La pronominalisation dans les subordonnées infinitives
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La pronominalisation dans les subordonnées infinitives (190)

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La pronominalisation dans les subordonnées infinitives (190)

SOMMAIRE

Introduction

Exemples liminaires

il le voulait manger
il le lui a fait boire

Dans certains contextes grammaticaux, les compléments conjoints du verbe d'une subordonnée infinitive peuvent ou doivent se déplacer vers la gauche et prendre place devant le verbe fléchi de la superordonnée. Ce phénomène s'appelle la montée des pronoms personnels conjoints.

Comme on verra, ce phénomène se manifeste dans plusieurs domaines : les verbes factitifs, semi-factitifs et de perception, les verbes semi-auxiliaires, les verbes supports, les verbes admettant la construction sujet-sujet, les verbes à sujet propositionnel infinitif.

En et y sont des pronoms prépositionnels conjoints. Leur comportement de montée est le même que celui des pronoms personnels conjoints. On verra quelques exemples qui concernent y ou en.

Verbes factitifs, quasi-factitifs et de perception


La montée des compléments conjoints est obligatoire avec ces trois types de subordonnée.

il le lui fait boire
il s'est vu retirer son permis
il l'a envoyé chercher

Verbes semi-auxiliaires


La montée avec les verbes semi-auxiliaire s'observe surtout dans la langue littéraire. Elle est assez courante avec pouvoir et devoir, un peu moins avec vouloir, aller, venir et falloir

autant qu'on en peut juger
cela se peut faire
comme si quelqu'un y venait d'entrer
d'autres en auraient pu faire un livre (Gide)
des paroles balbutiées si bas qu'il les fallait presque deviner (Maupassant)
elle goûte la mort autant que la peut goûter une vivante (Mauriac)
elle n'en voulait rien savoir (Zola)
il gardait une douceur de voix presque enfantine qui les achevait d'abasourdir (Courteline)
il l'alla voir le lendemain (France)
il le doit faire
il m'y fallait pénérer
il n'en pouvait douter (Maupassant)
ils s'allaient quitter (Flaubert)
je n'y puis tenir (France)
l'ami Chavanax lui vint emprunter une pincée de tabac (Courteline)
nous l'irons voir demain
nul lecteur avisé ne les pourrait confondre (Gourmont)
si je vous disais, vous ne me voudriez pas croire (Duhamel)
son père la voulut contraindre à épouser un seigneur de son entourage
tu m'iras chercher ce soir le spadassin que je t'ai dit (Musset)

Verbes supports


La montée des compléments conjoints avec les verbes supports est limitée dans la langue moderne :

?j'y devais rencontrer mes enfants
?je l'ai achevé de peindre
?je le veux peindre
*je l'essaie de peindre
*je le pense peindre
*nous les y avons forcé à aller

Jusqu'au dix-neuvième siècle, la montée des pronoms personnels conjoints était possible avec tous les verbes supports (par exemple, avec venir, savoir, oser, croire, penser).

Verbes admettant la construction sujet-sujet


La montée est marginale : ?il la semble aimer

Verbes à sujet propositionnel infinitif


La montée est facultative :

il le faut faire
il n'y faut pas compter

Remarques

La montée des pronoms conjoints et les verbes pronominaux

Voir l'examen de la pronominalisation réfléchie à la page connexe La réflexivité. Lorsque le verbe de la subordonnée infinitive est un verbe réfléchi, la montée du pronom réfléchi conjoint entraîne le changement de verbe auxiliaire dans la principale. Il serait tout à fait logique de vouloir transformer il a voulu se venger en *il s'a voulu venger, mais la grammaire en a décidé autrement : la solution correcte est il s'est voulu venger. La montée du pronom conjoint est accompagnée de la montée de la réflexivité.

Les groupes de pronoms


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