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Verbes multistructurels - croire (139)

ASCENDANCE

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Verbes multistructurels - croire (139)

SOMMAIRE
Construction intransitive
L'objet direct
Objet direct = nom
Objet direct = pronom nominal
Objet direct = subordonnée fléchie énonciative
Objet direct = subordonnée fléchie interrogative
Objet direct = subordonnée infinitive corrélée
Objet direct = subordonnée infinitive avec montée sujet-objet
Objet direct = (oui, non, si)
L'objet direct de en croire
Le complément prépositionnel - l'objet de la croyance
L'objet indirect - la source d'information
De - le contexte de la croyance
Le complément prédicatif
La voix active
La voix pronominale réfléchie
Limitations
Le complément prédicatif elliptique (on croirait)
Le datif cognitif
Montée du complément conjoint du complément prédicatif
Ellipse - omission de la subordonnée d'une relative
Phénomènes mineurs
Adverbe - la fermeté de la croyance
Il est à croire, faut croire
Faire croire que...à
Incise

Construction intransitive

croire, c'est considérer comme vraie une certaine connaissance
croyez-moi
je crus et je priai
je veux bien te croire, mais
tu me croiras si tu veux

L'objet direct

Objet direct = nom

Le nom doit être un « dictum » (un dit), c'est-à-dire un nom tel que affirmation, récit, histoire, rumeur, mensonge, hypothèse. On verra plus loin que l'on construit croire avec les prépositions à, en ou dans lorsque la cible de la croyance est une « res » (une chose, l'objet de ce qu'on dit).

D'autre part, on verra que l'objet direct de croire peut représenter la source d'information (la chose ou la personne à laquelle on s'en rapporte) avec la locution en croire (quelqu'un ou quelque chose). L'objet direct ne peut pas représenter la source d'information avec le simple verbe croire.

Objet direct = pronom nominal

Le pronom a pour antécédent une affirmation, plutôt que l'objet de l'affirmation. Par exemple, dans la proposition je veux bien le croire, le pronom le pourrait se rapporter à ton conte de Noël ou ce que tu viens de raconter sur le Père Noël, mais *je veux bien croire le Père Noël n'est pas une paraphrase possible de cette proposition.

il faut le voir pour croire
j'aime mieux le croire que d'y aller voir
je n'en crois pas un traître mot
je n'en crois rien
je veux bien le croire
le croira qui voudra
mais qu'est-ce que vous croyez ?
si vous ne le croyez pas, allez y voir

Objet direct = subordonnée fléchie énonciative

Pour l'examen détaillé de l'emploi du subjonctif, voir la page connexe Les subordonnées régies - l'emploi du subjonctif.

elle ne peut pas croire qu'il mente
est-ce que tu crois qu'il a/ait dit la vérité ?
il n'y avait pas de lumière, j'ai cru qu'ils étaient couchés
je n'arrive pas à croire qu'il a réussi
nous croyons qu'il a dit la vérité
nous ne croyons pas qu'il ait dit la vérité
on ne croyait pas qu'il viendrait

Objet direct = subordonnée fléchie interrogative

tu ne peux pas croire combien il nous manque
vous ne sauriez croire combien il nous manque

Objet direct = subordonnée infinitive corrélée

Le sujet sous-entendu de la subordonnée infinitive est corrélé avec le sujet de la principale.

elle croyait avoir perdu son sac
il a bien cru manquer son train
il a cru bien faire
j'ai cru étouffer
je crois devoir vous dire que
je crois n'avoir rien oublié
je crois pouvoir vous aider
je crois rêver
je crois savoir que
tu ne crois pas si bien dire

Objet direct = subordonnée infinitive avec montée sujet-objet

Se reporter à la page connexe La subordonnée objet direct infinitive - la montée sujet-objet pour l'examen détaillé de la subordonnée objet direct infinitive avec montée sujet-objet. Cette construction n'est possible que lorsqu'elle permet d'éviter l'extraction du sujet dans l'interrogation et dans la relativation.

La proposition je crois que Pierre a volé les bijoux ne se transforme pas en *je crois Pierre avoir volé les bijoux. En revanche, les deux transformations

*qui crois-tu qu'a volé les bijoux ?
qui crois tu avoir volé les bijoux ?

et

*la personne qui tu crois qu'a volé les bijoux
la personne que tu crois avoir volé les bijoux

sont légitimées par le fait qu'elles comblent la lacune laissée par l'interdiction d'extraire un sujet.

Objet direct = (oui, non, si)

Oui, non et si représentent des subordonnées.

je crois que oui
je crois que non
il n'est pas là ? - je crois que si

L'objet direct de en croire

L'objet direct de en croire indique la source ou la base de l'information : une personne, un rapport, ses yeux. Donc croyez-m'en et croyez-moi sont synonymes. La valeur de en croire est voisine de s'en rapporter à.

Voix active

à en croire l'auteur
à en croire les sondages
croyez-en mon expérience
croyez-m'en
il n'en croyait pas ses oreilles
il n'en croyait pas ses yeux
s'il faut en croire les journaux
si l'on en croit le rapport
vous pouvez m'en croire

Voix pronominale réfléchie

S'en croire veut dire avoir une haute opinion de soi-même.

s'en croire beaucoup
c'est un caractère difficile : il s'en croit

Le complément prépositionnel - l'objet de la croyance

Les trois prépositions en, à et dans marquent la chose affirmée, plutôt que l'affirmation (la « res », plutôt que le « dictum »).

Voir l'étude détaillée de l'affaiblissement de en et du problème en / au / dans à la page connexe Les emplois de en.

La règle sémantique : opposition entre en et à

Deux définitions tirées du Trésor de la langue française

« Croire admet les constructions croire à et croire en. Cependant, traditionnellement, on oppose, particulièrement dans le domaine de la religion, croire à, qui implique une adhésion intellectuelle, à croire en, qui signifie une adhésion totale et profonde. »

[Croire en signifie] « apporter une adhésion totale mais personnelle, en y attachant une valeur éthique qui porte l'individu à se comporter en conséquence avec confiance et amour ».

Croire au bonheur et croire en la réincarnation sont des emplois conformes à la règle sémantique.

La règle morphologique : concurrence en - à - dans

L'opposition sémantique est souvent neutralisée par la règle morphologique : *en le et *en les sont remplacés par au et aux ou par dans le et dans les. En revanche, en l' est permis mais rare : on trouve en l'avenir, en l'honneur, en l'absence, en la présence, en l'occurrence, en l'état.

Croire au Dieu du catéchisme avec une foi absolue exprime « une adhésion totale et profonde » malgré l'emploi de à, qui viole la règle sémantique sous la pression de la règle morphologique.

Dans fournit non seulement un moyen d'éviter *en le et *en les, mais aussi un choix libre, indépendant de toutes considérations sémantiques et morphologiques.

croire dans le potentiel
croire dans le pouvoir
croire dans le principe
croire dans les dieux
croire dans les promesses
croire dans l'avenir

Croire à

Penser que quelque chose a une existence réelle

croire à Dieu
croire à l'âme
croire à l'immortalité
croire à la vie éternelle
croire à sorcellerie
croire au Père Noël
croire au diable
croire aux anges
croire aux démons
croire aux génies

Avoir confiance en quelque chose

c'est à n'y pas croire
croire à l'amour
croire à l'avenir
croire à l'héroïsme
croire à l'innocence de
croire à la justice
croire à la guerre
croire à la médecine
croire à la révolution
croire à la victoire
croire à soi et à sois seul
croire à son étoile
croire au bonheur
croire au progrès
croire aux histoires de
croire aux promesses de
je n'y crois plus
ne plus croire à rien
veuillez croire à ma sympathie
veuillez croire à mes amitiés
veuillez croire à mes sentiments dévoués

Penser qu'il pourrait s'agir de quelque chose, penser que quelque chose est probable

il croira bien à une fausse couche
il ne croit pas à la guerre (il pense qu'elle n'aura pas lieu)
on a cru d'abord à un accident
on a cru d'abord à un suicide
on croirait à une fièvre cérébrale

Croire en

croire en Dieu
croire en l'existence de Dieu
croire en soi
croire en sa valeur
croire en son mérite
croire en ses possibilités

L'objet indirect - la source d'information

croire aux astrologues
croire aux médecins
crois-moi
je te crois
ne te fie pas à la jeunesse, crois aux vieillards (France)

L'emploi simultané d'un objet direct et d'un objet indirect est possible mais rare : je te crois qu'elle est belle.

De - le contexte de la croyance

auriez-vous cru cela de lui?

Pour un emploi analogue de la préposition de, voir la page connexe La relativation par dont cognitif.

Le complément prédicatif

La voix active

Complément prédicatif = adjectif

croyez-vous cette réunion nécessaire ?
il a cru son heure arrivée
il n'a pas cru utile de me prévenir
je le croyais sincère
on a cru préférable de refuser
on croit Pierre antipathique
on croit Pierre digne de cet honneur
on croit Pierre fidèle à ses principes
Pierre croyait Paul et Juliette amoureux
tu le crois capable de garder le secret ?

Complément prédicatif = participe passé

on l'a cru mort
je croyais bien ma dernière heure venue (Romains)
je le croyais disparu
je le croyais poursuivi par ses créanciers
on croit Pierre aimé de sa femme
elle croyait Pierre arrivé à Paris depuis 4 heures

Complément prédicatif = nom

elle croyait Pierre un grand savant

Complément prédicatif = lieu

on les croyait en Afrique
je la croyais ailleurs
je la croyais avec vous
où vous croyez-vous?
on se croirait au Moyen Âge

Complément prédicatif = état

je le croyais en train de faire une bêtise

Complément prédicatif = temps

je nous croyais le 15,

Complément prédicatif = datif possessif

tout le monde croyait ce livre à Pierre

Complément prédicatif = [de * nom]

Voir l'examen de ce type de complément prédicatif à la page connexe Le complément prédicatif - les types grammaticaux prédicatifs.

Pierre croit de son devoir de critiquer Paul

La voix pronominale réfléchie

Complément prédicatif = adjectif / participe passé

il se croit malin
il se croit seul
il se croit admirable
on se croyait revenu aux pires heures de l'Occupation

Complément prédicatif = (nom, pronom nominal)

il se croit un génie
il se croit quelqu'un
il se croit déjà médecin
il se croit le premier moutardier du pape
qu'est-ce qu'il se croit, celui-là ?

Complément prédicatif = (lieu, temps)

on se croirait en été
on se croirait en Afrique
tu te crois où ?

Limitations

Le et le cas prédicatif

Le marque trois cas : le cas objet direct, le cas existentiel (il me le faut) et le cas prédicatif (il l'est, il l'est devenu, il le reste). Ce n'est que vis-à-vis des verbes prédicatifs intransitifs que le peut jouer le rôle de complément prédicatif : Pierre rend Marie heureuse ne se transforme pas en *Pierre le rend Marie et Pierre croit Marie heureuse ne se transforme pas en *Pierre le croit Marie.

Il météorologique dans la construction prédicative

Les propositions il est susceptible de partir aujourd'hui et il est susceptible de neiger aujourd'hui ont l'air d'avoir la même structure. Or, je le crois susceptible de partir aujourd'hui est grammatical, mais *je le crois susceptible de neiger aujourd'hui ne l'est pas.

Le complément prédicatif elliptique (on croirait)

On croirait entre dans une construction elliptique où l'objet direct de surface correspond à un complément prédicatif sous-jacent et l'objet direct sous-jacent est omis. Par exemple, on aurait cru un fantôme peut être paraphrasé comme on aurait cru que c'était un fantôme. Le verbe dire a un comportement semblable. Pour l'analyse de on dirait de la soie, voir la page connexe Verbes multistructurels - dire. Voir aussi la page connexe Le complément prédicatif - aspects syntaxiques divers pour l'examen du complément prédicatif elliptique.

on aurait cru l'été, tellement le soleil était beau
on aurait cru un fantôme
on croirait une hirondelle
on croirait de la soie
on croirait un diamant
on croirait une clarinette
coiffée comme ça, on croirait sa mère
en l'écoutant, on croirait son père

Le datif cognitif

Voir l'étude détaillée du datif cognitif à la page connexe Les fonctions de l'objet indirect libre - datif cognitif.

on lui croyait une maîtresse dans chaque port

Montée du complément conjoint du complément prédicatif

L'objet indirect du complément prédicatif ne peut monter au niveau de croire qu'à condition qu'il soit réfléchi. La proposition

il se croit tout permis

est grammaticale, mais les propositions

*je lui croyais tout permis
*je lui croyais Juliette fidèle
*je lui croyais Paul semblable
*tout le monde te croyait Pierre antipathique

ne le sont pas.

Les pronoms conjoints en et y peuvent monter du niveau du complément prédicatif au niveau du verbe s'ils ont pour antécédents des compléments régis par le complément prédicatif. Les propositions on y croit Pierre enclin et on en croit Paul content sont grammaticales ; la proposition *il en croyait Pierre un ne l'est pas.

Ellipse - omission de la subordonnée d'une relative

La forme sous-jacente de je ne suis pas celle que vous croyez est je ne suis pas celle que vous croyez que je suis. Lorsque le verbe d'une relative est croire et que le pivot de relativation est le complément prédicatif de la subordonnée de croire, la subordonnée de croire peut être omise.

Phénomènes mineurs

Adverbe - la fermeté de la croyance

croire comme parole d'Évangile
croire comme article de foi
croire fermement
croire dur comme fer

Il est à croire, faut croire

Locutions familières

c'est à croire qu'il est amoureux
c'est à croire qu'elle le fait exprès
j'entends rien, faut croire que je deviens sourd
il faut croire qu'il avait vraiment besoin de repos

Faire croire que...à

Voir l'étude détaillée de la subordonnée factitive à la page connexe La subordonnée factitive. Faire croire que...à est un exemple banal de la construction factitive. La subordonnée introduite par que est le sujet virtuel, croire est un infinitif passif et à marque l'agent passif.

elle voudrait me faire croire qu'elle est pucelle
qui a pu vous faire croire une pareille sottise ?

Incise

On trouve parfois je crois en incise :

« Quand tout le monde a tort, tout le monde a raison », dit, je crois, Mirabeau (Green)

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