Verbes multistructurels - sembler
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Verbes multistructurels - sembler (148)

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Verbes multistructurels - sembler (148)

SOMMAIRE

Sembler avec un complément prédicatif

Sujet = nom - 1

Le verbe peut avoir un complément objet indirect désignant l'observateur.

la maison lui semblait magnifique
le voyage m'a semblé long
la maison semble vide
toute la nature semblait en repos
il semble un génie
cette attitude semble lui être coutumière
cette université semble une cathédrale

Sujet = pronom nominal

Le verbe peut avoir un complément objet indirect désignant l'observateur.

ils semblent heureux
elle me semble bien fatiguée
vous me semblez bien pessimiste
il ne semblait pas convaincu
tout semble possible
prenez qui bon vous semble

Qui bon vous semble est une relative autonome. Dans ce que bon vous semble, que est existentiel. C'est remarquable, puisque sembler n'est pas un verbe existentiel.

Sujet réel = subordonnée infinitive

Le sujet réel est une subordonnée infinitive. Si le verbe sembler a un complément objet indirect (un observateur), c'est avec celui-ci que se corrèle le sujet de l'infinitif. Dans il semble bon à Pierre de partir de bonne heure, le sujet de partir est corrélé avec Pierre, l'objet indirect de sembler. S'il n'y a pas d'objet indirect (pas d'observateur), la subordonnée infinitive est impersonnelle, corrélée avec un on virtuel.

Le sujet réel est pratiquement toujours postposé et représenté par un il postiche devant le verbe. Ce n'est cependant pas obligatoire : étudier ce dossier me semble très important est peu naturel, mais acceptable. En revanche, *d'étudier ce dossier me semble très important est agrammatical.


il lui semble bon de partir de bonne heure
il me semble nécessaire de vous avertir que
il me semble très important d'étudier ce dossier
il semble inutile de
il peut te sembler démodé de
il me semble absurde d'admettre que
ça semble être au-dessus de ses forces, de s'arrêter de fumer

Les variantes de ce qui vous semble bon

Faites ce qui vous semble bon : c'est une construction banale, conforme à la grammaire contemporaine et sans ellipse.

Faites ce qui bon vous semble : c'est une locution archaïque figée, évidemment préférable à la forme banale qui précède.

Faites ce qu'il vous semble bon : c'est une forme elliptique, de faire étant omis à la fin.

Sujet réel = subordonnée fléchie

Le sujet réel est une subordonnée fléchie. Le verbe sembler peut avoir un complément objet indirect désignant l'observateur. Il n'y a aucune relation obligatoire entre le sujet de la subordonnée et un quelconque complément de la principale.

Le sujet réel est pratiquement toujours postposé et représenté par un il postiche devant le verbe. L'inversion du sujet n'est pas obligatoire cependant.

On met le verbe de la subordonnée à l'indicatif si le complément prédicatif exprime une certitude et au subjonctif si le complément prédicatif exprime un jugement, une émotion ou une hypothèse.


il me semble certain que
il me semble possible que
il me semble surprenant que
il me semble impossible que
il me semble absurde que

Sujet sous-entendu

La forme sous-jacente de fais comme bon te semble est fais comme bon te semble de faire. Le sujet de faire est sous-entendu.

comme bon te semble
quand bon lui semble
le curé ne défendait pas expressément aux femmes de se laver où bon leur semblait (Aymé)
autant qu'il semble

Les compléments prédicatifs

Le type du complément prédicatif de sembler n'est subordonné à aucune règle grammaticale. Il peut être un nom, un adjectif, un adverbe, une expression prépositionnelle désignant un état ou une propriété.

il semble le mieux placé
il semble de mauvaise humeur
il semble sur le point de craquer
cela lui semblait au-dessus de ses forces

Réciprocité


Comparaison avec la construction sans complément prédicatif

Comparer les deux propositions

Pierre semble heureux

et

Pierre semble être heureux

Les deux propositions ont le même sens, mais des structures différentes. Dans la première, heureux est le complément prédicatif du verbe sembler ; dans la seconde, celui du verbe être. L'analyse de la seconde construction fait l'objet de la rubrique majeure suivante.

La forme sous-jacente de Pierre semble être heureux est que Pierre est heureux semble. La transformation appliquée à cette forme sous-jacente est la montée sujet-sujet. Voir la page connexe La subordonnée sujet infinitive - la montée sujet-sujet. La transformation sujet-sujet n'a rien à voir avec le fait que le verbe de la subordonnée de Pierre semble être heureux est lui-même un verbe prédicatif. C'est la même montée sujet-sujet qui produit Pierre semble hésiter.

Il y a une autre différence importante entre les deux propositions quasi-synonymes de cette rubrique. Dans la proposition Pierre semble être heureux, le complément prédicatif peut être pronominalisé : Pierre semble l'être. Ce n'est pas le cas lorsque c'est sembler qui régit heureux : *Pierre le semble est agrammatical. Le verbe sembler, semble-t-il, n'est pas prédicatif à cent pour cent.

Sembler sans complément prédicatif


Sujet pronominal : ce, que, ce qui

Style soutenu, recherché.

elle s'est trompée, ce me semble
je vous connais, ce me semble
la science elle-même va-t-elle au-delà de ce qui semble ? (France)
que vous en semble ?
que vous semble de cette gravure ?

Sujet pronominal : ce que - anomalie existentielle

Lorsque le sujet de sembler est extrait d'une subordonnée relative, il peut avoir la forme existentielle, c'est-à-dire ce que au lieu de ce qui :

à ce qu'il me semble
ce qu'il me semble c'est que
je vous dirai ce qu'il me semblera aussitôt que je le saurai (Péguy)

C'est un fait remarquable, étant donné que sembler n'est pas un verbe existentiel. On vient de voir plus haut que la même anomalie se manifeste lorsque le verbe sembler a un complément prédicatif : faites ce que bon vous semble.

Sujet pronominal : ce que - anomalie propositionnelle


Sujet pronominal : le - anomalie propositionnelle

Le comportement de le est analogue à celui de que. Dans il me le semble, le peut représenter le complément prédicatif (bon) ou le sujet propositionnel fléchi (que le plan est bon). Dans ce conseil n'est pas aussi utile qu'il le paraît au premier abord, le pronom le peut représenter utile ou que le conseil est utile.

De même, la subordonnée sujet infinitive se pronominalise par le : il lui semble entendre son père il le lui semble.

Par ailleurs, dans il me le faut, le est sujet réel postposé.

Sujet = nom - 2

Lorsque le verbe sembler n'a pas de complément prédicatif, son sujet ne peut pas être un nom. Les propositions *cette hypothèse me semble et *cette estimation me semble sont agrammaticales, et ceci malgré le fait que l'antécédent des pronoms dans ce me semble et que vous en semble ? est justement une hypothèse ou une estimation.

Sujet = subordonnée infinitive - corrélée avec l'observateur

il me semble revoir mon grand-père
il me semble vous l'avoir déjà dit
il me semble l'avoir déjà rencontré
il me semblait goûter un fruit trop mûr (Gide)

Le sujet de la subordonnée est corrélé avec l'observateur de la principale.

Lorsque le verbe sembler n'a pas de complément prédicatif et que le sujet réel est une subordonnée infinitive, le complément objet indirect (l'observateur) est obligatoire. La proposition *il semble vous l'avoir déjà dit est absurde.

L'inversion du sujet est obligatoire : *vous l'avoir déjà dit me semble.

Lorsque le sujet de la subordonnée est corrélé avec l'observateur de la principale, l'infinitif est préférable, mais la solution fléchie n'est pas incorrecte :

il me semble vous l'avoir déjà dit
il me semble que je vous l'ai déjà dit

Sujet = subordonnée infinitive - sans observateur

Voir la discussion de la montée sujet-sujet plus bas sur cette page.

Sujet = subordonnée fléchie

Lorsque le sujet réel est une subordonnée fléchie, le complément objet indirect de sembler (l'observateur) n'est pas obligatoire. Il n'y a aucune relation obligatoire entre le sujet de la subordonnée et un quelconque complément de la principale.

L'inversion du sujet est obligatoire.

Le mode de la subordonnée est une fonction de son degré de certitude. On emploie le subjonctif pour exprimer le doute du locuteur.

il me semble que c'est possible
il semble à tous les experts que le projet est bon
il me semble que tu n'as pas le droit de
il me semblait bien que je l'avais posé là
il me semble que c'est trop grand
il m'a semblé que Dieu tenait compte de ma prière (Gide)
il semblerait qu'il ne soit pas venu
il semble que le problème soit réglé
il semblerait que le problème soit réglé
il ne me semble pas que ce soit complètement impossible

Dans le dialogue

il semble qu'ils sont heureux ensemble - oui, il le semble

le pronom le n'est ni objet direct, ni complément prédicatif, ni sujet existentiel. Son antécédent est une subordonnée sujet. C'est un phénomène isolé, énigmatique.

Sujet = (oui, non, si)

il me semble que oui
il me semble que non
il me semble que si

Sujet = il impersonnel

il semble pleuvoir


Sujet postiche existentiel

Le sujet postiche existentiel il de la subordonnée disparaît. Le sujet postiche qui précède sembler est un sujet postiche propositionnel.

il est arrivé beaucoup d'invités
il semble être arrivé beaucoup d'invités

il y a un problème
il semble y avoir un problème


Sujet passif

L'effet sémantique de la passivation de la subordonnée infinitive varie.

Les deux propositions le peuple semble avoir rendu hommage au roi et hommage semble avoir été rendu au roi par le peuple sont presque synonymes.

Les interprétations des propositions le charlatan semble avoir guéri Pierre et Pierre semble être guéri par le charlatan peuvent être différentes.

Montée sujet-sujet

Voir l'examen détaillé de la montée sujet-sujet à la page connexe La subordonnée sujet infinitive - la montée sujet-sujet. La forme sous-jacente de la proposition Pierre semble être heureux est que Pierre est heureux semble. Le sujet de la subordonnée sujet (Pierre) monte au niveau du verbe sembler et le reste de la subordonnée devient un complément infinitif de sembler.

cela semble convenir
cela semble être devenu courant
cela semble être difficile
cette idée semble le passionner
est-ce difficile ? cela semble l'être
il nous semble y avoir quelque probabilité
il semble être de mauvaise humeur
il semble être le mieux placé
il semble être satisfait
il semble être sur le point de craquer
il semble gagner beaucoup d'argent
il semble l'avoir dit
les frontières de la science semblent reculer
ma venue semblait être leur joie
mes arguments ne semblent pas l'avoir convaincu
qu'il ait abandonné semble indiquer qu'il est malade
quelles vous semblent être les tendances les plus importantes ? (ambigu)
s'arrêter de fumer semble être au-dessus de ses forces
tout n'est pas ce qu'il semble être
tout semble indiquer que leur départ fut précipité

Le sujet de sembler peut être une subordonnée fléchie ou infinitive. Le sujet du sujet de sembler est corrélé avec un complément quelconque de la subordonnée de sembler. Cette corrélation n'est subordonnée à aucune règle spécifique.

L'observateur - objet indirect

L'observateur s'exprime par l'objet indirect de sembler. L'observateur est facultatif, sauf si le verbe de la subordonnée sujet est à l'infinitif. Le sujet sous-entendu de la subordonnée infinitive ne peut être corrélé qu'avec l'observateur de la principale.

il semble (à tous les experts) que le projet est bon
il ne (me) semble pas que ce soit complètement impossible
il (me) semble que je vous l'ai déjà dit
il me semble vous avoir déjà vu quelque part
*il semble vous avoir déjà vu quelque part

Il postiche profond

Examinons la dérivation de la proposition il semble être certain que tout est perdu :

que tout est perdu est certain

il est certain que tout est perdu

que (il est certain que tout est perdu) semble

il semble être certain que tout est perdu

De même, examinons la dérivation de la proposition il semble en résulter que le projet est à revoir :

que le projet est à revoir en résulte

il en résulte que le projet est à revoir

que (il en résulte que le projet est à revoir) semble

il semble en résulter que le projet est à revoir

Les versions définitives des deux propositions ont ceci d'intéressant en commun que le pronom il qui précède semble représente le sujet du sujet (sic) de sembler.

Incise


me semble-t-il
il me semble
ce me semble
semblerait-il
comme il me semble
c'était lundi, il me semble
je suis déjà venu ici, me semble-t-il
il a, semble-t-il, essayé de me contacter
elle a, semble-t-il, refusé

Quatre constructions énigmatiques

Nous répétons ici les exemples de quatre constructions énigmatiques de sembler, examinées plus haut. Nous invitons le lecteur ou la lectrice à les analyser.

ce que bon vous semble
ce qu'il me semble
il le semble
il me semble en résulter que le projet est à revoir

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