Le système de conjugaison - les six dimensions
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Le système de conjugaison - les six dimensions (76)

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Le système de conjugaison - les six dimensions (76)

SOMMAIRE

Les dimensions du système de conjugaison

Les modes

Les modes du verbe sont l'indicatif, le subjonctif, l'impératif, l'infinitif et le participe. Le conditionnel des grammaires traditionnelles n'est plus considéré comme un mode. Nous allons reprendre ce problème tout à l'heure.

Les temps

Chaque mode a une palette de temps propre à lui.

Les nombres et les personnes

Indicatif et subjonctif

Chaque temps de l'indicatif et du subjonctif a six formes : deux nombres et trois personnes.

Impératif

Chaque temps de l'impératif a trois formes : deuxième personne du singulier, première personne du pluriel et deuxième personne du pluriel.

On peut se servir du subjonctif (avec ou sans que) pour produire une modalité injonctive à la troisième personne : qu'il vienne !, vienne la paix !. Ces subjonctifs suppléent l'impératif, mais ne sont pas des impératifs, puisqu'ils n'admettent pas la postposition des pronoms conjoints. On dit profitons-en, mais on ne dit pas *qu'ils profitent-en. En revanche, la première personne du pluriel de l'impératif (profitons-en) est un vrai impératif.

Le subjonctif de pouvoir peut servir d'auxiliaire d'impératif. Cet impératif périphrastique a les six formes normales de l'indicatif et du subjonctif (puisse-t-il).

Infinitif, participe

L'infinitif et le participe n'ont ni nombre ni personne.

Les voix

La morphologie des voix autres que la voix active se réduit à de simples « recettes ». Pour savoir comment produire une forme non active (passive ou pronominale), il suffit de connaître le tableau actif et la recette de la forme non active en question.

La sixième dimension - les formes conjointes


Temps abstraits et niveaux de composition

Les quinze temps de l'indicatif s'inscrivent dans un tableau bidimensionnel : les deux dimensions correspondent aux cinq temps abstraits et aux trois niveaux de composition. Les temps composés et surcomposés peuvent être dérivés des temps simples au moyen d'une « recette ».

Les trois niveaux de composition

temps simples

temps composés

temps surcomposés

Les cinq temps abstraits

Les noms des cinq temps abstraits sont identiques aux noms des temps du premier niveau de composition.

le présent

l'imparfait

le passé simple

le futur simple

le passé postérieur (conditionnel présent)

Les dilemmes syntaxiques de la classification

Le statut du conditionnel

Les trois formes aimerais, aurais aimé et aurais eu aimé sont bifonctionnelles : elles ont des fonctions temporelles et des fonctions modales. Nous nous servons de deux séries de noms pour mettre en relief leurs deux fonctions, mais nous les considérons comme des formes de l'indicatif.

Comme véhicules de la fonction temporelle, les trois formes sont nommées « passé postérieur », « passé postérieur intermédiaire » et « passé postérieur intermédiaire surcomposé ». (Ce sont des termes forgés pour les besoins de ce travail.)

La fonction modale est représentée par les noms traditionnels de « conditionnel présent », « conditionnel passé » et « conditionnel surcomposé ».

Jusqu'aux dernières décennies du vingtième siècle, le tableau des temps de l'indicatif ne contenait que quatre temps à chaque niveau de composition. Les formes aimerais, aurais aimé et aurais eu aimé étaient considérées comme constituant un mode à part, le mode conditionnel. Le conditionnel fut finalement rétrogradé du statut de mode indépendant au statut de temps au sein de l'indicatif. Cependant, la bifonctionnalité des formes aimerais, aurais aimé, aurais eu aimé est tellement importante qu'elles méritent deux séries de noms.

Il y a plusieurs raisons de ne pas considérer le conditionnel comme un mode à part.

Le lien de parenté étymologique et morphologique entre le futur et le conditionnel est évident.

Si on considérait chaque fonction d'une forme comme un mode, on finirait par avoir des centaines de modes. Plus spécifiquement, si l'emploi temporel et l'emploi modal de la forme aimerais sont rangés sous deux modes différents, on est obligé d'en faire autant pour l'imparfait qui, lui aussi, a une fonction temporelle et une fonction modale.

La grille des quinze temps de l'indicatif suppose que le conditionnel est l'un des temps simples. Cette grille est intuitive et probante.

Le participe présent et le gérondif


La fonction passive de l'infinitif actif

L'infinitif présent de la voix active peut avoir une fonction passive dans la subordonnée infinitive factitive et dans la subordonnée infinitive de perception : j'ai fait réparer mon ordinateur par un spécialiste, je l'ai vu tuer par des truands. Nous disons qu'il y a un infinitif passif simple. On évitera de confondre l'infinitif passif simple avec l'infinitif passif composé. L'emploi passif de l'infinitif actif n'est pas un phénomène fortuit. Les emplois actif et passif de l'infinitif simple correspondent à deux formes presque identiques du latin : « amare » et « amari ».

Formes virtuelles et hypercomposées

Certains grammairiens analysent les formes surcomposées comme comprenant une forme du verbe avoir et le participe composé virtuel. Selon cette hypothèse, j'ai eu aimé serait composé de j'ai et du participe composé virtuel eu aimé et, semblablement, j'ai été arrivé serait composé de j'ai et du participe composé virtuel été arrivé.

Si l'on admet l'existence d'un participe composé virtuel, on ne peut pas refuser l'existence du participe surcomposé virtuel (eu eu aimé, eu été arrivé), puisque eu est une forme du verbe avoir, qui, d'après l'analyse proposée des formes surcomposées, peut être suivie du participe composé virtuel. Et ainsi de suite.

Le passé simple et l'imparfait du subjonctif

L'imparfait du subjonctif de tous les verbes, qu'ils soient réguliers ou irréguliers, ressemble au passé simple (aima / aimât, fut / fût). Il est permis de se demander pourquoi l'imparfait du subjonctif ne ressemble pas plutôt à l'imparfait de l'indicatif. On comprend bien que le subjonctif n'ait que deux temps simples, alors que l'indicatif en a cinq, mais cela n'explique pas le mauvais alignement morphologique des temps entre latin et français.

En latin, le subjonctif a trois passés : præsens perfectum, præteritum imperfectum et præteritum perfectum. L'imparfait du subjonctif français provient du præteritum perfectum. Le français s'est défait de deux des trois formes latines, mais il a gardé le maivais præteritum. Mais cet alignement n'est pas aussi mauvais qu'il en a l'air. Le choix est dissonant mais utile. Si le français avait choisi le præteritum imperfectum, ce dernier aurait été pratiquement identique au futur. C'est précisément ce qui s'est passé dans le cas du portugais, De toutes les langues romanes majeures seul le portugais garde la mémoire des deux prétérits du subjonctif latin.

La morphologie déverbale

La morphologie des noms et des adjectifs déverbaux (exploration, explorateur, exploratoire) dépasse le cadre de ce travail. Nous signalons cependant que les adjectifs potentiels (définissable, téléchargeable, consultable) sont en voie d'acquérir le statut productif.

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