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TITRE
La division du travail entre lui/leur et y (187)

ASCENDANCE

PAGES SŒURS
La division du travail entre lui/leur et y (187)

SOMMAIRE
Renvois
Verbes
Division du travail entre lui / leur et y
Division du travail entre lui / leur et y - introduction
Verbes datifs purs - toujours lui / leur
Verbes locatifs purs - toujours y
Verbes datif-locatifs - animé = lui / leur, inanimé = y
L'homologue inanimé du datif cognitif
Pronominalisation de la subordonnée infinitive ou fléchie
Pronominalisation de [à * infinitif] par y permise
Pronominalisation de [à * infinitif] par y pas permise
Y régi - détails
Y représentant une préposition régie autre que à
Réflexivité
Y comme trace dans le détachement
Personnes, nombres, genres
Adjectifs
Adjectifs - introduction
Pronominalisation par des pronoms personnels
Cas général
Compléments pronoms personnels - détails
Adjectifs - groupe psychologique / physique
Participes passés
Participes présents
Comparaison des deux participes
Pronominalisation par le pronom prépositionnel y
Position d'épithète et position prédicative
L'antécédent de y
Adjectifs à double comportement conjoint
Noms régissant à

Renvois

Pour l'examen des verbes régissant à, voir la page connexe Emplois généraux de à - [verbe * à * nom].

Pour l'examen des adjectifs régissant à, voir la page connexe Emplois généraux de à - [adjectif * à * nom].

Pour l'examen du pronom prépositionnel y, voir la page connexe Pronoms prépositionnels - y.

Pour l'examen de l'asymétrie des cas conjoints et des cas disjoints et pour l'examen des deux rôles majeurs de la préposition à (rôle datif et rôle locatif), voir la page connexe Les fonctions des formes disjointes - rubrique Asymétrie des séries conjointe et disjointe.

Verbes

Division du travail entre lui / leur et y

Division du travail entre lui / leur et y - introduction

Le seul cas régi auquel nous nous intéressons sur cette page est le cas à. Le fait que le sens de certains verbes varie selon qu'ils régissent le cas à ou l'objet direct ne retiendra pas notre attention. Quelques verbes qui présentent cette particularité :

aider
apprendre
aspirer
assister
croire
goûter
manquer
mordre
pallier
présider
regarder
réussir
satisfaire
souscrire
toucher
viser

Les verbes se répartissent en trois catégories majeures du point de vue de la pronominalisation du syntagme [à * nom] :

la catégorie dative pure qui, pronominalise son complément toujours par lui / leur

la catégorie locative pure, qui pronominalise son complément toujours par y

la catégorie mixte dative-locative, qui pronominalise son complément soit par lui / leur soit par y selon que le complément est animé ou inanimé.

Chacune des deux catégories pures a un statut biologique caractéristique : lui / leur représente le plus souvent une personne, y représente le plus souvent une chose. Toutefois, on verra que le statut biologique de l'antécédent peut être l'opposé du statut biologique caractéristique du pronom dans certains cas. Autrement dit, il y a pureté par rapport au type de pronom, mais pas par rapport au statut biologique.

Verbes datifs purs - toujours lui / leur

Le complément [à * nom] de ces verbes est toujours représenté par lui / leur. Le complément naturel de ces verbes est animé, mais il peut être inanimé par extension.

accorder
acheter
aider
applaudir
apprendre
arracher
attribuer
causer
céder
chanter
convenir
coûter
demander
devoir
diagnostiquer
dire
donner
emprunter
enlever
enseigner
envoyer
équivaloir
expliquer
faire de la peine
falloir
jeter
jurer
lancer
léguer
louer
marier
mentir
naître (il lui est né un fils)
nuire
obéir
offrir
pardonner
parler
permettre
peser
plaire
poser
prendre
promettre
proposer
redonner
répugner
réussir
remettre
rendre
rester
servir
souhaiter
suffire
sourire
succéder
survivre
tarder
téléphoner
tendre
valoir
vendre
venir (il lui est venu l'idée, lui venir en aide)
voler

L'emploi des verbes datifs avec des compléments inanimés ne pose aucun problème grammatical. Ses limitations sont sémantiques ou stylistiques.

un peu de sel lui donnera davantage de saveur
cela lui redonne de l'intérêt (à cette question)
ces choses-là, il ne faut pas leur accorder trop d'importance
ça lui enlève de l'importance (à cette question)
lui donner une nouvelle définition (à un terme)
lui redonner du tonus (à la peau)
des prés leur succédèrent (aux champs de blé)

Pour l'emploi généralisé de y comme pronom conjoint objet indirect, voir la page connexe Les règles de base des formes conjointes - phénomènes mineurs. Les locuteurs qui disent j'y dirai, disent aussi j'y ai serré la main et j'y ferai faire ses devoirs.

Verbes locatifs purs - toujours y

Le complément [à * nom] de ces verbes est toujours représenté par y.

Le complément naturel de ces verbes est inanimé. Cependant, certains verbes de cette catégorie admettent des compléments animés comme antécédents de y.

Complément inanimé

accéder
accourir
accrocher
adhérer
applaudir
aspirer
assister
attacher
avoir affaire
avoir recours
changer
comparer
comprendre
connaître
consentir
contribuer
courir
donner prise
en appeler
en référer
faire allusion
faire appel
faire attention
forcer
gagner
goûter
habituer
inviter
jeter
jouer
lancer
mettre un terme
monter
mordre
nuire
obliger
pallier
participer
parvenir
passer son temps
penser
persister
porter intérêt
pouvoir
présider
prendre garde
prendre intérêt
procéder
réfléchir
répugner
rêver
recourir
regarder
remédier
renoncer
rimer
s'accoter
s'appuyer
s'attendre
s'essayer
s'intéresser
satisfaire
se connaître
se faire
se mettre
se refuser
songer
souscrire
tendre
tenir
toucher
travailler
unir
vaquer
veiller
viser

Certains verbes admettent facultativement des antécédents animés avec y. Les verbes en question sont surtout psychologiques :

j'y fais attention (à mon petit frère)
j'y pense toujours (à Marie)
j'y songe souvent (à Marie)
j'y renonce (à Marie)
je m'y accroche (à Marie)
j'y tiens (à Marie)

Cette construction, quoique parfaitement grammaticale, a perdu du terrain dans la langue parlée. Normalement, on se sert de la série disjointe à lui pour représenter les antécédents animés des verbes à prédominance locative. On a donc

j'y pense toujours = je pense toujours à elle
j'y fais attention = je fais attention à lui
j'y tiens = je tiens à elle
j'y renonce = je renonce à elle

Notons que la pronominalisation par pronom conjoint (lui / leur) ne s'offre pas dans ces cas.

L'emploi de y est courant avec un antécédent animé métonymique, c'est-à-dire lorsque l'antécédent animé apparent représente en réalité une situation ou une abstraction. (La règle analogue s'applique à en.)

Verbes datif-locatifs - animé = lui / leur, inanimé = y

Les compléments [à * nom] de ces verbes sont animés ou inanimés. Les compléments animés sont représentés par lui / leur. Les compléments inanimés sont représentés par y.

Les verbes datifs-locatifs se divisent en deux catégories :

ceux qui ont un seul sens, également valable dans les sphères animée et inanimée et

ceux dont le sens dépend du pronom représentant le complément et du statut biologique.

Verbes à un sens, mais deux statuts biologiques

adjoindre
appartenir
apporter
assimiler
associer
attacher
attribuer
céder
comparer
confronter
consacrer
corréler
correspondre
croire
donner
échapper
écrire
équivaloir
enlever
envoyer
jeter
jumeler
juxtaposer
lancer
manquer
opposer
parvenir
porter
préférer
répondre
résister
ressembler
revenir
se fier
subordonner
survivre
téléphoner

Verbes dont le sens varie selon le pronom conjoint employé comme complément

aller (endroit, vêtement)
arriver
croire (mythe, personne)
manquer (devoir, argent)
réussir
rester
tendre
voler

Exemples des constructions parallèles

consacrer sa vie à ses enfants la leur consacrer
consacrer sa vie au travail l'y consacrer

envoyer une lettre à son professeur lui envoyer une lettre
envoyer une lettre à l'école y envoyer une lettre

répondre à une personne lui répondre
répondre à une lettre y répondre

lui prêter une oreille attentive
y prêter une oreille attentive

ressembler à son père lui ressembler
ressembler à une photo y ressembler

il ressemble à un Chinois de mes amis il lui ressemble
il ressemble aux Chinois du Vietnam il y ressemble

il a comparé Pierre à Paul il lui a comparé Pierre
il a comparé Pierre à un robot il y a comparé Pierre

appartenir à une personne lui appartenir
appartenir à un groupe y appartenir

survivre à son enfant lui survivre
survivre à un accident y survivre

ce n'est pas l'envie qui manque à Pierre lui manquer
il manque à son devoir y manquer

L'homologue inanimé du datif cognitif

Je lui trouve beaucoup de sérieux est un exemple du datif cognitif. Le datif cognitif ne s'emploie qu'avec les personnes. Pour construire les mêmes verbes cognitifs (trouver, reconnaître, etc.) avec un pronom représentant une chose, on se sert de y. (À moins de chercher un effet de personnification.)

je lui trouve des qualités (à Pierre)
j'y trouve des qualités (à ce livre)
ce film était beau, je lui ai trouvé du charme (personnification)

Pronominalisation de la subordonnée infinitive ou fléchie

Avec certains verbes régissant à, le rôle nominal dans [à * nom] peut être assumé par une subordonnée infinitive ou fléchie. Cette catégorie se subdivise en deux groupes : les verbes qui admettent la pronominalisation de la subordonnée par y et ceux qui ne l'admettent pas. Nous ne nous intéressons pas ici à la distribution des subordonnées infinitives et fléchies. Voir l'examen du syntagme [verbe * à ce que] à la page connexe La subordonnée complément prépositionnel fléchie.

Pronominalisation de [à * infinitif] par y permise

aboutir
aider
arriver
aspirer
autoriser
avoir avantage
concourir
consentir
contribuer
échouer
engager
exceller
forcer
incliner
inviter
obliger
œuvrer
parvenir
peiner
penser
persévérer
persister
prétendre
réfléchir
répugner
résister
réussir
rechigner
regimber
renâcler
renoncer
revenir
se complaire
se hasarder
se plaire
se refuser
songer
souscrire
tarder
tendre
tenir
travailler
veiller
viser

Pronominalisation de [à * infinitif] par y pas permise

aimer
apprendre
avoir de la peine
avoir du mal
chercher
commencer
consister
continuer
demander
équivaloir
en venir
hésiter
peiner
revenir
servir

Y régi - détails

Y représentant une préposition régie autre que à

On voit souvent affirmé que le pronom y représente le syntagme prépositionnel régi [à * nom]. Or, il y a des verbes qui régissent une préposition autre que à et admettent y comme leur complément conjoint. Y peut représenter à, dans, en, sur, sous, chez. Nous consacrons une page entière à ce phénomène : voir la page connexe Pronoms prépositionnels - y. Quelques exemples :

y compter
y insister
s'y engager
y veiller
y être impliqué
s'y reconnaître

Dans la représentation des prépositions locatives autres que à, y est souvent concurrencé par les pronoms prépositionnels du type dedans, dessus : y écrire / écrire dessus.

Réflexivité

Y ne peut pas être employé comme pronom réfléchi :

Pierre pense que Marie pense à lui
*Pierre pense que Marie y pense

Y comme trace dans le détachement

Voir la page connexe Détachement et thématisation - rubrique Trace = pronom prépositionnel y.

ça y ressemble, à du vin
elle y a rencontré Pierre, à Paris
j'y pense souvent, à cette fille
j'y répondrai volontiers, à tes questions

Personnes, nombres, genres

Y peut représenter les trois personnes, les deux nombres et les deux genres.

je pense à toi et j'y penserai toujours
je pense à vous toutes et j'y penserai toujours
je pense à un jardin j'y pense
je pense à des jardins j'y pense

L'infinitif final comme antécédent de y

je vais me coucher j'y vais (infinitif final)
je vais vous répondre *j'y vais (infinitif non final)

Adjectifs

Adjectifs - introduction

Certains adjectifs régissent l'objet indirect. Parmi ces adjectifs, les uns (comme inconnu) pronominalisent leur complément par des pronoms personnels conjoints (lui / leur), les autres (comme enclin) le font par le pronom prépositionnel conjoint y. Il y en a même qui admettent les deux types de pronoms conjoints, selon que le complément est animé ou inanimé (par exemple fidèle).

Pronominalisation par des pronoms personnels

Cas général

Dans la position d'épithète, le syntagme complément prend toujours la forme disjointe. Dans la position de complément prédicatif, le complément prend la forme conjointe. Plus exactement, l'objet indirect monte au niveau du verbe et prend place à sa gauche sous la forme conjointe.

Montée de l'objet indirect - lui

une femme fidèle à lui
cette femme lui est fidèle

une caractéristique propre à eux
cette caractéristique leur est propre

ce type tellement antipathique à toi
ce type t'est tellement antipathique

une sœur inférieure à elle
sa sœur lui est inférieure

un assistant dévoué à lui
son assistant lui est dévoué

un élève semblable à lui
son élève lui est semblable

un sacrifice agréable à Dieu
ce sacrifice Lui est agréable

un chagrin inconnu à lui ou un chagrin à lui inconnu
ce chagrin lui est inconnu

la victoire acquise à lui
la victoire lui est acquise

Montée de l'objet indirect - y

il s'y sent attaché
j'y suis habitué
j'y suis opposé
j'y suis prêt
j'y suis résolu
j'y suis sensible

Compléments pronoms personnels - détails

La forme conjointe n'est possible qu'avec les verbes copulatifs intransitifs. La forme conjointe n'est possible ni avec les verbes prédicatifs transitifs, ni avec les verbes prédicatifs non copulatifs :

*je lui croyais ma sœur fidèle
*ma sœur lui est crue fidèle

La montée de l'objet indirect n'a pas lieu si le pronom est réfléchi ou réciproque. Les propositions il est fidèle à lui-même et il est toujours semblable à lui-même ne se transforment pas en *il s'est fidèle et *il s'est toujours semblable.

La forme conjointe et la forme disjointe peuvent être employées simultanément dans certains cas : il m'est plus antipathique à moi qu'à ma femme. Voir la page connexe Les fonctions des formes disjointes pour les facteurs qui exigent l'emploi des formes disjointes.

Normalement, la forme disjointe suit l'épithète : *un type à toi tellement antipathique est agrammatical dans la langue commune. On trouve cependant l'ordre inverse dans la langue littéraire, dans la langue administrative et dans certaines régions :

les faits à eux relatifs
un chagrin à lui inconnu

Le sens de certains adjectifs se différencie selon que le complément objet indirect est conjoint ou non.

Indifférent

qui ne s'intéresse pas à

Pierre est indifférent à moi

qui ne présente pas d'intérêt à

Pierre m'est indifférent

Particulier

qui appartient en propre à

cette pénétration qui lui est particulière

qui donne son caractère particulier à

le charme qui est particulier à l'aquarelle

Adjectifs - groupe psychologique / physique

Certains adjectifs psychologiques ou physiques (tels que agréable, bienveillant, commode, difficile, douloureux, dur, lourd, pénible) ont le comportement suivant :

ils régissent la forme conjointe dans la position prédicative

cette tâche m'est difficile

ils ne régissent pas la forme disjointe dans la position épithète

*une tâche difficile à moi

ils peuvent régir la préposition pour dans toutes les positions.

Tout compte fait, le comportement des adjectifs du groupe psychologique / physique est plus proche de celui des adjectifs qui admettent le datif du bénéficiaire (il m'est beau, *il est beau à moi) que du groupe général d'adjectifs régissant la préposition à (fidèle). Voir l'examen détaillé du datif du bénéficiaire à la page connexe Les fonctions de l'objet indirect libre - datif du bénéficiaire.

Participes passés

Participe passé des verbes locatifs

Si un verbe locatif est au participe passé, il est impossible de pronominaliser son complément locatif : *les gens y arrivés et *les livres y entassés ne se disent plus. On peut contourner cette difficulté au moyen du participe composé (les gens y étant arrivés) et du participe présent passif (les livres y étant entassés).

Participe passé des verbes datifs

Si un verbe datif est au participe passé, le complément pronom personnel prend la forme disjointe.

l'argent à lui confié
la chose à lui donnée
la priorité à lui accordée
les lettres à elle adressées
pour des causes à eux connues
un livre à lui recommandé
une décision à elle soumise
une étude à lui offerte
une opinion à lui rapportée

Normalement, la forme disjointe précède le verbe, mais il peut le suivre s'il est d'une certaine longueur ou s'il porte un accent très fort.

L'emploi des formes conjointes avec les participes passés (la priorité lui accordée, les lettres leur adressées) est un belgicisme. Évidemment, les formes conjointes précèdent toujours les participes passés.

Participes présents

Si le verbe régissant l'objet indirect est au participe présent, ce sont les formes conjointes qui s'imposent, mais avec appartenant on peut avoir les deux formes indifféremment (lui appartenant, à lui appartenant).

Comparaison des deux participes

Le comportement des deux participes par rapport à l'objet indirect régi se réduit à l'hypothèse que le participe passé a un caractère plus adjectival que verbal et que le participe présent a un caractère plus verbal qu'adjectival. Cette hypothèse est confirmée par plusieurs phénomènes :

On observe la même différence entre le participe présent et le participe passé dans le domaine de la négation : on a les articles non produits dans la région (négation non verbale), mais les pays ne produisant pas cet article (négation verbale).

Le pronom en désignant une provenance s'attache aux formes fléchies, à l'infinitif et au participe présent, mais ne s'emploie pas avec le participe passé : en sortir et en sortant, mais sorti de là et *en sorti.

Pronominalisation par le pronom prépositionnel y

Position d'épithète et position prédicative

Les adjectifs régissant à peuvent être classifiés selon qu'ils admettent y en position d'épithète et en position prédicative. Ces deux caractéristiques sont indépendantes.

Lorsque l'adjectif est en position prédicative, y monte au niveau du verbe prédicatif et prend place à sa gauche.

Quelques adjectifs qui admettent y en position prédicative, mais pas en position épithétique :

y être enclin
y être habitué
y être opposé
y être prêt
y être résolu

En revanche, l'adjectif afférent admet y en position adnominale (je m'occupe des questions y afférentes), mais pas en position adverbale (*les questions qui y sont afférentes).

Lorsque l'adjectif régissant y est en position prédicative, la distance entre y et l'adjectif doit être réduite au minimum : L'adjectif sensible dans on rendra Paul sensible à ces arguments peut être pronominalisé de deux façons : (A) on y rendra sensible Paul et (B) on y rendra Paul sensible. La première solution est meilleure, même s'il n'est pas besoin de rhématiser Paul.

Notons la différence entre les comportements de en et de y : en n'est jamais admis par un adjectif en position d'épithète.

L'antécédent de y

L'antécédent de y dans y appartenant, y relatif, y intéressé, y afférent et y affluent est une expression à à.

L'antécédent de y dans y compris, y contenu et y nommé est probablement une expression à dans ou un adverbe de lieu lexical.

Adjectifs à double comportement conjoint

Certains adjectifs peuvent avoir un double comportement conjoint analogue à celui des verbes :

il est fidèle à sa femme il lui est fidèle
il est fidèle à ses principes il y est fidèle

Noms régissant à

Ni les formes conjointes ni les formes disjointes ne peuvent occuper la position de complément régi par un nom. La raison du rejet de la forme conjointe est évidente : elle n'aurait pas de verbe sur lequel s'appuyer. La raison du rejet de la forme disjointe est moins évidente On verra tout à l'heure que cette difficulté peut être contournée au moyen d'une astuce syntaxique.

Pronoms disjoints

ta réponse à Pierre
*ta réponse à lui

l'offre d'une maison à ton père et à moi
*l'offre d'une maison à nous

sa fidélité à ses parents
*sa fidélité à eux

son dévouement à son patron
*son dévouement à lui

On peut contourner cette difficulté en se servant de certains verbes comme tampons entre le nom et le complément : l'offre d'une maison faite à nous, la réponse que tu lui as donnée, sa fidélité manifestée à eux, lui garder un dévouement. Voir aussi la page connexe La rection - rubrique Béquilles de rection.

Pronom conjoint y

on y a trouvé une bonne solution
si tu n'y vois pas d'inconvénient

Ces deux exemples sont grammaticaux, car y trouve dans l'un et l'autre un verbe sur quoi s'appuyer (notamment trouver et voir), bien qu'il soit régi par un nom (notamment par solution et inconvénient). En revanche, *cela y était une bonne solution est agrammatical, car le verbe être est trop léger pour supporter y.

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