par le sujet-thème.

§ Le sujet peut être précédé d'un thème phrastique.

§ L'inversion du sujet

Types fonctionnels

L'inversion du sujet a un nombre important de types fonctionnels syntaxiques et sémantiques. Nous les étudions dans la section qui commence à la page connexe L'inversion du sujet.

Types formels

L'inversion du sujet a quatre types formels.

$ Inversion simple non conjointe

où va Pierre ?

$ Inversion simple conjointe

où va-t-il ?

$ Inversion complexe réelle-postiche

Pierre va-t-il à l'école ?

$ Inversion complexe postiche-réelle

il me faut 1000 euros

Le sujet existentiel

il lui est arrivé quelque chose d'effroyable
il me reste cent euros
il se rencontre des gens qui

Voir les pages connexes Existentialité, dissonance informationnelle, inversion existentielle, L'inversion existentielle, La passivation existentielle, La subordonnée sujet existentiel.

Morphologiquement, le sujet existentiel se range du côté de l'objet direct : le cas sujet existentiel du pronom personnel est le, le cas sujet existentiel du pronom relatif est que.

L'impersonnalité au sens large

§ L'impersonnalité au sens large - introduction

Les « vrais » verbes impersonnels, c'est-à-dire les verbes impersonnels au sens strict, sont les verbes météorologiques (pleuvoir) et les verbes atmosphériques (ça sent le brûlé, il s'agit de). L'impersonnalité au sens strict est l'un des six types de l'impersonnalité au sens large.

L'impersonnalité au sens large comprend tous les types de il sémantiquement vides, à savoir

-il de l'impersonnalité au sens strict
-il existentiel
-il propositionnel
-il de la passivation existentielle
-il de la passivation pronomino-existentielle
-il de la passivation intransitive

L'idée de l'impersonnalité au sens large permet de dégager un trait partagé par tous les types de il vides qu'elle réunit. Ce trait commun est la montée de il à la gauche des verbes supports :

il commence à pleuvoir
il doit avoir été dispersé beaucoup d'étudiants par les policiers
il risque d'y avoir foule
il risque de se produire un accident
il semble avoir été recouru a une nouvelle méthode par les chirurgiens
il semble possible d'atteindre ce but

§ Il de l'impersonnalité au sens strict

Le sujet impersonnel au sens strict se concrétise aussi comme ce ou ça.

c'est le printemps déjà
c'est ouvert jusqu'à minuit
c'est servi
c'est trop tard maintenant
ça gaze
ça sent le brûlé
ce sera pour une autre fois
il est minuit
il fait chaud
il pleut
il s'agit de

Voir la page connexe Les verbes impersonnels.

§ Il existentiel

Voir la rubrique Le sujet existentiel.

§ Il propositionnel

il est important de dire la vérité
il est important que tu dises la vérité

Le sujet postiche est il ou ce / ça, selon le type de sujet réel qu'il représente. Voir la page connexe La subordonnée sujet - les sujets postiches.

§ Il de la passivation existentielle

il a été dispersé beaucoup d'étudiants par les policiers

Voir la page connexe La passivation existentielle.

§ Il de la passivation pronomino-existentielle

il se trame quelque chose là-bas

Voir la page connexe La voix pronominale - rubrique La passivation pronomino-existentielle.

§ Il de la passivation intransitive

Voir la page connexe La passivation intransitive.

il a été recouru a une nouvelle méthode par les chirurgiens

Types grammaticaux du sujet

§ Groupe nominal

§ Pronom personnel conjoint

§ Pronom personnel disjoint

Pour l'examen de la division du travail entre pronoms personnels conjoints et pronoms personnels disjoints, voir la page connexe Les fonctions des formes disjointes.

§ Les quatre types de il / ce / ça - voir plus haut

§ Subordonnée sujet énonciative fléchie ou infinitive

§ Certaines subordonnées temporelles et conditionnelles (quand, si)

§ Subordonnée sujet interrogative

§ Subordonnée relative amenée par celui que / ce qui

§ Subordonnée relative autonome (qui dort dîne)

§ De nombreux types d'adjectifs nominalisés (l'intéressant est que)

§ Certains adverbes nominalisés (aujourd'hui est mon anniversaire, comme ça nous semble raisonnable)

§ Délimiteurs

Voir la page connexe Le groupe nominal - compléments - les délimiteurs.

§ Pronoms nominaux divers

Voir la page connexe Les syntagmes pronominaux.

§ Le sujet détaché

Voir la page connexe Détachement et thématisation.

§ Sujet nul (voir les types ci-après)

La proposition sans sujet

§ L'infinitif

L'infinitif est une subordonnée dont le sujet sous-entendu est corrélé avec un élément de la principale. Voir la page connexe La subordination - l'emploi des modes - l'infinitif - rubrique Le sujet de l'infinitif.

§ L'impératif

Dans la langue moderne, l'impératif n'a pas de sujet explicite. (La construction du type tu sois le bienvenu était courante dans la langue classique.)

§ Non-répétition dans la coordination

S'il y a un lien logique étroit entre deux propositions coordonnées ayant le même sujet, la répétition du sujet n'est pas obligatoire. Voir la page connexe La coordination dans le syntagme proposition.

§ Omission du sujet réel

Omission d'un pronom personnel conjoint

$ Dans certains types de communication écrite, tels que les journaux intimes, la correspondance entre amis, les petites annonces, les bulletin scolaires, les pancartes

a bien travaillé
achetons toutes les pendules à balancier
arrive souvent en retard
arrivons demain soir
reviens dans cinq minutes
vaut le détour
vient de paraître

$ Dans la langue parlée familière

comprends pas
connais pas
vous demande pardon

$ Dans certains contextes grammaticaux spécifiques

je sortis de l'ermitage plus triste que n'y étais entré (Bosco)
veuille ou non

Omission d'un nom restituable

Dans la formule comment va ?, c'est le nom santé qui est omis. Évidemment, un nom non restituable ne saurait être omis.

§ Omission du sujet postiche

Le sujet postiche peut ou doit être omis dans certaines locutions. Dans force est de, la non-inversion et l'omission de il sont obligatoires ; dans m'est avis, l'omission de il est facultative.

Sujets postiches propositionnels et existentiels

$ Tous registres

ainsi fut dit, ainsi fut fait
ainsi fut fait
à quoi sert
autant que faire se peut
autant vaudrait
bien m'en a pris
comme bon te semble
comme faire se doit
comme si de rien n'était
comme suit
d'où vient
de là vient
entre nous soit dit
force est de constater
m'est avis que
mal m'en a pris
mieux vaut
n'empêche
n'en déplaise
passe encore
peu importe
peu me chaut
peu s'en fallut
point n'est besoin
qu'à cela ne tienne
qu'importe
quand bon te semble
que sert
reste à
reste que
rien ne sert
s'entend
si besoin était
si bon lui semble
si faire se peut
si tant est que
soit
soit dit en passant
soit dit entre nous
tant s'en faut

$ Dans la langue parlée

Surtout avec les verbes connaître, faire, falloir, paraître, savoir, y avoir.

connais pas
fait pas chaud
fallait bien
fallait le dire
faut le faire
n'y a qu'a
sais pas
suffit de
veux pas
y a pas de quoi manger

$ Devant les formes non fléchies du verbe

ayant plu
étant admis que

Sujets postiches de passivation intransitive

nous voulons que soit mis fin aux injustices
tant fut plaidé qu'ils se ruinèrent de part et d'autre

Omniprésence du sujet - règles secondaires

Il n y a qu'un seul syntagme dont la « partie visible » fait référence au sujet. C'est le syntagme proposition. Il y a cependant un nombre important de règles secondaires, d'exceptions, de limitations et de phénomènes mineurs non formalisables qui font référence au sujet. Nous proposons ici une liste (incomplète) de ces phénomènes.

§ Pronom relatif

Le cas sujet normal est qui, le cas sujet existentiel est que. Exemple du cas sujet existentiel : ce qu'il est advenu aux otages.

§ Pronom interrogatif

La forme sujet inanimé du pronom interrogatif est que, mais cette forme ne s'emploie que dans certaines locutions et dans un registre archaïsant. On recourt normalement à la forme périphrastique qu'est-ce qui.

§ Mise en relief

C'est...qui sert à mettre en relief le sujet ; c'est c'est...que qui sert à mettre en relief tout autre cas.

§ On

On est toujours sujet. On recourt à des formes supplétives (tu, nous, vous) pour les autres cas du pronom impersonnel.

§ Ce

Le pronom nominal ce est normalement sujet ou complément prédicatif. Ce n'est que dans quelques locutions figées qu'il sert d'objet direct et de cas prépositionnel.

§ Autrui

Autrui ne s'emploie pas comme sujet dans la langue soignée.

§ Réflexivité

La réflexivité se rapporte au sujet. La réflexivité ne peut pas être définie sans l'idée de sujet.

§ Pronominalisation par en

Avec certains délimiteurs et avec les numéraux cardinaux, la pronominalisation par en du sujet n'est pas possible. On peut dire j'en ai invité beaucoup, mais pas *beaucoup en sont venus. En revanche, on peut dire beaucoup sont venus, mais pas *j'ai invité beaucoup.

La pronominalisation par en du complément possesseur (complément à de) du sujet est subordonnée à certains critères. Par exemple, la conversion le directeur général de la compagnie C fera un voyage en Chine *le directeur général en fera un voyage en Chine n'est pas possible.

§ Le sujet sous-entendu de l'infinitif

Voir la page connexe La subordination - l'emploi des modes - l'infinitif - rubrique Le sujet de l'infinitif.

§ Le sujet sous-entendu du gérondif

Le gérondif est normalement corrélé avec le sujet de la principale. La proposition Pierre a aperçu Paul en sortant du cinéma ne présente aucune ambigüité : c'est Pierre qui sortait du cinéma. (La règle n'est pas stricte : on a aussi l'appétit vient en mangeant.)

§ L'accord

Le sujet est le donneur d'accord du verbe dans la plupart des cas.

§ Rhématisation du sujet

La rhématisation du sujet est le facteur le plus important dans l'inversion du sujet et dans la passivation.

§ Relativation profonde, interrogation profonde

La proposition *l'employé qui je pense que a volé l'argent est logique, mais agrammaticale. La proposition l'employé que je pense qui a volé l'argent est illogique, mais grammaticale.

De même, *qui penses-tu que viendra ce soir ? est incorrect, qui penses-tu qui viendra ce soir ? est correct.

§ Montée sujet-objet

La montée sujet-objet est le mécanisme clef de la construction factitive et de la construction de perception (je le fais venir, je le vois venir).

§ Montée objet-sujet

il est facile de prouver ce théorème
ce théorème est facile à prouver

§ Montée sujet-sujet

il est imprudent à Pierre de ne pas porter de casque

Discontinuités dans le groupe nominal du sujet

Certains compléments du groupe nominal se séparent volontiers et survivent même à une distance considérable de leur noyau. Cette séparation s'explique par le principe des masses croissantes. Un sujet trop long est plus gênant qu'un sujet discontinu.

§ Complément possesseur

la liste est longue des attentats de Carlos, qui revendiquait lui-même quatre-vingt-trois victimes
le nombre est considérable des enseignants qui
lorsque le moment fut venu des embrassades (Flaubert)

§ Cible de délimiteur

ce que le pays compte de pouvoirs et de notabilités

§ La subordonnée sujet d'apposition prédicative

l'idée ne l'avait pas effleuré qu'il pouvait gêner les autres

§ La subordonnée complément prépositionnel

le moment est venu de prendre une décision

La proposition le moment de prendre une décision est venu n'est pas agrammaticale, mais venir est un verbe léger, mal à l'aise dans l'état d'apesanteur où il se trouverait comme tout dernier élément de la proposition. La proposition le moment de prendre une décision est finalement arrivé ne présente pas ce problème.

§ La subordonnée relative

sa voix était musicale que rendait chantante un léger accent (Gide),

Voir la page connexe Relativation primaire - la place de la subordonnée relative.

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