HAUT DE PAGE

PAGE D'ACCUEIL      TABLE DES MATIÈRES      

RECHERCHE PAR MOTS-CLÉS      RECHERCHE PAR MOTS DISPERSÉS      RECHERCHE PAR MOTS CONSÉCUTIFS


TITRE
Le comparatif - introduction (362)

ASCENDANCE

PAGES SŒURS
Le comparatif - introduction (362)

SOMMAIRE
Les preuves d'existence du degré adjectival en français
Comparatifs simples, comparatifs composés
Comparatifs ascendants et descendants
Mobilité de l'adverbe de degré
Comparaison et coordination
Richesse lexicale des comparatifs simples
Comparatif et superlatif
Épithète et prédicat
Les comparatifs lexicaux
Les syntagmes communs
La famille de plus en plus
Toujours
La famille en
La famille d'autant plus que
La famille l'un plus...que l'autre
Remarque organisationnelle

Les preuves d'existence du degré adjectival en français

À première vue, une description purement synchronique du français ne paraît pas justifier le concept de comparatif : plus et moins sont des adverbes de degré banals, qui, pourrait-on dire, ne diffèrent en rien de très, trop ou assez. À y regarder de plus près, cependant, le degré adjectival français s'avère une réalité. Il a deux preuves d'existence.

Un petit nombre d'adjectifs et d'adverbes ont un comparatif simple (non périphrastique) issu directement du latin. La morphologie du comparatif est donc réelle, même si vestigiale. (De même, la morphologie du cas est réelle, bien que limitée à quelques pronoms.)

L'emploi de l'article défini comme marque du superlatif, surtout lorsque l'adjectif est postposé, comme dans le garçon le plus grand de la classe, est une solution spécifique, originale, irréductible. Nous en reparlerons.

Comparatifs simples, comparatifs composés

Les comparatifs composés (ou périphrastiques) sont des adjectifs ou des adverbes précédés ou suivis de plus ou de moins.

Il y a un petit groupe de comparatifs simples (aussi appelés irréguliers). Les comparatifs simples empruntent leur forme directement au latin, sans recourir à un adverbe de degré.

Comparatifs ascendants et descendants

Nous appelons comparatifs ascendants les comparatifs composés formés au moyen de plus : plus beau, plus riche. Nous appelons comparatifs descendants les comparatifs composés formés au moyen de moins : moins beau, moins riche.

Il n'y a aucune raison de refuser le statut de comparatif aux adjectifs et aux adverbes précédés ou suivis de l'adverbe de degré moins.

Mobilité de l'adverbe de degré

L'adverbe de degré (plus, moins) est normalement antéposé. Il peut être postposé lorsqu'il est suivi d'un second pôle long ou d'un second pôle qui est une subordonnée : *Pierre est malade plus est exclu, mais ?Pierre est malade plus que Paul est moyennement acceptable et Pierre est malade plus que je ne pensais est tout à fait normal.

Comparaison et coordination

L'adverbe de degré est généralement répété dabs la coordination : moins belle et moins intelligente, plus lentement et plus prudemment. La non-répétition n'est possible que si les deux adjectifs sont étroitement liés (plus grand et fort), mais la répétition est toujours préférable.

Richesse lexicale des comparatifs simples

Les comparatifs simples (mieux, pire, pis, moindre, etc.) ne sont pas simplement des comparatifs formés sans recours à l'adverbe de degré plus. Ce sont des mots qui entrent dans de nombreux syntagmes originaux. Ils s'acquittent de leur devoir de comparatif, mais ce devoir n'explique pas tout le spectre de leurs comportements.

Comparatif et superlatif

Il y a un lien étroit en français entre le comparatif et le superlatif. Cela n'est ni une nécessité logique ni une nécessité linguistique. Il y a des langues qui ont l'un sans avoir l'autre et il y a des langues qui utilisent deux méthodes indépendantes pour produire les deux degrés.

Épithète et prédicat

L'adjectif comparatif peut être épithète et complément prédicatif en français : il nous faut une plus grande maison et cette maison est plus grande. Ce n'est pas une nécessité linguistique.

Les comparatifs lexicaux

Avec préféré et préférable, le second pôle est marqué par à. En principe, le verbe préférer, lui aussi, régit à, mais il peut aussi être suivi du connecteur que.

La plupart des adjectifs apparentés aux comparatifs prépositionnels latins (antérieur, extérieur, inférieur, intérieur, postérieur, supérieur) ont un second pôle construit avec à et un complément de différence construit avec de. Citérieur et ultérieur n'admettent pas de compléments.

Aîné et cadet ont une construction spécifique : le second pôle est le « possesseur » du premier.

Pierre est l'aîné de Paul
il est son aîné

Leur complément de différence, construit avec de, est normal.

Les syntagmes communs

La famille de plus en plus

de plus en plus
de moins en moins
de mieux en mieux
de mal en pis

de plus en plus paresseux
de moins en moins appliqué

De plus en plus et de moins en moins sont endocentriques. Leur noyau est le comparateur. Ils remplissent toutes les fonctions remplies par plus et moins : ils peuvent se comporter en adverbe, en nom et en délimiteur.

il était de plus en plus étonné (adverbe)
son visage montrait de plus en plus d'étonnement (délimiteur)

Toujours

toujours plus = de plus en plus,
toujours mieux = de mieux en mieux,
toujours plus pessimiste = de plus en plus pessimiste

La famille en

en mieux
en pire
en plus bête
en plus joli

La famille d'autant plus que

d'autant plus que
d'autant moins que
d'autant mieux que
d'autant plus important que

La famille l'un plus...que l'autre

Voir la page connexe Les comparateurs.

Remarque organisationnelle

Sur les pages sœurs de cette introduction nous examinons la syntaxe et la sémantique de

davantage
meilleur
mieux
moindre
moins
pire
pis
plus
plutôt

Ces mots représentent non seulement le comparatif, mais aussi le superlatif de certains adjectifs. Pour plus de commodité, nous avons réuni les deux degrés sur la même page pour chacun de ces mots. Nous ne reviendrons plus sur ces mots dans la section consacrée au superlatif.

RETOUR EN HAUT DE PAGE