Compléments aprépositionnels - la transitivité
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Compléments aprépositionnels - la transitivité (114)

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Compléments aprépositionnels - la transitivité (114)

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Tests de transitivité

La transitivité n'est pas un trait binaire. Le niveau de transitivité d'un verbe et le statut d'objet direct d'un complément aprépositionnel dépendent de certains tests.

Test 1 - pronominalisation et relativation

L'ancien cas objet direct morphologiquement marqué (l'accusatif) subsiste dans certains pronoms, notamment dans le pronom personnel conjoint (le / la / les) et dans le pronom relatif que. La pronominalisation et la relativation sont des réactifs de la transitivité du verbe et du statut d'objet direct.

Comparer les cent euros que coûte ce livre et *les trois heures que j'ai dormies. Le verbe coûter admet que, le verbe dormir ne l'admet pas. De même, comparer ces vacances les ont bien coûté, les trois mille euros prévus et *il l'est allé, son petit bonhomme de chemin. Le verbe coûter admet le, le verbe aller ne l'admet pas.

Notons que le cas objet direct du pronom relatif (que) et le cas objet direct du pronom personnel conjoint (le) assurent aussi la fonction prédicative et la fonction sujet existentiel. Ce fait n'a rien à voir avec le rôle de ces formes dans la définition des niveaux de transitivité.

Test 2 - l'accord du participe passé


Test 3 - passivabilité


Exemples de passivation agrammaticale

*les millions d'euros coûtés par le yacht de Pierre
*la vanille sentie par Marie
*les cent kilos pesés par Paul

La locution une nuit mal dormie est un phénomène isolé : le verbe intransitif dormir, qui prend un nom de durée comme complément aprépositionnel, est passivé.

Niveaux de transitivité

Les trois réactifs que nous venons de présenter ne sont pas indépendants. S'ils l'étaient, il y aurait huit types de transitivité, mais heureusement ce n'est pas le cas. (Le langage humain me produit pas de telles monstruosités.) Aux trois tests de transitivité correspond une succession de trois niveaux de transitivité (quatre en comptant le niveau zéro).

Le niveau zéro de transitivité

Le verbe régit un complément aprépositionnel, mais il ne passe par aucun des filtres de transitivité.

Les infinitifs objets directs sont très difficiles ou impossibles à pronominaliser par le. Nous sommes donc forcés de dire que, pour un sens donné, les verbes ne régissant que l'infinitif objet direct sont intransitifs.

il daignera venir      *il le daignera
je pensais mourir      *le pensais-tu ?
il préfère partir tôt      *pourquoi le préfère-t-il ?
cela peut arriver      *cela le peut-il ?

Le niveau minimum de transitivité

La pronominalisation et la relativation constituent un premier filtre. Les verbes qui passent par ce filtre atteignent le plus bas niveau de transitivité.

Le niveau moyen de transitivité

Il paraît que les verbes qui passent par le filtre de l'accord du participe passé constituent un sous-ensemble des verbes qui passent par le filtre de la pronominalisation et de la relativation. Ces verbes atteignent donc le niveau moyen de transitivité.

Le niveau maximum de transitivité

Il est difficile d'imaginer un verbe qui soit passivable sans qu'il réussisse le test de l'accord du participe passé. La passivabilité constitue le plus haut niveau de transitivité.

Syntagmes éliminés d'emblée (sans test)

Il y a des compléments aprépositionnels que nous éliminons d'emblée, sur-le-champ, sans appliquer quelque réactif que ce soit.


Le complément sujet existentiel n'est pas un complément objet direct, bien qu'il en soit indifférenciable. Voir la page connexe L'inversion du sujet.

Les adverbes adjectivaux sans marque morphologiques ne sont pas des objets directs : voter vert, couper court, servir chaud, manger chinois, parler raison. Voir la page connexe L'adjectif comme complément - l'adjectif employé adverbialement.

Les adverbes aprépositionnels de lieu et de temps ne sont pas des objets directs : travailler jour et nuit, travailler rue Monge. Voir la page connexe Le syntagme prépositionnel - l'omission de la préposition.

Dans les exclamations du type qu'est-ce qu'il est bête / ce qu'il est bête, le pronom a la forme d'objet direct, mais sa fonction est d'exprimer le degré. Voir la page connexe La proposition exclamative - rubrique Qu'est-ce que - pronom exclamatif.

Pour les emplois causaux de que, voir la page connexe Le pronom interrogatif - qui, que, quoi - rubrique Interrogation à inversion - complément adverbial - cause.

Le pseudo-objet-direct exprimant le degré n'est pas limité à l'exclamation. On l'observe dans certaines locutions familières : il pleurait tout ce qu'il savait, il peut sonner tout le temps qu'il voudra, jouez tout ce que vous voulez. À rapprocher de tout son soûl (manger, boire, dormir, chanter, rire, pleurer) et de tout son content.

La préposition régie par certains verbes est omise devant le nominalisateur que : je me souviens [de ce] que. La subordonnée ne devient pas un objet direct pour autant.

La transitivité n'est pas un trait binaire

La transitivité n'est pas un trait binaire : il a au moins trois degrés. Il n'en est pas moins vrai que pratiquement tous les verbes marqués « tr. » dans les dictionnaires passent par tous les trois filtres. Il y a une petite minorité de verbes transitifs qui ne sont pas passivables (par exemple avoir au sens de posséder). minorité des verbes transitifs est non passivable.

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