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Emplois spécialisés de pour - subordination fléchie (327)

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PAGES SŒURS
Emplois spécialisés de pour - subordination fléchie (327)

SOMMAIRE
Nécessité, suffisance, excès
Subordonnée libre finale
Subordonnée libre causale métadiscursive - 1
Subordonnée libre conditionnelle - pour peu que
Subordonnée libre conditionnelle - pour un peu et
Subordonnée libre concessive
Subordonnée régie - être pour
Subordonnée régie - raison pour
Subordonnée régie - chances pour
Transgression d'un tabou

Nécessité, suffisance, excès

Voir la page connexe Emplois spécialisés de pour - nécessité, suffisance, excès.

Subordonnée libre finale

Voir l'examen détaillé des subordonnées finales fléchies à la page connexe La subordonnée finale fléchie.

Subordonnée libre causale métadiscursive - 1

Dans la proposition mais qu'a-t-elle donc pour que lui aussi la trouve belle ?, la subordonnée pour que lui aussi la trouve belle exprime une cause métadiscursive, c'est-à-dire la cause d'une constatation, plutôt que la cause d'un fait constaté. Pour l'examen détaillé de la subordination causale métadiscursive, voir les pages connexes La subordonnée causale fléchie - les dimensions, La subordonnée causale fléchie - les conjonctions.

mais qu'a-t-elle donc pour que lui aussi la trouve belle ?
que s'est-il passé pour que tu aies changé d'avis ?
que vous ai-je donné pour que vous pleuriez ? (Musset)
quel mensonge déprimant était-elle en train de faire pour qu'elle eût ce regard douloureux ? (Proust)
pour qu'elle fût si différente, que lui était-il arrivé ? (Boylesve)

La subordonnée causale métadiscursive du type pour a une version infinitive :

as-tu le cauchemar pour gémir ainsi ?
comme elle est habile pour lire dans ma pensée
es-tu devenu fou pour insulter ainsi notre bienfaiteur ?
n'aimait-il donc pas la vie, pour tant désirer la mort ?
où est-tu allé pour être ainsi en retard ?
qu'a-t-il donc pour sortir tout éperdu, sans voir personne ?
qu'as-tu pour pleurer ainsi ?
qu'avait-elle donc, après soi, pour aguicher ainsi les hommes ? (Carco)
qu'avait-il de si pressé, de si grave à dire, pour venir jusque là dans ce guêpier d'ennui ? (A. Daudet)
qu'avait-il donc commis pour aller au bagne ? (Zola)
qu'est-ce que j'ai donc fait pour avoir si sommeil (Rolland)
qu'est-ce que j'ai fait à Dieu pour avoir mis au jour un fils si coupable ?
qu'est-ce que je t'ai fait pour me torturer à ce point-là (anomalie de corrélation)
qui es-tu pour porter des jugements pareils ?
qui es-tu, toi, pour venir aujourd'hui sur cette terre sacrée ? (Anouilh)

Sémantiquement, cette construction n'est pas tout à fait homogène. Par les verbes tels que être ou avoir, on se renseigne sur un motif interne ; par les verbes tels que faire ou commettre, on se renseigne sur une force externe.

Subordonnée libre conditionnelle - pour peu que

Voir la page connexe Peu - rubrique Peu - syntagmes mineurs et locutions.

Subordonnée libre conditionnelle - pour un peu et

Voir la page connexe Peu - rubrique Peu - syntagmes mineurs et locutions.

Pour l'examen des subordonnées conditionnelles réduites, voir la page connexe Les ressources mineures de la prémisse - rubrique La prémisse averbale.

Subordonnée libre concessive

Voir la page connexe Emplois spécialisés de pour - le système concessif.

Subordonnée régie - être pour

Le verbe être est un verbe de choix : comme voter ou comme se prononcer, il régit pour. Être pour se construit avec des noms, des infinitifs ou avec des subordonnées fléchies.

[être * pour * nom]

je suis pour la réduction des dépenses
je suis pour l'Italie

[être * pour * infinitif]

je suis pour réduire les dépenses
je suis pour aller en Italie

[être * pour * que * proposition]

je suis pour qu'on réduise les dépenses
je suis pour qu'on aille en Italie

Subordonnée régie - raison pour

Le nem raison régit, le plus souvent, de, mais il peut aussi régir pour. De même que être pour, raison pour se construit avec des noms, des infinitifs ou des subordonnées. La subordonnée qui suit raison pour est régie. La construction raison pour que s'emploie surtout dans les propositions interrogatives (est-ce une raison pour que) et dans les propositions négatives (ce n'est pas une raison pour que).

Subordonnée régie - chances pour

il y a une chance sur cent (pour) que
il a peu de chances (pour) que

Transgression d'un tabou

Les trois subordonnées régies fléchies que nous venons d'examiner (être pour que, raison pour que, chances pour que) recèlent une anomalie intéressante, qui n'est peut-être pas décelable à première vue. La séquence pour que dans ces constructions n'est pas la conjonction adverbiale finale pour que. Elle résulte de la juxtaposition d'un pour régi (par être, par raison ou par chances) et du nominalisateur que.

Or la subordination régie respecte le tabou de la séquence [préposition-régie * que]. Voir la page connexe La subordonnée complément prépositionnel fléchie. Exemple : *Marie se souvient de que Pierre n'aime pas la soupe à l'oignon. Pour éviter de que, on recourt soit à l'omission de la préposition (Marie se souvient que Pierre n'aime pas la soupe à l'oignon), soit à l'intercalation de ce entre la préposition régie et que (?Marie se souvient de ce que Pierre n'aime pas la soupe à l'oignon). Le plus souvent il n'y a qu'une seule solution qui soit possible avec un verbe donné.

La subordonnée régie introduite par pour que brave le tabou : la solution *je suis qu'on aille en Italie serait absurde et la solution ??je suis pour ce qu'on aille en Italie serait recherchée et lourde.

Le non-respect de l'interdit qui frappe le syntagme [pour * que] régi s'explique probablement par l'influence de la conjonction adverbiale finale pour que.

Il ne suit pas de ce que nous venons de dire que pour ce que ne soit jamais possible. Dans connu pour ce qu'il est très compétent et efficace, ce que est le nominalisateur normal qui suit les syntagmes prépositionnels non regrammaticalisés en conjonctions. Voir la page connexe Que - mot multifonctionnel.

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