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TITRE
Les règles de base des formes conjointes - détails (177)

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PAGES SŒURS
Les règles de base des formes conjointes - détails (177)

SOMMAIRE
Avec les autres formes que l'impératif affirmatif présent
Un seul pronom conjoint
Plusieurs pronoms conjoints
L'impératif négatif simplifié - 1
L'impératif négatif simplifié - 2
L'emploi des pronoms prépositionnels conjoints y et en
Avec l'impératif affirmatif présent
Un seul pronom personnel conjoint
Deux pronoms personnels conjoints
Deux pronoms prépositionnels
Avec l'impératif affirmatif présent - remarques

Avec les autres formes que l'impératif affirmatif présent

Un seul pronom conjoint

Le pronom conjoint précède la partie fléchie du verbe.

je te rejoindrai
je t'y rejoindrai
je t'en parlerai

Plusieurs pronoms conjoints

Les règles sont organisées autour de la métaphore culinaire des quatre plats.

Le menu - les quatre plats

Premier plat

les pronoms objets directs me, te, se, nous, vous, se

Deuxième plat

les pronoms objets indirects me, te, se, nous, vous, se

Troisième plat

les pronoms objets directs le, la, les

Quatrième plat

les pronoms objets indirects lui, leur

Repas - les combinaisons permises et interdites des plats

Un repas est un enchaînement de plats. Il y a des repas permis et interdits. Chaque plat ne peut être représenté que par un seul membre de son groupe. (Une seule entrée, un seul plat de résistance, un seul dessert.)

Repas A : deuxième plat * troisième plat

un objet indirect suivi d'un objet direct

je te le donnerai
je te l'y présenterai

Repas B : troisième plat * quatrième plat

un objet direct suivi d'un objet indirect

je le lui donnerai
il les leur y apportera

Détails

Les deux pronoms précèdent le verbe.

Le premier plat ne se combine pas avec le troisième plat, comme l'un et l'autre contiennent des formes objet direct.

Pour combiner un objet direct du premier plat avec un objet indirect du deuxième ou du quatrième plat, il faut se servir de la forme supplétive de l'objet indirect disjoint, c'est-à-dire du syntagme [à * pronom-disjoint]. On met cette forme après le verbe.

Exemples de l'emploi des formes supplétives

*il se me confiait il se confiait à moi
*je me vous livre je me livre à vous,
*je vous lui recommande je vous recommande à lui
*l'occasion se lui offre l'occasion s'offre à lui

Les propositions *ils me rappellent nous (ils me font penser à nous) et *tu te rappelles moi ? (te souviens-tu de moi ?) sont agrammaticales, puisque elles n'obéissent pas à la règle qui veut que ce soit l'objet indirect qui est converti à sa forme disjointe. Les formes théoriquement correctes seraient il nous rappellent à moi et tu me rappelles à toi ?, mais ces forment sont encore moins acceptables que les deux premières. Il paraît que la structure du verbe se rappeler éclipse celle du verbe rappeler.

La proposition il me rappelait toi à cet âge-là est à peu près acceptable malgré le non-respect de la règle de la division du travail entre objet direct et objet indirect. Cela s'explique par le fait que la qualification d'un pronom personnel (à cet âge-là) exige la forme disjointe. Sans qualification, on aurait il te rappelait à moi.

Présentation tabulaire

Objet direct = me
Objet indirect = me
interdit
Objet indirect = te
interdit
Objet indirect = lui
interdit
Objet indirect = nous
interdit
Objet indirect = vous
interdit
Objet indirect = leur
interdit
Objet indirect = se
interdit
Objet direct = te
Objet indirect = me
interdit
Objet indirect = te
interdit
Objet indirect = lui
interdit
Objet indirect = nous
interdit
Objet indirect = vous
interdit
Objet indirect = leur
interdit
Objet indirect = se
interdit
Objet direct = le/la
Objet indirect = me
me le/la
Objet indirect = te
te le/la
Objet indirect = lui
le/la lui
Objet indirect = nous
nous le/la
Objet indirect = vous
vous le/la
Objet indirect = leur
le/la leur
Objet indirect = se
se le/la
Objet direct = nous
Objet indirect = me
interdit
Objet indirect = te
interdit
Objet indirect = lui
interdit
Objet indirect = nous
interdit
Objet indirect = vous
interdit
Objet indirect = leur
interdit
Objet indirect = se
interdit
Objet direct = vous
Objet indirect = me
interdit
Objet indirect = te
interdit
Objet indirect = lui
interdit
Objet indirect = nous
interdit
Objet indirect = vous
interdit
Objet indirect = leur
interdit
Objet indirect = se
interdit
Objet direct = les
Objet indirect = me
me les
Objet indirect = te
te les
Objet indirect = lui
les lui
Objet indirect = nous
nous les
Objet indirect = vous
vous les
Objet indirect = leur
les leur
Objet indirect = se
se les
Objet direct = se
Objet indirect = me
interdit
Objet indirect = te
interdit
Objet indirect = lui
interdit
Objet indirect = nous
interdit
Objet indirect = vous
interdit
Objet indirect = leur
interdit
Objet indirect = se
interdit

La représentation traditionnelle à trois groupes

Nous venons de présenter la métaphore culinaire à quatre plats. La plupart des grammaires se contentent d'une représentation à trois groupes. Cette représentation bien connue est exacte et plus simple que la nôtre.

Les pronoms peronnels conjoints sont divisés en trois groupes :

Premier groupe

me, te, se, nous, vous

Deuxième groupe

le, la, les

Troisième groupe

lui, leur

Les membres du premier groupe peuvent être suivis des membres du deuxième groupe et les membres du deuxième groupe peuvent être suivis des membres du troisième groupe, mais les membres du premier groupe ne peuvent pas être suivis des membres du troisième groupe.

Ce que nous reprochons à ce schéma, c'est qu'il passe sous silence un particularité importante du premier groupe : ses membres, employés isolément, se comportent tantôt en objets directs, tantôt en objets indirects, mais, employés en binôme, ils ne peuvent jamais avoir la valeur d'objet direct. Les cinq objets direct du premier groupe sont voués à l'isolement.

L'impératif négatif simplifié - 1

Ne t'en fais pas peut être simplifié de deux façons :

La simple omission de ne donne t'en fais pas. Cette construction est tout à fait normale dans la langue parlée. L'omission de ne s'observe avec tous les modes.

L'autre méthode, elle aussi très répandue, et qui consiste à ajouter pas à la forme de l'impératif affirmatif, s'écarte de la norme.

crois-moi ou crois-moi pas
dérange-toi pas
dis-moi pas que
donne-le-lui pas
fais-le ou fais-le pas
fais-moi pas rire
fais-t'en pas
pousse-la pas
vas-y pas

Nous venons d'anticiper sur l'impératif affirmatif, qui fait l'objet de la rubrique majeure suivante.

L'impératif négatif simplifié - 2

Dans la langue populaire ou familière, l'impératif négatif de certains verbes peut être dépouillé à la fois de son négateur et de son conégateur. Ce sont des phénomènes isolés.

t'occupe (= ne t'occupe pas de ça)
t'inquiète (= ne t'inquiète pas).

La négation se réduit à deux indices syntaxiques : la position préverbale du pronom réfléchi et à sa forme conjointe.

Pas touche au grisbi est un autre phénomène isolé.

À vrai dire, ces phénomènes n'ont rien à voir avec les pronoms personnels conjoints. Cependant, nous avons jugé utile de réunir sur cette page les deux types de simplification de l'impératif négatif.

L'emploi des pronoms prépositionnels conjoints y et en

Dans toutes les règles présentées sur cette page, les pronoms personnels conjoints peuvent être suivis des pronoms prépositionnels conjoints y et en. Y et en peuvent êtres présents simultanément. Y précède en. On vient de voir les exemples dans l'examen des groupes de pronoms personnels conjoints.

Évidemment, y, en et y en peuvent aussi être employés seuls, c'est-à-dire sans pronoms personnels conjoints :

nous en reparlerons
nous y allons

La voyelle de me, te, le et se s'élide devant y et en, donnant m'y, m'en, etc.

je m'y prépare
tu t'en fous

La question de l'élision devant y/en à l'impératif affirmatif est beaucoup plus complexe. Nous allons la discuter dans la rubrique majeure qui suit.

Avec l'impératif affirmatif présent

Un seul pronom personnel conjoint

Le pronom conjoint suit le verbe. Les formes conjointes de la troisième personne prennent l'accent tonique. Les formes de la première et de la deuxième personne sont converties aux formes disjointes.

Les pronoms prépositionnels y et en prennent les deuxième et troisième places.

Sans pronom prépositionnel

embrasse-le
embrasse-moi
obéis-leur
regarde-toi

Avec le pronom prépositionnel en

allons-nous-en
crois-m'en
donne-lui-en
donne-m'en
donne-nous-en
donnez-m'en
donnez-nous-en
instruisez-l'en
instruisez-nous-en
méfiez-vous-en
prends-t'en
retirez-les-en
souviens-t'en
va-t'en

Deux constructions qui s'écartent de la norme :

?donnes-en-moi
?donnes-en-leur

?donne-moi-z'en
?donne-leur-z-en
?parle-lui-z-en

Avec le pronom prépositionnel y

assieds-t'y
conduis-m'y
conduis-t'y comme il faut
conduisez-nous-y
emmène-m'y
fais-m'y penser
fiez-vous-y
laissons-l'y
mène-l'y
mène-m'y
menez-nous-y
mets-t'y
mettez-les-y
parle-lui-y
porte-l'y
réfugie-t'y
suivez-nous-y
tenons-nous-y

On hésite à se servir des formes m'y, t'y, l'y, bien qu'elles soient parfaitement grammaticales. On préfère à y : mets-toi là.

Deux constructions qui s'écartent de la norme :

?conduisez-y-moi
?emmènez-y-moi
?mets-y-toi
?tiens-y-toi

?emmène-moi-z-y
?envoie-moi-z-y
?menez-moi-z-y
?mets-toi-z-y
?occupe-toi-z-en
?tiens-toi-z-y

Deux pronoms personnels conjoints

Les combinaisons permises sont les mêmes que lorsque le verbe n'est pas à l'impératif affirmatif présent. C'est la place et l'ordre des pronoms qui sont différents.

Deux pronoms de la troisième personne

Les deux pronoms conjoints suivent le verbe. L'objet indirect suit l'objet direct. Les pronoms prépositionnels y et en occupent les troisième et quatrième places.

Il s'agit ici des troisième et quatrième plats. Quant à l'ordre des pronoms, tout se passe comme s'ils précédaient le verbe.

dis-le-lui
donne-la-leur
envoyez-les-lui
envoyez-les-leur

Un pronom de la première ou de la deuxième personne, un autre de la troisième personne

L'objet indirect suit l'objet direct et prend la forme disjointe. Les pronoms prépositionnels y et en occupent les troisième et quatrième places.

Il s'agit ici du deuxième et du troisième plat. Donc l'ordre des deux pronoms est l'inverse de celui qu'on observe lorsque les pronoms précèdent le verbe.

accordez-les-vous
amenez-les-nous
dis-le-nous
donnez-la-moi
donnez-le-moi
épargne-la-nous
montre-les-nous
passez-la-moi
rappelle-le-toi
rends-le-moi
tiens-le-toi pour dit

Une construction qui s'écarte de la norme :

?accordez-vous-les
?amenez-nous-les
?dis-nous-le
?donnez-moi-la
?donnez-moi-le
?épargne-nous-la
?montre-nous-les
?passez-moi-la
?rappelle-toi-le
?rends-moi-le
?tiens-toi-le pour dit

La plupart des grammaires considèrent cette construction comme peu soignée ou même vulgaire, mais Grevisse en relève des exemples chez Béranger, Bernanos, Hugo, Lautréamont, Mauriac, Nerval, Proust et Renard.

Tout pronom personnel conjoint qui suit un impératif affirmatif ne s'y attache pas nécessairement. Si l'impératif est celui d'un verbe factitif ou d'un verbe support, il est possible que le pronom personnel conjoint qui suit cet impératif qualifie l'infinitif qu'il précède :

fais-le-moi savoir (le-moi qualifie l'impératif)
daignez nous le pardonner (nous le qualifie l'infinitif)
laisse-moi te raconter ceci (moi et te se séparent)

Nous reparlerons de ce phénomène tout à l'heure en plus de détail.

Deux pronoms prépositionnels

j'y en ai vu

Cette construction ne s'emploie plus dans la langue parlée.

Avec l'impératif affirmatif présent - remarques

Les pronoms disjoints sont toujours accentués après l'impératif.

Les groupes interdits avec l'impératif affirmatif présent sont les mêmes que dans tous les autres cas. Si *tu me lui présentes est agrammatical, il en va de même pour *présente-moi-lui et pour *présente-lui-moi.

Dans la langue littéraire et dans un style archaïsant, le pronom personnel conjoint précède parfois l'impératif :

Coordination de deux impératifs

apportez-moi mes pantoufles et me donnez mon bonnet de nuit (Molière)
approche et me dis
croissez et vous multipliez (Bible)
découvre-toi devant le Pauvre Pêcheur, t'incline devant les Monet, génufléchis devant les Degas et Whistler, rampe en présence de Cézanne, te prosterne aux pieds de Renoir (Jarry)
dis-moi tout...et m'offre le bouquet d'un repentir choisi (Verlaine)
fais comme tes soldats, te dis-je, et les imite (Coppée)
faites venir vos bonnes amies et les menez promener (France)
pitié, Dieu pitoyable ! et m'aidez à parfaire l'œuvre de votre cœur (Verlaine)
poète, prends ton luth et me donne un baiser (Musset)
prends ton vol et t'élance (Mallarmé)
Stella, par pitié, retiens tes larmes et me pardonne (Crommelynck)
va, cours, vole et nous venge (Corneille)

Impératif passé

je reviens dans une heure, m'ayez préparé le dîner (*ayez-moi préparé le dîner)
l'aie terminé avant mon retour (*aie-le terminé avant mon retour)

En revanche, aie-le toujours présent à l'esprit est correct, puisque aie n'est pas une forme composée dans ce cas.

L'élision devant y et en

Y et en, si présents, appartiennent soit à la principale (faire, laisser, verbes de perception), soit à la subordonnée infinitive.

Sans infinitif, sans y/en

La question de l'élision ne se pose pas.

Sans infinitif, avec y/en

menez-nous-y
fiez-vous-y
parlez-lui-en
*menez-y-moi
*fies-y-toi
*menez-moi-z-y
*fie-toi-z-y
rends-t'en compte
rends-t'y tout de suite
envoie-l'y quelque jours
?menez-m'y
?rends-t-y
?expédiez-y-en

Avec infinitif, sans y/en

La question de l'élision ne se pose pas.

envoie-le annoncer la nouvelle
laisse-le entrer
faites-le entrer
fais-le abattre
regarde-la nous imiter
écoutez-les vous applaudir
écoutez-moi l'expliquer
écoutez-la m'expliquer la chose
laisse-moi t'en parler (l'élision se fait dans la subordonnée)
laissez-moi vous le répéter

Avec infinitif, avec y/en

Avec laisser, la norme est la non-élision. Les pronoms conjoints sont distribués, c'est-à-dire chacun est attaché à son verbe.

Avec faire, il y a hésitation. Les pronoms conjoints sont presque toujours distribués, mais ils peuvent aussi être centralisés sous la principale.

Avec les verbes de perception, il y a hésitation et problèmes sémantiques.

laisse-le y aller
laisse-le y jouer
laisse-le en sortir
envoie-le y passer quelque jours
fais-moi y penser
fais-le en sortir
écoute-l'y chanter (y est compément de écoute)
écoute-la y chanter (y est complément de chanter)

L'élision entre le et un infinitif commençant par une voyelle

On dit

faites-le entrer

faites-le abattre

sans égard pour l'origine transformationnelle de ces deux proposition. Dans le premier exemple, le est sujet sous-jacent de entrer, donc l'élision *l'entrer serait absurde. En revanche, dans le deuxième exemple, le est objet direct sous-jacent de abattre actif (ou sujet sous-jacent de abattre passif), donc l'élision *l'abattre ne serait pas tout à fait infondée.

L'ambigüité de l'objet indirect

L'objet indirect est tantôt un datif, tantôt un agent passif.

laissez-le-leur faire (agent)
laissez-le-leur répéter (agent)
laissez-le leur répéter l'avertissement (datif)
faites-le-moi savoir (agent)
faites-le-lui comprendre (agent)
faites-la-leur envoyer (les deux interprétations sont possibles)

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