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La négation verbale - cible grammaticale et cible sémantique (404)

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La négation verbale - cible grammaticale et cible sémantique (404)

SOMMAIRE
Introduction
La négation verbale est une négation formelle
Multiples possibilités sémantiques
Mise en relief et intonation
Le rhème, cible sémantique par défaut
Pierre n'aime pas Marie
Négation totale et négation partielle
La subordonnée circonstancielle comme cible sémantique
La négation métalinguistique (reprise immédiate)

Introduction

La négation a une cible grammaticale et une cible sémantique. Dans la négation verbale, les deux cibles peuvent être identiques ou différentes. Dans la négation non verbale et dans la mégation par conégateur complexe la cible grammaticale et la cible sémantique coïncident.

Il y a un autre domaine où s'observe également une divergence entre cible grammaticale et cible sémantique. C'est l'adverbe. Voir la page connexe Le groupe adverbial - problèmes d'ambigüité. Certains grammairiens considèrent la négation comme une espèce d'adverbe de degré. Dans cette hypothèse, les deux domaines ne font qu'un.

La négation verbale est une négation formelle

La négation verbale est une négation formelle, une négation générique, une négation neutre, une négation souche. Sa cible grammaticale (le verbe) n'est qu'un support formel. Le verbe est le noyau de la proposition, donc le mécanisme de la négation générale se cristallise autour de lui.

Multiples possibilités sémantiques

La « vraie » cible de la négation, c'est-à-dire l'élément sur lequel se dirige sémantiquement la négation, peut être la proposition entière ou n'importe quel élément de la proposition ou n'importe quelle combinaison d'éléments de la proposition. Bien sûr, rien ne s'oppose à ce que la cible sémantique soit le verbe lui-même.

Mise en relief et intonation

Certes, le locuteur peut attirer l'attention sur la cible sémantique de la négation au moyen de la mise en relief ou au moyen de l'intonation, mais très souvent la cible sémantique doit être devinée par l'interlocuteur.

Le rhème, cible sémantique par défaut

La cible sémantique par défaut de la négation est le rhème ou le complément le plus saillant de la proposition. (D'ailleurs, il en va de même pour l'interrogation totale.)

§ La lecture la plus probable de la proposition je ne l'ai pas tué avec ce couteau est ce n'est pas avec ce couteau que je l'ai tué, bien que la lecture je n'ai fait que le chatouiller avec ce couteau ne soit pas à exclure.

§ La lecture la plus probable de la proposition Pierre n'a pas traversé la Seine à la nage est ce n'est pas à la nage que Pierre a traversé la Seine, bien que la lecture ce n'est pas la Seine que Pierre a traversé à la nage ne soit pas inconcevable.

§ La lecture la plus probable de la proposition Pierre ne travaille pas dans la restauration est ce n'est pas dans la restauration que Pierre travaille, bien que la lecture Pierre est employé dans la restauration, mais son travail est médiocre ne soit pas impossible.

§ La proposition je n'étais pas là pour l'aider a deux paraphrases : j'aurais pu l'aider, mais malheureusement je n'étais pas là et ce n'est pas pour l'aider que j'étais là, mais pour m'occuper de mes propres affaires. Dans la première paraphrase, la négation s'étend sur toute la phrase ; dans la seconde, elle à pour l'aider pour cible.

Pierre n'aime pas Marie

Nous adaptons une remarque de Wilmet(2003). La cible sémantique de la négation dans Pierre n'aime pas Marie est

§ Marie si l'idée sous-entendue est que Pierre aime Juliette

§ aimer si l'idée sous-entendue est que Pierre idolâtre Marie

§ le temps du verbe si l'idée sous-entendue est que Pierre a aimé Marie

§ Pierre si l'idée sous-entendue est que c'est Paul qui aime Marie

Négation totale et négation partielle

Il est très difficile d'exprimer la négation totale, c'est-à-dire la négation sans cible partielle. Quelle que soit l'intention du locuteur, la négation n'est jamais évasive, silencieuse quant à la cible sémantique. Pour « totaliser » la proposition de l'exemple précité de Wilmet, c'est-à-dire pour éviter toutes ses cibles sémantiques partielles, il faudrait dire quelque chose comme l'affirmation selon laquelle Pierre n'aime pas Marie est fausse dans le sens le plus large possible.

La subordonnée circonstancielle comme cible sémantique

En théorie, toutes les propositions qui suivent sont ambigües, mais l'interprétation qui attribue le rôle de cible sémantique à la subordonnée est la plus naturelle :

il n'a pas fait comme je lui avais dit
il n'est pas allé à Paris pour faire de la figuration
je n'ai pas acheté du vin pour qu'on le distribue gratuitement
je ne dis pas ça pour vous faire plaisir
je ne fais pas ça parce que c'est mon intérêt particulier
je ne vous paie pas pour que vous flâniez du matin au soir
Marie n'a pas quitté Pierre parce qu'elle le détestait
Marie ne pleure pas parce que Pierre est parti
Pierre n'épousera pas Marie parce qu'elle est riche
Pierre n'est pas parti sans que Marie le sache
Pierre n'est pas parti parce qu'il était malade

Voir aussi la page connexe Les subordonnées libres - le poids des subordonnées libres - rubrique Comportements déterminés par le poids.

La négation métalinguistique (reprise immédiate)

La négation peut porter sémantiquement sur n'importe quelle parole de l'interlocuteur. La négation métalinguistique (ou négation par reprise immédiate) isole un mot ou un syntagme et le met entre guillemets métalinguistiques La proposition Marie n'est pas « très jolie », prononcée en réponse à l'affirmation Marie est très jolie avec un fort accent sur très jolie, laisse entendre soit que Marie est beaucoup plus jolie, soit que Marie est beaucoup moins jolie que ne l'affirme l'interlocuteur.

Ne pas confondre « métalinguistique » et « métadiscursif ». Voir la page connexe Les phénomènes métadiscursifs - vue d'ensemble. Une remarque métalinguistique examine au microscope la valeur d'un élément langagier spécifique ; une remarque métadiscursive concerne le canal de communication en général.

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