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La comparaison - introduction (351)

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La comparaison - introduction (351)

SOMMAIRE
Forme et terminologie
Caractéristiques de la comparaison
Endocentrisme
Polymorphie
Corrélation
Discontinuités
Ambigüité
Pôles et bases
La comparaison à second pôle sous-entendu
La comparaison de comparaisons
Les comparaisons à second pôle non nominal
La comparaison propositionnelle

Forme et terminologie

La forme générale du syntagme de comparaison est

[comparateur * base * que * second-pôle * de * différence]

Dans la proposition Pierre est plus grand que Paul de trois centimètres

§ Pierre est le PREMIER PÔLE de comparaison

§ plus est le COMPARATEUR

§ grand est la BASE de comparaison

§ que est le CONNECTEUR de comparaison

§ Paul est le SECOND PÔLE de comparaison

§ de trois centimètres est le COMPLÉMENT DE DIFFÉRENCE

Le premier pôle de comparaison ne fait pas partie du syntagme de comparaison.

Pour l'examen des comparateurs, du connecteur et du complément de différence, voir les trois pages sœurs qui suivent.

Caractéristiques de la comparaison

-endocentrisme
-polymorphie
-corrélation
-discontinuités
-ambigüité

§ Endocentrisme

La base de comparaison est le noyau du syntagme de comparaison. La sortie du syntagme de comparaison a la même catégorie grammaticale que la base de comparaison. Dans Pierre est plus grand que Paul, l'expression plus grand que Paul a le même comportement adjectival que grand. Dans Pierre marche plus vite que Paul, l'expression plus vite que Paul a le même comportement adverbial que vite.

§ Polymorphie

Les noyaux se recrutent parmi toutes les catégories grammaticales. Dans les exemples donnés ci-dessus, grand est adjectif, vite est adverbe. Les noms employés comme adjectifs prennent plus et moins : ceci est plus tendance que cela. Les expressions prépositionnelles admettent la comparaison :

devenu plus à la mode
le feuilleter plus à loisir
le plus à gauche
le plus au courant
le plus en vue
les branches le plus près de la fenêtre
les participants les plus à même de

La comparaison n'est pas limitée selon la fonction grammaticale non plus. Elle est applicable à tous les actants du verbe, à tous les types de complément du nom ou de l'adjectif :
c'est plus facile à dire qu'à faire
j'en veux plus à Pierre qu'à Paul
il est plus malin que savant

§ Corrélation

Le second pôle de comparaison (Paul dans les exemples) fait partie du syntagme, mais le premier pôle de comparaison (Pierre dans les exemple) n'est ni marqué ni localisé. Donc il n'existe qu'une corrélation longue distance, sémantique, extrasyntagmatique entre les deux pôles de comparaison. Le syntagme de comparaison n'a pas de forme sous-jacente restituable sans risque. Sa seule forme est la forme de surface. Il est interprété par l'auditeur-lecteur au cas par cas.

§ Discontinuités

Pierre est un plus grand poète que Paul

La base de comparaison est grand, mais le mot poète, qui est la cible de l'adjectif grand, s'intercale dans le syntagme de comparaison. Le syntagme de comparaison et le syntagme [adjectif * nom] s'entrelacent. La forme non discontinue serait Pierre est un poète plus grand que Paul.

Pierre a moins bien travaillé que Paul

Bien est un adverbe flottant qui se déplace volontiers vers la gauche de la partie non fléchie du verbe composé. Si bien est qualifié par un comparateur (moins), ce comparateur est forcé de se délester du second pôle (que Paul). La forme non discontinue serait Pierre a travaillé moins bien que Paul.

il n'avait pas mesuré aussi complètement les conséquences de sa décision qu'il aurait été souhaitable

Aussi complètement pourrait suivre l'objet direct les conséquences de sa décision, auquel cas la discontinuité serait évitée. En revanche, il n'est pas question de faire précéder l'objet direct par le syntagme continu aussi complètement qu'il aurait été souhaitable. Si l'on préfère introduire l'idée de comparaison (aussi complètement) avant l'objet direct, la seule solution est la discontinuité.

§ Ambigüité

Le syntagme de comparaison est souvent ambigu. La polymorphie, la corrélation et la discontinuité en sont conjointement responsables. On pourrait aussi avancer l'hypothèse que le simple syntagme comparatif est toujours la transformée elliptique d'une comparaison propositionnelle.

Paul aime Arthur plus que Mathilde

est une transformée elliptique soit de

Paul aime Arthur plus que Mathilde n'aime Arthur

soit de

Paul aime Arthur plus qu'il n'aime Mathilde.

Sans filtre sémantique, peux-tu sauter plus haut que la tour Eiffel ? peut s'interpréter soit comme peux-tu sauter plus haut que la tour Eiffel n'est haute ?, soit comme peux-tu sauter plus haut que la tour Eiffel n'en est capable ?.

Pierre m'a fait les mêmes reproches pourrait avoir

que Paul,
qu'à Paul
que d'habitude
que si j'avais tué père et mère

pour second pôle.

Pôles et bases

Ce n'est pas un tableau méthodique, mais une liste non exhaustive de structures possibles en vrac.

§ Pôles = sujets

Base = complément prédicatif

Pierre est plus grand que Paul

Base = adverbe du verbe

Pierre travaille plus que Paul
Pierre va au théâtre plus souvent que Paul

Base = objet direct non dénombrable

Pierre boit plus de café que Paul

Base = objet direct dénombrable

Pierre fume plus de cigarettes que Paul

Base = nombre des sujets

il y a plus de beurs que de feuj dans ma classe

§ Pôles = objets directs

Base = quantité des objets directs

elle a acheté plus de pommes que de bananes

Base = adverbe de degré du verbe

Pierre aime Eugène Sue mieux que Flaubert

§ Pôles = compléments régis

Base = adverbe du verbe

Pierre parle plus souvent de sa famille que de sa carrière

§ Pôles = circonstances

Base = complément prédicatif

Pierre est plus riche maintenant qu'auparavant

Base = adverbe de manière

Pierre danse plus flirteusement qu'élégamment

§ Pôles = compléments prédicatifs

Base = complément prédicatif

il est plus paresseux que bête
il est plus bon que juste
il est plus sourd que muet
il est plutôt bête que bon
plus décoratifs que nécessaires
plus contestés que souhaités
moins contradictoire que complémentaire
cette caisse est plus haute que large

§ Pôles = participes passés de verbes composés

Base = objet direct indiquant la quantité

il a moins mangé que bu

§ Pôles = infinitifs régis par un verbe

Base = degré

elle veut moins visiter ses parents que fuir son mari

La comparaison à second pôle sous-entendu

il nous faut une plus grande voiture (que celle que nous avons)
je veux étudier ce document plus à loisir (que je ne peux le faire maintenant)

La comparaison de comparaisons

La paraphrase de ?Pierre est PLUS PLUS grand que Paul que Marie n'est plus grande que Juliette est la différence entre la taille de Pierre et celle de Paul est plus grande que la différence entre la taille de Marie et celle de Juliette. Certains locuteurs acceptent la réduction haplologique de plus plus.

Les comparaisons à second pôle non nominal

Nous parlerons tout à l'heure du connecteur de comparaison. Nous considérons le connecteur de comparaison comme une préposition régie par les comparateurs, tels qie plus. L'argument de la préposition que tend à être nominal (Pierre est plus grand que Paul), mais il y a des types de comparaison qui démentent cette tendance générale. Nous allons les examiner en detail.

La comparaison propositionnelle

Dans les phrases Pierre se lève plus tard que Paul ne se couche et Pierre est plus bête que je ne pensais, le second pôle est une proposition. Nous disons que ces phrases comportent une comparaison propositionnelle.

Une comparaison qui n'est pas propositionnelle est un comparaison simple.

La comparaison unipolaire est un sous-type de la comparaison simple. Nous en reparlerons.

La comparaison proportionnelle est un sous-type de la comparaison propositionnelle (sic). Nous en reparlerons.

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